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[RP] Les ravages de l'alcool sur la jeunesse

Eilinn_melani
Dans une demeure cossue de Nimes, un soir, à quelques jours de la Saint Valentin, se passa un évènement affreux ! Atroce ! Que dis-je, un drame épique, dont en cet instant, Eilinn Melani, Vicomtesse d'Avize, au curriculum vitae aussi fourni qu'un catalogue Doigts D'or, ne mesurait pas toutes les conséquences. L'auteur non plus en fait, cela seul l'avenir nous dira ce qu'il adviendra.

Les enfants étaient couchés, autrement dit Alice, la fille adoptive de la Vicomtesse, Eilinn et Aliénor Marie conversant alors dans ce que nous pourrions qualifier de boudoir-bureau.

Rappelons-le, Eilinn était généralement l'incarnation de la sobriété, n'aimant pas les alcools forts, tolérant la bière et le vin de framboise, ainsi était-il impossible d'imaginer que la liqueur de mirabelle de l'impériale demoiselle de compagnie allait lui plaire, et l’enivrer. Tout dans la modération, un éthylotest sur pattes, à vrai dire au départ elle avait goûté juste pour pas vexer Aliénor.

Puis finalement...


- "C'pas mauvais ce truc en fait..."

Les verres de liqueur avaient alors commencé à s’amonceler pour les deux jeunes filles, et c'était d'une voix rendue un peu pâteuse par l'alcool que tout commença.

- "Et alors, t'envoies un truc à quelqu'un pour la Saint Valentin ?"

Pour la hauteur de langage et la syntaxe, on repassera le lendemain, merci.
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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Alienor_marie
Aliénor y tenait absolument. Elle ne pouvait être demoiselle de compagnie de quelqu'un qui ne connaissait point la mirabelle. Impossible. Impensable. Aussi l'avait elle suppliée de faire un essai et, dans sa grande bonté, Eilinn avait accepté. Aliénor s'était donc rendue dans sa chambre, et en avait descendu une bouteille. Le breuvage ayant eu l'heur de plaire à l'auguste vicomtesse, elle en avait fait apporté d'autres. Non, la brune n'était pas une alcoolique ! Mais une lorraine sans mirabelle, c'est comme une Eilinn sans braie. ça n'existait pas.

Aliénor ferma les yeux un instant. C'était Erwan qui lui en avait servi pour la première fois. Instant béni d'une insouciance qui s'ouvrait, l'aube d'une nouvelle vie. Et là, elle tenait à la faire goûter à l'instigatrice de son renouveau. La jeune fille avait eu l'impression d'avoir 4 vies, et les deux dernières étaient très marquées par la mirabelle. Trop peut être. C'était certainement l'impression qu'elle aurait demain, l'alcool commençant à lui tourner la tête. Légèrement, mais quand même.


Citation:
- "C'pas mauvais ce truc en fait..."


- Héhé, je ne transporte que des bonnes choses !

Et les demoiselles continuèrent à boire.

Citation:
- "Et alors, t'envoies un truc à quelqu'un pour la Saint Valentin ?"


Etonnante question de la part d'Eilinn, mais au point où elle en était, la brune de Belrupt ne s'en étonna même pas. Répondant sur le même ton :

- Je ne sais pas.. J'ai rencontré quelqu'un mais... peut être que ce serait de mauvais goût ? Il aura peut être peur ? J'aimerai bien que lui m'envoie un truc. Une fleur, c'est chouette les fleurs !

Breandan lui ayant déjà proposé sur un ton très tendancieux de lui faire réciter ses prières, après tout, il ne s'en offusquerait sans doute pas. Il rirait, qui sait ? Enfin bref. Une gorgée supplémentaire.

- Et toi ? Envisages tu d'envoyer quelque chose à ton...futur mari ?

Aliénor ne put réprimer une grimace. Oui c'est mal. Mais en temps normal elle ne l'aurait pas fait. L'alcool la désinhibait.

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Eilinn_melani
Affalée sur son fauteuil, une jambe par-dessus l'accoudoir, Eilinn haussa un sourcil aux propos d'Aliénor.

Hein ? T'as rencontré quelqu'un et tu m'as rien dit ? Et c'est qui ? Il veut quoi ? Sa famille est respectable j'espère, sinon j'vais pas être d'accord.

Houlà, crise de jalousie eilinnienne, le garçon en question avait intérêt à être irréprochable sinon le risque de vol plané allait être élévé.


Baaah la coutume c'est que c'est les hommes qui envoient. Mais bon... la coutume. S'tu veux l'faire, vas-y, de toute façon t'as pas grand chose à perdre. Soit il apprécie, et c'est tant mieux. Soit il apprécie pas, et c'est un crétin...

Au moins les choses étaient simples chez Eilinn, pas de demi-mesure, de nuance, les gentils, les méchants, et si t'es entre les deux, tu n'existes pas, tu appartiens à un vague néant spirituel abritant les habitants de Cipango (car ils sont nippons ni mauvais, c'est connu).

Hein ? Envoyer quelque chose à Ernest ? Quel intérêt... C'est un mariage d'argent, je vais pas m'enquiquiner à lui faire des cadeaux.

De toute façon, le benet fils d'Ella Durée n'en aurait surement pas compris la portée.

Par contre...

Et sur ces énigmatiques paroles, Eilinn rebut une rasade de mirabelle, l'air soudain pensif (autant qu'on peut l'être avec autant d'alcool dans le sang).
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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Alienor_marie
Plus Aliénor ingurgitait de l'alcool, plus son corps s'affaissait dans le fauteuil. Elle réprima un hoquet, puis gloussa. Décidément la mirabelle changeait les gens.

- C'est le frère d'une ancienne amie, fille d'un noble lorrain. Et bien sûr que je te le présenterai !

Se redressant maladroitement, elle prit un air solennel avant de proclamer :

- Tout homme qui entrera de ma vie sera soumis à ton approbation !

Avant de se renfoncer dans son fauteuil et de glousser à nouveau. Elle n'imaginait certainement pas quitter Eilinn pour le moment, elle avait acquis à la fois une stabilité, une amie et une vie amusante, hors de question de partir ! Et avec ce mariage qui approchait, la vicomtesse allait avoir besoin d'elle, elle le sentait. Sa Eilinn passait donc avant tout en ce moment.

- Je l'ai rencontré au baptême de mon amie, il voulait me rendre visite. Peut être le fera t il pour la Saint Valentin !

Aliénor regarda vaguement au dehors, rêvant à Braendan... Viendrait il ? Oh pourvu qu'il vienne ! Il lui avait fait une telle impression, il ne pouvait pas ne pas venir ! Elle refusait d'envisager la moindre déception à ce sujet. Et puis, c'était lui qui s'était rapproché d'elle ! Il ne l'aurait pas fait sans intention de donner suite à leur échange. C'était sûr. Ah ça, il ne lui procurait pas les mêmes émotions que cet homme qui la regardait avec des yeux de merlan frit à Vaudémont ! Comment s'appelait il déjà ? La jeune fille était incapable de s'en rappeler. Elle se souvenait seulement qu'il la mettait drôlement mal à l'aise. Breandan aussi mais cette gêne était d'une douceur merveilleuse, qui la remuait jusqu'aux tréfonds.

Soudain, continuant à boire mais écoutant tout de même, deux petits mots vinrent frapper l'oreille de la brune. Eilinn ne voulait pas envoyer un cadeau à Ernest. Normal jusque là, Aliénor s'en doutait. Mais ces deux tout petits petits mots changeaient tout. "Par contre...". Quoi quoi quoi ? Eilinn, Eilinn la masculine, Eilinn l'indépendante, Sa Eilinn avait eu un coup de coeur pour quelqu'un ? Pour qui ? La demoiselle de compagnie la connaissait elle ?

Aliénor se rapprocha et se laissa tomber à côté d'Eilinn, la regardant avec des yeux malicieux :

- Oui ? Par contre ? Tu veux rajouter quelque chose ?

Elle avait intérêt à rajouter quelque chose ! La Belrupt voulait tout savoir ! Comment avait elle pu passer à côté de quelque chose ? Quel dommage qu'il y ait ce mariage avec Ernest de prévu... Comme ça aurait été amusant de voir Eilinn tomber amoureuse tout doucement, passant par toutes les étapes, les premiers émois, les rendez vous galants, la demande en mariage, fiançailles, épousailles... Et tout cela en étant la plus heureuse du monde ! Mais il y avait ce Ernest. Aliénor en voulait à la Dame Durée d'avoir quasiment imposé son fils à son amie. Elle avait l'impression que cette femme avait acheté Eilinn, lui imposant un marché de dupes. Mais à l'instant présent, cet Ernest n'était pas important. Il était même tout à fait insignifiant ! C'était le sous entendu d'Eilinn qui intéressait la jeune fille. Quel homme se cachait là dessous ? Oui, benoîtement, Aliénor n'imaginait absolument pas qu'il puisse s'agir d'une fille. Et sans doute Eilinn ne l'imaginait elle pas non plus.
Bref. Qui était il donc ? Aliénor attendait la réponse avec une impatience grandissante !

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Eilinn_melani
Développer ? Ca va être compliqué.

Oui mais... nan... nan, ca va jamais être possible lui et moi...
Il est... enfin c'compliquééééééééé. Puis merde alors.


Eilinn s'extirpa de son fauteuil pour aller vers son bureau.

Bordel, c'que ça tangue !

Eilinn se rattrapa tant bien que mal au bureau, attrapant un fou-rire par la même occasion, de ceux qui sont ranimés d'un rien et dont on se débarrasse très difficilement.

Attends, j'ai une idée !

Nul doute qu'elle ne serait pas de génie. Avec difficulté, elle se saisit de la plume, manqua renverser l'encrier, prit un vélin quasi neuf et en tirant la langue, s'appliqua à écrire quelques mots. La tâche allait être ardue.
A haute voix, Eilinn lut à Aliénor ce qu'elle écrivait, d'une voix hachée et assez lente.


Surpris ? Vous pourriez l'être.

Gratt. Gratt.

J'hésitais avec le jambonneau mais je ne sais guère si vous êtes adepte de ce type de mets, alors dans le doute... ne mangez pas la rose tout de même, ses épines ne sont guère agréables au palais.

Eilinn s'arrêta un instant pour contempler son oeuvre.

Oh c'est beau c'que j'écris hein ! La mirabelle ça m'rend poête.

Elle reprit son écriture.

N'oubliez pas que vous m'aviez promis vos miches à Noirlac, *fou-rire nerveux qui la reprend* à défaut d'ôter votre capuche, et je ne suis guère du genre à oublier les promesses. D'ailleurs je dois toujours mettre au point quelques traquenards pour vous dévoiler, rappelez-moi de le faire à l'occasion.

Eilinn fit une pause, lutta contre une crampe impromptue.

C'que c'est long ! C'est la dernière fois que j'écris une lettre romantique !

Et elle reprit.

Donc pourquoi une rose ? Je me pose moi-même la question, le caillou ce n'est pas très gentil, les écus c'est vénal, j'aime pas le jaune, je ne porte pas de rose, mais le rouge c'est trop criard. Alors blanc c'est bien.
Albâtre, céruse, ivoire, argent, laiteux, opalin, neige. Le blanc c'est poétique, ça vous donne une sensation ... de grâce.
Au moins avec ça vous pourrez décorer votre nouveau bureau à Rome.


A destination d'Aliénor.

Oui c'est un romain... Enfin... enfin c'est un gars qui bosse surtout à Rome. Enfin j'me comprends.

Et de signer.

Gracieusement vôtre,
Eilinn Melani,
Petit gobelin farceur.


Elle voulut cacheter la lettre, mais se brûla à la chandelle, ainsi se contenta-t-elle de beugler un :

EDWARDS !

L'anglais dévolu au service d'Eilinn entra dans le bureau, et un frémissement des sourcils indiqua sa grande perplexité face à une Eilinn beurrée comme un petit Lu.

Vicomtesse ?

Vous pouvez m'envoyer ça ? Avec une rose blanche hein, ya un service de courrier spécial !

Le majordome resta de marbre face à l'hilarité alcoolique d'Eilinn, se contentant d'un sobre :

A qui donc ?

Ah oui ! Arnault d'Azayes, en Alençon !

Et l'anglais s’exécuta, quittant la pièce, non sans manifester une certaine inquiétude tout de même. Il hésita même à attendre le réveil le lendemain pour envoyer la-dite lettre, mais après tout... Le courrier partit.
Et dans le boudoir, la mirabelle continuait de descendre.

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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Alienor_marie
Pas possible ? Comment ça ? Ah ben oui c'est vrai qu'elle est fiancée... Pfff que la vie est compliquée. Oui, comme la relation d'Eilinn et de... de l'inconnu. Oh un gros mot ! Cela fit pouffer Aliénor. La prude jeune fille n'avait plus rien. Eilinn tenta une avancée vers le bureau, ce qui augmenta le rire de la demoiselle de compagnie, la vicomtesse tanguant exagérément. Elle se mit à écrire. Aliénor attendant patiemment, continuant à boire sa moinette.

- Hips !

Mmmh ça devenait grave... Mais c'était si amusant en même temps ! Eilinn se mit à lire ladite lettre. La brunette hochait la tête d'un air grave en l'écoutant.

- C'est très beau, et j'pense même qu'tu devrais te reconvertir. Et oui c'est très long ! Je crois que l'amour est quelque chose de fatiguant. Au moins avec Ernest tu ne seras pas épuisée ! *hips* Faut toujours voir le bon côté des choses, c'est ce que me dit ma grand mère. D'ailleurs il faudra que tu la rencontres ! Tu verras elle est foooormidable.

D'ailleurs il faudrait peut être qu'elle réponde à sa missive. Elle le ferait ce soir dans sa chambre. Ou demain.

- Un romain ? Est ce qu'il a le nez tout...comme tu sais là ! Ah mais nan c'est chez le grec le nez bizarre. Gobelin ? Pourquoi gobelin ? C'est pas beau un gobelin, vaut mieux être un lutin. Oui ! Un lutin ça te correspond bien !

Et puis c'était chic un lutin ! ça avait des pouvoirs magiques, ça faisait des farces, ça avait des oreilles pointues. Aliénor observa attentivement Eilinn. Bon, d'accord, elle n'avait pas des oreilles pointues. Ah, il s'appelait Arnault. Et il habitait en Alençon. ça pouvait toujours servir. Et hop, lettre envoyée.

- Oh je suis impatiente de connaître la réponse ! Est ce que tu sais s'il te rend tes sentiments ? Et tu crois qu'il va te faire un cadeau en répondant ?

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Eilinn_melani
Eilinn hocha vigoureusement la tête à la proposition de visite familiale, manquant tanguer un peu sur son siège.

Tant qu'ta grand-mère est pas comme ton cousin, j'pense que ça ira !

S'ensuivit quelques questions sur les suites de cette lettre. N'étant pas pleinement consciente, elle se mit à rire.

Ses sentiments ? Humm... nan.
Un cadeau ? Non plus. J'sais même pas si il... enfin si j'ai la moindre importance pour lui.
Puis en fait, j'sais même pas si j'suis amoureuse...
Naaaaaaaaaaaan, j'peux pas. C'pas moi !
Hips.
Puis c'tait surtout pour plaisanter.


Ou pas. Il était parfois facile de se dissimuler la vérité.
Qu'est ce qu'il allait répondre ? Eilinn n'en avait pas la moindre idée. Encore fallait-il qu'il le fasse.


Hips.


Et la soirée s'acheva, les deux jeunes filles regagnant leurs couches respectives en tanguant. Probablement que ce fut assez lamentable.

[Le lendemain]

L'accent anglais déchira la nuit et le sommeil sans rêve d'Eilinn, faisant naître un mal de tête assourdissant, dont même Elvix, troubadour à la mode il y a quelques mois, n'aurait pu être tenu pour responsable.
- "Vicomtesse, il est bientôt l'heure de l'office de tierce, vous allez être en retard."
- "Humpff nan, j'vais pas y aller..."
L'oreiller fut rabattu sur la tête pour échapper à toute source de luminosité ou bruit dépassant le seuil de tolérance extrêmement bas de la Vicomtesse.
- "La lettre est partie au fait."
Un coin de l'oreiller se souleva, laissant voir un oeil assez épuisé.
- "La lettre ?"
- "Oui la lettre. Avec la rose."
Cette fois-ci ce sont les deux yeux qui furent visibles.
- "Je l'ai vraiment écrite alors ?"
- "Et je l'ai vraiment envoyé..."
Eilinn se redressa sur son séant, visiblement paniquée par la situation.
- "Hein ?!? Mais c'est pas possible ! Il faut la rattraper ! Allez au relais de coursier, il ne faut pas qu'elle parte !"
- "C'est... trop tard, probablement qu'elle est à mi-chemin présentement, pour arriver le 14 en Alençon."
La machoire d'Eilinn manqua se décrocher, et elle retomba sur son lit.
- "C'est horrible, c'est affreux ! Si jamais il la reçoit et qu'il le dit, les cisterciens me jetteront des pierres, Rome se gaussera, et jamais plus je ne pourrais postuler au Saint Office !"
- "C'est si grave que ça ?"
- "C'est un lescurien..."
- "Ah oui... Enfin cela aurait pu être pire, il aurait pu être thomiste."
Dessous l'oreiller, d'une voix un peu étouffée, Eilinn répondit.
- "Pas faux."
Soupir désespéré, avant qu'Eilinn ne se remette à nouveau assise, tentant de se mettre sur ses deux jambes.
- "ALIENOR !"
Elle se prit la tête entre les mains, visiblement le mal de crâne empirait.
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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Alienor_marie
Du brouillard. Du brouillard et un sifflement insupportable. Voilà tout ce qui se passait dans le crâne d'Aliénor. Sa bouche était pâteuse, c'était... c'était la mort. Oui, voilà, la mort approchait. Son était ne pouvait signifier que cela. Peut être Eilinn ferait elle mander un des médecins qui avaient étudié à l'université de Belrupt ? Seuls l'un d'eux pourraient la sauver. S'ils arrivaient à temps. Bah, de toute façon, elle n'avait que peu de biens, et elle souhaitait que tout aille à Alice. Elle aimait bien la fille adoptive d'Eilinn, et c'était sûrement elle qui tirerait le meilleur parti du maigre patrimoine de la demoiselle de compagnie.

Soudain, un cri déchira les brumes qui l'entouraient.


Citation:
- "ALIENOR !"


Naaaaaan chuuuuuut ! Je veux mouriiiiiiir ! Petit à petit, elle compris que c'était Eilinn qui l'appelait. Finalement elle n'était pas morte. Bon, elle allait faire un effort pour se traîner jusque dans la chambre d'à côté. Aliénor se releva lentement, s'assit sur son lit, tangua, roula, et finit par atterrir par terre avec un bruit sourd, entraînant coussins et édredons. Elle voulut crier que tout allait bien, mais cette phrase ne sortit de sa gorge qu'en un son éraillé, comme si un tissu se déchirait. Et ce goût dans sa bouche...
Aliénor rassura la servante qui s'était précipitée au bruit d'un signe de main, et se releva tant bien que mal. S'agrippant aux meubles sur son passage, tirant son édredon derrière elle, elle arriva à la porte de communication, qu'elle ouvrit. Le grincement de la porte de bois lui sembla atroce, le doux visage grimaça.

S'avançant doucement, Aliénor finit par se laisser tomber sur le lit, à côté d'Eilinn, et s'enroula dans son édredon, cherchant à cacher cette lumière qui l'aveuglait. De sous son cocon, elle lui demanda :


- Quoi ?

Sa voix était rauque, il lui fallait du miel. Mais tout à l'heure. Pour l'instant, l'effort fait lui semblait bien trop intense pour qu'elle puisse avoir la moindre activité supplémentaire. Eilinn était elle aussi mal au point ? Pour cette fois, Aliénor ne pourrait préparer aucun remède. Vu son état, elle risquait plutôt de les empoisonner toutes les deux que les guérir.
Les jeunes filles avaient elles des activités prévues ce jour ? Car la seule chose qui enthousiasmerait actuellement Aliénor serait de se rendormir pour échapper au sifflement insoutenable.
Que nul ne lui demande la moindre petite chose aujourd'hui ! Ou sinon, ça allait... ça n'allait rien du tout puisque ça n'était même pas capable de rester debout plus de deux minutes d'affilée.

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Eilinn_melani
Aliénor arriva dans la pièce, momifiée dans sa couette. On aurait été au Japon qu'elle aurait pu être comparée à un sushi géant. Visiblement l'impériale supportait moins bien la mirabelle qu'on pensait.

J'vais bannir la mirabelle de cette maison j'crois.

Autant se rallonger sur le lit. Eilinn n'était pas loin d'accuser Aliénor de l'avoir saoulé, et de ne pas l'avoir empêché d'envoyer cette fichue lettre, mais vu leur état respectif, il fallait croire que la responsabilité était partagée.

Edwards contempla les deux larves, et décida de s'absenter.

Je vais vous préparer une infusion d'écorce de saule, radicale contre vos états.

Tandis que l'anglais quittait la pièce, Eilinn chuchota quelques mots, tant pour ménager sa migraine que celle d'Aliénor.

Aliénor, la lettre est vraiment partie pour Arnault...

Finalement l'oreiller revint se poser sur sa tête.

J'espère qu'il répondra jamais...

Emoi adolescent, quand tu nous tiens.
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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Eilinn_melani
[Quelques jours plus tard...]

Les jours avaient passé, laissant l'espérance croissante à Eilinn qu'Arnault d'Azayes n'avait pas reçu la lettre. Fort heureusement, la migraine de St Valentin elle avait disparu, laissant les deux jeunes filles reprendre leurs activités habituelles, même si c'était une boule au ventre que la vicomtesse ouvrait son courrier après l'office de sexte.

Et ce jour-là, elle reconnut le cachet de la congrégation du Saint Office sur une des missives. Elle resta un long moment avant de se décider à l'ouvrir, se disant que ce que l'on ignorait ne nous blessait pas. Elle n'avait guère envie de se voir morigéner, ou moquer.

Un soupir, et la missive fut décachetée, et dès la première ligne, Eilinn grimaça.


Citation:
De nous, monseigneur Arnault d’Azayes, tribun et diacre-sacristain, expert en miches,
À Eilinn Melani, vicomtesse d’Avize, meilleure Première Maître d’Hôtel français de tout temps,
Salutations et bénédictions aristotéliciennes.



Votre Seigneurie,

Votre perspicacité et votre sagacité éclatent une fois de plus dans toute leur splendeur : je fus en effet surpris de recevoir une rose, que ce fût de votre part ou non. Qui en effet pourrait penser à un homme d’Église – certes non-ordonné – portant la capuche le jour de la Saint-Valentin ? La surprise, déjà palpable à la simple réception de l’envoi, fut totale à la lecture du nom du destinateur. Le choix de la couleur de la fleur m’apparaît des plus judicieux. J’espère que la grâce qu’évoque le blanc est tant matérielle que divine. En tous les cas, soyez vivement remerciée pour votre si surprenante et délicate attention. Je la garde bien précieusement mienne pour le moment.
Soyez en outre convaincue que je n’oublie nullement ma promesse. Les aléas étant ce qu’ils sont, je me suis simplement éloigné de Noirlac ces derniers temps : Tibère n’est plus tout à fait certain de me vouloir voir entreprendre ces études et, profitant de cette hésitation, j’ai préféré quitter ces lieux où j’ai, à ma grande confusion, croisé un nombre anormalement élevé de cisterciens.

Qu’Aristote vous guide.

Prosé à Verneuil le dix-neuvième jour du mois de février de l’an d’Horace MCDLX, durant le pontificat de Sa Sainteté Innocent VIII.






Eilinn eut une moue dubitative. C'était à la fois trop et trop peu.

- "Aristote a été noyé dans la mirabelle ce jour-là...

ALIENOR !"


Cela devenait une habitude.
Il lui fallait l'avis de quelqu'un de "normal". Enfin autant qu'une jeune fille de quinze ans pouvait l'être.

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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
Alienor_marie
Une main émergea, en signe de remerciements adressés à Edwards. Quel brave homme, que feraient les jeunes filles sans lui ! Probablement tout plein de bêtises. D'ailleurs en parlant de sottises...
La lettre ? Quelle lettre ? Ah oui ! Un vague souvenir déchira les nuages environnants. Et la larve soupira de dessous son édredon. Qu'ajouter de plus ? Grand Mère aurait dit qu'il faut bien que jeunesse se passe. Mais Grand Mère aurait elle accepté l'envoi d'une telle lettre ? Aucune idée. Mais elle les aiderait ! Voilà, c'était la meilleure des solutions.


- J'demanderai à Grand Mère...

La larve se rendormit, l'autre larve à ses côtés. Quoi de plus mignon que deux larves ? De toute manière, ce n'était ni l'heure, ni l'état de réfléchir davantage. Si elles n'étaient pas mortes, cela irait bien mieux demain, ou après demain. Peut être directement après les potions d'Edwards ? Franchement, il faudrait écrire à Blanche. En première année d'étude de médecine, on devrait apprendre à fabriquer un breuvage anti ivresse. Voilà qui serait utile. Bien plus qu'apprendre à accoucher une femme. Il vaudrait mieux laisser ça aux étudiants plus âgés qu'à des petites jeunes filles impressionnables.



[Quelques jours plus tard...]

Aliénor sortait de sa chambre, toute émoustillée. Elle avait reçu une lettre de Breandan. Il comptait venir la voir ! Il fallait absolument qu'elle raconte ça à Eilinn. Evidemment, il ne s'agissait que d'une visite, et elle n'envisageait pas de rencontre entre eux deux pour le moment, mais c'était tellement...tellement tout ! Aliénor passa devant un miroir, devant lequel elle s'arrêta. Eilinn ne pourrait pas manquer les joues roses et les yeux pétillants de son amie. Pourvu que Breandan ne s'en rende pas compte quand il viendrait !
Donc, la brune cherchait l'autre brune, quand elle entendit un cri :


Citation:
- ALIENOR !


Ladite Aliénor fut ravie. Elle ne ressentait aucun mal de tête semblable à celui qui l'assaillait la dernière fois qu'Eilinn avait crié son nom. C'est toute guillerette qu'elle descendit la rejoindre, dévalant les escaliers de marbre comme une fleur légère. Oui, cette lettre l'avait décidément mise d'excellente humeur, comme si des papillons flottaient tout autour d'elle. Demain elle se trouverait bien bête d'avoir réagi ainsi, mais pour le moment, elle profitait de cet état de grâce.
Devant l'air sérieux d'Eilinn, le sourire de la Lorraine s'effaça.


- Que se passe t il ? Quelque chose de grave ?

La jeune vicomtesse tenait une lettre à la main. Pourvu qu'il ne s'agisse pas d'une mauvaise nouvelle... Une missive de son beau père sans doute. Aliénor grimaça. Elle ne l'avait encore jamais rencontré, mais ce qu'on lui avait raconté suffisait. D'ailleurs, était il au courant des épousailles prévues ? Peut être pas, et c'est ce qui justifierait ce bout de vélin.

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Eilinn_melani
Aliénor arriva enfin, et Eilinn lui donna le fin mot de l'histoire.

"Il" a répondu.

Et de tendre la lettre à Aliénor, l'air dépité, afin qu'elle la lise.

Moins pire que ce que j'imaginais.

Cela lui laissait un goût doux-amer. Il aurait pu écrire de façon plus véhémente qu'elle l'aurait accepté, mais quelque chose la chiffonnait au final.

A ton avis, je dois lui répondre ?


Ça, elle n'en avait pas la moindre idée. Elle reporta son regard sur Aliénor, remarquant son air étonnamment guilleret. Elle ne voyait pas les papillons, mais c'était tout comme. D'ailleurs elle aussi avait une lettre en main, probablement la cause de son émoi. Eilinn fit alors semblant de humer, comme si elle tentait de repérer une odeur dans la pièce.

Humm, sentirais-je poindre le parfum de la romance dans l'air ?

Chacune avait reçu une lettre, mais il était probable qu'Aliénor ait été plus chanceuse de son côté.
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Vicomtesse d'Avize, Diaconesse de Paris.
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