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Info:
Mariage de la reine de France Zulma et du bouffon sans frontière Alfred, célébré par Minah la Sainte Patronne des Bestioles Crevées en février 1474.

[RP] Ça sent le mariage royal !

Minah


[Un jour, une heure, un lieu]

En tant que Sainte Patronne des Bestioles Crevées, Minah n’avait jamais officié de mariage. Pour des êtres humains vivants en tout cas, parce qu’elle s’était bien souvent amusée à unir certaines de ses ouailles décédées. Comble de la pression, il s’agissait en plus ni plus ni moins qu’un mariage royal ! Il fallait donc faire les choses en grand.

Bien que trop propre à son goût ces derniers temps, Sa Pestilence avait revêtu sa longue robe toute brodée de dents qui cliquetaient à chacun de ses mouvements, enfilé son bras en bois, ceint Georges le dildo de guerre à sa hanche et niché Philémon-le-grand-duc-avec-plein-de-trous-dedans, son couvre-chef sacré, sur sa tignasse écourtée.
Derrière elle, le temple à roulettes trônait en majesté. C’était un chef d’œuvre architectural en bois d’un mauvais goût tout à fait assumé. De forme pyramidale et monté sur roues comme une roulotte, il était flanqué de grandes piques menaçantes sur les flancs et était entièrement orné de sculptures représentant des animaux morts. De la gueule ou du bec de ces statues s’élevaient d’impressionnantes fumées colorées. Sur l’autel à l’avant trônait la carcasse d’un chien raidi par la mort, écrasé par une charrette et que la Sainte Elle-Même avait trouvé abandonné dans un fossé.

Minah se racla la gorge, ouvrant grand ses bras dépareillés, celui de chair comme celui de bois.


Oyez, oyez bande de glands !

Nous voici aujourd’hui réunis pour célébrer l’union de Zulma « Zuzu 1ère » Wycaert p’tain c’quoi c’nom imprononçab’ à coucher dehors ?, Reine de France et Alfred « Manouel » chais-pô-son-blaze, Archibouffon d’Anjou et Porte-Parole de Toulouse, par les liens sacrés du mariage s’lon les rites du culte d’la Sainte Patronne des Bestioles Crevées.


Ressentant une pointe de culpabilité à l’égard d’un de ses plus chers amis, la Manchorgne s’était empressée d’envoyer une missive à Mahé avant la cérémonie.

Minah a écrit:
Mahé !!!!!!!!!!

Jeu doua marié Zulma haie Alfred, grouye-toua deu rapliké pourre topozé ah lunion haie enleuvé la marrié !!!!!!!

Minah


Si les futurs mariés et les invités se pointaient, ça promettait un mariage d’anthologie.

RP ouvert à tous !

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Modo au Challenge RP !
Miramaz
La découverte de l'affiche avait fait grogner la boiteuse, premièrement, parce qu'elle avait l'impression de passer sa vie dans des cérémonies de ce type, ces derniers temps. Secondement, parce que c'était le -dixième peut-être ?- mariage de son plus vieil ami et qu'elle n'avait pas reçu d'invitation personnelle.
Troisièmement, parce qu'il s'agissait de l'union de sa Reyne, et que celle-ci en avait gardé le secret. Ambiance.


Elle avait donc pesté, râlé, grommelé, soupiré et tout autre équivalent, chaque jour, plusieurs fois, jusqu'à la date de la cérémonie.

Et le jour dit, à l'heure prévue, au lieu choisi, c'est une Miramaz boueuse et boudeuse qui vient donc taper sur l'épaule de Minah.


C'est pas des conneries ? T'vas vraiment couvrir Sa Majesté et l'Archibouffon d'entrailles d'animaux et de sang aigre ?

Puis en baissant d'un ton :

T'as prévu une protection pour eux ? Doit y avoir des tas de jaloux qui ont engagé des assassins pour se débarasser d'elle ou de lui.
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Juste_watelse
Coup d’œil à l’autel. Un chien…
Coup de cils vers la robe de sa Minah. Des dents…


Du chiendents! Ah mon Topin’amour, je savais que tu commençais à sentir en toi la fibre végétale, lui lança d’emblée son jardinier d’époux. Je déteins sur toi…

Sa coupe à ras bien dissimulée sous un chapeau vert de toute beauté agrémentée de verts poireaux comme des plumes dressées vers le ciel, Juste s’inclina devant Miramaz qui avait la tête des beaux jours de pluie.
À ses côtés, sa fêlée pouvait avoir l’air d’une flaque de boue et paraître bien plus accueillante. Pour y faire trempette à pieds joints sûrement? Flic flac floc!

Floc? De Gascogne? Connaissant la tanière roulante presque comme sa poche désormais, il savait où la terMinahtor(ride) cachait ses plus belles bouteilles et pop!
Vite débouchée! Une rasade pour lui, une pour Wiliam.
William le cochon levait fièrement sa queue en tire-bouchon comme pour inciter Juste à déboucher une autre bouteille. Il portait pour l’occasion un pochon à alliances autour de son cou épais et une couronne faite d’épluchures de navets et de panais enfilées sur une cordelette,
Un porc couronné pour un mariage royal. Rien que du bon goût.

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Trixolas
L'annonce l'avait surpris plus encore que la trahison de la comtesse du Poitou.
Ainsi la Reyne se mariait. Il l'imaginait pourtant vieille fille, plus attirée par les armes et les combats que par les hommes et la vie de couple.
Ah l'amour! Ce sentiment profond qui pouvait transformer la plus froide des femmes en tourbillon de passion effrénée.
Peu enclin aux cérémonies pompeuses et souvent ennuyeuses, le vice ne pouvait pourtant pas manquer celle-là.
Un mariage célébré par Minah en personne promettait toute sorte de rebondissements pour ceux ayant l'estomac suffisamment accroché pour assister à l'intégralité de la cérémonie.
Voilà qui changerait un peu du dernier mariage royal auquel il avait participé il y a de cela de nombreuses années déjà.

L'annonce que Minah leur avait exposé semblait claire. Tout le monde était invité. Il trouverait donc bien quelques congénères pour passer le temps quand, lors du mariage d'Alvira, il était entouré d'une noblesse guindée qui l'avait ennuyé au plus haut point.
Une question le turlupinait toutefois. Devait-il se ranger dans le petit peuple ou plutôt dans tout le bordel de France? La question méritait réflexion.

Paré de ses plus beaux atours, le vice pointa le museau parmi les premiers invités. L'amirale était déjà présente, qu'il détailla de la tête aux pieds, constatant l'état de sa tenue.

Mira! Tu es toute en beauté aujourd'hui!

Ses yeux s'arrêtèrent sur les traces de boue avec insistance.

C'est un mariage à thème et personne ne m'a prévenu?
Hum...et dis-moi...
Toi tu es classée dans la noblesse, gente dame d'Equily et Boutarvilliers.
Mais moi? Tu me mettrais plutôt dans le petit peuple ou dans tout le bordel de France?

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Arambour
Ah ça, elle avait "reçu" l'invitation. Elle n'aimait pas se pointer en cérémonie, mais celle-ci valait le détour. Non pas parce que cette histoire était -encore une fois- partie d'un excès d'humour toulousain, mais parce qu'elle devait mettre les choses au clair. Certes, elle n'avait a-bso-lu-ment-au-cune légitimité pour se plaindre mais comme diraient les toulousains eux-mêmes "nan mais chef, on sait qu'c'est vous l'chef", alors autant assumer jusqu'au bout ce statut dont elle n'avait pas plus voulu que sa légitimité. En même temps, était-elle la seule personne illégitime de l'assemblée aujourd'hui hum ?

-Moi, je m'y oppose !
-Mé kessvou racontez Tatambour, ça a même pas c'mmencé !
-Moi aussi je m'y oppose. Si le Porte-Parole se marie, on va devoir payer !
-Hein ? Alfred fait partie de la famille ?
-Vous adoptez vraiment n'importe quoi Maman.
-Il est marrant Manouel, moi j'veux bien qu'on l'adopte !
-Maman ya pyen d'enfaaaants ! Cacrine elle veut pyen de prères et choeurs !

-...Qui vous a permis de venir avec moi déjà... ?

Une multitude de doigts se pointa alors sur elle. Visiblement, c'était elle la coupable. Encore un coup de sa collection de mouftons ayant profité de son incapacité à la réflexion au réveil. Elle soupira légèrement après s'être pincé l'arrête du nez et : Nous n'allons pas adopter Alfred & le Comté ne va rien payer du tout.

-Je disais donc : comment ça, Alfred est encore Archibouffon d'Anjou ? C'est terriblement vexant pour Toulouse là. Je refuse. En plus y'a des invités sapés en vert. C'est vraiment une calamité ce mariage.
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Le mood du moment : ⛏️⛏️⛏️
Alfred555
« – Vous déménagez à Bourg-la-Reine ? demanda le plus sérieusement du monde Sylvain, le larbin d'Alfred à tout faire, en montrant l'affiche d'annonce du mariage qu'il venait d'arracher d'un panneau voisin.
– Bourg-la-Reine ? Mais... qu'irai-je donc faire là-bas ?
– Vous épousez la Reine, vous allez donc la bourrer. Autant le faire dans un endroit bien nommé, non ?
– Mais !
– Littéralement, je précise. Pas uniquement au Champagne. Même si j'ai souvenir que vous appréciez bourrer des bourrées en dansant le pas de bourrée pendant que vous me faisiez rembourrer des copies de chausses hors de prix pour une angevine qui se prenait pour Cléopâtre. Sans parler des séances de jardinage, où vous expliquiez à la dame comment labour...
– HEM !
– Oui, oui, voilà, donc, Bourg-la-Reine. Je vais de ce pas préparer la malle et l'attelage d'ânes. »

Et même pas de félicitations. Rien. Juste une vanne assez envolée. Sylvain était le seul domestique d'Alfred, mais doté d'un esprit au moins aussi mal tourné que le sien. Il ne se passait pas un jour sans que Alfred se demande pourquoi il avait embauché un type pareil. Certes, il avait l'impression de s'auto-épuiser en l'écoutant, mais comment se passer d'un esprit si brillant ? Il n'aurait pas pu jurer n'avoir jamais piqué à son larbin quelque trait d'esprit un peu relevé. Comme l'expression « Dites donc, il y a du monde aux Balkans ! » lorsque Nerys, son ancienne épouse – au balcon pourtant peu fourni – était partie en expédition dans cette région avec son clan angevin.

Sylvain avait donc fait quelques préparatifs, et attelé la carriole avec les ânes de son maître, Ânemasoeurânenevoisturienvenir et Jeanclaudevandâne. Ce dernier pouvait avoir assez mauvais caractère, et un brigand de petit chemin qui avait osé le malmener gardait encore souvenir de la perte du fond de sa culotte. Et pas que. À se demander si Minah n'avait pas trouvé l'inspiration de son célèbre art en ramassant cette « bestiole crevée », morceau d'humain sur un bord de chemin.

Néanmoins, ce n'était pas rien, ce mariage. Une sombre histoire de pari perdu par Alfred, et pour lequel Sa Majesté avait eu la bonne – ou mauvaise ? – idée d'accepter le gage qui lui avait été imposé. À savoir, épouser la Reine dans une tenue quelque peu osée. Qui risquait de donner chaud à certaines dans la salle. Et peut-être certains aussi ?
« – Vous serez mariés par Innocentius ! » Raté, c'était Minah qui officiait. Alfred ne savait pas vraiment s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle...
« – Sylvain, vous me ferez penser de proposer à mettre au menu de l'un des plats principaux William rôti à point. » William était le cochon de compagnie et de réconfort de Minah, qu'il avait lui-même sauvé du kidnapping dans une sombre forêt limousine, aidé d'Eddwyn. Peut-être une façon pour lui de se venger un peu de Minah d'avoir accepté de célébrer une telle cérémonie. Au pire, les ossements du porc viendraient alimenter la collection de bestioles crevées de la Sainte patronne bien nommée.
« Pas de problème. Si je puis me permettre, et comme d'habitude je me permets, je vous suggère Porc épique au miel. Histoire de magnifier la fin glorieuse du bestiau, mais surtout d'en cacher l'odeur de rat crevé. » Ce qui n'était mine de rien pas une mince affaire, on parlait là de l'animal de compagnie favori de Minah.

Alfred s'était donc mis en route, sans même avoir le temps d'envoyer des invitations. Il avait simplement placardé en place publique l'annonce de l'événement, et viendrait qui voulait. Il allait se faire au moins houspiller par la Comtesse Arambour qui lui avait interdit d'épouser la Reine, avec une phrase du genre
« Allons Manouel, je sais que je peux être tyrannique, mais je ne vous forcerais jamais à faire ça. » Ou à peu près. Manouel était le nom de code d'Alfred depuis qu'il résidait à Toulouse, la Comtesse le faisant passer pour un Portugais afin de le garder incognito en tant que porte-parole de son conseil comtal et qu'il ne se fasse pas kidnapper par des Angevins de passage en mal de leur Archibouffon, ce qu'il ne considérait plus vraiment être. Le stratagème avait tant réussi qu'il était désormais inscrit au Secrétariat d'État en tant que Manouel au lieu d'Alfred dans la liste des conseillers comtaux de Toulouse. Avec un tel niveau de connerie, on pouvait écrire qu'Alfred se trouvait comme un poisson dans l'eau dans sa nouvelle province.

Zulma et Alfred, ou comment assembler deux éléments des plus opposés. La femme de guerre, n'hésitant pas à crapahuter dans des champs de batailles ensanglantés et mettre des mandales, et Alfred, l'homme délicat à deux doigts de se pâmer à la simple imagination d'un goutte de sang, expert en mille façons de tirer au flan lors des engagements militaires afin de se trouver à chaque instant le plus loin possible des combats. Zulma, la cheffe du complot des Z que Alfred avait patiemment mis à jour après l'enquête la plus exemplaire – de son point de vue – qu'il ait jamais menée et deux articles parus dans l'AAP. Certaines mauvaises langues diront qu'ils adorait fréquenter intimement les sujets de ses articles, pour avoir dejà expérimenté par deux fois auparavant pour écrire ses Berry Match, lui voyait plutôt cela comme de l'investissement et du don de sa personne sur le terrain. Zulma, la brute de décoffrage – c'est en tous cas l'image qu'il se faisait d'elle, parce qu'il ne pouvait pas dire qu'il la connaissait vraiment – et Alfred le taquin malicieux. Impossible de davantage les opposer, non ? Rien n'était moins sûr.

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Bouffon sans frontières
Valentina.
    D'abord tu avais vu l'affiche puis reçu l'invitation de la bouche même de Minah. Les mariages ne sont clairement pas ton truc. Le dernier à être célébré, tu n'as même pas reçu de carton d'invitation – sympa les potes !
    Néanmoins comme nous l'avons déjà dit, les mariages ce n'est vraiment vraiment pas ton truc. Mais les buffets de mariage, ça l'est par contre ! Et le dernier coup, il n'y en avait pas eu, parait-il. Pour sûr que pour le mariage de la reine, il y en aurait un et non des moindres.
    C'est la reine tout de même !
    Alors non, tu n'es du genre pique-assiette. Mais la bouffe, il faut bien le dire, c'est sacré. Tu ne sais peut-être pas cuisiner mais tu adores manger. T'as du hobbit dans le sang ! L'autre raison de ta présence, la seconde – notez qu'en premier lieu, vient la bouffe –, c'est l'amitié. S'il a vent du mariage, tu seras là, que ce soit pour un mot gentil de consolation ou un kidnapping de dernière minute.

    Le jour J, tu débarques donc à l'endroit prévu pour la cérémonie. Des têtes bien connues et d'autres un peu moins ou pas du tout, que tu salues d'un signe de main ou d'un sourire. Puis, tu t'installes dans le fond – mauvaise élève que tu es ! – près de l'allée. C'est plus pratique pour s'éclipser discrètement et la vue est plutôt bonne.


      - Je me demande bien le sang de quelle bestiole va bénir les mariés...

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Ypar
Citation:
Citation:
While the aged Monarch was acknowledging the salutes of some bystanders, Nobiling fired. The Emperor's hand moved instinctively to his face as he half rose from his seat, and the carriage, which had been stopped upon orders from William I was about to turn around; then, Nobiling discharged the second barrel. This time the old Kaiser sank back into the carriage seat, bleeding profusely from facial wounds. He was also wounded in the head, back, arms, and hands and some spectators imagined that he had been killed.

[...]

Immediately after firing, Nobiling put the end of the barrel of the revolver to his right temple and fired a shot into his head.

Anarchism in Germany, 1972, p. 140, Andrew Carlson
Citation:






Leur association internationale, fondée quelques mois plus tôt lors d'un congrès plus ou moins imaginé et falsifié, avait reçu peu d'adhésions dans ses premiers temps. Alors que les espoirs d'Ypar et de sa compagne d'ouvrage, Armalle, avaient été de pouvoir rassembler rapidement une proportion importante des masses du Royaume ; on avait au contraire attendu encore et encore, sans recevoir de communications importantes. Quelques personnes isolées avaient écrit, on n'avait pas tardé pour les mettre en charge de sections de l'Association internationale, mais ces fondations, au nombre de deux, l'une à Milan et l'autre à Saint-Étienne, n'avaient de section que leur nom.

S'il leur manquait de tout ; que leur association rassemblait moins d'une vingtaine de personnes, et que l'organisation avait vécu un dur revers avec la prise et mort de sa branche genevoise, l'année précédente, cela ne paraissait guère dissuader le groupe. Ypar avait repris son emploi de charpentier pour entretenir la maison d'Armalle, où il logeait, et peser le moins possible sur leurs finances, déjà peu reluisantes. À Lyon, Virginie Bontemps gardait un œil ouvert, à Genève, sa sœur avait refondé la section de la ville, seule, donc.

Surtout, on discutait, chez Armalle, aux moyens de faire porter leur révolte. Les soirées, on buvait, mais on réfléchissait, aussi. Ce qui leur parut évident, très rapidement, était que l'insurrection viendrait après l'assassinat. La structure étatique du Royaume de France était indubitablement celle d'une aristocratie de connivence, où l'État s'incarnait dans une classe d'aristocrates dont la vertu résidait dans le fait qu'ils se connaissaient tous, et qu'ils discutaient entre eux dans les antichambres. Voilà qui dirigeait le Royaume, soutenait Armalle - car Ypar parlait peu ; et c'est bien cette classe qui devrait être visée. D'une part, elle était plus impopulaire que la Couronne en elle-même, plus stable et plus centrale : la faible longévité des monarques avait nettement placé leur monde éphémère dans celui, plus durable, de cette clique de hauts fonctionnaires et nobles qui intervertissaient toutes les fonctions entre eux. Frapper cette classe serait à la fois plus déstabilisateur, mieux reçu et par-là même, un moyen de propagande efficace, soutenait Armalle.

En fait, ces discussions étaient répétées en interne, car la plupart des membres s'accordaient avec elle ; simplement, l'occasion de mener une telle action étant éloignée, on se bornait à écrire quelques lettres, répondre à d'autres, et thésauriser des fonds pour plus tard.

L'occasion se présenta au début de février, lorsque le mariage royal fut annoncé à grand bruit dans le Royaume. Ypar s'était déjà rendu à Paris, en décembre, pour essayer d'y lancer une section, auprès des travailleuses du sexe de la ville : sans succès, mais la mise en place d'un tel mariage, public de surcroît, présentait des perspectives intéressantes pour leur groupe. En effet, loin de vouloir mener un assassinat lors du mariage, qui serait nécessairement surveillé, et qui nécessiterait une préparation qu'ils n'avaient de toutes façons pas le temps de mettre en place, s'y rendre permettrait de voir, un peu, qui formait cet entourage : le premier, le deuxième cercle, qui sait ? L'espoir des conjurés, qu'Ypar avoua à sa compère un soir, serait qu'on puisse dresser une liste de cibles potentielles : la Couronne se déplaçait toujours armée et gardée, bien évidemment ; ce n'était sans doute pas le cas de tous, très vite, on pouvait trouver des figures possibles à croiser ou attendre dans Paris, dont les rues étaient notoires pour permettre ce genre d'actions.

Bref, étant donné qu'Ypar avait obtenu un succès très relatif, pour ne pas dire un échec cuisant, lors de sa précédente visite, on choisit Armalle, de toutes façons la plus favorable à cette initiative, pour se rendre au mariage, jeter un coup d'œil, se réjouir un brin, et célébrer l'amour royal.
Minah
En bonne officiante, Minah prenait soin d’accueillir tous les fêlés, les égarés et les plaignants qui se pointaient petit à petit. La foule qui commençait à se presser lui paraissait prometteuse : plus on est de fous, plus on rit. Parce que soyons clairs, le mariage lui-même était secondaire pour la Sainte Patronne des Bestioles Crevées. Ce qu’elle espérait plus que tout, c’était un bordel monstre, c’était du DRAMAAAA. Et elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour ça.

Aussi gratifia-t-elle Miramaz, la Dauphine de France, d’un large sourire aux dents pétées.


Mira, t’jours aussi radieuse ! Pour sûr que j’vais bénir les mariés. Alfred devrait êt’ facile à ceinturer mais faudra ptêt s’y prend’ à plusieurs pour tartiner Zulma d’entrailles. T’crois qu’la GR pourrait m’aider ?

Elle baissa le ton à son tour, trop d’innocence dans la voix pour être sincère :

Mal tourner ? Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Puis en avisant son époux Juste et William le cochon porteur d’alliances :

Juste… Parfait ! s’exclama-t-elle en redressant un poireau qui se faisait la malle sur le chapeau conjugal.

Elle piqua une gorgée et lança un «
t’vas voir c’que tu vas voir ! » du regard en reconnaissant une de ses bouteilles volées. L’affront promettait une bataille de chatouilles acharnée quand tout cela sera terminé.

Chiendent ou chienlit, on verra ben !

Oeillade amusée à Trixolas qui asticotait déjà Mira :

L’Bordel de France, sans hésiter !

Au tour d’Arambour, l’ancienne comtesse toulousaine, d’être saluée :

Ah, bienvenue ! Z’êtes ici pour sout’nir Manouel ? Vraiment, c’touchant, l’a ben fait d’quitter l’Anjou pour Toulouse.

Et en parlant du loup, Alfred dans toute sa grelottitude…

AH ! L’HOMME DU JOUR !

Et plarf, bonne bourrade bien virile dans le dos du marié porté volontaire.

Ça t’permettra d’enquêter au plus près des dessous du complot du Z.

Elle s’éloigna dans un ricanement gras pour lancer à Valentina :

Alie d’vrait pô trop tarder à ram’ner des p’tits pâtés à la viande et y’a des tonneaux mis en perce là-bas. ‘Muse-toi ben !

Et à Ypar, dont la tête ne lui revenait pas :

Installez-vous, y’a d’quoi boire et y’aura bientôt d’quoi manger pour profiter du pestacle.

Sa Pestilence allait pour souffler un peu quand un petit messager lui apporta du courrier.

Mahé a écrit:
Minah ouh !

Comment ça "Tu dois ?"
Qui t'oblige à cette office inique ?
J'arrive !

Tout façon Ma Majesté Zulma dira Non. Elle est déjà fiancée à moi.
Si le grelotteur de mots insiste, il en pâtira.
J'ARRIVE !

MAHÉ ÉNERVÉ 


Hou, mer-vei-lleux ! Il faudra juste veiller à ce que le preux fiancé ne se fasse pas larder de coups d’épée par la Garde Royale, léger détail à régler. Manquerait plus qu’une délégation angevine se radine et ce serait une journée parfaite. Pour quelqu’un en tout cas. Probablement pas pour les mariés.
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Modo au Challenge RP !
Sleiii
Il y a 27 ans et un mois, Sleiii Robert venait de naîtr… Comment ça on commence l’histoire de beaucoup trop loin, là ? Bon… d’accord.

Aujourd’hui, alors… Sleiii Robert venait de récupérer une affiche annonçant qu’un certain Alfred l’ArchiBouffon allait se marier avec une certaine Zulma Reyne de France… Sérieusement, où les parents allaient-ils chercher des prénoms chelous comme ça ?

Bref !

Sleiii était un grand fan d’Alfred ! Plus jeune, il avait des posters de lui dans sa chambre, la même chemise orange dégueu, avec « Alfreudeu » floqué dans le dos, la même allure… et surtout… Il voulait devenir comme lui. Non, pas coucher avec tout ce qui bougeait, hein ! Juste être un bouffon, quoi.

C’est donc tout naturellement que Monsieur Robert s’incrusta à ce mariage pour demander un autographe à son idole.
Alienore_
Qu'Alie soit invitée au mariage royal, passait encore, mais qu'elle soit préposée à nourrir tout l'monde, là... l'en était restée toute estourbahie la Blondi e! Nan mais c'la reine quoi !!! C'mange quoi une reine ? Pis doit avoir des cuisiniers royaux !! L'aurait pu dire nan, mais en tant qu'disciple Minahesque, bénie par sa Sainte Patronne des Bestioles Crevées, l'front enduit d'sang qui faut pas gratter sous peine d'malédiction infernale d'l'Enfer d'la Lune, ben on dit vi SPBC, à vos ordres SPBC !

Pis j'nourirrai aussi William, pis aussi l'iench, pas d'souci...

Mais quelle mouche a piqué tout l'monde en février et pourquoi s'est mise dans c'pétrin !!??

Mais Minah en est toute ragaillardie, et après son épisode cassée, ça c'important. Bref elles ont fait l'menu et décidé d'le donner en bouchée pendant l'pestacl l'mariage...

Y'aura donc des bouchées d'paté en croute, des bouchées d'chaussons gardis d'lard, d'lard et pruneaux, d'fromage, d'os à moelle... Pis y'aura des bouchées d'cochon d'lait TENTION !!! WILLIAM n'est PAS un Cochon d'lait, y bouffe pu d'lait mais tout c'qui trouve - farci au chataigne et aux pommes et grillés à la broche.

La reine voulait du lard grillé mais c'tait pas pratique pour tant d'monde alors Alie a dit nan à la reine. Elle commence bien dans la vie Alie !! Mais la reine va A-do-rer les cochons d'lait farcis et bien dorés c'obligé !! Ou alors Alie s'ra engeolé... quitte à choisir préfèr'rai êtes cajolée... M'enfin on lui d'mand'ra sur'ment pas son avis...

Pour l'iench, l'a prévu des bon gros nonosses à moelle bien charnus, c'd'vrait l'détourner d'Gidéon, l'chien crevé qu'la SPBC va utiliser durant la cérémonie.

Pour Will y'a c'qui faut aussi. Y'a sur'ment des bouts qui vont tomber pendant l'pestacle pis Will va faire ses yeux d'chat potté pis on y donn'ra plein d'trucs c'obligé.

S'demande quand même si elle est cuistot d'humains ou d'animaux et croise les doigts pour qui y'a pas d'aute animal qu'iench et Will... Soupire...

L'a posé toutes les bouchées sur une table en attendant qu'ça commence, à coté des tonneaux d'un peu d'tout. Pis après quand la cérémonie commenc'ra y'a des gens qui passeront dans les allées pour les distribuer. Faudra juste qu'l'es gens bougent pas trop. Faciiiiiiiiiiile !!! Nan ? Ah bon...

S'rapproche d'la Sainte Patronne et chuchote


Dis SPBC ? J'me mets ou j'fais quoi ? c'pas moi qui va distribuer l'manger.
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Josephine..
[Bordeaux, un jour de février 1474]

Je ne sais plus par quel vent j’ai d’abord appris la nouvelle : était-ce par celui des rumeurs qui court d’une bouche à l’autre sur la place du marché ou bien celui qui a porté jusqu’à mon nez et à ma connaissance une affiche boueuse et passablement froissée annonçant le grand mariage royal ? Peu importe : il n’y avait ni date, ni lieu sur ce faire-part anonyme et je n’avais pas le temps de courir à travers le royaume pour assister à un tel événement, celui dont j’avais rêvé pour elle dès nos premières rencontres.

A défaut de ma présence, je pouvais au moins lui adresser mes félicitations, faites d’encre autant que de sincérités.


Citation:
Zulmie,
Votre Majesté,

Quel bonheur d’apprendre que vous vous apprêtiez à convoler en justes noces. Encore une preuve que l’amour finit toujours par bousculer les cœurs et que même les plus récalcitrants finissent par abdiquer face à sa douceur brûlante !

Vous voilà bientôt épouse, et qui sait, l’année qui vous a mariée vous verra devenir mère. Sachez que je suis fidèle au poste que vous m’avez généreusement offert et je serai honorée d’accueillir le cri de vie de votre premier-né.

Je vous adresse toutes mes félicitations pour cette union à venir et je souhaite qu’elle vous apporte joie et félicité.


_________________
Zulma
    Léonie ! LÉONIIIIIIEEEEE ! L.É.O.N… Ah ! Vous êtes là ! J’ai besoin de vous fissa !
Et sans aucune explication, Zulma tourne les talons, non sans jeter un oeil noir à qui ose se trouver sur son chemin, et en balançant dans le vide toutes les injures flamandes et italiennes qu’elle connaissait.
La malheureuse Léonie ne se vit gratifier d’aucune explication, la Reyne estimant certainement qu’elle découvrirait bien assez tôt de quoi il s’agissait.
Elle marchait à grandes enjambées en ronchonnant et en agitant un parchemin qui semblait contenir la raison de son courroux.
    Je vous jure Léonie qu’ils ont intérêt à avoir une excellente explication !
S’ensuivit une râlerie marmonnée dont on pouvait saisir quelques bribes ‘fers’, ‘Montfaucon’, ‘petit Châtelet’, ‘empaillés’.
Nul besoin d’être fin observateur de l’âme humaine pour comprendre que la Reyne est un tantinet contrariée.
Arrivée au lieu-dont-on-ne-sait-pas-vraiment-où-il-est, elle contempla un instantpas de bri le spectacle mi-pathétique mi-pittoresque qu’offrait le… la… ce… hmmf… truc à roulettes derrière une Minah survoltée et vêtue d’une robe d’un goût que les chroniqueurs modes de feu-Chaumières & Chouineries auraient qualifié de douteux.

Elle fendit la foule, jetant un oeil sombre à Miramaz, cette traitresse qui savait donc, et agita le parchemin de l’annonce sous le nez de l’odorante Minah. Alors qu’elle allait être un rien désagréable, une silhouette à sa doite attira son attention.
    Ah ! Alfred ! Vous ici… Dites-moi que tout ceci n’est pas sérieux ! Je reçois des félicitations et des cadeaux pour mes noces de la moitié de l’Europe !
Elle croisa les bras et ajouta d’un ton boudeur :
    De surcroit, la rumeur dit qu’il n’y a pas de brochettes de lard.
Or à quoi bon des épousailles s’il n’y pas de brochettes de lard en ripailles.
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Leonie
Léonie ! LÉONIIIIIIEEEEE !

La voix royale me parvient avant même que le corps associé n’apparaisse dans l’encadrement de la porte, j’attrape prestement mon épée tout en dressant nez et sourcil. Nulle inquiétude n’est perceptible, la Reyne est-elle…en colère ? Agacée ?

L.É.O.N… Ah ! Vous êtes là ! J’ai besoin de vous fissa !

J’opine et joins donc mes pas aux siens, non sans glisser quelques regards intrigués dans sa direction, cherchant naturellement le pourquoi d’une telle réaction, avant que la réponse ne me soit visible : j’ai déjà vu ce parchemin. J'ai envisagé plusieurs scénarios à propos de cette annonce ridicule ces derniers jours : soit la Reyne était une petite cachottière amoureuse, soit elle accomplissait ses devoirs afin que ses sujets aient la joie d’apprendre la naissance future de quelques héritiers – ces deux premières possibilités n’étant pas incompatibles – soit elle était victime d’une vaste plaisanterie douteuse. Aux jurons qui fleurissent sur notre passage et ne tombent – au grand dam de mes oreilles – point tant dans le vide, je songe que j’appréciais assez la première possibilité : imaginer la Reyne Guerrière, la Souveraine Gueuse à l’amour du lard et du gras, se pâmer au point de vouloir se marier, avait un certain charme incongru dans mon esprit. Et pour cause, il s’agit de Zulma Wycaert. Fichtre, je ne sais ce qui me surprend le plus : l'idée de la voir épouse, ou le lexique royal d'invectives dont je ne soupçonnais ni l'étendue ni la précision, malgré deux ans à la côtoyer.

Je vous jure Léonie qu’ils ont intérêt à avoir une excellente explication !
Pour sûr Majesté…

Je ravale l’évident mais qui aurait pourtant mérité d’être exprimé : s’enquérir de l’explication sous-entend une présence à la fameuse cérémonie, qui sait si un piège n’est pas prévu pour la lier à cet homme dès qu’elle aurait posé un bout de botte sur place ? Je n’en dis rien, la Reyne ne paraît pas disponible au débat à cet instant précis, et plisse le nez en discernant petit Châtelet au milieu des imprécations. Je poursuis à ses côtés en calculant combien d’individus seraient à interpeller : la Maître Couilliste bien sûr, mais le prétendant ? Est-il seulement informé, ou se trouve-t-il piégé lui aussi ? Voilà une enquête qui changerait un peu pour mes Surveillants. Nous arrivons finalement sur place sans que je n’aie pipé mot supplémentaire, constatant la…roulotte ? Notant les présents, je détourne le regard un instant pour aviser la Garde Royale qui nous rejoint et lui fait un signe discret : autant avoir la Bannière Brune à nos côtés également. Je regrette un instant de ne point pouvoir faire intervenir la Prévôté de Paris, et espère que ce remue-ménage soit suffisamment bruyant pour parvenir jusqu’au Grand Châtelet. Abandonnant un regard interrogatif sur la Dauphine, désespérant d'avance à l'idée d'enquêter sur son implication, je glisse à l’oreille de la borgne :

Majesté, je fais préparer nos montures s’il faut vous extirper de ce bourbier.

Information est transmise à qui de droit en quelques mots murmurés, puis je me redresse. Saluant les visages connus et étudiant les inconnus, je reste debout près de la Reyne, parce que J’ai besoin de vous fissa ! Et un tel ordre ne se refuse pas, après tout.
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Ani
[Garde Royale]

Quand la Reyne bouge, ils bougent.
Quand la Reyne hurle, elle plisse des yeux et bouge encore plus vite.

Ce jour elle était de Garde avec Hermaeus.

Il n’avait pas fallu d’ordre formel. Quand la Reyne tonnait de la sorte, le monde s’arrêtait de tourner, mais la Garde, elle, se mettait en marche.

Ils emboîtèrent le pas à la silhouette rageuse de Zulma et à la vigilance silencieuse de Léonie. Leur rôle était clair, presque instinctif : ils étaient l’ombre d'acier, le rempart de cuir et de fer qui devait s’interposer entre la fureur souveraine et l'imprudence des gens. À chaque enjambée, ses yeux de chat balayaient les recoins, les visages, les mains qui pourraient s’égarer trop près de la monarque, prête à intervenir et couper le passage à leur Reyne.

Arrivé sur ce lieu improbable, face à cette roulotte, Ani sentit sa mâchoire se crisper. L’odeur de la foule ou juste de Minha ? Ce mélange de sueur et d'encens de bas étage, lui fit froncer les narines. Tandis que la Reyne brandissait son parchemin comme une épée de justice sous le nez de Minah, Ani se posta à deux pas, légèrement en retrait mais bien visible.

Sa main droite ne quittait pas le pommeau de sa lame, un rappel silencieux que si la Reyne les fustigeait de mots, Ani elle, embrocherait s'il le fallait, quiconque serait menaçant. Elle nota le signe discret de Léonie vers la Bannière Brune et opina du chef d'un mouvement imperceptible. Ils étaient là. Son binôme, aussi, Hermaeus, dont elle croisa le regard, et qui avait plus d'expérience qu'elle, ainsi qu' une prestance qui en freinerait plus d'un.

Elle resta immobile, tel un roc au milieu de la tempête de reproches et de récriminations sur l'absence de lard, le regard froid fixé sur les inconnus qui entouraient l'étrange roulotte. Qu’ils rient ou qu’ils complotent, ils devaient comprendre une chose, pour approcher Zulma, il faudrait d’abord passer par le fer du Lieutenant.

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Merci à l'atelier "Au bonheur des Dames "pour la tenue + personnage.
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