Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Les bêtises d'Alfred : Berry Match

Alfred555
Journal people

Mars 1458


Citation:


N°7326, mars 1458

TURENNE, OU LA SORTIE DE L’HÔTE PERPÉTUEL
DE L’ABBAYE DE NOIRLAC




SOMMAIRE

  • Editiorial
  • Turenne, toute la perfection réunie en un seul homme.
  • Turenne, le pourquoi de la retraite.
  • Turenne et Ysandre : L’absence et la patience.
  • Enquête à Noirlac : Toute la vérité sur les contacts secrets du couple pendant la retraite du marquis.
  • Turenne, ou comment payer deux fois et demie ses impôts en indemnités de retard.





ÉDITORIAL


L’abbaye de Noirlac


Souvenez-vous !

[…] C’était il y a très, très, très longtemps. En ce temps-là il y avait l’abbaye de Noirlac. D’un côté de l’abbaye de Noirlac il y avait les Gibis qui passaient tranquillement leur temps à peindre la campagne et à chanter. De l’autre côté de l’abbaye de Noirlac il y avait les Shadoks qui passaient leur temps à guerroyer contre les arbres et les petits cailloux. Et tout le monde, apparemment, était content.
Au début de notre histoire, nous vous l’avions promis, les Shadoks et les Gibis devaient arriver à l’abbaye de Noirlac. Et bien, les y voilà !
Et notre histoire pourrait s’arrêter là. Comme dans les belles histoires, on finirait en disant qu’ils furent heureux et qu’ils vécurent longtemps, que tout allait pour le mieux dans la meilleure des abbayes possibles, mais ça serait vraiment trop abuser de votre crédulité. Car, pour ne rien vous cacher, c’est juste au moment où notre histoire allait s’arrêter, que les vrais embêtements pour les uns comme pour les autres allaient commencer.
Figurez-vous qu’un jour, les vaillants Shadoks s’apprêtaient comme d’habitude à livrer bataille à un ennemi très supérieur en nombre et ils sonnaient du cor pour l’effrayer. Et puis, tout à coup… ce fut la bête ! La terrible bête qui, en ce temps-là, était retraitée à l’abbaye de Noirlac, et les Shadoks, ces marauds là, l’avaient réveillée.
Elle répondait, la bête, au joli nom de Turenne, ou à n’importe quel autre nom d’ailleurs mais, en général, il valait mieux ne pas l’appeler.
Quand on vous disait que les vrais embêtements allaient commencer, vous vous rendez bien compte que ce n’était pas uniquement une façon de parler. Alors, notre histoire finira plutôt comme ceci :
C’était il y a très, très, très longtemps. En ce temps-là il y avait l’abbaye de Noirlac. D’un côté de l’abbaye de Noirlac il y avait les Gibis. De l’autre côté de l’abbaye de Noirlac il y avait les Shadoks. Entre les deux il y avait Turenne, la bête qui les embêtait.
Les Shadoks et Gibis virent bien au bout d’un certain temps qu’ils ne pourraient pas vivre longtemps dans une abbaye avec un Turenne comme ça, alors ils décidèrent, les uns et les autres, d’aller ailleurs sur Terre, où il n’y avait pas de Turenne du tout. […]

Et c’est là que les Saint-Aignanais s’en atteignanirent : Turenne et Ysandre, ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.



TURENNE, TOUTE LA PERFECTION RÉUNIE EN UN SEUL HOMME.

Turenne de la Tour Saint Arnault, Marquis d’Aubigny, Baron d’Asp ; dit le Sybarite, dit le charmeur de ces belles ; dit le protecteur de la veuve et de l’orphelin ; ancien juge en Cour d’Appel du Royaume de France ; ancien conseiller ducal et ancien magistrat en Orléanais ; ancien conseiller ducal et ancien magistrat en Languedoc ; ancien conseiller ducal, ancien chancelier, ancien conseil au commerce, ancien connétable, ancien juge et ancien porte parole en Berry, ancien ambassadeur en Artois, ancien ambassadeur en Bourbonnais-Auvergne, ancien ambassadeur en Bourgogne, ancien ambassadeur en Champagne, ancien ambassadeur en Franche-Comté, ancien ambassadeur en Savoie auprès du Berry ; ancien conseiller municipal de Saint-Aignan, ancien tavernier municipal de Saint-Aignan ; gagnant du concours Mister Saint-Aignan ; Cofondateur , ancien Sénéchal, ancien Commandeur, ancien Chevalier de Justice, ancien membre du Haut Conseil, ancien ambassadeur auprès des Guildes et Ordres du Royaume de France, ancien Grand Maître de secours en temps de complots et cabales de l'Ordre Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem ; Chevalier dans la lance royale durant la seconde bataille d’Azincourt ; se rêvant souvent haranguant les foules et sauvant le royaume ; […]et bien sûr, fiancé de la bien connue de nos lecteur Ysandre de Mistra, Duchesse de Chantôme, est né en des temps immémoriaux, à peu près au moment où Aristote décida de créer les hommes. Personne à part lui n’est d’ailleurs là pour s’en souvenir.

Turenne est un homme hors du commun :

Turenne ne se réveille pas quand le soleil se lève. C’est le soleil qui se lève lorsque Turenne a assez dormi.

Turenne ne peut être taché par la boue. C’est la boue qui s’écarte devant Turenne, de peur de le tâcher.

Le hasard fait bien les choses. Turenne fait bien le hasard.



Turenne, défenseur de la veuve et de l’orphelin. Mais surtout des orphelines…


Turenne n’est pas tombé amoureux, car Turenne ne tombe pas. C’est l’amour qui vient le chercher, et qui est venu en la personne d’Ysandre de Mistra, qui elle, lui est tombée dans les bras.

Turenne est Roy à la place du Roy. Simplement il ne le lui a pas dit pour ne pas lui faire de peine.

Il n’y a qu’une seule merveille au monde : Ysandre. Les autres étaient jugées indignes de ce qualificatif, aux yeux de Turenne.

Le Domaine Royal n’est pas neutre. Il attend juste de savoir de quel côté Turenne se situe.

Turenne a entrepris une réforme des lois :
Article 1 : Turenne a toujours raison.
Article 2 : Quand Turenne a tort, se reporter à l’article 1.

Quand Turenne urine face au vent, le vent change de direction.

Si Turenne dort avec une chandelle allumée, ce n'est pas parce qu'il a peur du noir mais parce que le noir a peur de lui.

Si Turenne est en retard, le temps a intérêt à ralentir.

Turenne est irrésistible. Ne demandez pas pourquoi, il l’est, c’est tout.

Si le nez d’Ysandre avait été différent, la face du Berry en eût été changée. Si le nez de Turenne avait été différent, la face du monde en eût été changée.



Turenne recevant l’illumination. On ne sait pas laquelle, mais il l’a reçue.


Turenne ne ment pas, c'est la vérité qui se trompe.

Un jour, Turenne a dit : « Va voir à Noirlac si j’y suis »… Et il y était.



TURENNE : LE POURQUOI DE LA RETRAITE

Turenne a brusquement choisi de partir en retraite, coupant toute vie avec le monde qu’il connaissait, et qui le connaissait. Sur le moment, personne n’a compris. Mais nous avons fait notre petite enquête :

Si Turenne est parti en retraite, c’est pour faire fortune, bien évidemment. Mais très certainement aussi pour trouver un havre de paix, et aspirer à la tranquillité, loin du brouhaha de la ville, de la politique et de ses domaines : rechercher le silence.
Plusieurs indices :

On n’achète pas Aristote, on peut seulement le louer. Par contre, Aristote rachète les péchés. Et des péchés, Turenne en aurait eu à revendre.

La parole est d’argent, mais le silence est d’or.

Le silence, c’est un peu comme une retraite, on vous condamne au silence, on vous réduit au silence, on vous met au silence, et bizarrement parfois on s’y enferme soi-même. Dans ces moments là, comme le silence est d’or, la retraite est dorée.


Aux abords des salles de prières, on plante des panneaux « salle de prière, silence » , sans doute parce que les grandes prières doivent rester muettes.

Le silence est un puit profond et quand la vérité en sort, elle fait grand bruit.

Certains ecclésiastiques feraient bien par moment d’observer un silence religieux.

Le bruit, c’est l’arrêt des anges. Au silence, les anges passent.

Si le bruit court, le silence a du mal, lui. Il pèse.

Nous rêvons tous d’un Roy diplômé de Silence-Po.

Heureusement au bord des océans de bruit, il y a encore quelques plages de silence.

La calomnie est un faux bruit, un bruit auquel on aurait mis un silencieux. À l’origine de la calomnie, une langue de vipère déguisée en langue de carpe.

Le silence, on s’y laisse aller, insouciant ça lance et ça lasse, il y a des silences licencieux et aussi salaces, des silences si lisses qu’on se laisse enlacer. Hélas on s’y enlise, ça saoule les sens, ça salit, ça esseule, c’est selon, c’est une sangsue ou un linceul.

En général, il faut toujours trouver une chute à un article. Ici, pour un article sur le silence, elle est toute trouvée : Chut.




TURENNE ET YSANDRE : L’ABSENCE ET LA PATIENCE

Nous vous le donnons en mille : Quelle est la question qu’a posé Ysandre à Turenne, lors de sa sortie de méditation profonde à l’abbaye de Noirlac ?
Réponse : Pourquoi t’es-tu tu, Tutu ?

Ysandre aurait dit, pendant la longue retraite de son promis : « Je n’ai rien contre le temps, mais par moments, j’ai de grandes envies de le tuer ».

Quant à Turenne, il n’a pas l’air pressé. Il est finalement sorti de retraite, mais ne le brusquons surtout pas. Il aurait déclaré :

« L’inconvénient avec le mot « union », c’est que quand vous le mettez au pluriel, cela fait désunion. »

« À 20 ans, on est plus amoureux qu’autre chose. À mon âge, on est plus autre chose qu’amoureux. »

« À mon âge, on n’est plus jeune, mais on peut encore être irrésistible. »

« Avant, je lui disais : Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire, j’ai vu tous les soleils venir s’y mirer, s’y jeter à mourir tous les désespérés, tes yeux sont si profonds, que j’en perds la mémoire. Maintenant, je lui crie : T’es où ?! »



Turenne en visite à Chantôme


Un mariage en prévision ? Un tel évènement risque de faire le tour des gazettes du Berry et même de France. Ysandre de Mistra semble n’attendre que cet heureux moment, alors que Turenne profite de sa vie de noble encore célibataire et fait traîner la bagatelle en longueur. Allons donc, messire Turenne, faites donc un effort. Aujourd’hui, vous dites à votre belle :
« Duchesse, vos beaux yeux me font mourir d’amour. »
Une fois mariés, vous aurez le privilège de lui susurrer à l’oreille :
« Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. »
Ce qui est, soit dit en passant, beaucoup plus classe. Vous pourrez même le dire de la façon qu’il vous plaira le plus :
« Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. »
« Vos beaux yeux, Marquise, me font mourir d’amour. »
« Mourir d’amour, Marquise, me font vos beaux yeux. »
« D’amour mourir, Marquise, vos yeux beaux me font. »
« Vos mourir beaux Marquise font, me amour d’yeux. »
À moins que vous ne grommeliez quelque chose d’incompréhensible…

Mais à par cela, madame la Marquise, tout va très bien…



ENQUÊTE À NOIRLAC

Notre correspondant sur place, incognito, tonsuré et en robe de bure parmi les moines cisterciens, a découvert un ingénieux stratagème qu’ont mis en place les deux tourtereaux afin de pouvoir discrètement communiquer entre eux, et occasionnellement se voir.
Il a été constaté, au cours de la retraite de Turenne, que celui-ci consultait assidûment le seul exemplaire existant du recueil de prières Les Très Riches Heures du Duc de Berry. D’un tel titre, on eut pu croire un tas de choses, mais après investigation minutieuse, il s’avère que la vérité est bien particulière.

Turenne souhaitait être coupé de tout ce qui le rattachait du monde : les personnes, le bruit, les livres… Mais il aurait déclaré :
« Je souhaite qu’on me délivre des livres. Sauf d’un ! »
Ce livre en question était le recueil de prières Les Très Riches Heures du Duc de Berry, exposé dans la bibliothèque de l’abbaye de Noirlac. Pourquoi un tel ouvrage, me demanderez-vous ? Est-ce pour que Turenne y trouve la meilleure façon d’y découvrir la solution à la fortune spirituelle ? Où celle de devenir Duc de Berry ? D’autant plus que Turenne aurait dit, pendant sa retraite à Noirlac : « Un livre, c’est un peu comme un homme politique : il n’est rien sans l’électeur. »
Et quel lecteur ! Il s’est avéré que, si Turenne était grand lecteur de cet ouvrage, une autre personnalité bien connue de nos inconditionnels assoiffés de potins empruntait régulièrement le livre. Cette personne n’était autre que Ysandre de Mistra, Duchesse de Chantôme, qui profitait de ses régulières visites à Noirlac sujettes à son jeûne et sa confesse pour s’accaparer le livre et en dévorer les pages. Cela a quelque peu intrigué notre faux moine qui s’est penché sur l’œuvre en question.
Il a dû s’y reprendre à plusieurs fois avant d’enfin tomber, ô l’indiscret, sur un document… compromettant, que nous ne publierons pas ici, bien que cela eut pu faire les choux gras de notre édition et de nos concurrents. Le livre Les Très Riches Heures du Duc de Berry leur servait de boîte à missives, d’amour ou autre. De petits mots subrepticement glissés entre des pages convenues à l’avance leur permettait de communiquer, à l’insu de tous. Cela était certainement une activité imaginée par notre ingénieux Turenne pour faire patienter Ysandre, tout en lui faisant la cour.




Avril : Scène de fiançailles ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Mai : Fête de l’amour.


Il est par ailleurs amusant de vous faire part des pages de l’ouvrage entre lesquels étaient déposés les mots doux. Les Très Riches Heures du Duc de Berry se décompose en douze chapitre, un par mois de l’année. Ainsi, le mois de janvier s’ouvre par une gravure représentant les étrennes, où le Duc de Berry reçoit les présents des gens le remerciant de sa protection. Le mois de novembre est représenté par une scène de glandée (le chapitre préféré de Turenne, soit dit en passant), où un paysan fait tomber les glands des chênes pour que ses cochons s’en repaissent. Mais les chapitre qui nous intéressent ici sont ceux d’avril et de mai. Le moi d’avril est représenté par une scène de fiançailles, et celui de mai est le mois de l’Amour. C’est précisément entre les pages de ces deux chapitres qu’étaient glissés les petits mots de nos deux amoureux énamourés. Nous vous laissons le loisir d’apprécier…





Turenne et Ysandre en pleine dévotion, à l’abbaye de Noirlac.




TURENNE, OU COMMENT PAYER DEUX FOIS ET DEMI SES IMPÔT EN INDEMNITÉS DE RETARD

Par une indiscrétion, notre enquêteur sur place a pu avoir accès au reçu de paiement des impôts de Turenne. Celui-ci, retraité et ne payant pas ses impôts, même sur le pouce, a été mis comme il se doit, à l’index par le maire de sa ville lors de sa sortie de l’abbaye de Noirlac.



Un bien mauvais calcul. Voulant trouver fortune à Noirlac, par le rachat de ses péchés, il a omis de vendre ses champs et échoppe, soumis à l’impôts foncier.

Lorsque nous avons questionné le maire de Saint-Aignan à ce sujet, celui-ci nous a simplement répondu :
« Je ne sais pas pourquoi, mais un percepteur est toujours mal perçu. »

Quant à Turenne, il aurait déclaré ceci :
« Avant, l’argent coulait à flots. Maintenant, j’éponge mes dettes. »

« Je trouve le maire de Saint-Aignan bien mal rémunéré. Très certainement parce qu’il est impayable. »

Remarquons qu’il aurait dû payer d’autres indemnités. L’harpagon aurait en effet pu verser, entre autres, des compensations de dommages moraux pour abandon de fiancée.
Navré Duchesse, le maire de Saint-Aignan a ponctionné votre dot. À croire que l’impertinent maire cherche à vous priver de votre mariage. Peut-être va-t-il encore falloir attendre…

Turenne, surpris quelque temps plus tard monologuant, après s’être fait vertement tancer par la Duchesse de Chantôme au sujet de la dot disparue dans le paiement des impôts :
« Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé ma dot. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin. (Il se prend lui-même le bras.) Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! ma pauvre dot, ma pauvre dot, ma chère amie ! on m'a privé de toi ; et puisque tu m'es enlevée, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant ma chère dot, ou en m'apprenant qui l'a pris ? Euh ? que dites-vous ? Le maire de Saint-Aignan ?! Maraud ! Voleur ! Vendu ! […] »

La suite a été censurée à la demande de la mairie de Saint-Aignan.


Petites annonces

Vroqu recherche parrain pour baptême. Ducs à poulpes s’abstenir.

Turenne recherche la sortie de l’abbaye de Noirlac. Merci de la lui indiquer.

Mairie de Saint-Aignan recherche maire compétent.

Turenne recherche dot perdue. Merci au maire de Saint-Aignan de la lui rendre.

Duché du Berry recherche liquidités. Somme le maire de Saint-Aignan de lui verser la dot, morte ou vive.

(Pour faire passer une annonce, veuillez envoyer un pigeon à Berry Match, avec 3 écus. Le texte ne doit pas faire plus de 100 caractères).


©1457 BERRY MATCH Tous droits réservés.


Librement inspiré, et assaisonné à la sauce RR de, entre autres :

  • Les Shadoks, épisode 52,
  • Chroniques de Vincent ROCA,
  • Le Bourgeois Gentilhomme, Molière,
  • L’Avare, Molière,
  • Candide, Voltaire,
  • Caricatures Alaindelonesques,
  • Les Très Riches Heures du Duc de Berry,
  • Gene Kelly, photos tirées du film Les trois mousquetaires.

_________________

Bouffon sans frontières
Alfred555
Fin aout 1468


Citation:

Le seul Berrichon avec la vue sur l'extérieur



VITTORINA GLORIA ALZO & ASTORIA D'ARPAON

DÉBUT OU FIN D'UNE INIMITIÉ ?






    Sommaire

      Astoria d'Arpaon & Vittorina Gloria Alzo : Meilleures ennemies ou pires amies ?
      Enquête spéciale exclusive : Les dessous de la COLM
      L'actu de la Pie Paule
      C'est tendance !


    Astoria d'Arpaon & Vittorina Gloria Alzo : Meilleures ennemies ou pire amies ?

      Nul à Limoges n'ignore les animosités, plus ou moins fortes selon les moments, entre Astoria d'Arpaon et Vittorina Gloria Alzo. Après enquête, ce conflit aurait pris ses sources dès leur première rencontre en Orléans, il y a de nombreux mois, où Vittorina aurait profité des soldes sur les services proposés par une cartomancienne, pour se faire lire les cartes. La voyante se trouvait justement être Astoria. La légende voudrait que cette dernière, au rebours des habitudes des diseuses de bonne aventure qui prédisent, comme leur nom l'indique, surtout ce que leur client veut entendre, aurait pris un malin plaisir à annoncer à Vittorina toutes les pires vilenies du monde. « Je me souviens encore de son sourire sadique et de ses yeux malveillants. » témoigne l'Alzo, les bras pris par la chair de pintade. La maintenant dame de Saint-Auvent – la bien nommée au vu de certaines de ses pratiques – lui aurait déclaré qu'elle avait tant à se faire pardonner que le Très-Haut était déjà bien bon de lui avoir donné un semblant de gorge aussi plate, et qu'elle aurait été encore moins fournie si ça n'avait tenu qu'à elle. La cartomancienne aurait alors ajouté qu'une telle poitrine l'empêcherait de toutes façons d'allaiter convenablement si des espérances lui arrivaient à terme, et qu'il valait mieux pour elle qu'elle n'espère jamais. « On ne m'avait jamais rien dit d'aussi méchant, mis à part que depuis, un jour, Zolen m'a dit que j'étais blonde, ce qui est bien pire. » commente l'Italienne, les lèvres pincées.

      Vittorina n'a pas été en reste pour se venger, n'hésitant pas à envoyer des piques à Astoria dès qu'elle le pouvait. Elle ne se priverait pas de rappeler à l'Arpaon l'existence des amantes de son époux, qu'elles soient réelles ou non. Elle prendrait malin plaisir à s'installer dans les tavernes d'Astoria pour s'y saouler plus que de mesure en salissant tant les établissements de toutes les façons possibles que ceux-ci seraient systématiquement contraints de fermer définitivement, les bâtiments ébranlés jusqu'à leurs fondations.




      Vittorina aperçue complètement saoule (elle sourit, c'est facile à deviner) dans une des tavernes d'Astoria


      Une vengeance en appelant une autre, Astoria mettrait un point d'honneur à rappeler à tous ceux qu'elle croise le nombre des amants de Vittorina, ajoutant que celle-ci cacherait bien son jeu. « Vittorina est profondément vilaine et méprisante, nulle n'est plus perfide qu'elle. » nous déclare Astoria, avant de donner à raccommoder une de ses jupes que l'Italienne aurait déchirée « par inadvertance » en vidant une des malles de vêtements d'Astoria dans un caniveau, tout juste avant le passage d'un convoi militaire. Vittorina se défend : « Elle a dit que j'avais de gros mollets ! »

      Une ancienne comtesse du Limousin, dicte « La Bohémienne » et voulant rester anonyme pour éviter d'éventuelles représailles nous apporte des éclaircissements sur cet épisode. « À Noël dernier, Vittorina m'avait demandé un cadeau spécial. Elle voulait que je lui offre une paire de bas de contention, supposés diminuer de moitié la circonférence de ses mollets. En outre, connaissant mes talents pour la fabrication des onguents, elle voulait également que je lui vende un baume pour réduire l'aspect peau d'orange de ses mollets. Les bas plus le baume devaient avoir une action amincissante, je lui ai fourni les deux pour être agréable. D'ailleurs j'ai donné son nom à ce fameux baume qui a fait ses preuves, et que je vends 15 écus »

      Vittorina, de son côté, ajoute : « Vous savez, en Limousin nous avons coutume de donner des surnoms aux comtes et comtesses sortants. Astoria a hérité du sobriquet de « Bohémienne », mais il s'en est fallu de peu qu'elle ne devienne « la Poissonnière ». Certains disaient que c'est en raison de son langage peu châtié, mais c'est surtout parce qu'elle est juste une morue ! ». Des langues médisantes auraient pu ajouter, pour rester dans le thème, qu'il ne lui manquait plus qu'un œil au beurre noir pour agrémenter sa gueule de raie. Heureusement, aucune ne s'est fait connaître, aussi ne l'écrirons-nous pas.




      Vittorina en pleurs après que Astoria lui a dit qu'elle avait de gros mollets


      Astoria, pour ne pas être en reste, conclut : « Vittorina est une ancienne grosse ! Ce sont des années de privations puis de ruine qui l'ont forcée à faire malgré elle un petit régime. La moindre gâterie sucrée peut lui faire facilement reprendre dix kilos. Oui ! Vittorina est une ancienne grosse dont il ne subsiste désormais que les énormes mollets, que je soigne avec mon baume tout préparé spécialement pour elle et sur demande expresse ! »

      Messire Alfred, qui passait par là témoigne. « Ces deux-là sont tant infernales l'une que l'autre, cependant Vittorina est une jeune femme si irrésistible que je lui pardonne toujours tout. Elles semblent se détester, mais savent surtout très bien s'allier dès lors que cela peut les servir. Pour preuve, Astoria a réussi à persuader Vittorina que, si je l'avais hébergée en mon hôtel particulier lors de sa visite tourangelle du printemps dernier, c'était en échange de ses faveurs. Vittorina m'a alors regardé, les yeux au bord des larmes avant de me demander en se mettant subitement à rouler des « r » et d'une voix particulièrement aiguë : « Avez-vous vrrraiment fait de moi votrrre catin à l'insu de mon plein grrré ? » Que voulez-vous répondre à cela ? Il n'aurait plus manqué qu'elle me demande des frais de dommages et intérêts. On m'y reprendra à rendre service. J'avais simplement eu de la peine en voyant mon ancienne fiancée – oui, nous avons été fiancés trois jours à l'automne dernier – loger dans une auberge indigne de son rang. C'était donc naturellement que je lui avais offert le gîte, et le couvert. D'ailleurs, elle coûte cher en brioches. »

      Aux dernières nouvelles, les deux jeunes femmes se seraient réconciliées pour la vie, ou au moins pour deux jours, jusqu'à ce que Vittorina s'enfuie à Limoges en abandonnant Astoria à Tulle, ville relativement désertée d'habitants. Seul l'avenir nous dira comment évolueront leurs relations, il semblerait cependant que la partie de bilboquet émotionnelle soit loin d'être terminée.


    Enquête spéciale exclusive : Les dessous de la COLM et surtout ceux de la Capitaine

      Traumatismes à la COLM. La Capitaine de l'ost du Limousin et de la Marche, Julianne Longshanks dirige ses troupes d'une main de fer dans un gant de fer. Une Italienne ayant dernièrement déserté de son poste de vigie à Tulle témoigne, les mains et les lèvres tremblantes : « Je ne veux pas risquer de me mettre la Capitaine à dos, mais elle me donne la frousse ! Cette femme ferait geler la glace ! » L'imagination de la Capitaine de l'armée Sang pour Sang serait sans limite pour contraindre ses soldats à ne jamais sortir du rang. Elle ferait régner sans partage une discipline féroce et les corvées seraient toutes plus inventives les unes que les autres. Une soldate raconte : « Elle nous a donné trois minutes pour nettoyer le couloir des latrines en nous donnant juste un seau d'eau. Une fois terminé, elle nous a dit « Enlevez les rubans de vos cheveux ». C'était horrible, ça nous a toutes décoiffées. Mais le pompon, c'est qu'elle nous a immédiatement après donné deux minutes pour éponger avec nos rubans l'eau qui restait par terre ! Elle n'a vraiment aucune tenue, elle n'y connaît rien en mode ! J'en pleurerais presque » ajoute-t-elle, juste avant de fondre en larmes.

      Le capitaine en second, dont nous tairons le nom pour préserver l'anonymat et accessoirement la vie, et lui éviter une nouvelle corvée dégradante témoigne : « *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* *hips* ». Nous venions de lui demander s'il tenait la pression, suite aux rumeurs comme quoi il servirait de souffre-douleur particulier à la Capitaine Juliane, et que certains s'inquiétaient de le voir boire plus que d'accoutumée. Quatre jours plus tard, après avoir à peu près décuvé – de façon compliquée, car la descente n'était pas linéaire – il répond : « La boisson n'est pas directement rattachée à notre Capitaine. Mais disons qu'elle n'aide pas à arrêter. N'allez pas déformer mes propos comme tout bon journaliste le ferait, mais la Capitaine est ce qui s'fait de mieux en terme d'efficacité militaire et de fermeté. Elle a de très bon moyens de persuasions. Surtout en cuir. » Le second nous montre alors les cicatrices des coups de fouet, de cravache et les traces des chaînes à ses poignets et ses chevilles, preuves des « persuasions » qu'il a subies de sa supérieure. Il ajoute alors : « Et elle a une imagination débordante pour tout ce qui est tâche chiante. Du style, compter grains par grains le maïs pour vérifier que la répartition des repas est la plus égalitaire possible. Mais sinon, la Cap' est quelqu'un de très sage, juste faut pas être dans son viseur. Et je crois que vous êtes dedans autant que moi. » L'interview a malencontreusement coupé court à partir de cet instant, notre envoyé spécial ayant subitement eu une urgence ailleurs.

      Vittorina Gloria Alzo, ayant écopé d'une corvée assez originale consistant à inculquer des leçons de savoir vivre au capitaine en second, messire Teulbald – qui tout en regardant Vittorina d'un œil vitreux, alcoolisé et libidineux commente en précisant que « la tutrice est pas mal » – ajoute que la Capitaine inspire la crainte, parce qu'elle ne sourit jamais ou presque. Un autre soldat nous raconte alors une anecdote concernant les dernières manœuvres de l'armée à Tulle. La Capitaine Juliane aurait été aperçue dans un magasin de dentelle de tulle, vraisemblablement pour s'y faire faire de nouveaux dessous, tant les siens étaient usés par les marches militaires. Elle y aurait gagné le sobriquet de « Capi-tulle », surnom qui resterait cependant relativement secret pour éviter à l'ost entier de se retrouver au gnouf.

      La discipline est tellement dure que certains soldats subissent une baisse de moral. En cause, une décision de la Capitaine interdisant une pratique ancestrale existant depuis l'apparition même des conflits armés, qu'elle considère contraire à l'esprit de discipline de sa compagnie d'ordonnance. Il est en effet bien connu qu'en temps de guerre, un soldat ayant pris une ou plusieurs vies subit une irrépressible envie d'en créer une nouvelle, souvent par l'intermédiaire des paysannes locales plus ou moins volontaires – n'ayant de toutes façons rien d'autre à faire puisque leurs champs sont ravagés – et permette de rétablir l'équilibre naturel des populations dont les mâles ont été décimés par les combats. Personne n'a cependant osé protester contre cette décision de vive voix, nul ne voulant s'ajouter au score de la Capitaine qui rappelle à qui veut l'entendre qu'elle a occis 115* ennemis sur les champs de bat [suite à une interruption momentanée causée par un assassin non identifié de genre féminin, blonde, de grande taille, envoyé par une entité comtale encore inconnue, nous ne sommes pas en mesure de terminer cet article. Nous vous prions de nous excuser pour cet incident indépendant de notre volonté.]


      *Erratum : c'est maintenant 116.


    L'actu de la Pie Paule

    • Scandale à la Maison Royale
      Nessia de Varenne, lors de la lecture du testament de feue sa génitrice, la Reyne Leyah de Varenne Pompée, est tombée des nues. Vittorina Gloria Alzo, alors Grand Maître de la Maison Royale de la Reyne Leyah, a reçu en héritage de la Reyne un nombre incalculable de chausses en tous genre, toutes étonnamment parfaitement à sa pointure. La princesse ne comprend pas comment Vittorina a pu obtenir autant de la part de la Reyne, alors qu'elle-même n'a pas reçu la moindre paire de sabots. Une enquête diligentée par les services de la Prévôté auraient mis en lumière des commandes demandées par la Reyne à son Grand Maître de la Maison Royale, lui demandant de visiter toutes les échoppes de cordonneries de Paris pour essayer (plusieurs fois) et acheter le maximum de chausses possibles, en précisant bien qu'elles faisaient toute deux la même pointure (ce qui était faux). Une note confidentielle à l'intention de la Surintendance des finances royales indiquant « Crachez-lui le pognon, au moins j'aurai la paix ! » a permis de mieux comprendre. L'Alzo devait tellement insupporter feue la Reyne Leyah que celle-ci n'a pas trouvé plus subtil stratagème pour ne plus l'avoir... dans les pieds.

    • Vera von Bretzel : toute la vérité sur son jeûne spirituel
      Après avoir déclaré urbi et orbi* – ou tout du moins aux clients de sa taverne – qu'elle entamait un jeûne sans limite pour que le Très-Haut l'absolve des péchés engendrés par la bêtise humaine, elle nous a annoncé après quelques minutes, les yeux en larmes et se signant : « J'ai craqué quand Dan, mon prétendant, a sorti son saucisson juste devant moi. » La marieuse de Limoges, qui a une phobie totale des insectes, aurait entraîné Vittoria Gloria Alzo dans sa lutte spirituelle, même s'il n'est pas certain que l'Italienne suive le jeûne pour les mêmes raisons. « Vera est une hérétique. Fourbe en sus » nous déclare une habitante, fille de Reyne à pied nu dont nous préserverons l'anonymat pour lui éviter un divin coup de crosse vengeresse. Celle-ci poursuit : « Devrais-je rajouter menteuse aussi ? Une personne à la dévotion parfaitement et purement aristotélicienne, comme elle se prétend être ne ment pas, ne lance pas de rumeurs, ne court pas les mâles comme elle le fait et... a un minimum de connaissance de son vocabulaire. » Vera se serait en effet trompée dans l'utilisation des termes « bagarre de taverne » et « révolution ». Toujours est-il que la von Bretzel n'est pas prête de cesser d'infliger des coups de crosses aux personnes à ses yeux récalcitrants ou remettant en cause le bien fondé de ses pratiques spirituelles. Sauf si vous avez du saucisson à lui proposer.
      *À la ville et au monde

    • Astoria d'Arpaon bientôt de nouveau maman
      n'a pas pu répondre à nos questions, trop occupée à chercher où son époux s'était encore fourré, même si des soupçons – encore infondés – porteraient sur une certaine Eulalie. Cela lui aurait pourtant permis d'évoquer avec douleur la gestation de ce cinquième enfant qui pourra enfin remplacer feu sa première fille, Astrolabe (ou Sextant, enfin un nom de ce genre), morte de la grippe alexandrine dans des circonstances mystérieuses liées aux luttes sans merci pour la possession des parts de marché de la cartomancie à Limoges. Elle aurait aussi pu nous expliquer en détail les causes de sa dépression sur fond de crise de couple – son époux ne la satisferait pas en raison d'une baisse de rigidité de ses parties essentielles à toute activité de reproduction – et de son sentiment d'abandon à Tulle suite au départ de sa meilleure amie d'enfance de toujours (sauf les jours pairs et les années non bissextiles), Vittorina Gloria Alzo qui aurait lâchement fui à Limoges après avoir constaté qu'elle n'avait plus une seule jupe propre à se mettre. Néanmoins, bien que le sujet soit assez croustillant, cela ne nous regarde pas, aussi ne développerons-nous pas plus.

    • La blessure du Comte du Limousin
      cicatrise bien et Arry Zolen se remet peu à peu de l'affrontement l'ayant profondément atteint dans son fondement. Son moral est bon, et entre l'engloutissement de deux morceaux de nougat il aurait même déclaré, avec son habituel ton pince-sans-rire : « Avec deux trous au cul, et quand bien même je considère – en bon Parisien – que tous les goûts sont dans la nature, il est bien dommage que je ne sois point sodomite. »

    • Archibalde d'Alzo aurait déclaré
      en parlant d'abricot : « Il était parfaitement mûr et juteux. » Nous ne sommes pas parvenus à savoir s'il évoquait la garniture de la tarte pâtissée pour lui par Elizabetha Cortez-Corleone ou autre chose venant d'elle.

    • Les rumeurs sur le nouvel amant de Vittorina Gloria Alzo
      vont bon train. Après avoir rompu ses fiançailles avec son fiancé Samuel Axe, elle hébergerait actuellement un tourangeau, messire Alfred, qui lui prodiguerait une cour plus ou moins assidue, et surtout fort maladroite. La décence nous oblige à nous demander quelle raison Vittorina aurait à se fourvoyer avec un tel roturier, bourgeois et bouffon de Touraine qui plus est (sans parler de son ridicule bonnet à grelots), quand bien même il serait propriétaire d'un hôtel particulier à Tours et de plusieurs appartements. Heureusement, l'Italienne aurait aussi été aperçue en bien plus correcte et galante compagnie, à savoir le Comte Louis-Thomas d'Asceline von Ostenmark-Sparte. Le matérialisme, l'apparence et la hauteur du titre l'emportant toujours, il est aisé de savoir à qui la dame de Masseret accordera sa main ainsi que ses charmes. L'Alzo aurait cependant récemment déclaré « qu'elle tuerait pour un marquisat », le Comte va donc devoir viser plus haut pour pouvoir entreprendre Vittorina sans craindre un revirement d'humeur de dernier instant.

    • Tube de l'été 1468
      Quel fêtard de Limoges n'a pas dans sa tête ce refrain entraînant bien ancré : « Je, je, suis Limousine, je suis une catin ! » Mylène Fermière, l'interprète de la maintenant célèbre chanson « Limousine » nous explique la genèse de son simple qui aura animé les soirées du Comté tout l'été. « Cette chanson résulte non seulement des mœurs légères des bas – et hauts – fonds de Limoges, mais surtout des expériences innovantes s'étant récemment pratiquées sur les berges de la Vienne ». Un témoin nous raconte qu'il existe bel et bien en bord de la rivière un endroit discret, très prisé des gens aimant baguenauder tout nu et s'adonner à des pratiques déviant du dogme aristotélicien. Si la curiosité – ou autre – vous en dit, n'hésitez pas à aller y faire un tour, même si ce sera à vos risques et périls. À savoir absolument : prononcer le mot « vache » vous vaudra d'être tué sans sommation (ou disséqué vif par un médecin avant-gardiste y sévissant). Que cela ne vous empêche pas de profiter de l'ambiance luxurieuse entretenue par ce tube de l'été !


    C'est tendance ! À retrouver en détails dans notre hors série rentrée 1468

    • Beauté
      Quelle couleur de cheveux adopter quand on est brune ?
      Problèmes de gorge : Comment prendre soin de son décolleté avec une poitrine plate ?
      Gras, sec, normal ou cassant : comment bien définir son type d'amant, et comment en prendre soin ?

    • Mode
      Pour être stylée d'un mollet à l'autre : quelle paire de bas de contention est faite pour vous ?
      Huit façons de sortir pieds nus, la tendance de la fin de l'été 1468.
      Cet été, changez d'amant comme de corset : on vous explique.
      Reyne Consort Mady : on connaît sa vaisselle préférée pour affronter ses crises de couples (et c'est de Limoges).

    • Paraître
      Vous voulez être le centre du monde ? Soyez tendance : devenez une connasse !
      Le mari de votre meilleure amie d'enfance de toujours vous plaît ? Dix façons de le lui piquer, la septième va vous surprendre.
      Vous êtes grosse et orange ? Une cartomancienne mariée à un homme pouvant avoir l'âge de mon grand-père redécouvre cette recette miracle oubliée de tous qui va vous étonner.



©1468 BERRY MATCH tous droits réservés. Des événements relatés ici seraient faux ? M'enfin... depuis quand les journaux de ce genre vérifient-ils leurs sources ?

Librement inspiré, pompé et assaisonné à la sauce RR de, entre autres, et dans l’ordre d’apparition :
  • Paris Match,
  • Breakfast at Tiffany's, 1961, de Blake Edwards, avec Audrey Hepburn,
  • Gargote, halles et autres forums des institutions Limousines,
  • Les gens bien élevés interprété par France Gall,
  • Les Inconnus, l'athlétisme,
  • Libertine interprêtée par Mylène Farmer,
  • Voici,
  • L'Homme de Rio de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac.

    Aucun journaliste n'a été blessé durant la rédaction de ce journal.
    Merci à tous les joueurs (et surtout les joueuses ) d'avoir ouvert leurs vilains dossiers RP pour moi.

_________________

Bouffon sans frontières
Alfred555
Décembre 1468


Citation:

Le seul Berrichon avec la vue sur l'extérieur



ÉDITION SPÉCIALE

MARIVAUDAGE AU MARIAGE DÉVOT







    Sommaire

      Éditorial
      Cul siècle !
      Rappel à l’ordre
      Dura lex, sed lex


    Éditorial

      Coup de théâtre dans les Royaumes. Alors que tous pensaient l’affaire définitivement close, encore plus cloîtrée que ne peuvent l’être les religieux de l’abbaye de Noirlac dans leurs cellules monastiques, voilà que reviennent sur le devant de la scène deux des plus importantes personnalités mondaines de notre publication. Plus d'une dizaine d'années de prières auront été nécessaires à deux anciens juges pour enfin se décider à sortir du recueillement spirituel dans lequel ils s'étaient tous deux assidûment plongés tout ce temps. Certes, l'attente fut longue et cruelle pour toutes nos lectrices – et lecteurs – avides de la suite des événements dévoilés dans notre numéro de mars 1458, et c'est seulement aujourd'hui que nous pouvons terminer notre récit. Nous ne vous ferons pas languir plus longtemps. Turenne, marquis d’Aubigny, a enfin demandé la main d’Ysandre, duchesse de Chantôme ! Les deux magistrats révolus ont à la parfin rendu leur dernier verdict, lors d'une cérémonie en la cathédrale de Tours, le 25 novembre dernier. Fiancés, levez-vous !



    Cul siècle !

      En exclusivité, malgré le huis clos des festivités, nous avons pu obtenir le discours prononcé par messire Alfred, témoin de Turenne :

      « Cher amis ! Lorsque l’on reçoit Turenne et Ysandre, c’est comme si l’on entrait dans le palais du Louvre, le Mont Saint-Michel ou la cathédrale Notre Dame ; c’est comme si apparaissaient devant nous les plaines de Champagne, la vallée de la Maurienne ou l’estuaire de la Somme ; c’est comme si l’on avait à notre table le Mont Gerbier de Jonc en personne, la planèze de Saint-Flour et le Puy de Dôme ; c’est comme si surgissaient l’avènement des Carolingiens, la Guerre de cent ans et le phookaïsme ; Turenne, c’est Philippe Auguste assiégeant Saint-Jean d’Acre, Ysandre, c’est Jeanne d’Arc entrant victorieuse dans Orléans ; Turenne et Ysandre, c’est l’histoire d’une nation ; Turenne et Ysandre, c’est la mythologie de tout un peuple ; Turenne et Ysandre, c’est le Royaume de France !

      Car un jour, sur la pointe de ses pieds de marquis, Turenne est entré dans le cœur d’Ysandre et ne l’a plus jamais quitté. Depuis le début des années cinquante… Je sais que c’étaient les années cinquante, ne me demandez pas quel siècle… à une époque où il n’y avait encore ni chevillette à tirer ni bobinette à faire choir, Turenne était déjà au firmament. Il fait partie de nos vies depuis des années, des années, des années… Et là, j’arrêterai l’allusion à l’âge de Turenne. Non ! Je ne me moquerai pas de son âge ! Même s’il est avancé, même s’il est considérable, même s’il est impossible de trouver encore un vétuste fonctionnaire retraité de l’état civil capable de mettre la main sur le bulletin de naissance de Turenne, déchiré par les différents incendies, guerres, invasions, pillages qui ont jonché l’Histoire, effacé par les différentes catastrophes naturelles et mis à mal par les différentes phases de sédimentation, les poussées orogéniques et les phénomènes d’érosion précédant les grands ensembles structuraux mis en place au cours de l’ère primaire, le bulletin de naissance de Turenne n’est pas regardable alors que Turenne l’est encore un peu. Non, je ne me moquerai pas de l’âge de Turenne !

      Car s’aventurer sous cet angle est dangereux. Feu Trufaldini l’avait bien dit : Il nous enterrera tous ! Oui ! Turenne nous enterre tous ! Le premier levé, le dernier couché, le plus taquin, le plus entreprenant… Turenne, c'est la noblesse increvable, celle qui légifère avec autorité, celle qui ne perd pas courage, mais aussi celle qui prend la défense des veuves et des orphelines
      et parfois les culbute... il fait partie de notre panthéon : Eeentre iciii, Tureeenne ! Aveeec ton cortèèège de gloiiires, de fiertés, et de lois à la con. Car ne dites pas le contraire, Turenne, vous en avez écrit quelques unes, dans votre folle jeunesse, des lois à la con. Le droit à l'hérésie en Languedoc s'en souvient. Vous avez fait les beaux jours de l'après Caedes, dans le Royaume devenu insouciant, celui aspirant à de nouvelles philosophies de vie. Vous n'êtes pas surnommé « le sybarite » pour rien !

      La décennie dernière, peu après ce baptême où Turenne devint mon parrain, ce n’est pas pour me vanter, dans une assemblée bien fréquentée, je le retrouvais. Voici un homme, certes à l’âge indéfini mais qui m’apparut dans sa plénitude. L’œil était vif, la mèche frétillante, la parole malicieuse. Tandis qu’il évoquait une comtesse aux formes idéales mais à la conversation indigente, il ne put s’empêcher de soupirer : « Belle femme, mais quand elle ouvre la bouche, adieu érection ». « Adieu érection » était prononcé avec autant de grivoiserie que de mélancolie. « Adieu érection » était dit par un homme qui en aucune raison, quand bien même elle pouvait le précéder quelque peu, ne semblait prêt à abandonner sa réputation dans la précipitation. Soit donc rassurée, car bien qu'on l'ait cru mort, ton Turenne est vivant, Ysandre, il bande encore !

      Turenne, ancien juge, pourra maintenant déclarer à Ysandre sans crainte d’être souffleté, dans un exquis décasyllabe digne du personnage :
      « Marquise, si ma robe était d’airain,
      vous entendriez sonner le tocsin ! »

      Que le Très-Haut que vous avez si assidûment prié vous fasse rattraper le temps perdu. À la parfin pourrez-vous vous déclarer, au petit matin : « Sous la couette, nous nous plûmes. »

      À Ysandre et Turenne ! »


    Rappel à l’ordre

      Éculubrations sur cette justice fort prisée de nos deux magistrats.

      La justice et l’ordre vont de paire. L’ordre est rétabli par la justice, et le désordre l’occupe. Mais qu’est-ce que l’ordre ? Ce droit chemin, régi par des lois, remis à sa place par les jugements et les forces… de l’ordre.

      L’ordre règne, il est de droit divin, il roule en carrosse, c’est le bon ordre. Le désordre, on le sème, il pousse sur les bas-côtés, il prolifère, c’est une mauvaise herbe. Ordre contre désordre : Fleur de lys contre chiendent.

      Les ordres viennent d’en haut. Le désordre d’en bas, bien sûr.

      Les forces de l’ordre : La milice, la maréchaussée, la Prévôté, l’Ost.
      Les faiblesses du désordre : Tout le reste.

      Il existe un instrument de musique très prisé des brigands de tous poils : L’ordre de barbarie.

      Si on change l’ordre des lettres du mot « ordre », on obtient « rôder ». Ça fait désordre.

      Un des dix commandements de l’Ost : Tu ne tueras point. Tu exécuteras… les ordres.

      Quoi qu’il en soit, quoi qu’il arrive, l’ordre du jour est immuable : Aube, lever, coucher, crépuscule. C’était l’ordre du jour.

      Les mots qui désignent l’ordre sont tristes : Hiérarchie, organisation, rangement, structuration, tri, consigne.
      Ceux désignant le désordre font rêver : Tohu-bohu, capharnaüm, souk, bric-à-brac, imbroglio, pêle-mêle, chienlit, binz, pandémonium, embrouillamini, pagaille, sans oublier la pétaudière du bon roy Pétaud.

      L’ordre rapporte plus que le désordre : La quinte royale au ramponneau.

      Ce n’est pas parce qu’on obéit à un ordre qu’on doit vivre reclus, sans droit à la parole. L’obéi ne fait pas le moine.

      L’ordre fait des hommes des audacieux, et le désordre des lâches.

      Le bouffon ducal de Touraine, messire Alfred, après avoir renversé l’ancien archevêque In Gratibus de la ville avec sa charrette :
      « Monseigneur, excusez-moi, il n’était pas dans mes intentions d’entrer dans les ordres. »
      À quoi l’homme d’église répondit :
      « Mon fils, il n’est pas nécessaire d’entrer dans les ordres pour avoir une bonne conduite. »

      Malgré tout, n’oublions pas : L’ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l’imagination.


    Dura lex, sed lex*
    *la loi est dure, mais c’est la loi


      Tout comme Saint-Louis – ou à peu près – le juge Turenne a impartialement rendu la justice sous une armoire en chêne. Procès tenu en des temps immémoriaux, alors que Turenne était juge du Berry. Un jugement totalement intègre, bien entendu, pimenté d’une légère réforme de l’institution.

      Turenne (tapant, tout plein de sa fougue juvénile – oui, il a été jeune un jour – avec son maillet de juge sur le bureau ostensiblement ornementé) : « Silence ! Messires, en voilà assez ! Depuis quelque temps, des discussions, peu graves à l’origine, mais qui ont une fâcheuse propension à croître en importance, s’élèvent ici, à intervalles par trop rapprochés. Cela ne peut continuer ainsi ! Je veux que l’ordre règne ici ! C’est pour notre prospérité la condition si ce n’est la nonne.

      Le procureur (rectifiant) : – « Sine qua non », messire le juge.

      Turenne : – Oui… Enfin si ça vous amuse de traduire, ça vous regarde… Une discipline, allègrement consentie, doit être la règle de trois de la conduite de tous. Or, il est indispensable qu’une autorité, paternelle certes, mais ferme surveille de sa fenêtre ce qui se passe au rez-de-chaussée de la société dont il a la charge. Je viens donc de décider la création d’une nouvelle Cour de Justice. Renouvelant le geste auguste de Saint-Louis, c’est moi qui, dorénavant, rendrai les arrêts sans appel lorsqu’une discussion surviendra entre les membres. Mon cher procureur, nous allons fonctionner immédiatement pour régler le cas qui nous occupe séance tenante. (Murmures dans la salle.) Qu’y a-t-il, messires ? Cela ne vous plaît point ? Seulement, dites-moi, mon cher procureur, à l’instar de Saint-Louis, il me faut un chêne…

      Le procureur : – Ça vous savez, un chêne, c’est tout de même aussi difficile à trouver qu’un poulpe berrichon.

      Turenne : – Écoutez mon cher procureur, est-ce que, décemment, je puis rendre la justice autrement que sous un chêne ?

      Le procureur : – À dire vrai, non, messire le juge, la dignité de notre société implique que la justice soit nécessairement rendue sous un chêne. Mais, enfin, il faut tout de même tenir compte que le chêne, maintenant, n’est plus ce qu’il était du temps de Saint-Louis…

      Turenne : – Vous avez raison, mais on ne peut pas rendre la justice sous n’importe quel arbre. Certains arbres sont sérieux – comme le bouleau, hu hu – d’autres ne le sont point. Comme qui dirait, hêtre ou ne pas hêtre, là est la question.

      Le procureur, déclamant, pris par l'ambiance: – Oh, saule et miooooo ! (Se reprend, constatant que tout le monde le regarde.) Hum... Eh bien, écoutez messire le juge, heu… il y a bien une armoire en chêne massif à l’étage au-dessus, pourrait-ce faire votre affaire ?

      Turenne : – Ma foi, oui… mais une armoire, ce n’est tout de même pas un chêne, non ?

      Le procureur : – C’est du chêne, ça revient au même messire le juge.

      Turenne : – Oui, bien sûr, mais Saint-Louis rendait la justice à l’ombre d’un chêne. Croyez-vous qu’une armoire fasse aussi de l’ombre ?

      Le procureur : – Oh ! Messire le juge, vous n’avez jamais vu l’ombre qu’il y a à l’intérieur d’une armoire rustique en chêne, surtout quand les portes sont face au mur.

      Turenne : – Oui, oui, je ne dis point, mais Saint-Louis, lui, ne rendait point la justice dans un chêne, mais sous un chêne.

      Le procureur : – Mais qu’est-ce qui vous empêche de rendre la justice sous une armoire en chêne ?

      Turenne : – Ah ! Évidemment, comme ça… Eh bien… c’est entendu.

      Laps d’un temps certain, au terme duquel l’armoire en chêne massif est apportée dans la pièce.

      Le procureur : – Voilà votre armoire, messire le juge.

      Turenne : – Bon ! Eh bien, installons la Cour de Justice. Je vais de ce pas me glisser sous l’armoire en chêne. Vous allez ouvrir les deux portes, symboliquement, pour faire de l’ombre, et les plaignants vont comparaître devant moi. Vous, mon cher procureur, cumulerez les délicates fonctions d’avocat général et d’avocat du Dragon commis d’office. Et ne prenez pas la peine de lire l'acte d'accusation, je l'ai parcouru dans mon cabinet d'un derrière distrait. Greffier, vous ferez le greffier.

      Le greffier : – À vos ordres.

      Turenne : – Je me glisse sous l’armoire. Ah… ça y est ! Dites-moi… Est-ce que je ressemble à Saint-Louis ?

      Le procureur : – Comme une goutte de lait ressemble à un litre de rouge de Sancerre, messire le juge.

      Turenne : – Ah ! C’est frappant alors. (Il se cogne au crâne.) Ah ! Je ne croyais pas si bien dire.

      Le procureur : – Oh ! Messire le juge, c’est une des portes qui vient de vous tomber sur la tête. Vous avez de la chance, cette armoire est tellement vermoulue que ça ne m’étonnerait point qu’elle eût été fabriquée avec le chêne de Saint-Louis.

      Turenne : – Ah ! Je sens la justice m’envahir. Greffier, faites entrer les feignants !

      Le greffier : – Les plaignants, messire le juge.

      Le greffier fait entrer les deux plaignants.

      Turenne, s’adressant au premier plaignant : – Messire, veuillez exposer vos desiderata à mon cœur qui, en ce moment même, bat sous la robe austère de la justice sous laquelle je ne vous raconte pas, excepté que les plis profonds abritent au regard la sourde vengeance de la société, dont la balance aux fléaux dressés de part et d’autre d’une belle paire de plateaux Roberval desquels le glaive brandi par-dessus les parties… politiques qui… (Stoppant, voyant qu’il s’égare.) Je vous écoute.

      Premier plaignant : – Je n’ai qu’une chose à dire, monsieur le juge, il m’a battu…

      Turenne, s’adressant au second : – Messire, pourquoi l’avez-vous battu ?

      Second plaignant : – Parce qu’il m’a frappé…

      Turenne : – En sorte, vous vous êtes frappés simultanément.

      Les plaignants : – Oui, oui.

      Turenne : – Et pourquoi vous êtes-vous frappés ?

      Premier plaignant: – Je ne me rappelle plus…

      Turenne : – Et vous ?

      Second plaignant: – Moi non plus…

      Turenne : – En somme, vous vous êtes frappés sans le savoir ? Ça va, la cause est entendue, vous êtes tous les deux condamnés à mort.

      Le procureur : – Messire le juge, en ma qualité d’avocat général, je ne puis qu’applaudir à cette sentence digne de l’évêque Zippo ; toutefois je ne m’oppose pas à l’application des circonstances atténuantes et, en ma qualité d’avocat de la défense, je requiers votre indulgence pour mes deux clients.

      Turenne : – Ça va, vous êtes relaxés… Allez. (Vifs applaudissements au centre, à droite et à gauche.) L’audience est levée ! »


©1468 BERRY MATCH tous droits réservés.

Librement inspiré, pompé (beaucoup, et sans scrupule aucun) et assaisonné à la sauce RR de, entre autres, et dans l’ordre d’apparition :
- Cul siècle ! :
- Rappel à l'ordre :
- Dura lex, sed lex :

_________________

Bouffon sans frontières
Alfred555
Juillet 1469


Citation:

Le seul Berrichon avec la vue sur l'extérieur


ÉDITION SPÉCIALE

Bien meilleur que Poney Mag !

MAHAUT DE NABINAUD

CHEFFE INCONTESTABLE ET INCONTESTÉE
DES PONEYS ROSE






    Sommaire

      Éditorial
      Mahaut de Nabinaud, Vicomtesse de Barbezieux
      Mahaut - Orkaange, la lutte sororale impitoyable
      Mahaut, l'égérie de mode incontournable
      De Mahaut à Josianne
      Qui est la cheffe incontestable et incontestée des Poneys rose – et aussi la plus belle ?
      C'est tendance !
      Mode : Quelle paire de Loup Bouttin est faite pour vous ?
      Ode à Sainte Boulasse


    Éditorial

      Le monde entier – ou du moins ses parties civilisées – connaît et admire Mahaut de Nabinaud, Vicomtesse de Barbezieux. Véritable égérie des plus grands créateurs de mode, victime innocente des infâmes complots de sa soeur et de l'ignominie des autres Poneys roses – le clan périgourdino-augoumoisi qu'elle dirigea pourtant avec talent de 1457 à 1467 (dates à vérifier) – cette jeune femme souriante et agréable a su bien souvent se sortir grâce à sa classe légendaire de moult situations ubuesques pour toujours revenir à la place qui lui revient naturellement : le devant de la scène. Bien qu'on l'ait crue disparue voilà deux ans, elle a été aperçue en Anjou sous une nouvelle identité, plus rayonnante que jamais. Elle sait visiblement s'entourer systématiquement de personnes aussi talentueuses qu'elle, ce qui permet à l'Anjou d'illuminer intellectuellement et modesquement sur l'ensemble des provinces de France et d'ailleurs. Ses folles aventures n'en finissent pas de nous passionner, tant on voudrait vivre autant de vies qu'elle dans le temps que le Très-Haut nous accorde ici-bas. Et si seulement on pouvait avoir ses cheveux, aussi...
      Enfin, ce journal remet sur le tapis le conflit perpétuel des Poneys roses sur le choix de leur cheffe pourtant incontestable et incontestée. Mahaut est bien de retour, et elle tient à rétablir la vérité. Préparez-vous, Sainte Boulasse est vraiment trop badass.




    Le portrait le plus connu de Mahaut


    Mahaut de Nabinaud, Vicomtesse de Barbezieux

      Mahaut de Nabinaud, fille de l'un des premiers Pairs de France et d'une servante de taverne marseillaise, est élevée au couvent Sainte Marie de Bergerac après que sa mère l'a abandonnée pour entamer un tour de chant à travers l'Empire. La petite Mahaut qui pourtant savait déjà monter sur des tonneaux et taper dans les mains pour encourager sa mère aurait été traumatisée par cet abandon soudain. Au couvent, elle est vite prise en main par les sœurs qui lui enseignent l'aristotélisme et le dogme du livre des Vertus.



      Mahaut, l'innocence même de la jeunesse
      (bien qu'on puisse déjà lui trouver un petit air taquin, ndlr)

      Très tôt, elle fait preuve d'une certaine vivacité d'esprit, découvrant que déposer dans un verre de rosé la glace qu'elle cassait les matins d'hiver pour se laver permettait de garder les coquetèles au frais et de savourer d'autant mieux les libations du culte de Sainte Boulasse. Elle en devient une telle adoratrice qu'elle se fait remarquer par le Très-Haut – il aurait visiblement apprécié son invention du glaçon – qui la propulse incarnation de Sainte Boulasse parmi les mortels. Depuis ce jour, c'est grâce à elle si vous faites des rencontres surprenantes durant votre sommeil, tels un hibou aux yeux injectés de sang qui vous balance de la poiscaille à la figure, Raymond Barre qui vous tend une poire, ou encore si vous sentez plein d'énergie et vous rêvez haranguant les foules et sauvant le Royaume.



      Sainte Boulasse de retour de distributions de cadeaux
      (bon là, elle fait un peu la tête, mais c'était soirée barques
      et en jeter 139 sur ses fidèles, c'était lourd, ndlr)

      Alors qu'elle est virée du couvent à sa majorité comme toutes les enfants abandonnés par leurs parents, une femme de caractère la prend sous son aile, et devient sa mère d'adoption. Dame Makrel, une femme forte, au maquillage extravagant et à la voix rocailleuse l'élève à Périgueux à la Sainte Honorée, le bordel dont elle est tenancière en lui offrant le gîte et le couvert (Mahaut a longtemps cru que cette maison de passe était un restaurant, en raison du grand nombre de clients, ndlr). Elle finit par fréquenter les habitants de la ville, puis du Comté du Périgord. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Orkaange, qui s'avère être sa demi-soeur, et de Matpel, fringant baron de Barbezieux et capitaine d'armée qu'elle s'empresse de séduire. Il faut avouer, un baron célibataire, on ne tergiverse pas longtemps.



      Mahaut et Orkaange à l'époque où elles se parlaient encore
      (oui, elles se sont parlées un jour, ndlr)

      Elle retrouve surtout la trace de son père, Valnor, Comte en Périgord et Pair de France, qui l'anoblit en lui donnant le fief de Nabinaud. Désormais, elle l'appelle « PapaPair ». Son épouse, Elayne, surnommée « Belle-Pair » devient la belle-mère de Mahaut. Sous l'émotion, Elayne accouche de bonheur de découvrir qu'elle a deux belles-filles. En effet, Orkaange est aussi une fille de Valnor, mais d'une mère différente de celle de Mahaut, une autre serveuse-chanteuse de Marseille. Maintenant noble, Mahaut se marie avec Matpel et emménage avec lui dans son château de Barbezieux, d'autant que le beau militaire est désormais Vicomte. Là, ils se prennent de passion pour l'élevage de poules, dont la renommée est devenue célèbre. Qui ne connaît pas aujourd'hui les poules de Barbezieux ?



      Mahaut, très occupée à garder ses poules
      (on peut observer la classe de Mahaut à porter ses escarpins pour les corvées, ndlr)

      Au contact d'un certain confort de vie, Mahaut se prend de passion pour la mode, l'or, l'alcool, les habits et les chaussures hors de prix. Sa beauté extraordinaire lui permet de devenir l'égérie de grands couturiers et maroquiniers, ce qui lui assure un certain revenu financier – qu'elle s'empresse évidemment de dilapider en robes, chaussures et alcools divers. Dotée d'une chevelure que le monde lui envie, elle profite de ses goûts de luxe pour concilier ses passions et se passer régulièrement les cheveux à l'or fin, ce qui permet de relever d'autant plus l'éclat de ses coiffures.



      Mahaut se passe les cheveux à l'or fin dans sa baignoire de jardin
      (sous la surveillance bienveillante – et attentive – (et désintéressée) de son époux Matpel, ndlr)

      En Périgord, elle crée le clan des Poneys rose avec quelques autres, dont sa demi-sœur (ces membres du clan devenant le « canal historique » de la bande, ndlr). Une rivalité terrible naît avec Orkaange pour la direction du clan, lutte féroce qui n'a toujours pas connu de dénouement définitif. Vivant en Périgord, Mahaut se prend de passion pour l'une des spécialités du pays : le canard, et particulièrement le foie gras. Quand on vit dans le luxe, on ne fait pas les choses à moitié.



      Mahaut revient d'une chasse au canard avec sa sœur et quelques autres
      (on aperçoit Makrel au second plan, experte en fourrage de volailles, ndlr)

      Sa sœur Orkaange se marie avec un certain Cmyrille, originaire de Rochechouart, ce que Mahaut considère comme un outrage, tant cette ville du Limousin est mal considérée en Périgord (c'est un peu le Maine du coin, encore un cran en dessous de Castillon, ndlr). Elle en profite pour asservir un Rochechouartais, Anatole, qui devient son secrétaire-domestique-souffre-douleur attitré, qu'elle se plaît à rabaisser régulièrement en l'appelant « le Limousin ». Celui-ci lui subit docilement depuis ce jour les colères et lubies de sa nouvelle maîtresse.
      Le temps passant, le clan des Poneys rose s’agrandit, et le conflit sous-jacent avec sa sœur ne fait que s'amplifier, comme vous allez le découvrir dans l'article suivant. Elle se lance en politique avec son époux et les autres Poneys rose, dans un parti dont elle a l'idée du nom (elle a remporté le concours de l'acronyme le plus débile, ndlr) : PARTOUZE, le Périgord Angoumois Résolument TOUrné vers le ZEnith. Sous l'impulsion de membres aussi motivés, le parti est promis à un bel avenir.




      Mahaut en soirée, véritable monitrice d'alcoolos
      (on la voit ici tenant en main son sceptre de Sainte Boulasse, ndlr)

      Mahaut, Sainte Boulasse réincarnée, devient un pilier de taverne incontournable du Périgord. Ses soirées sont toujours réussies tant l'alcool coule à flots et l'ambiance est des meilleures. Elle profite de sa résistance hors norme à l'alcool pour devenir chancelière du Périgord, où elle enchaîne les réceptions avec les ambassadeurs étrangers. Mahaut chancelière, ou l'art de faire boire ses homologues pour en retirer moult informations sensibles.



      Mahaut très absorbée par son travail de chancelière
      (ici lors d'une réception à la chancellerie du Périgord-Angoumois, ndlr)

      Par son dévouement sans faille à la chancellerie, elle obtient un fief de mérite, la seigneurie de la Douze. Elle refuse d'y mettre les pieds, trouvant trop commun d'être appelée « Dame de la Douze » alors qu'elle a si souvent entendu dans sa jeunesse sa mère adoptive annoncer à des clients que « la dame de la 12 » les attendait.
      Elle réalise le rêve de sa vie : visiter le Louvre. Devant se rendre à la Hérauderie de France, elle en profite pour se marier à nouveau avec Matpel – parce que c'est plus la classe de se marier au Louvre que dans une obscure chapelle provinciale – et se noue d'amitié avec Axel Baccard, croisée dans une salle d'attente du château royal et qui devient l'une de ses grandes copines.


      Évidemment, toute la vie de Mahaut ne peut être relatée ici, d'autant que vous seriez morts de vieillesse avant d'en avoir terminé. Nous en avons seulement parcouru les plus grandes lignes.


    Mahaut - Orkaange, la lutte sororale impitoyable



      Mahaut et Orkaange

      Le conflit entre les deux sœurs est antérieur à la création des Poneys rose, même s'il ne s'agissait à l'époque que de bagatelles, comparé à ce qui se passera plus tard. Après avoir retrouvé leur père Valnor, une rivalité se met en place, pour déterminer « qui sera la plus belle pour PapaPair », tel un classique syndrome d'Oedipe de deux jeunes femmes encore en train de chercher leur place dans la société. Le contraste de morphologie entre Orkaange, plutôt bien proportionnée poitrinement parlant et Mahaut que le Très-Haut n'a pas choisi de doter des mêmes atouts devient l'un des sujets d'attaques les plus récurrent entre les deux sœurs. On n'énumère plus le nombre de fois où Orkaange a choisi de moquer sa planche à pain de sœur ou Mahaut le corps de sa sœur qui s'affaisse, les seins en gants de toilette.



      Le tableau de Mahaut accroché dans son bureau, au dernier étage de la Mahaut Niouzes Tauweur
      (ce tableau a malheureusement disparu lors du quatrième effondrement de la tour, ndlr)

      Après la création des Poneys rose, Mahaut tente de prendre l'ascendant sur sa sœur (qui est son adversaire principale, mais chaque Poney rose se revendique comme étant le chef) en faisant construire par des esclaves castillonais la Mahaut Niouzes Tauweur, extraordinaire architecture d'or fin prouvant la supériorité du Périgord, qui deviendra le siège de PoneyMag (information à vérifier) dont elle prend la tête de la rédaction (quand ce n'est pas Orkaange qui la lui chipe). Pour prouver à sa sœur combien elle lui est supérieure, Mahaut prend malin plaisir à la faire boire à outrance, alors qu'elle, en tant que Sainte Boulasse, tient merveilleusement bien l'alcool. Et il est bien connu qu'une cheffe doit savoir rester classe en toute circonstances, même torchée jusqu'aux yeux.



      Mahaut aide gentiment sa sœur qui a visiblement quelques soucis avec l'alcool
      (il est surtout probable qu'elle lui enfonce la tête un peu plus dans le bidet, ndlr)

      Le conflit autour de la Mahaut Niouzes Tauweur prend des proportions cataclysmiques lorsque le bâtiment devient le lieu des combats pour la tête des Poneys rose, mais aussi celui de la direction de PoneyMag (une cheffe incontestable et incontestée ne peut évidemment pas laisser à l'ennemi la presse de propagande du clan, ndlr). La tour devient donc le lieu de prises de pouvoir à répétition où les employés sous payés (Josy de la compta, Gérard des ressources castillonnaises, Marine de la comm' et Stéphane de la logistique) témoignent d'une parfaite adaptation aux fréquents changements de direction en retournant régulièrement leur veste.



      Mahaut à reconquête de la Mahaut Niouzes Tauweur après un coup d'état de sa sœur
      (même lorsqu'il y a baisse de moral et qu'il voit tout en gris, le Poney rose est toujours
      capable de trouver les outils lui permettant de voir à nouveau la vie en rose, ndlr)

      Le conflit ne se limite pas à la tour, et tous les coups bas sont permis. Aucune pitié n'est à attendre de l'un ou l'autre des camps. Vol de petits personnels, attaques capillaires ou crevaison de roues de carrosses, bataille rangée lors des soldes, diffamations et désinformations en tous genres, l'imagination des protagonistes ne connaît pas de limite.



      Mahaut visiblement horrifiée de voir Orkaange balancer des immondices dans son carrosse Jag Ouare
      (alors qu'elle venait tout juste de le faire repeindre en rose, ndlr)




      Mahaut se moque de Orkaange après qu'elle l'a jetée du 25e étage de la Mahaut Niouzes Tauweur
      (le volume de la poitrine de Orkaange a amorti l'atterrissage, ndlr)




      Mahaut au petit matin après que Orkaange a attenté à ses cheveux la veille au soir en les aspergeant d'eau
      (l'expression « être en pétard » prend tout son sens avec la chevelure de Mahaut, ndlr)

      Le conflit s'intensifie constamment, jusqu'au jour fatal où Orkaange prend la décision radicale de commettre l'irréparable. L'inimaginable. Le pire du pire : Tuer Sainte Boulasse. Cette décision des plus abominables est malheureusement presque couronnée de succès. Lors d'une réception à la chancellerie, elle fait servir à Mahaut un coquetèle comportant de l'eau. Vous avez bien lu : DE L'EAU ! Comme chacun sait, Sainte Boulasse, patronne des soirées réussies ne peut en boire une goutte, sous peine de perdre toute sa crédibilité auprès de ses fidèles.



      Mahaut s'apprêtant à boire le coquetèle fatal
      (certains indices semblent indiquer qu'il s'agit bien d'un empoisonnement par l'eau, ndlr)

      L'effet de l'empoisonnement est radical. Instantanément, Mahaut se fige dans une grimace de douleur. Ce jour d’infamie est resté dans l'histoire comme celui ayant marqué la fin de toute beauté en ce bas monde (c'est donc un peu la fin du monde, ndlr). Mahaut est immédiatement envoyée pour soins intensifs au couvent Sainte Marie de Bergerac, où elle se trouverait encore à l'heure actuelle (information à vérifier).



      Mahaut à l'article de la mort après avoir bu le coquetèle à l'eau
      (elle serait restée plusieurs mois bloquée dans cette grimace de douleur, ndlr)


    Mahaut, l'égérie de mode incontournable

      Mahaut est la plus belle, cela ne fait aucun doute. Les grands créateurs de mode du Royaume et d'ailleurs ne s'y sont pas trompés. Tous ont fait appel à elle – et uniquement à elle, d'ailleurs – pour présenter leurs collections de ces dernières années, tant elle sublime chaque habit et escarpin qu'elle se prête à porter. Sa sœur Orkaange n'a par contre jamais été approchée par qui que ce soit de la mode, tant son trop grand volume de poitrine boudine systématiquement tout (et même les escarpins, ndlr).



      Mahaut encore un peu timide dans un de ses premiers gravure-shooting
      (elle ne buvait que dix-huit coquetèles par jour à cette époque, ndlr)




      Mahaut présente la collection hiver 1467
      (même qu'elle roule des « r » pour faire encore plus vrai, ndlr)




      Mahaut chausse très naturellement et avec élégance des escarpins rose
      (sachant qu'elle ne s'appuie PAS sur le bord de la gravure, ndlr)




      La Vicomtesse reçoit en toute simplicité en son domaine de Barbezieux
      (on a la classe ou on ne la pas, et Mahaut l'a, il n'y a pas à tortiller, ndlr)




      Lors d'un gravure-shooting pour Christian Loup Bouttin
      (on voit dans son regard le bonheur d'avoir des Loup Bouttin aux pieds, ndlr)




      Mahaut dans sa tenue en or de combat, qui lui sert à éblouir ses
      opposants dans sa lutte pour le titre de cheffe suprême des Poneys rose
      (l'effet est amplifié lorsqu'elle se passe les cheveux à l'or fin, ndlr)


    De Mahaut à Josianne

      Souvenez-vous ! Nous avions laissé Mahaut figée dans d'atroces souffrances au couvent Sainte Marie de Bergerac après le terrible empoisonnement dont elle a été victime, perpétré par sa vile sœur. Après de longs mois au bons soins des ecclésiastiques, Mahaut finit par revenir à elle. Mais... changée. Sans aucune idée de qui elle peut bien être, maugré les explications des bonnes sœurs et les gesticulations d'Anatole (son secrétaire-domestique-souffre-douleur, pour ceux qui n'auraient pas suivi). Visiblement amnésique, elle décide de prendre ses cliques et ses claques (même si c'est surtout Anatole qui les porte) et se met à errer sur les chemins de France. Ses pérégrinations l'amènent à Saumur en Anjou, où elle découvre un homme barbu aux mains calleuse, à moitié nu qui lui déclare : « Josianne, je suis ton père ».



      Mahaut, le jour où elle est devenue Josianne
      (c'est là qu'on se rend compte qu'une convalescence au monastère, c'est vraiment rasoir, ndlr)

      Persuadée d'avoir retrouvé sa famille, elle emménage chez Finn Ó Mórdha, mi-Irlandais mi-Angevin et 100% naturiste, son nouveau père, et s'appelle désormais Josianne. Elle retrouve toute la bande du clan de Gennes, dont elle avait déjà plus ou moins connu les membres durant l'une des guerres entre le Royaume de France et l'Anjou, sans trop s'en souvenir, en particulier Calyce et Katina, anciennes archiduchesses d'Anjou. Elle s'intègre parmi les angevins, surtout après que plusieurs d'entre eux se mettent en tête de la libérer de sa chambre, chez Finn, où elle est séquestrée (on ne sait pas vraiment si c'était pour la protéger de la mauvaise influence de Français de passage ou pour la désintoxiquer du canard, animal sacré en Anjou, ndlr). Elle se prête aux coutumes locales, bien que le naturisme de son cher père ne soit pas son verre de rosé, elle qui aime tant les beaux habits. Elle retrouve vite ses habitudes de pilier de taverne, lors de soirées à thèmes (soirées pirates, soirées nymphes, etc, ndlr) et redevient l'incarnation de Sainte Boulasse.



      Josianne se lime les ongles, après une soirée mouvementée à Saumur
      (le thème de la soirée était « Ce soir, je serai la plus belle pour aller douaner », ndlr)

      Elle entre dans le clan de son père, les Orpilleurs, et part en goguette avec toute la bande de Saumur, parcourant les chemins à la recherche de rencontres et d'animations en tous genre. En particulier, elle se prête au jeu des angevins et s'illustre à Poitiers où elle parvient à visiter la mairie, mettant un point d'honneur à ranger correctement les pièces d'or éparpillées dans les coffres municipaux. L'or, ça se respecte, on ne le laisse pas traîner n'importe où. Elle découvre les panneaux municipaux et ne peut pas s'empêcher d'y laisser des messages comme elle seule sait le faire.



      Josianne en visite à la mairie de Poitiers, après s'être amusée avec le panneau des annonces municipales
      (ce qui est désormais son péché mignon, ndlr)

      À La Trémouille, alors qu'ils s'arrêtent pour visiter la mairie et regarder une église brûler, Josianne et Calyce rencontrent un certain Alfred, bouffon de Touraine qui s'amuse de leur humour et les accompagne quelque temps sur les routes. Ils se retrouvent tous à Vannes, en Bretagne, pour des vacances à la mer – et aussi pour déménager un angevin en fuite, qui reviendra en Anjou quelques semaines plus tard, rongé par l'ennui. Peu habituée aux plages de sable, elle se prête au jeu du naturisme et court toute nue sur la plage. L'assaut des embruns ne se fait pas attendre : elle tombe gravement malade, d'autant plus que la maréchaussée poitevine se rappelle à ce moment à son bon souvenir, et des gardes viennent la chercher pour la jeter quelques jours en prison.



      Josianne fait l'innocente, juste avant de courir toute nue sur une plage de Vannes
      (et de tomber malade, ndlr)

      Les mœurs angevines étant ce qu'elles sont, elle se marie avec sa grande copine Calyce – avec qui elle partage sa garde-robe – avant d'adopter le jeune Eddwyn. La voilà mariée et mère. La goguette reprend, avec un passage à Limoges et en Berry, Josianne s'esquive quelques jours pour aller assister au mariage du parrain d'Alfred, à Tours. Après avoir vivement apprécié le sermon de l'archevêque – des conseils matrimoniaux, semble-t-il – elle retrouve les autres angevins qui poursuivent en Champagne, où ils prennent le village de Clermont. Horrifiés de voir une mairie si mal gérée, ils décident d'y déposer 200 écus pour sortir les Clermontois de la misère avant de repartir pour l'Anjou, où un conflit contre la Touraine et le Royaume de France se fait pressentir. Le groupe se retrouve assiégé à Angers pour les fêtes de fin d'année. Cela ne les empêche pas d'en profiter, Josianne reçoit divers cadeaux, dont un lapin blanc nommé Pompon, offert par Calyce, doux animal de compagnie qu'il vaut mieux ne pas trop embêter.



      Josianne joue des tours à son nouveau lapin, Pompon
      (une charmante bête au comportement passif-agressif, ndlr)

      La guerre faisant rage, son ancienne mère adoptive dame Makrel qui s'était retrouvée à Angers quelque temps auparavant décide d'ouvrir un bordel-hospice de campagne, judicieusement nommé « La Sainte y Touche ». Makrel est ravie de retrouver sa chère fille, ce qui a commencé à rappeler à Josianne quelques souvenirs de sa vie sous Mahaut, tout comme l'avait fait une rencontre avec Phinomène, ancienne Poney rose devenue brièvement archevêque d'Angers. Josianne est régulièrement invitée à venir soigner les blessés à « l'hospice ». Quand elle n'est pas de service d'infirmerie, Josianne aide de temps à autres sa mère adoptive pour le service. Josianne aurait presque pu rendre vrai l'adage, entre ses prises de mairie, l'adoption de son fils et le bordel de sa mère, comme quoi en politique, certaines femmes sont des put' et mères.



      Josianne incognito en visite à la Sainte-y-Touche
      (Makrel a toujours des plumes propres en stock pour Josianne, ndlr)

      Tombée sous le charme d'Alfred les mois précédents – bien qu'il ne soit doté ni de barbe ni de mains calleuses (même s'il aurait trois doigts calleux à cause de la plume qui lui sert à écrire des saloperies, comme ce journal ici présent) – elle ne parvient pas à lui résister alors qu'il lui apporte un colis humanitaire de la plus haute importance : une paire de Loup Bouttin. Un vrai miracle, elle avait justement brisé un talon des siennes la veille sur les remparts d'Angers. Calyce, l'épouse de Josianne étant partageuse, les deux amoureux s'en donnent à cœur joie. Alfred lui offre du foie gras de canard en cachette – pour le plus grand bonheur de Josianne, qui en est privée depuis son arrivée en Anjou tant le canard est sacré là bas – et aide régulièrement Josianne dans ses études, alors qu'elle a décidé de retourner à l'université.



      Josianne attendant Alfred après lui avoir demandé de bien vouloir monter
      l'aider à écrire une synthèse sur son cours de tactique de base
      (sa petite tenue n'avait évidemment rien à voir avec le sujet du devoir  :
      « L'art de la poliorcétique peut-il aussi servir à assaillir une femme ? », ndlr)

      Avec Calyce et Sadella, elle crée le groupe dit du Triangle des Gertrudes, dont personne ne sait vraiment de quoi il s'agit (secte, salon littéraire ou artistique, débit de boisson, etc) dont l'existence est dévoilée au grand jour par Nevgerel, joueur de mots devant le Très-Haut. Son cousin peintre, Coguin, a souvent donné des sueurs froides aux trois femmes pour ses tableaux assez osés les représentant et dont elles semblent être à leur insu les modèles favoris. Une Limousine, Astana, rejoint ce triangle par la suite.



      Le Triangle des Gertrudes en plein complot
      (Astana à droite a remplacé Sadella qui accouchait à La Rochelle
      d'une petite Elsa, le papa va bien, ndlr)

      Josianne se fait vite remarquer à l'université par ses professeurs à cause de ses très mauvaises notes, et par ses camarades – parce qu'elle trouve qu'il fait toujours trop chaud dans les salles de classe, et prend exemple sur son père naturiste en exhibant régulièrement ses gambettes pendant les cours. Des garçons l'auraient soit disant invitée de temps à autre derrière les toilettes, mais il est fort probable qu'il s'agisse d'une légende.



      Josianne aperçue en train d'écrire sur les murs des toilettes de l'université d'Angers
      (le message très populaire parmi les étudiants : « Pour 50 écus, rdv derrière
      les toilettes avec Jozy la chaudasse » ne serait pas d'elle, ndlr)

      Après un mandat de procureur où elle met un point d'honneur avec le juge, messire Payen, à faire respecter l'injustice inique propre à l'Anjou, elle remet à la mode le système de la roulette angevine, où chaque accusé a le droit de soit donner un pot de vin important au juge, soit participer à des animations assez hautes en couleurs. S'il survit aux épreuves (comme danser le temps d'un morceau de cornemuse au milieu d'une lice en esquivant les 250 flèches tirées depuis les tribunes), alors l'accusé est innocent.
      Calyce souhaite se marier avec Finn, elle et Josianne divorcent donc, ce qui se fait dans la douleur. Alfred lui remonte comme il peut le moral grâce à des bains d'or – il a un peu de sous, les journaux à saloperies se vendent plutôt bien, la preuve, si vous lisez ces lignes, c'est que vous en avez acheté un – et de rosé.




      Sainte Boulasse en transes juste avant un bain au champagne
      (et immédiatement après un bain de pièces d'or, ce qui explique son état, ndlr)

      Lors de la goguette suivante, l'improbable arrive. En passage rapide à Barbezieux (elle a fini par progressivement se rappeler de son ancienne vie), elle croise son ancien époux Matpel qu'elle pensait mort. Celui-ci la laisse repartir, puis change d'avis et traverse le Royaume pour retrouver la goguette à Lyon, où il se met presque à nu en place publique pour récupérer Mahaut/Josianne. Quelques jours après, ils se marient pour la troisième fois, dans un trou perdu en Helvétie. À croire que Josianne aurait la Suisse légère.



      Josianne/Mahaut, la tête dans les étoiles, lors du retour à la vie de son époux Matpel
      (Alfred aurait déclaré « J'ai perdu Josianne par échec et Matpel ! », ndlr)

      Ils scellent leur engagement en allant visiter la mairie de Rodez et le château du Rouergue. Et pour l'instant, on en est là.


    Voir suite page suivante.



_________________

Bouffon sans frontières
Alfred555
Citation:

    Qui est la cheffe incontestable et incontestée des Poneys rose – et aussi la plus belle ?

      Une certaine Josianne nous a écrit il y a quelques temps pour nous demander de faire un sujet sur la cheffe légitime des Poney rose, qui d'après elle serait Mahaut. Après nous être aperçu que le dossier pouvait être des plus brûlants, nous nous sommes empressés d'enquêter sur cette guerre des cheffes qui dure depuis bien des années. Visiblement, bien que le clan des Poney rose n'existe plus vraiment en tant que tel, ses membres étant éparpillés dans plusieurs provinces, déterminer qui les dirige est toujours un sujet explosif. La plupart des Poney rose semble doté d'un ego surdimensionné, ce qui explique pourquoi le conflit est encore tenace. Les membres du clan semblent se détester plus qu'ils ne s'apprécient, tant tous les coups bas semblent permis pour écarter les autres du pouvoir ou les ridiculiser. On pourra évoquer, entre autres, la fausse infirmité de Théodoric, qui s'est traîné des années durant dans une chaise à roulettes, ce qui lui a permis entre autres d'ôter à Raymond la moitié de sa virilité dans un combat en lice truqué à son avantage ; les remarques récurrentes moquant la petite poitrine de Mahaut comparée au volume proportionnellement intéressant de celle de sa sœur ; leur gazette PoneyMag qui se vendait toujours au Poney le plus offrant (la base du bon journalisme, il faut bien l'admettre) pour discréditer ses compères équidés ; bien d'autres coups plus bas encore (se reporter à la lecture de la revue PoneyMag pour les points de détails, ndlr).



      Mahaut en tenue d'or de combat pour s'imposer aux autres Poneys rose
      (là, elle s'est passée les cheveux à l'or fin, et visiblement, ça va chier, ndlr)

      Une simple question a donc été envoyée par courrier à tous les Poney rose encore existants : « Qui considérez-vous comme la cheffe légitime et incontestée - et aussi la plus belle - des Poneys Rose ? Orkaange ou sa soeur Mahaut ? ». Les réponses ne se sont pas faites attendre et ne nous ont pas déçues. Avant tout, il faut vous expliquer brièvement le principe de fonctionnement de base des Poney quant à la nomination de leur cheffe : Chacun vote pour soi, ou vend son vote (avant évidemment de se rétracter).

      Théodoric de Walburghe, cardinal-princesse de l'EAP, l'Église aristotélicienne poneyesque et futur candidat malheureux aux élections royales témoigne :
      « Écoutez, c'est croquignolesque. La question, j'entends. Cette rivalité entre Mahaut et Orkaange c'est soooo 1467. Mettez-vous à la page, par pitié ! Mahaut est morte. MORTEUH. Enfin, la dernière fois que je l'ai croisée, elle a eu l'outrecuidance de se faire passer pour une angevine. Une faute de goût impardonnable, lisez moi bien, IMPARDONNABLE, qui mérite que nous l'effacions tous de nos esprits. Mahaut est morte, vive moi. J'ai déjà entrepris de faire effacer son nom gravé sur les façades de la Mahaut Niouzes Tauweur, renommée pour l'occasion, T-Niouzes Tauweur. Pour conclure, il n'y a qu'une seule princesse capable de gouverner les Poneys, et de les soumettre à sa volonté. Et cette princesse, c'est moi, bien entendu. »

      Raymond de Petrus, célèbre directeur de l'agence de journalisme AAP (donc confrère, mais néanmoins concurrent) nous répond :
      « La question du chef -ou de la cheffe- incontestable des Poneys Roses fait couler beaucoup d'encre, et chacun réclame donc la direction de cet illustre clan, et de tous les privilèges afférents (massage des pieds, fourniture en cire rose, et carte de fidélité pour les boucheries Spang'héraut). Je me considère pour ma part comme chef suprême des Poneys Roses, même si tous les autres l'ignorent, mais nous savons, vous et moi, que ce n'est pas parce qu'on dirige pas officiellement un clan, qu'on ne peut pas le faire officieusement. »




      Mahaut se préparant à se venger de Théodoric lors d'un barbecue – sponsorisé
      par les boucheries Spang'héraut – devant la Mahaut Niouzes Tauweur
      (le lecteur éclairé pourra observer l'intensité de la vengeance dans le regard de Mahaut, ndlr)

      Sa Majesté Cmyrille, prétendument Roy d'Angoumois (qui comprend Angoulême, Saintes et Rochechouart) et époux de Orkaange, aussi surnommé Myrmille,Myrtille, Myrmillmze, Bertille, Fourmille ou Serge en raison de son nom imprononçable nous donne sa version de despote éclairé :
      « - Mahaut est morte à ce que prétend cette fameuse Josianne. Une morte ne peut être cheffe, c'est une logique des plus simples. Même une poule pourrait la comprendre. Mahaut est d'ailleurs célèbre pour, de son vivant, avoir l'ourlet de toutes ses robes maculé de caca de poules. Ça, cheffe incontestée ? Allons, soyons sérieux...
      - Je reconnais volontiers à mon épouse Orkaange d'énormes "qualités", j'aime beaucoup m'endormir dessus d'ailleurs. Mais elle n'est pas non plus la cheffe. Elle est la femme derrière le grand homme (même si, en regardant de face, elle dépasse un peu sur les côtés).
      - Il y a un roi dans le clan, moi, Cmyrille, roi d'Angoumois. Comment peut-on imaginer que le roi ne soit pas le chef incontesté et incontestable ? Comment ? »




      Mahaut, la tenue pleine du caca de ses poules
      (et pas uniquement l'ourlet du bas de sa robe, ndlr)

      Sorianne de Petrus, épouse de Raymond nous répond plus succinctement :
      « La chef incontestée et incontestable des Poneys est moi bien sûr. Et évidemment je suis la plus belle de toutes les ponettes du clan. Ce seront mes seuls mots ! »

      Phinomène, ancienne amante secrète de Cmyrille (mais ça ne nous regarde pas) semble plus avoir le sens des réalités que les autres :
      « Si j'étais encore poney rose, ce que je ne suis plus vraiment, notamment depuis que j'ai tenté de prendre la mairie d'Angoulême alors que c'était Cmyrille le Comte, entre autres, je vous dirais que la vraie cheffe c'est moi. La preuve, Rome me désignait comme étant la cheffe officielle des poneys roses. Et en profitait pour m'accuser de couvrir Lotx et Théofric ainsi que leurs petits secrets de beauté et de longévité : la course à pied -derrière leurs subordonnés avec une intelligence normale et une vitesse moindre- ou le chat-biture, pour les autres. Bref. Et puis j'ai rejoint les Piques, vous savez. Alors, quitte à désigner un chef incontestable et incontesté, je vote bien entendu Mahaut. Car les autres tentent désespérément de faire comme si elle était morte ou de baver contre elle, à défaut de le faire sur elle, dans le cas de Théodoric. Et vous savez que c'est à cela qu'on reconnaît un chef : à la crainte et à la détestation qu'il inspire. »

      Mahaut de Nabinaud, sérieusement en lice pour le titre nous a répondu depuis sa convalescence au couvent Sainte Marie de Bergerac (c'est en tous cas ce qu'elle nous a fait croire) :
      « Merci pour votre enquête exclusive dans les tréfonds des gangs de poneys qui font rage dans nos belles cités de France et de Navarre.
      Il est vrai que la situation n'a que trop duré et c'est uniquement dans le but de remettre les choses en rose que j'ai décidé de sortir de mon silence. Vous n'êtes pas sans savoir (ou alors je vous le dis et vous direz que ça vient d'un indic) que je suis actuellement dans le couvent Sainte Marie de Bergerac où je suis soignée pour la tentative d'empoisonnement réalisée par ma soeur Orkaange. Rappelons qu'elle a glissé de l'eau dans un de mes coquetelles à la Chancellerie, vaine tentative pour éliminer toute beauté en ce bas monde.
      Ainsi donc, Orkaange ou moi. Connaissez-vous Orkaange ? Je veux dire, l'avez-vous vue récemment ? Non, hein ? Les rides, mon vieux, les rides. Et puis le temps qui passe, la gravité, toussa. Au bout d'un moment, peut-on lutter contre le corps qui s'affaisse ? Qui s'affaisse, tiens, le mot est bien choisi ! Et en face, qu'avons-nous ? Sainte Boulasse. Elle-même. La plus belle. Aussi fraîche qu'un verre de rosé en pleine canicule. Aucune ride, le corps frais et alerte, pile la bonne taille pour les robes de créateurs, un poids parfait pour porter des Loups Bouttins toute la journée sans avoir les chevilles boudinées.
      Bref, je suis bien évidemment la cheffe, la seule, l'unique, l'incomparable, la véritable, bref, la numéro 1 des poneys rose. Canal historique, même, pas les franchises vendues à bas prix ces dernières années.
      Je vous laisse en réinformer le monde, vous avez le droit de ne pas ménager les esprits. »




      Mahaut surprise en train de rembourrer son décolleté après qu'un Poney rose
      a une fois de plus fait une remarque narquoise sur la taille de sa gorge
      (on notera qu'elle a tenu à sourire pour la gravure malgré l'inconfort de la scène, ndlr)

      Samsa Treiscan, éternelle prime secrétaire royale, a pris le temps de nous répondre malgré son emploi du temps épistolaire très chargé :
      « La cheffe des Poneys Roses est Orkaange, et j'en ai la preuve ultime et absolue : c'est elle qui m'a dit que j'étais une vraie Poney Rose. Or, si elle n'avait pas été la cheffe, il apparaît évident qu'elle n'aurait pas décidé de mon appartenance à la dite confrérie - oui parce qu'on ne postule pas Poney rose, on l'est ou on ne l'est pas.
      Cependant, si Orkaange est la plus... charnue - d'un oeil extérieur en tout cas, je n'irai pas vérifier la véracité -, Mahaut est la plus belle. Mais comme chacun le sait, dans la vie, les chefs ne sont pas toujours les plus jolis.

      Ane Gertrude Fleur, pâtissière et fourreuse de chouquettes devant le Très-Haut conclut :
      « Je vous suis très reconnaissante de votre enquête, qui va peut-être rétablir la vérité sur à qui revient le titre de cheffe des Poneys Roses. Car il n'y a qu'une seule personne qui peut l'être, et cette personne n'est autre qu'Orkaange ! Cheffe incontestable et incontestée des poneys roses, quoi qu'on peut en dire. Il n'y a même pas à discuter ! »

      Étonnamment, deux des plus éminents membres ne se sont pas prononcés. Lotx serait à l'isolement au couvent Sainte Marie de Bergerac après avoir propagé le Très-Haut seul sait comment une épidémie de chaude-pisse, et Orkaange n'aurait pas dessaoulé d'avoir découvert la liaison entre son époux et Phinomène voilà un an et demi. Un tel manque de mental pouvant être dramatique à sa survie dans la suite des événements, Orkaange est donc disqualifiée – évidemment pour son bien – et n'est donc plus en lice pour le titre de cheffe incontestable et incontestée des Poneys rose.

      Résultat des votes :

      Théodoric : 1 voix
      Raymond : 1 voix
      Cmyrille : 1 voix
      Sorianne : 1 voix (et 1 voix pour la plus belle)
      Mahaut : 2 voix (et 2 voix pour la plus belle)
      Orkaange : 2 voix

      Nous pouvons conclure, après cette enquête des plus impartiales que Mahaut de Nabinaud est la cheffe incontestable et incontestée des Poneys rose, et aussi la plus belle.

      Avant même l'annonce de ce résultat, les mauvais perdants de ce vote (Orkaange, Lotx, Cmyrille, Théodoric, Phinomène, Raymond, Sorianne, Samsa et Gertrude) auraient déjà dénoncé des fraudes massives entachant cette élection d'irrégularités d'après leurs observateurs étrangers sur place. Mahaut étant défendue par deux clans d'Angevins au grand complet, on peut supposer que la Mahaut Niouzes Tauweur devrait résister aux assauts de la chair à canon castillonnaise envoyée fanatiquement au combat grâce au savant mélange de pressions et de fausses promesses prodiguées par les divers contestataires (qui devraient logiquement aussi se battre entre eux). Les bataillons rochechouartais envoyés par Cmyrille ne devraient pas parvenir à faire la différence. Pour vous aider à mieux comprendre la situation explosive, nous avons schématisé le déroulement supposé des événements (même s'il s'agit uniquement de l'un des 47938 scénarios possibles) :




      Croquis explicatif du 594e scénario probable
      (Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours, à ce qu'il paraît, ndlr)


      Et pour vous mettre encore plus dans l'ambiance du conflit, quelques paroles historiques de Poneys rose :

      Qui a dit :

      - Lotx est devenu très ringard depuis que Spang'hérault s'est lancée dans le bio.
      - Théodoric est une enflure.
      - La plupart des Poneys Roses n'ont même pas de poney chez eux.
      - Si Mahaut est devenue trans-angevine, c'est parce que son mari violait ses poules de Barbezieux, y a même eu un article dans Poneys Mag.
      - Les Poneys ont bien quelques figures féminines, mais rien de très important, même si j'aime beaucoup les chouquettes de Gertrude.
      - Je me suis tapé Sorianne.
      - Un chef incontesté et incontestable des Poneys rose assume tout, même ses propos fielleux divulgués dans la presse à scandale.
      - La seule façon pour Raymond d'être le chef serait d'acheter les autres poneys. Et bien qu'il détourne du pognon à droite et à gauche, il n'a pas encore assez pour nous acheter tous.
      - Que Mahaut crève dans une fosse à purin angevine, là d'où elle n'aurait jamais dû sortir !
      - Aucun n'a les capacités intellectuelles, éthyliques et modesques de diriger les poneys.
      - Malgré l'adage « Seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin », Lotx réussit la prouesse de n'aller nulle part, seul ou accompagné.
      - Phinomène est une apostate au clan et mériterait de passer sous un troupeau de charrettes remplies de fumier.
      - Le mari de la blonde est de Rochechouart à la base, mais ça se devine, non ?
      - Cmyrille aime les choux de Bruxelles, ce qui est une violation de toutes les règles de bon goût.




      Une chose est absolument certaine dans ce monde de brutes :
      Mahaut est la plus belle

      Berry Match tient à préciser que cette enquête a été absolument impartiale. Tout élément à charge contre le rédacteur en chef (comme par exemple son concubinage de plusieurs mois avec Josianne) ne saurait évidemment être que PURE coïncidence.


    C'est tendance ! À retrouver dans le supplément Vive l'été du mois prochain.

    • Beauté
      Quel triangle adopter pour être la plus belle des Gertrudes ?
      Les bienfaits insoupçonnés des bains d'or, un amant ruiné vous explique.
      Cette pommade hydratante à base de Monbazillac se vend toutes les quatre minutes à travers le Royaume.

    • Mode
      Noeud canard : comment le porter autrement qu'en barboteuse, on vous dit tout.
      Naturisme : être défroqué par tous temps de 7 à 777 ans.
      Spécial été : 15 gravures inédites de nobles en sabots.

    • Bien être
      Son secret pour vivre plus longtemps. Le plus grand Roy que le Très-Haut ait connu, sa Majesté Alistaire de la maison Vadikra vous dit tout.
      Rester positif après avoir perdu douze titres de noblesse d'un coup : cinq conseils d'experts pour ne pas le prendre personnellement.
      Dix façons d'être omniscient, la huitième va vous surprendre.

    • Trucs & astuces
      Comment obtenir une charge royale après s'être épanché en calomnies sur le titulaire précédent.
      Journée du deuil royal, nos conseils pour garder ses titres en pleurant pour de faux.
      Manuel du parfait courtisan : l'édition 1469 plus volumineuse que jamais.


    Mode : Quelle paire de Loup Bouttin est faite pour vous ?

      - Vous êtes mariée à une femme avec qui vous partagez votre garde-robe. Qu'en est-il de vos Loup Bouttin ?
      ♦ Vous lui prêtez vos escarpins de bon cœur. Après tout, c'est ça, la vie de couple, ce qui est à vous est à elle. Et aussi l'inverse.
      ♥ Elle peut toujours rêver pour les avoir, elle chausse du 36 ET DEMI et va irrémédiablement les abîmer ! Elle n'a qu'à s'en faire acheter une paire par son futur époux (paire qu'elle vous prêtera comme le prévoit votre contrat de mariage).
      ♣ Vous acceptez de lui prêter uniquement si elle fait les yeux doux à son futur époux pour qu'il lui achète une jolie robe hors de prix avec des motifs canard.

      - Votre province est en guerre. On vous force à défendre votre ville sous peine de perdre votre titre de marquise obtenu de haute lutte à médire sur les autres ou pire, d'être rétrogradée d'un rang nobiliaire (franchement, redevenir duchesse, qui l'accepterait, hein?). Vous devez vous équiper pour combattre :
      ♥ Jamais de la vie vous ne mettrez les solerets ! C'est un crime contre la modité ! Vous portez vos Loup Bouttin quoi qu'il vous en coûte sur les mauvaises pierres des remparts. Et même si vous devez péter un talon de vos escarpins entre deux dalles mal fixées. Il faut savoir rester digne – et classe – en toute occasion.
      ♣ Tant que ce que vous avez aux pieds est assorti à votre jolie cotte de maille sur mesure – et un peu rembourrée au niveau de la poitrine (les mecs ont bien des faux pecs sur leurs armures de plates, eux) – vous êtes contente.
      ♦ Vous vous équipez de chausses adaptées à la situation, assez solides qui vous protégeront si l'on vous marche sur les pieds dans une cohue. Il ne faudrait pas que vous vous cassiez un ongle.

      - C'est toujours la guerre. La situation de la ville est critique, les défenseurs manquent de tout et commencent à mourir de faim et de soif. Des convois de ravitaillement alliés s'approchent mais sont bloqués par les armées ennemies, tous ne pourront pas arriver jusqu'à vous. Que faites-vous ?
      ♦ Vous organisez une sortie de nuit avec quelques défenseurs pour libérer en douce un chemin au principal convoi chargé de vivres et d'armes qui permettront à votre ville de passer l'hiver sans crainte de pénuries. On ne sait pas si vous y parvenez, mais au moins vous avez tenté.
      ♣ Vous partez en reconnaissance, mais vos amies savent surtout que vous avez juste envie de faire admirer aux défenseurs des remparts – surtout ceux avec une barbe et des mains calleuses – votre nouvelle chapka d'hiver et montrer à quel point elle vous va bien. Au cas où vous seriez repérée par une patrouille ennemie, vous avez emmené avec vous votre domestique souffre-douleur qui fera diversion (une bonne mandale, ça le fait toujours crier) pendant que vous rentrerez lâchement vous mettre à l'abri des murs.
      ♥ Vous provoquez une sortie en force de tous les défenseurs et profitez du chaos de la bataille pour y retrouver un homme charmant – certes, il n'a ni barbe ni mains calleuses, mais il conduit un convoi humanitaire avec un colis de la plus haute importance (une paire de Loup Bouttin) et ça tombe bien, vous avez pété un talon des vôtres la nuit dernière sur les remparts. Le mot de passe pour vous reconnaître sera « Je vous aime » et vous devrez simplement lui répondre « Moi aussi, à la folie, venez, allons faire l'amour loin de ce tumulte dont le fracas et les bruits métalliques s'enchevêtrant m'indisposent tant que je ne vais pas tarder à défaillir, vite retenez-moi, je vais me pâmer et j'aimerais autant que ce soit dans vos bras plutôt que la boue, la sueur, le sang et les larmes ou pire, sur un cadavre de Mainois. »

      - Votre château est en feu. Votre domestique souffre-douleur à qui vous avez inculqué année après année le sens des priorités est déjà en train de sortir de la fournaise les quatre-vingt malles de vos vêtements hors de prix. Que faites-vous juste avant que le bâtiment ne s'effondre ?
      ♣ Vous ne faites rien, votre domestique souffre-douleur a déjà sauvé ce qui était important pour vous.
      ♥ Vous courez à votre chambre, traversant héroïquement une véritable tempête de flammes tout en esquivant les chutes de poutres et de clés de voûte pour sauver votre paire de Loup Bouttin porte-bonheur avant de sauter par la fenêtre (votre atterrissage est évidemment amorti par votre domestique souffre-douleur qui se trouvait là).
      ♦ Vous vous précipitez au poulailler pour sauver vos célèbres poules, parce que votre cuisinière a besoin d'oeufs pour sa recette des crêpes flambées qui mettent le feu à vos soirées.

      - Votre amoureux vous propose d'aller en boutique vous offrir une paire de Loup Bouttin. Vous êtes en-chan-tée ! Problème : une grosse duchesse qui a annoncé chausser du 39 vient de demander la dernière paire de Loup Bouttin du stock à la vendeuse pour un essayage :
      ♦ Vous ressortez de l'échoppe en pleurant sur l'épaule de votre chéri. Vous vous lamentez que le monde est injuste. Pour vous consoler, il vous achète une barbe à papa. Parce que c'est rose et que vous ne savez pas résister. Et puis c'est barbu.
      ♣ Vous prenez sur vous, vous dites à votre chéri que ce n'est pas grave et que ça peut attendre, d'autant que vous n'avez rien contre un nouveau bustier (surtout celui hors de prix avec des lacets rose fushia et le nœud canard au milieu que vous avez vu dans la vitrine de la boutique voisine).
      ♥ Les Loup Bouttin n'existent PAS dans une pointure autre que le 36 ! Un tel manque de savoir vivre, c'en est trop pour vous, qui sautez sur la vendeuse pour lui arracher l'escarpin des mains avant d'en planter le talon dans les yeux de la grosse duchesse en criant « VOUS N'Y CONNAISSEZ RIEN À LA MODE, AU MOINS MAINTENANT VOUS AUREZ UNE BONNE RAISON D'AVOIR TANT DE MAUVAIS GOÛT ! » et vous vous barrez de l'échoppe avec la précieuse paire de Loup Bouttin dont vous avez pris soin d'essuyer les morceaux d'yeux sanguinolents sur la robe beige à paillettes de la volumineuse noble. C'est vrai, quoi, on ne laisse pas des Loup Bouttin à n'importe qui.

      Vous avez uniquement des ♥ :
      Il n'y a aucun doute. Les Loup Bouttin, c'est votre vie. Vous ne respirez que par elles. Vous êtes faite pour la collection Ultima Fashionista. Celle qui vous rendra fatale aux yeux de tous les hommes – n'oubliez pas d'envoyer balader avec un rire moqueur tous ceux qui n'ont pas une barbe et des mains calleuses – et vous permettra d'aller loin et très haut dans la société. Avec ces Loup Bouttin, vous aurez le monde à vos pieds, et pourrez même prendre malin plaisir à l'écraser sous l'un de vos talons.




      La collection Ultima Fashionista


      Vous avez uniquement des ♣ :
      Certes, vous aimez les Loup Bouttin, mais ni plus ni moins que le reste de votre garde-robe. L'essentiel pour vous est que les éléments de vos tenues soient toujours parfaitement assortis les uns aux autres, et d'être classe en toutes circonstances. Après tout, n'est-ce pas cela, la mode ? La collection Fashionista est pour vous, elle mettra élégamment l'ensemble de vos tenues en valeur, si bien que toutes vos copines en seront jalouses.




      La collection Fashionista


      Vous avez uniquement des ♦ :
      Vous êtes un peu rustique, n'est-ce pas ? Peut-être même un peu manuelle ? Vous êtes une personne sensible et terre à terre et pour vous, mode doit être synonyme de confort et de pratique. La collection Rustica Fashionista est faite pour vous et vous ravira les pieds dans toutes les tâches de la vie – et même les corvées.




      La collection Rustica Fashionista


      Vous avez un mélange de ♥ , de ♣ ou de ♦ :
      Franchement, vous faites quoi dans la vie ? Mainoise ? Vous n'avez vraiment aucun sens commun ! D'ailleurs, on peut se demander pourquoi vous avez répondu à ce questionnaire, un tel mélange des genres est inconcevable. Vous avez laissé votre amant cocher au hasard ? Retournez porter vos cothurnes achetées en soldes sur le catalogue de La Fortification (synonyme de redoute, ndlr) ! Ouste !


      Ce questionnaire était sponsorisé par Christian Loup Bouttin


    Ode à Sainte Boulasse



    Foin du cholestérol,
    des cirrhoses, des ulcères
    et autres fariboles
    qui nous bouffent les artères,

    sans vouloir faire école
    souffrez qu’en vers succincts,
    en ces temps de vaches folles
    l'on défende les beaux vins.

    Contre la sinistrose
    immergeons nos atomes
    dans un bouquet de Croze,
    tous les chemins mènent arôme.

    J’en connais des toqués,
    que le Pommard a tués,
    Buzet, Graves et Gamay
    au fond des Cabernets.

    Faits de hic et de brocs
    les yeux, le foie Bandol
    ils se bourrent de Médoc
    Et tombent dans les Pomerols.

    Ils font des rêves vignobles
    qui rendent la vie moins terne,
    pleins de pourriture noble,
    à vider les Sauternes.

    J’ai vu des paysans,
    sublime action de grâce
    traiter sans ménagement
    leurs bouteilles de Cornas.

    Tous ces princes sarments
    ont le vin subjectif
    et passent du Pécharmant
    au château Beaujolpif.

    Ils sont nés avinés
    élevés bien aux chais
    sangliers marinés
    piliers de bauge, au lait.

    Nourris dès le biberon
    au pampre, agrémenté
    d’un filet d’jus d’litron,
    dur, dur, d’être imbibé.

    Ils vont la bouche fleurie
    solides comme des Chénas
    beuglant les yeux Brouilly
    In vino, pancréas.

    Souffleurs de verres ballons,
    à cheval sur l’étiquette,
    champions de tire-bouchon,
    Nelson, mais pas piquette.

    Maniant une langue de fer
    dans un goût de velours,
    ils lèvent bien haut leur verre
    à l’esprit Saint Amour.

    Don Quichotte du Beaujo
    pourfendant l’adjuvant
    lutte en corps et boyaux
    pour le Moulin à vent.

    Deviser pour régner
    telle est leur conviction,
    ils roulent, ceinture bouclée
    et à la place du Morgon,

    jamais ils ne diront
    que le Chablis est naze,
    mais ils vous soutiendront
    que le Juliénas.

    Ils n’ont pas le feu au cru,
    ils pêchent même en vin trouble,
    mais si certains pissent dru,
    eux, pour sûr, ils Chirouble.

    Vautrés sur la blanquette
    jour et nuit ils s’imprègnent
    empâtés de la luette
    ils ont les dents qui baignent.

    L’ivresse est éternelle,
    ainsi vont les poivrots,
    Chasselas naturel
    ils reviennent au goulot.

    Vive la Treille Muscate
    n’en déplaise aux bornés
    des plans vigi-picrates
    qui interdisent de humer.

    Cassis, orange ou mûre
    on se crêpe le Chinon,
    mais au pied du Saumur,
    on ne voit pas l’Mâcon.

    Le vin nous tient Anjou.
    Certes, il brûle nos vaisseaux,
    mais il embellit tout :
    Tu nais con, tu Meursault.

    La vigne s’est fait chair,
    c’est son sang qu’on écluse.
    Il faut bien qu’on Sancerre
    pour que le plaisir Suze.

    Garde des Sauvignons,
    Jacques Cœur dans son bagage
    le Menetou fait Salon
    et c’est l’embouteillage.

    En guise de vinarium
    le Rhône est notre fief :
    Ne dit-on pas que l’homme
    descend du Saint… Joseph.

    Qu’on ait les côtes rôties,
    le foie aligoté
    ou le citron Givry,
    au vin, nous sommes liés.

    Irriguons nos caboches,
    mêm' si le navire tangue
    il y a papille sous roche
    et salive sous la langue.

    Raclons les fonds de terroir
    ils ont valeur d’icône
    plaçons nos abreuvoirs
    sous les hospices de Beaune.

    Y’a du moud dans le pressoir
    du moelleux dans les cuves
    en attendant le grand soir
    noyons-nous dans l’effluve.

    Remettons nos breuvages
    cent fois sur le métayer.
    Sauvons du frelatage
    la patrie vendangée.

    Aux ceps, prenons le jus,
    ivres, tonnons cépages
    notre terre a reçu
    le vin en ermitage.

    Flacon, donne-moi tanin
    tes senteurs et ta flore,
    le cœur a ses raisins
    que la raison dévore.

    Pour un vibrant hommage
    au pape des vins bénis
    j’irai en pèlerinage
    à Romanée-Conti.

    Et persona grappa
    grimpé sur mes Margaux
    aux fontaines de jaja
    je boirai de tonneaux.

    Pis, quitte à prendre l’eau
    pour mon dernier Pajot
    qu’on m’encave à huis-clos
    à huis Clos de Vougeot.

    Dans mon trou de calcaire
    j’aurai une fin d’ivrogne
    boulotté par les vers,
    mais les verres de Bourgogne.

    Et mon âme de bière lasse
    quittant les Côtes de Nuits
    volera vers Sainte Boulasse,
    gardienne du Paradis.




©1469 BERRY MATCH tous droits réservés.

Librement inspiré, pompé (beaucoup, et sans scrupule aucun) et assaisonné à la sauce RR de, entre autres, et dans l’ordre d’apparition :

_________________

Bouffon sans frontières
Alfred555
Citation:

Le seul Berrichon avec la vue sur l'extérieur


ÉDITION SPÉCIALE

Bien meilleur que l'AAP
(Pétrus, vendu !)

ATHÉNAÏS DE LA DURANXIE

UNE VIE DE CAILLOUX






    Sommaire

      Éditorial
      Athénaïs de la Duranxie, de l'enfance aux cailloux
      Athénaïs, la perpétuelle quête du caillou
      Athénaïs, sa collection de cailloux
      Pochtronette, les plaisirs du vin et des cailloux
      Crise en Anjou (et pas que)


    Éditorial

      « Ma petite Athénaïs, qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grande ?
      - Je voudrais être un caillou !
      - C'est dur comme métier, tu sais ? »
      Oui mais Athénaïs, elle était peut-être une enfant poreuse, qui se tenait à carreau, prenait des bains de boue et dormait dans le lit asséché de la rivière au milieu des cailloux, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que les grandes personnes qui parlent en faisant plein d'alluvions, elles charrient toujours. Et si Athénaïs était vraiment un caillou ? Athénaïs, un caillou ! C'est beau, un caillou ! Attention, pas du caillou de couche de forme de voie royale, ce caillou un peu con, cassé et concassé, qu'on étale, superpose et qui finit tout sale et noirci à force de se faire rouler dessus, non, Athénaïs, c'est du caillou tendre, du caillou à feu, c'est du caillou de taille – certes, de petite taille. Et Athénaïs, comme les cailloux, elle est polie. Ou à peu près.

      Athénaïs, elle a l'esprit argile. C'est un caillou brut, mais qui a fait des études : un caillou philosophal. C'est une aigue-marine, une aigue à deux tête, elle est à la fois silicate et si délicate, c'est du talc, du tact, du tract, du silex à étincelles, une rose des vents du large, c'est un récif d'aventures. Régulièrement, pour ne pas s'enterrer, elle met du vin dans son palais de cailloux et se rince le gosier. Avec sa boîte à matrice, elle ferre héraut, c'est un rocher, merci pour le chocolat, un pavé dans mare, un bâton de cire pour se faire albâtre. Athénaïs, c'est un éboulis, une coulée de lave, un magma en profusion. C'est du gravier, du sable émouvant, un tourbillon de poussière.

      Athénaïs, c'est une pierre précieuse, elle est rare. Athénaïs, gemme ! C'est une solitaire, au jeu lapidaire, c'est une aventurine, un diamant. Elle joue aux rubis, aux agates, elle a deux pierres bleues quand turquoise son regard. Elle est un petit caillou brillant sur le bord de la route, pour qu'on retrouve notre chemin. Onyx soit qui mal y pense ! Elle est, tour à tour, maligne et tourmaline. Elle peut tout faire. Pour un peu, elle serait formidable en chanteuse d'opéra, vous imaginez : La Caillasse ! J'entends ici les mauvaises langues, lis les grands penseurs, ceux qui s'acharnent, qui lèchent le caillou pour s'en approprier un morceau :

      « - Une voix rocailleuse, c'est du stuc !
      - Elle est monolithique !
      - Elle devrait jouer Cléoplâtre...
      - Elle doit laisser des ardoises partout !
      - Une vraie tuile !
      - Elle craie, elle craie, d'accord ! Que des falaises !
      - Elle est en glaise ou quoi ?
      - Elle portera des fossiles, comme tous les vieux cailloux !
      - Elle finira en pierre tombale ! »

      Un caillou, on ne voit jamais ce qui est à l'intérieur, un caillou garde son secret. Un caillou, ça vient du fond de la terre, et si ça tombe du ciel, c'est que ça vient d'une autre planète, d'un autre monde, c'est peut-être un morceau de paradis solaire ou un bout d'enfer lunaire. Athénaïs, quoi qu'il en soit, c'est une météorite, une brillante pluie de cailloux filants dans un soir d'été.


    Athénaïs de la Duranxie, de l'enfance aux cailloux

      Athénaïs de la Duranxie, fille de feue la Reyne Alvira de la Duranxie et de Goddefroy de Silly est élevée par sa mère en Touraine, avant que cette dernière, prise par sa nouvelle charge royale, ne la confie aux bons soins de Sancte Von Frayner, Prince de Clichy, Pair et chevalier de France, et de Zoyah Aurel Novotny, Princesse de Chevreuse. Son adolescence est ainsi partagée entre Montauban, où elle est éduquée – et couvée – par Zoyah, et le domaine de Bouillon, où elle fait ses premiers pas de page, formée par Sancte alors capitaine de l'ordre du Corbeau.

      Athénaïs raconte : « La première fois que je suis arrivée dans la chambre où ils me logeaient, dans leur demeure à Montauban, Zoyah avait posé une couverture rose sur le lit. C'était chou. Ça m'a permis, quand j'avais fait une bêtise et que Zoyah me faisait les gros yeux, de l'attendrir en faisant une tête de chaton en larmes roulée dans cette couverture. C'était facile de se faire couver, hinhin. » Athénaïs a beau vivre dans cet environnement doré, elle n'en est pas moins une forte-tête et sujette à caprices. « Un jour, Sancte a été méchant, il m'a collé une beigne ! », témoigne Athénaïs, l'air angélique. « Même que Zoyah a pris ma défense ! » Ce que son histoire ne dit pas, c'est qu'elle avait auparavant été insolente avec le fier capitaine, et lui aurait infligé un coup de pied dans le tibia après qu'il l'avait rabrouée. C'est ce que Sancte aurait justifié à Zoyah, ce qui a fait s'envoler le soutien de cette dernière à Athénaïs. Quelle sale gosse !

      À Bouillon, fini de rire. À la cour de la duchesse Agnès de Saint-Just, l'éducation est austère et le rythme militaire. Les cours sur l'art de la guerre et du combat, l'héraldisme ou même le langage militaire s'enchaînent. Elle est intronisée écuyère de Bouillon lors d'une cérémonie où elle doit s'immerger entièrement dans la Semois, la rivière au pied de la citadelle, au sortir du printemps. Son insolence et son caractère un peu rebelle faisant souvent surface, elle subit régulièrement des punitions, et est même envoyée trois jours au cachot sur ordre du capitaine.




      Athénaïs dans les cachots de Bouillon
      (elle y aurait été envoyée en même temps que Victoire, la propre fille de Sancte, ndlr)

      Bien que le séjour dans les geôles lui ait été infligé pour qu'elle réfléchisse à son comportement et fasse acte de contrition auprès du Grand-Maître de l'Ordre, Agnès de Saint-Just, il s'avère que ce sont ces trois jours d'enfermement qui lui ouvrent la voie à ce qui devient l'une de ses plus grandes passions : les cailloux. « Sancte m'avait jetée au cachot, le sol était plein de cailloux enfermés, il a fallu que je m'occupe. Depuis, je ne rêve plus que de cailloux », avant de préciser que nous n'aurions pas de détails sur ses occupations dans la prison avec les cailloux. « Les cailloux sont des minéraux sensibles, doux et rafraîchissants en même temps. »

      Ce séjour en prison est donc la cause des réclames sur les cailloux que nous subissons aujourd'hui dans les publications de l'AAP. Franchement, merci !
      Pétrus, vendu!


    Athénaïs, la perpétuelle quête du caillou

      Athénaïs est aujourd'hui en recherche continuelle de cailloux en vue d'agrandir sa collection. « À une époque, je me suis rendue compte que les cailloux avaient une forte valeur ajoutée et étaient très bons pour le prestige. J'ai fait don des quelques cailloux que j'avais et de ceux que je trouvais ici et là au duché de Touraine, afin de les aider dans la course éperdue au prestige à laquelle se livrent toutes les provinces. » déclare Athénaïs. Elle aurait plusieurs fois été surprise en train de littéralement racketter ses amis et son entourage des cailloux dont ils disposaient, dont ils se défaisaient cependant assez facilement, ne trouvant pas plus que ça d'intérêt à toute cette caillasse. Elle ajoute : « Un jour, leur valeur a considérablement chuté, j'ai alors considéré que les cailloux étaient bons pour mon prestige à moi, et j'ai gardé tous les cailloux que je trouvais. » Depuis, tous les moyens semblent bon pour en récupérer : concours, commerce, tournois, lices, parties de chasse, etc.



      Athénaïs très concentrée au tournoi d'archerie de Lyon
      (le premier prix était de dix cailloux, ndlr)

      Sa quête du caillou vire presque à l'obsessionnel, tant elle n'hésite pas à donner de sa personne, physiquement ou moralement pour obtenir quelques-uns de ces cailloux qu'elle trouve si précieux. Elle a pu être plusieurs fois aperçue dans des situations tant périlleuses que certains de ses proches en sont venus à douter de sa santé mentale. « Une fois, elle allée chercher un caillou planté au bout de la corne d'une licorne » nous explique l'un des chevaliers de l'Ordre de la Licorne, dont le Grand-Maître fréquente Athénaïs. « On a vraiment cru qu'elle allait glisser et finir embrochée... Mais on a senti toute la détermination qu'elle mettait dans sa tâche, et elle est finalement parvenue à décrocher son sésame. » De son côté, Walan de Meyrieux, le Grand-Maître de l'Ordre, visiblement contrarié, commente la performance, : « Grmbl de grumf ! »



      Athénaïs à la rescousse d'un caillou perdu sur un îlot de la Loire
      (on peut presque apercevoir les autres cailloux l'encourager sur la berge, ndlr)

      Son obsession est si forte que lorsqu'elle ressent la présence d'un caillou dans les environs, elle peut partir plusieurs jours – ou semaines – traquer sa proie dans la campagne ou la montagne. « Lorsque Athénaïs part en chasse, on sait qu'on ne la reverra qu'une fois son caillou trouvé. Il lui est inconcevable de rentrer bredouille de ses aventures » nous déclare l'un de ses proches, visiblement affecté par le comportement incontrôlable de la jeune femme.



      Athénaïs à l'affût du caillou sauvage qu'elle traque depuis 17 jours et 18 nuits
      (aucun caillou n'a servi d'appât dans cette aventure, ndlr)

      Si Athénaïs est prête à tout pour obtenir ses cailloux adorés et fournir sa collection, il semble qu'elle déploie de grands moyens pour protéger ses prises. Nul ne peut toucher à ses cailloux sans son autorisation, et gare à qui voudrait lui en chiper quelques un, elle est impitoyable. « C'est vraiment chiant, tous ces gens qui se baladent avec des cailloux, ils se défendent avec acharnement, parfois jusqu'à la mort », déclare ce brigand de grand chemin, un coquart à l'oeil et qui maudit le Très-Haut d'avoir rendus insensibles au brigandages les détenteurs de plus de 10 cailloux. « On ne peut même plus détrousser les riches voyageurs sans se faire caillasser la tronche ! Y'a pas à dire, c'était vraiment mieux avant ! »



      Athénaïs prête à défendre des cailloux contre de vils brigands
      (et vu la détermination dans son regard, les malandrins vont prendre cher, ndlr)

      Athénaïs déclare qu'on a toujours besoin d'un plus petit caillou que soi. « Cet hiver, lors de la cérémonie d'hommage au Roy du régent du conseil d'occupation d'Anjou, j'ai été victime d'un odieux attentat perpétré par de vils angevins. Ils m'ont fait saigner du nez ! Heureusement, j'avais des cailloux hydrophiles dans mon sac, j'ai pu stopper très vite le saignement. » nous explique la jeune femme, visiblement débrouillarde. « Les cailloutophiles savent ! » ajoute-t-elle avant d'aller se chercher une glace au caillou.

      Malheureusement, sa quête du caillou est momentanément interrompue par feu le Roy Alistaire, qui l'accuse d'avoir détourné des fonds royaux pour financer l'élection de feu le Roy Guillaume, et la déclare traîtresse à la Couronne de France. Un mandat de Touraine confié à Athénaïs aurait été la preuve irréfutable de sa participation à ce complot contre le Royaume de France. Ce mandat comportait... un caillou. « Je suis vraiment privilégiée, je suis la seule à avoir été déclarée traîtresse à la Couronne pour avoir acheté un caillou » avant de préciser qu'elle n'en voulait pas au caillou et qu'il n'y était pas pour grand chose. « Alors que le caillou est un minéral de compagnie affectueux et en qui on peut avoir une confiance totale, feu Alistaire a été le premier monarque à déclarer traître un caillou en mandat. Ça montre à quel point il avait une pierre à la place du coeur, et pas un caillou » ajoute-t-elle tristement. Cette aventure l'a conduite à créer l'association dite des Cailloux du Coeur, afin que chacun ait l'amour des cailloux dans son cœur et que telle mésaventure ne se reproduise plus. Elle conclut en ajoutant : « Ce qui est le plus dommage dans cette histoire, c'est que mon statut de traîtresse va m'empêcher de réaliser un de mes rêves les plus fous : obtenir une chaire au collège Saint-Louis pour enseigner la philosophie du caillou. » Une discipline des plus insolite, n'est-ce pas ?


    Athénaïs, sa collection de cailloux

      La collection de cailloux d'Athénaïs serait l'une des plus importantes aujourd'hui existantes. À l'heure où nous publions, elle disposerait de mille sept-cents cailloux classiques, trente-trois colorés, deux cailloux dorés et numérotés et un dark caillou. « J'ai aussi le dernier caillou de Jean des Pierres, qui m'a été remis par Nicolas Faust à Tours juste avant mon déménagement. Il s'agit de l'obscure histoire d'un bonhomme qui entendait la mer dans des murets de cailloux. Ou à peu près. Et qui a fini sourd.



      Athénaïs prend un repos bien mérité au milieu de ses cailloux
      (on notera qu'elle s'adosse à un de ses plus GROS cailloux, ndlr)

      « J'aime mes cailloux, j'en prends soin, je passe un temps fou à les entretenir. On fait beaucoup d'activités ensemble. Ce qu'ils préfèrent, c'est jouer à « Un, deux, trois, Soleil ! » Mais je perds toujours à ce jeu, ils sont très forts » se plaint Athénaïs, ayant quand même vaguement l'impression de se faire rouler comme un caillou. Puis d'ajouter qu'avant, ils jouaient à « Caillou, vole ! » mais avaient arrêté, le curé de Tours en ayant eu assez de faire réparer sans cesse les vitraux de l'église de la ville.



      Athénaïs à la piscine avec ses cailloux
      (elle est dans le petit bain pour qu'ils aient tous pied, ndlr)

      Alfred, l'un des amis d'Athénaïs aujourd'hui archibouffon d'Anjou, lui aurait fait remarquer d'un ton taquin que si elle n'avait pas offert tant de cailloux au prestige provincial, elle aurait au moins – AU MOINS – dix mille cailloux de plus dans sa collection, voire quinze mille. Il n'a malheureusement pas pu être possible de l'interviewer, le bouffon ayant subitement disparu sous un monticule de cailloux vexés. On n'aurait pour l'instant retrouvé qu'un seul des grelots de son bonnet. « Mékilékon » aurait dit Athénaïs, terme dont elle use régulièrement pour qualifier Alfred avant d'arguer « qu'il cherchait quand même un peu la merde. »



      Pièce rare de la collection : le cailloursin
      (c'est un caillou qui ne manque pas de piquant, ndlr)

      Athénaïs annonce vouloir battre le record du nombre de cailloux dans une collection – sachant que cette catégorie n'existait pas vraiment jusqu'ici – et souhaite devenir la cailloutophile suprême. Certains autres collectionneurs se seraient lancés, Arnauld le menuisier de Tours en aurait une vingtaine, Hintair en Rouergue un peu plus, mais ces deux-là sont considérés comme des petits joueurs par les vrais cailloutophiles. Motep en Poitou et Calouste en Empire seraient les seul à vraiment tenir la dragée haute à Athénaïs (information à vérifier, ce n'est pas notre boulot, non mais !).



      Cailloux de la collection d'Athénaïs bien rangés en pile
      (il y aurait un concours entre collectionneurs de « celui qui a la plus grosse pile », ndlr)

      « Le plus casse-pieds dans les collections de cailloux, ce sont les déménagements. C'est si pesant et encombrant à déplacer qu'il m'a fallu au moins trois aller-retours avec des charrettes pleines à craquer juste pour emmener mes cailloux de Tours à Lyon. Mais je les aime tant, je les pardonne d'être aussi lourds. » déclare Athénaïs, visiblement soulagée de voir que tous ses cailloux sont parvenus à bon port. « On a mobilisé tout l'ordre de la Licorne pour déménager sa collection » aurait déclaré, épuisé, l'un des membres de l'ordre de chevalerie avant d'ajouter « Heureusement, on a eu le renfort de l'ordre des Dames Blanches au complet et même des Hospitaliers de passage pour accomplir cette mission à bien ». Aucun caillou n'a été blessé ni perdu dans le transport, c'est l'essentiel.



      Au cœur de la collection de cailloux d'Athénaïs
      (on plaint le domestique chargé de faire les poussières, ndlr)

      Être cailloutophile suprême n'est pas de tout repos. « Parfois, elle nous fait grave flipper, quand elle revient d'un après-midi d'activités avec ses cailloux, elle a une voix anormalement rocailleuse. » aurait déclaré sa sœur Lilye, avant d'ajouter « On en vient à se demander si elle n'est pas elle-même un caillou et si on ne va pas se réveiller le lendemain matin avec une statue d'Athénaïs dans le jardin. »



      Gravure rare d'Athénaïs se transformant en caillou
      (considéré comme le « caillou ultime » par certains collectionneurs, ndlr)

      Comme quoi, collectionner des cailloux peut être dangereux. Ne vous lancez dans l'aventure que si vous en avez vraiment les moyens et l'envie.


    Pochtronette, les plaisirs du vin et des cailloux

      Athénaïs, aussi surnommée Pochtronette pour son autre passion qu'est l'alcool, serait parvenue à marier les plaisirs de ses différentes amours. « Déjà, parce qu'on n'est pas là pour enfiler des perles. Après, des cailloux, je ne dis pas » nous déclare Athénaïs d'un air particulièrement angélique, avant d'ajouter qu'en plus, les cailloux, c'était moins cher que les perles. Dès l'époque de Montauban, après son retour de Bouillon, elle aurait cherché à profiter de ses passions en même temps. « J'ai découvert entre Montauban et Toulouse une exploitation viticole. Il s'agit du Domaine le Roc. Ils vinifient un vin qui s'appelle « les petits cailloux du Roc ». Non mais vous imaginez ? DES CAILLOUX ET DU VIN DANS UNE BOUTEILLE ! » Sainte Boulasse, si elle avait été là, aurait même ajouté : « HIIIIIIIIIIIIIIIIII ! »

      Elle aurait un peu plus tard prospecté dans le reste de la Guyenne, au cœur du Bordelais. Elle serait tombée en syncope en découvrant le domaine du « Château Caillou », au sud de Bordeaux, puis le domaine du « Château Ducru-Beaucaillou » dans le Médoc, et même le domaine du « Château Haut-Caillou », vers Libourne. Elle témoigne : « ... » visiblement encore très émue par toute ces découvertes alors que Sancte trouve que « c'est quoi cette chochotte qui se pâme pour de la caillasse en bouteille ».

      Maintenant en Dauphiné, elle aurait découvert le domaine du « Clos du Caillou », au sud de Valence. Nul doute que ce vin deviendra son favori dans la région. Elle devrait d'ailleurs y rester un moment, puisque sa Grâce Walan de Meyrieux, Grand-Maître de l'Ordre de la Licorne qui réside en Dauphiné l'aurait demandée en mariage en lui offrant, nous vous le donnons en mille : une bague caillou.




      La bague caillou offerte par Walan à Athénaïs pour la demander en mariage
      (vu la taille du caillou, on espère que la fiancée a l'annulaire musclé, ndlr)

      Athénaïs est folle de joie et ne tient plus en place. « Walan est trop chou. Vous savez qu'il m'appelle « ma caille » ? Et moi je lui dis « mon rocaillou ». Vous voyez à quel point les cailloux peuvent avoir de l'intimité ? J'espère qu'on fera ensemble plein de petits cailloux » ajoute-t-elle pour conclure. Nous souhaitons à l'heureux couple de caillouter encore des années durant.


    Crise en Anjou (et pas que)

      Réunion de crise à Saumur entre plusieurs clans angevins, après que les mères d'Eddwyn, Calyce et Josianne ont découvert qu'il s'était rendu au Louvre requérir un plaid à la Reyne de France, Laure de Troy Orsenac. Eddwyn aurait très mal vécu d'avoir été qualifié de traître à la Couronne de France dans une annonce royale, alors qu'il considère qu'il aurait dû être fiché comme ennemi de la Couronne. C'est la différence de perception du statut de l'archiduché d'Anjou, considéré comme indépendant d'un côté, et province vassale rebelle de l'autre qui aurait conduit à cette folle situation. Eddwyn ayant été fidèle à lui-même – il avait été l'instigateur de l'attentat verbal sur feu le Roy Alistaire et son épouse lors de la cérémonie d'allégeance du conseil d'occupation d'Anjou de l'hiver 1469* – il aurait terminé son plaid en prison à la Tour du Temple, arrêté par la Garde royale sur ordre de la Reyne.

      *Voir le journal Le Pilori de l'hiver 1469 traitant de la guerre en Anjou pour plus d'informations.


      En représailles, Adélaide de la Mirandole, la rousse fille de feu le Roy Guillaume et de Madeleine de Firenze, aurait été séquestrée par les deux mères d'Eddwyn alors qu'elle se trouvait en vacances d'été à Angers. Ces dernières comptent échanger cette fille de Roy contre Eddwyn, quels qu'en soient les moyens. Un courrier accompagné de plusieurs mèches de cheveux roux – plusieurs tons de roux semblent indiquer que ces cheveux auraient plusieurs têtes d'origine – aurait été envoyé au parrain de la jeune fille, Walan de Meyrieux, l'informant que Adélaïde lui serait rendue contre Eddwyn ou une rançon de 1700 cailloux. Étant donné que Athénaïs de la Duranxie défendra ses cailloux jusqu'à la mort, même contre son futur époux, on ne peut que supposer que l'Ordre de la Licorne prendra bientôt d'assaut la prison de la Tour du Temple pour libérer le jeune angevin si leur Grand-Maître veut revoir sa filleule vivante.

      De plus, en protestation de l'annonce royale, l'archiduchesse Rose Canabixas aurait trouvé amusant d'envoyer à la Reyne Laure un paon farci aux truffes, mais Calyce serait parvenue à lui faire enlever les truffes. « Ah non, les truffes on les garde, c'est trop précieux ! Je valide le paon farci pour faire comprendre à la Reyne que c'est elle la truffe. Parce que ce n'est pas demain la veille du jour où un angevin sera le paon de la farce royale. Remarquez, la Reyne peut faire le paon au Louvre, elle qui est entourée de tant de dindes dans sa haute cour. Alors qu'en Anjou, on a la classe, on a des CANARDS ! » La Reyne de France aurait donc reçu un paon farci avec une petite lettre d'accompagnement lui indiquant que grâce à elle, la roulette angevine était maintenant dotée d'une nouvelle épreuve dite du « paon-paon cul-cul ». Cette épreuve originale consiste à empaler le condamné sur un paon désigné volontaire pour une exploration fondementale. « C'est la fin que je préfère, quand il n'y a plus que les plumes qui ressortent, ça donne vraiment un côté festif, j'aime beaucoup ! » aurait déclaré de sa célèbre voix rocailleuse dame Makrel, la tenancière du bordel-hospice de campagne « La Sainte-y-Touche », à Angers, en dandinant du croupion pour faire admirer les plumes multicolores à l'arrière de son négligé.

      Josianne, après avoir déclaré que les annonces royales, « elle s'en paon-paonne l'oreille avec une Loup Bouttin », aurait proposé que les angevins se rendent au Louvre pour capturer la Reyne, en utilisant le tunnel sous le palais que ses compères Poneys rose avaient creusé il y a plus de quatre ans – elle avait surtout apporté un soutient moral à l'ouvrage, sa manucure n'étant pas sèche au moment des travaux – pour sauver Lotx des griffes de la terrible Reyne Keyfeya, ancienne Poney rose désavouée par ses pairs. Le fringant capitaine de la Garde royale, Cornélius de Leffe peut dès à présent s'attendre à voir des hordes d'angevins sortir des murs du palais. « Ça sera une ruée vers Laure – Hiiiiiiiiiii, l'or, j'adore ! » aurait ajouté Josianne, visiblement très enthousiaste de sa folle idée.

      Parce qu'on n'est plus à une crise près, une charmante femme célèbre pour les collectionneurs de caillou, Ogma dicte « la distributrice de cailloux » aurait été aperçue à Angers il y a peu. Voyant un moyen direct de pression sur la Couronne de France, de par les troubles et émeutes qu'un embargo sur les cailloux provoquerait partout en France, l'Anjou aurait fait emprisonner Ogma. Visiblement mis sous folle pression après la coupure de son approvisionnement en cailloux, le duché du Dauphiné aurait déclaré la guerre à l'Anjou au travers d'une annonce dont l'essentiel suit :


      Citation:

      Étant donné que l'Anjou, ce duché de gros canards et de fanatiques de Loup Bouttin a osé établir un embargo caillouteux sur le Royaume de France en séquestrant Ogma, dicte "la pondeuse de cailloux", ce qui créé une crise majeure en coupant l'approvisionnement en cailloux d'Athénaïs de la Duranxie, le Dauphiné déclare la guerre à l'Anjou afin de récupérer Ogma et que les cailloux puissent à nouveau ruisseler comme il se doit.



      Entre le pillage du Rouergue, le vidage des caisses de l'archevêché de Tours, l'annexion de Cholet et toutes ces folles actions diplomatiques, il ne fait aucun doute que les festivités visant à motiver les nominés de la cérémonie du meilleur envahisseur de l'Anjou 1469 ont bel et bien débuté. L'Anjou s'attend à recevoir très prochainement la visite de plusieurs armé nan mais les gars, franchement, là, ça va commencer à vraiment se voir qu'on écrit n'importe quoi et qu'on ne vérifie pas nos sources, déjà qu'on se fait traiter de torchon, cette fois c'est un peu trop gros ! Virez-moi cet article, bordel !

      Berry Match tient à présenter des excuses à ses lecteur pour cette interruption d'article indépendante de sa volonté, rédigé par un stagiaire non rémunéré et ignorant des conséquences éventuelles de tels écrits mais que le journal tient quand même à féliciter pour son imagination et son niveau affûté de connerie, ndlr.


©1469 BERRY MATCH tous droits réservés.
Citation:




Librement inspiré, pompé (beaucoup, et sans scrupule aucun) et assaisonné à la sauce RR de, entre autres, et dans l’ordre d’apparition :
  • Paris Match,
  • Les images de Lara Croft, utilisée comme avatar d'Athénaïs à une époque, sont tirées des fan-arts récupérés sur ce site, du film Tomb Raider de 2018 de Roar Uthaug avec Alicia Vikander, de la trilogie de jeux vidéo Tomb Raider débutée en 2013 et de cosplays divers trouvables sur la toile,
  • Chronique de Vincent Roca sur Isabelle Huppert, « Elle a deux pierres bleues quand turquoise son regard », Vincent Roca sucre les phrases, éd. Albin Michel, 2003,
  • Les Barbouzes, film de Georges Lautner, 1964 avec Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche.

_________________

Bouffon sans frontières
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2026
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)