Yolanda_isabel

- [Ce RP est ouvert à tout participant, dans la joie & la bonne humeur. La scène a lieu en gargote alençonnaise, donc les rues d'Alençon.]
-« Je ne comprends pas.. »
La phrase a fusé dans l’air glacial de l’hiver alençonnais, aigüe, fluette ou cristalline selon l’abnégation de la personne qui écouterait parler l’Infante. Car si grande soit-elle pour son âge, si grosse soit-elle pour ses robes, la voix n’en demeure pas moins la même que depuis sa plus tendre enfance, un ton trop haut. Des fourrures qui recouvrent le mantel noir, s’extraie une pièce d’architecture compliquée qu’est la chevelure de la petite Josselinière, dressée comme pour chatouiller les pieds des anges. Extravagante et étonnante, étonnée surtout.. La guerre, elle n’y comprend rien. L’Alençon, elle n’y comprend rien..
Et ce débat intérieur la ronge. Elle aime sa mère, sa famille, ses cousines, ses ancêtres, elle chérit plus que tout autre le trône d’Anjou qui a porté à leur apogée les Penthièvres. Elle sait que les bourrasques de vent qui soufflent sur l’Alençon, qui viennent de la mer, sont les mêmes que celles qui chantent dans les créneaux de Château-Gontier, alors le petit nez retroussé se lève et hume la brise saline comme on respire le parfum de sa mère, avec tendresse et nostalgie. Il suffit de fermer les yeux, imaginer l’or de sa chevelure couler entre les doigts potelés, l’azur de sa mère qui la fixe avec amour. L’air, c’est l’élément de la buse, qui la porte et la fait vivre, une longue mèche dorée vient s’échapper de l’échafaudage de boucles et de perles, qui indique le sens du vent. La Bourgogne, terre des sangliers. Terrier des Josselinière, de son Pair et de son frère. La Bourgogne et sa ferveur royaliste. Cette terre qu’elle connaît par cœur pour l’avoir traversé en tout sens, portée par son frère, cette terre dont elle connaît le moindre brin d’herbe, le moindre cep de vigne. Les légendes et les héros de Bourgogne sont présents à son esprit comme autant d’amis, alors pourquoi faut-il que ses amis, que ses amours lui tiraillent ainsi le cœur et l’esprit. Pourquoi penser à son Pair en Anjou lui a-t-il fait si mal ? Et pourquoi maintenant qu’elle est en Alençon près de son Père, près de son Parrain, souffre-t-elle à l’idée que sa mère peut se demander où elle est ?
-« Je ne comprends rien à ici.. Je veux rentrer chez moi.. »
Mais où est-ce exactement ? Encore une question qui la torture et lui ronge le cœur comme autant de cancrelats qui s’attaqueraient à une plaie béante sur le corps d’un animal. Mi-buse, mi-sanglier, mimolette.
Surtout mimolette.
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« Tu trouves LJD Yolanda névrosée et hautaine ? Tu as raison & tu gagnes un sandwich à la fraise. »