Yunette
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- De chasse en chasse, elle était de retour dans le clan qui la vue naitre. Elle y avança, ne reconnaissant rien, ni personne. Ses parents sétaient exilés tôt dans sa vie, trop tôt pour quelle se souvienne. Pourtant, les sons lui semblaient familiers, les odeurs aussi. Elle abaissa ses paupières sur ses prunelles écarlates, simprégnant des environs. Son esprit, fatigué de tant de marche lui envoya la fugace impression douïr sa mère. Son bras se tendit devant elle, étreignant un tronc. Seule la sensation de lécorce contre sa joue la ramena à la réalité. La Chasseresse, elle était la Chasseresse. Il restait peu de chose de Yunette, ainsi que lavait nommée sa mère. Elle sadossa au pied de larbre et se plongea dans ses souvenirs. Souvenirs rouges
Sanguins.
- Le goût du cuivre dans sa bouche tandis quelle déglutit pour ne pas sétouffer, ce goût qui lui parût si agréable tandis quil coulait dans sa gorge desséchée, allant tapisser son estomac creux. Lorsquelle ouvrit enfin les yeux, rassasiée, repue, elle se rendit compte quelle voyait rouge. Portant sa main à son visage, elle la découvrit recouverte de sang. Lenfant quelle était alors se dégagea de lendroit où elle se trouvait tandis que son regard englobait la scène. Sa famille était là, décimée. Pas un navait survécu. Sa mémoire lui renvoya les images des proches évènements, sa mère, prêtresse de Coatlicue, avait eu la lubie, lincroyable idée de sen aller visiter les Aztèques, car elle désirait voir leur façon dadorer les Dieux
Fière de son statut de prêtresse, elle pensait quil protégerait sa famille, son deuxième époux laccompagnait, le premier ayant été tué lors dun raid sauvage. Le grand guerrier quil était navait rien pu faire contre la horde qui les avait acculés à flanc de montagne. Sa deuxième épouse, leurs enfants
les frères et surs de celle quon appellera plus tard la Chasseresse, pas un navait réchappé. A part, elle. Elle qui venait de se remplir le ventre du liquide vital de sa sur égorgée, dont le corps avait été placé au dessus delle. Elle eut un haut le cur qui ne la libéra pas, la faim ayant eu raison du dégoût de lacte, et si ce nétait la provenance du sang, il lui fallait bien avouer quelle avait trouvé ça bon.
Choquée, hagarde, elle séloigna du lieu du charnier, ramassant au passage le poignard dobsidienne de sa mère ainsi que son collier de riches perles de cuivre. Elle gagna ainsi, sans réfléchir, sans même regarder où elle posait les pieds, la rive dun cours deau. Sa vue était toujours brouillée, le sang recouvrant son visage commençant à sécher. Elle sallongea dans leau, face tournée vers le fond, appelant les Dieux à lui faire cesser cette souffrance, à lui donner le courage de ne plus ressentir cet abattement, ce vide qui lenvahissait. Le sang battait sourdement à ses tempes, son pouls se ralentit peu à peu puis saffola brusquement. Malgré elle, elle releva la tête, prenant une immense bouffée dair. La vie lavait rappelée à elle. Les Dieux en avaient décidé ainsi.
Elle resta un moment dans leau, se laissant porter, senfonçant au milieu des arbres majestueux. Les semaines, les mois, les années passèrent. Régulièrement, elle partait en chasse. Elle navait pas de feu pour cuire sa viande et shabitua vite à la manger crue. Encore chaude, palpitante. Elle buvait le sang, après en avoir offert la première giclée aux Dieux. De la petite fille qui avait quitté Huiloapan, il ne restait pas grand-chose. Son regard avait gagné en bestialité, sa gorge, habitée de silence, ne laissait plus guère passer que de sourds grognements et des glapissements de fauve. Le poignard lui servait encore, bien que par moments, seuls ses ongles et se dents lui servissent darmes. Le collier quant à lui avait bien vite rendu lâme et elle avait passé les perles à ses cheveux, avant quils ne deviennent un innommable fouillis.
Son menu évoluait Lorsquun Aztèque saventurait trop près, elle lui donnait la chasse. Fermant les yeux, elle sapprochait assez pour entendre sa respiration, simprégner de son odeur. Ensuite, elle se faisait entendre. Assez, juste assez pour quil se sache en danger et quil fuie. Elle le laissait prendre de lavance, un peu un peu plus Au fur et à mesure du temps, elle samusait avec sa proie. Les Dieux lui avaient laissé la vie, cest quils guidaient ses actes. Elle en était intimement persuadée, illuminée quelle était. Son plaisir augmentait lorsque sa cible, acculée, se retournait, tentant de lui faire face, sattendant à trouver quelque monstre difforme et se retrouvait avec une petite furie qui lui bondissait dessus. Elle se prit des mauvais coups, quelquefois, mais peu. Peu de proies lui échappèrent, elle savait jauger de ses capacités et ne pas sattaquer à beaucoup plus fort quelle. Elle pratiquait lémasculation, cela évitait à la viande de prendre un mauvais goût. Elle jouissait par-dessus tout lorsque le regard de sa proie, la cherchant, se posait enfin sur elle. On eut pu croire que cela les aurait rassurés, mais au contraire, ils voyaient en elle une apparition malfaisante. Lorsquelle lisait la peur dans le regard, son sourire sétirait en un rictus mauvais et elle passait à laction.
Un jour, arrivant dans une clairière où elle avait coutume de prendre des baies, elle sarrêta à lorée de la forêt, interdite. Deux toutes jeunes femmes dà peu près son âge étaient là. La première, plutôt bien mise, battait la mesure dune danse quelle navait pas lair de connaitre. La seconde quant à elle, la seconde Le cur de la Chasseresse eut un sursaut, Cette tenue Cette danse quelle effectuait Cétait une danse dédiée à Coatlicue, déesse de la terre. Les jambes lui manquèrent tandis quelle savança et la sauvageonne se retrouva à genoux devant elles. Relevant la tête, elle emplit ses yeux de la vision de la prêtresse, de ses mouvements, cette grâce qui lui rappelaient sa mère. Le temps paraissait figé tandis quelle contemplait la scène.
Une voix dhomme séleva alors, brisant la sérénité du moment. Elle ne parla pas Aztèque, mais la langue de son enfance, la langue du pays Tlaxcallan. Un frisson la parcourut et elle ferma les yeux, se berçant de cette langue dont elle avait fait son deuil, nayant nulle idée de comment sen retourner chez elle. Les sons ne voulaient pour autant pas dire grand-chose pour elle, son oreille narrivant pas à faire entendre à son esprit la signification des mots prononcés. Elle rouvrit les yeux, voulant en connaitre la provenance, mais sa vision se brouilla, non pas du voile rouge des chasses, mais du voile noir de linconscience. Un borborygme incompréhensible séchappa de ses lèvres tandis quelle sombrait, un mot, seul, restait discernable, le nom de la Déesse de la terre, Coatlicue.
Reprenant conscience, elle se découvrit dans une cahutte, chose qui ne lui était pas arrivée depuis bien longtemps. La jeune prêtresse était à son côté. Elle eut un mouvement de recul, se blottissant contre la paroi de sa couche, telle une bête traquée, prête à bondir au moindre geste agressif à son égard. Il ny en eut pas. Le temps passa et Yunette réapprit à parler, à se comporter en être humain. Une amitié naquit entre les trois jeunes filles aux âges si proches. Parfois, elle sen allait chasser dans la nuit, ses instincts reprenant le dessus, quelques Aztèques encore disparurent. Celle qui serait plus tard la Grande Prêtresse Kalamite lui donna le nom de Chasseresse. Un rien dhumanité expliquant sa bestialité. Elle lui vouait un culte sans pareil, la seule personne qui pouvait la contrôler ou du moins lapaiser si le besoin sen faisait sentir.
Les rapports avec la plus jeune des deux surs furent un peu plus houleux, le caractère de celle-ci, elle se voulait hautaine, grande gueule, allumeuse, autoritaire et sanguinaire, nombre de bravades de gamine capricieuse. En de nombreux points, leurs caractères étaient proches en fait, doù les étincelles. Il y avait entre elle une sorte de rivalité bon enfant, mais Yunette avait adopté Nemontoni. Quiconque lui ferait du mal risquait sa colère.
De nombreux exilés étaient chez les Aztèques, bien plus quelle ne laurait cru. Elle rencontra le père de ses amies, quelle effraya tant elle mélangeait lidée de sacrifier autant leurs frères que leurs ennemis. En effet, quel meilleur présent pouvait-on faire aux Dieux que des hommes de valeur ? De nombreuses discussions avec la prêtresse finirent par lui faire promettre de ne pas toucher aux frères et surs à son grand désespoir. Elle sintégra quelque peu dans le village, partant en chasse chaque soir. Pour ne pas attirer lopprobre des Aztèques sur ceux de son peuple, elle se résigna à ne tuer que des animaux.
A la nuit tombée, elle séloignait en forêt, allant chercher une proie, les sens en éveil, tendue, la démarche souple, féline. Elle savançait silencieusement parmi les arbres, la respiration légère. Devant elle, un furtif mouvement, un lapin. Ce soir, ce serait lapin. Bondissant à la suite du léporidé elle le poursuivit quelques minutes, le dirigeant là où elle lavait décidé. Quand il fut coincé, elle lattrapa dune main vive, saisit son poignard de lautre et alla entamer la jugulaire laissant un peu de sang arroser le sol en une muette prière à la déesse de la terre. Rapidement elle ouvrit la bête et lui arracha le cur encore battant pour le dévorer goulûment. Le délice du muscle palpitant était pour elle la meilleure des friandises. Elle le dépeça, gardant la peau et le vida, laissant là ses entrailles, quelque coyote y trouverait sans doute son bonheur. Dun revers de main, elle essuya le sang qui avait coulé jusquà son menton et retourna vers sa cahutte. On lui avait dit quil fallait faire cuire la viande, un beau gâchis daprès elle, mais elle sy était faite... ou presque.
Un beau jour, les frères et surs de sa tribu eurent vent dun changement et décidèrent de rentrer chez eux. Elle ny était pas encore préparée. Ils pillèrent les marchés Aztèques, ne laissant que peu de choses. Elle sentendit alors avec un chef de clan pour sauver le village dans lequel elle avait rencontré la civilisation. Sp00nkilla, cétait son nom, sengagea à fournir des denrées de base. Elle prit possession dun lieu fermé où disposer de quoi manger, un lieu où chacun trouverait chaque jour de quoi se nourrir sans que ce soient quelques rares nantis qui embarquent tout.
Le temps passa ainsi, elle se fit accepter de leur peuple, bien quon la regardait toujours avec défiance et pour cause ! Quelques disparitions eurent lieu encore, si elle partait en chasse et que la proie levée était humaine, cela ne changeait rien Elle chassait. Se sentant de trop, elle rompit laccord avec le clan voisin et prit la route. Cétait la fin de lexil, il lui fallait rentrer.
Rentrer, chez elle.
Le soir était tombé, pas encore lheure de la chasse ; dans le clan, des lumières appelaient à se retrouver, à rencontrer des gens. Elle savait quil fallait en passer par là. Elle sy rendit donc, bon gré mal gré. Elle rencontra des mâles imbus deux même, dautres résignés, des surs qui rêvaient damour et dautres choses auxquelles elle nentendait rien. Quelques jours passèrent, elle avait revu Kalamite qui lui avait bien sûr rappelé sa promesse de ne pas dévorer de frères et surs. Elle revit aussi Nemontoni qui, toute fière quelle était, ne manqua pas de lui raconter sa vie, ses désirs et ses envies. Dautres encore quelle avait connu en exil étaient dici ou dà côté. Elle se sentait chez elle, presque.
Un autre soir, elle rencontra un mâle qui lui tint tête. Peu le faisaient. Intriguée par celui-ci, elle sy intéressa. Il était assez étonnant de voir quils se comprenaient à demi-mot. Elle le provoqua, voulant se battre, cherchant le contact pour elle ne savait quelle raison. Elle ne sétait toujours pas résignée à donner son nom, se faisant appeler la Chasseresse. Il la nomma Chasse. Plus court. Elle sy opposa un moment puis dû se rendre à lévidence, il ne changerait pas davis et ce nom lui plaisait. Le pulque coula à flots ce soir là, et de contacts en morsures, ils en vinrent aux mains. Mains qui se mêlèrent tandis que leurs corps faisaient de même, en une étreinte aussi sauvage quelle fut douce. Ce soir là, ce fut son sang qui coula. Elle ne chassa pas, mais passa la nuit dans sa cahutte, découvrant pour la première fois lavantage à ne pas dormir seule Il faisait chaud Entre autres choses. Il avait plein de choses à lui expliquer, et elle ne demandait que ça.
Chasse commençait une nouvelle vie, Gal était chasseur, et elle voulait tenter de chasser à plusieurs, avec lui, cela aurait au moins lavantage de rendre le bivouac intéressant. Ils devaient partir bientôt, sy étaient préparés. Dautres se joignaient à eux, lexpédition était rodée.
Une autre chose la souciait, depuis la nuit passée dans ses bras, elle se surprenait à songer à lui, non pas comme à un mâle, mais comme à lui-même, pour ce quil était. Une bouffée de rage lenvahissait lorsquune sur sapprochant de lui, réveillait son côté bestial. Elle avait appris à le maitriser, mais ressentait tout de même cette rage sourde, sinterdisant de la montrer. Elle ne dépendrait pas dun mâle, elle se létait juré en voyant son beau père faillir à la défense de sa mère. Elle savait quil lui faudrait maitriser ses instincts, que comme tout un chacun il prendrait sans doute femme femmes même et que cétait son droit le plus strict. Elle-même défendait cette coutume, mais ne savait pas combien elle aurait pu souffrir rien quà cette idée. Elle réprimerait cette chose qui lui créait une boule au creux de lestomac tandis que la chaleur de la colère lemplissait. Avant toute chose, elle allait profiter du moment présent, du moment qui faisait que cette nuit encore, elle lavait passée auprès de lui, découvrant bien des choses qui la laissèrent rêveuse.
Elle le regarda dormir un bon moment, détaillant son visage, en caressant rêveusement la morsure qu'il lui avait fait dans le cou. Ensuite, elle alla pêcher, comme tous les matins... Les montagnes étaient pauvres en viande, il lui avait fallu se rabattre sur le poisson.
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