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[RP] Jardin secret et nid de bestiole

Minah
[04 février 1474]

Le temple à roulettes de la Sainte Patronne des Bestioles Crevées était devenu le nouveau cocon conjugal des époux Watelse. Tranches de vie, théâtre d’ombres et moments de lumière de deux êtres liés tant par les liens du mariage que par un certain grain de folie. Et aujourd’hui, c’était certainement la folie qui l’emportait.

Ça avait commencé quelques jours plus tôt, lorsque Juste avait offert à Minah une arbalète. Arioce l’avait immédiatement confisquée au vu du danger public qu’était la manchote avec une arme pareille, puis en avait assommé la propriétaire légitime lorsqu’elle avait tenté de la récupérer.
L’affaire n’en était pas restée là, évidemment. Après deux jours à ruminer sa vengeance, Minah s’était encore une fois colletée à l’ursidé. Armée de Georges le dildo de guerre cette fois-ci. Juste avait essayé de s’en mêler, puis Aryanha et Somas, chacun à leur manière. Avec pour résultat un ours mordu, un mari cabossé, un hibou déplumé et une hiboutée complètement fracassée du ciboulot. Au sens propre comme au figuré. Plaquée au sol par Arioce qui l’avait à nouveau rouée de coups, N’a-qu’une-patte avait vrillé. De rage d’abord, de terreur ensuite alors que sa douleur et son impuissance du moment se mêlaient à mille autres réminiscences semblables. Elle s’était retranchée aussi profondément en elle-même qu’elle l’avait pu et s’y était barricadée, ne laissant émerger que la part bestiale d’elle-même. Retour à l’état sauvage, ou presque.
Pour tenter de la faire revenir à la raison – ou du moins à la version minahesque qui s’y apparentait – chacun y était allé de son idée, jusqu’à ce qu’Arato décide de la choquer à coup d’eau gelée. Encore plus secouée, Bestiole s’était enfuie de la taverne à l’aide d’Alie.

Trempée, glacée et complètement déboussolée, Minah erra dans les rues de Muret. Son instinct sonnait l’alarme. Si elle restait comme ça, elle allait mourir de froid. Attirée par la chaleur moite d’un établissement, elle se glissa dans ce qui semblait être un bordel. Elle n’en eut cure. Elle n’était plus assez lucide pour s’en apercevoir. La maquerelle, la prenant pour une pouilleuse battue par son mari, se laissa émouvoir assez pour la laisser se réchauffer dans un baquet d’eau chaude. Elle en fut chassée sitôt récurée pour ne pas faire fuir la clientèle.

N’a-qu’une-patte retrouva avec soulagement le nid qu’elle partageait avec… Avec…? Elle ne se souvenait plus qui il était exactement. Un vivant. Elle savait qu’il était rassurant. Sans danger. Elle savait qu’il lui avait donné à boire et à manger, qu’elle avait pu somnoler sur son épaule. Il sentait la terre retournée. Elle avait léché le sang sur son visage. Elle savait qu’il était…


À moi ?

Un piaulement pathétique.
Elle le chercha du regard dans la pénombre douillette de la tanière itinérante.

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Juste_watelse
Une ombre perça à travers le tissu.

Un navet…? Non, une couille!!

Au grognement enthousiaste que lui rendit son épouse, Juste sut qu’il avait vu juste en cette forme ovale qui aurait pu tout aussi bien un œil de bœuf ou une lune pleine. Entre leurs deux paillasses, William animait leurs devinettes d’ombres et lumières à grand coup de pets et mouvements de grouin.

À moi!

De son côté du tissu, Juste-Parfait orienta sa bougie et laissa cerner d’un aura lumineux les contours


d’
Une Jolie
Carotte longue
Avec des
Fanes
Comme un toupet
Hirsute coiffant
Artistiquement
Le crâne d’un
Gai vieillard
Édenté
Fripé
Qui



… finit par attirer la convoitise du cochon: William essayait de choper le légume appétissant à travers le drap. Ou était-ce Minah?
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Minah
Un drap brodé de citrouilles et de carottes est tendu à travers l’habitacle, assurant à chacun des époux un semblant d’intimité et un terrain de jeu parfait pour les jeux d’ombres et de lumières. Mais pour commencer, Minah se glisse de son côté, là où un Philémon tout déplumé gît dans le tas de couvertures qu’elle appelle son nid, avant d’ôter ses vêtements encore trempés.

Et c’est un spectacle d’ombres d’une autre nature qui s’offre d’abord au jardinier, qui y verra peut-être là les courbes fermes et généreuses d’une courge butternut dont la chair douce fond sur la langue après cuisson.

La vision est fugace, car elle est vite occultée par une pas-dame Watelse qui s’empresse d’enfiler une chemise d’homme par-dessus ses formes féminines. Un grand classique du sans-gêne minahesque est de taper allégrement dans la garde-robe de ses proches au masculin. L'Abruti ne tardera pas à découvrir que ses chemises se font la malle pour les retrouver sur le dos de son épouse, agrémentées de son fumet caractéristique.

Puis de part et d’autres du drap, des formes naissent, les rires fusent. Appendices mâles, bestioles, légumes et racines, les illusions s’enchaînent.

Là, est-ce une carotte ?
Minah croque.
Oups, les carottes ça ne crie pas d’habitude.

L’esprit de la Bestiole bat encore la campagne, terré dans le terrier où il s’est réfugié. Mais dans le foyer qu’elle partage désormais, il s’apaise. Les ombres inoffensives du drap chassent petit à petit celles qui la hantent et l’assaillent. Et une chaleur timide se déploie quelque part sous son sternum, à gauche, protégée par les côtes et ce que Juste appelle «
les couches d’une échalote ». Un sentiment qui ne demande qu’à germer, mais que la fracassée de la vie, aux plaies de l'âme encore béantes, se refuse de laisser éclore.
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Juste_watelse
Un échange de lettres… une dispute… une envie subite de se planter loin de ce qui doucement commençait à prendre forme. Pourtant au lieu de dormir dans l’écurie comme il en émettait le souhait, Juste se glissa dans la couche exigüe de son épouse dans le réconfort de leur roulotte.

Tête bêche… Pas toucher avait grogné préventivement Minah en taverne.

Tête de pioche…. Pas mordre, avait il eu envie de répliquer.

Mais seul un silence recouvrit leur respiration respective.

En bordure de paillasse, installé sur son côté, Juste peinait à trouver sa place. Le coude se plia en un angle contre-nature, évitant de frôler un mollet (velu?). Son pied se prit un orteil dans les cheveux étrangement doux de la proprette. Sa main.. ou diable poser sa paume?! Ici, elle côtoierait de trop près une hanche… cette courbe révélée a travers un jeu d’ombres qui s’insinuait dans sa tête à chaque épluchage de courge … Plus haut, elle s’aventurerait sur le vallon d’une cuisse, terre meuble et dangereusement attirante. Plus loin encore, …non. Broussailles épaisses, ronces potentielles, zone strictement interdite où il était hors de question de passer le moindre coup de cisaille.

Le corps crispé en une position tarabiscotée, l’esprit perturbé tomba lentement dans un sommeil agité.

    On va vous coller ce cierge dans le pif, vous serez ainsi en odeur de sainteté, mon Filh!

Sa mère en tenue démoniaque émergea de derrière une laitue éclairée d’une aura sacrée. Autour, des radis entamaient un psaume carot-lingien en rang serré: Ail-léluiaaaaaa…

Le tube de cire glissa sans douceur dans une narine: la sainteté avait comme une odeur de putois. Derrière, un rire moqueur… Gerei, hilare, offrait un bouquet de mâche à sa mère avant de l’engloutir à pleines mains, de la mastiquer bruyamment puis de la recracher à terre, feuille par feuille. Juste essayait de rattraper les feuilles éparpillées par poignées… Mère allait finir par mourir de faim!

Paniqué

Réveil en sursaut.

Juste se retrouva un doigt de pied minahesque dans le nez, sa main enserrant fortement la cheville de sa femme. Son genou pressant le tissu d’une chemise qu’il reconnut bientôt comme sienne. Une appropriation qui étira un premier sourire alors que son nez désobstrué trouvait le réconfort entre le gros orteil et une verrue plantaire.

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Minah
Lentement, au fil des jours, l’esprit minahesque a quitté le néant où il s’était réfugié, une pensée à la fois. Le rafistolage de Philémon par Magaline, la soupe d’Alie et surtout la patience et la douceur de Juste à ses côtés ont aidé la Bestiole déboussolée à retrouver ancrage dans son humanité. D’aucunes commères diront que c’est la colère contre le jardinier qui l’a ramenée à la réalité, quand celui-ci a insinué qu’elle ferait mieux de partir à la recherche d’un amour disparu que de rester avec lui par dépit. L’outrage envers sa loyauté aurait délié la langue de son épousée. Qu’importe. L’équilibre est fragile, un souffle ramènerait le brouillard et les ombres du passé, mais pour l’heure Minah tient bon sur ses pieds.

Durant le réveil, du moins.
La nuit, c’est autre chose.

Déjà, il faut se ré-habituer à dormir avec un autre être humain vivant, un homme qui plus est. La manchote n’a pas connu ça depuis la campagne contre le Grand Khan, quand sa sœur Perceval et elle se blottissaient dans le nid de bestioles sur la route de Snagov. Tête-bêche et Tête-de-pioche, eux, font de leur mieux pour que les racines du sommeil prennent sans s’entremêler, quitte à ne pas pousser droit.

D’ailleurs, dans le genre tordu, les rêves de pas-dame Watelse valent bien ceux de son époux.
Bouffée par les cauchemars, l’endormie gémit, s’agite, la bouille déformée par les pleurs, la tignasse collée par la sueur.


    Un homme-ours la domine de tout son poids, la cloue au sol. Ses pattes velues s’abattent sur elle en une pluie constante et lacèrent sa chair sans qu’elle ne puisse faire autre chose que supplier la mort de venir vite la délivrer. La bête humaine est si massive que Minah sent son corps s’enfoncer dans la boue et que s’y mêlent ses entrailles, au milieu desquelles, toute ligotée, piaule une petite chose informe et morte-née.

    Minah lutte, se débat alors que la fange lui entre par la bouche et le nez, l’étouffent inexorablement. Ses doigts agrippent quelque chose. Du tissu. Minah tire, s’extirpe de sa tombe pour découvrir une silhouette encapuchonnée de noir qui manque de faire exploser son cœur d’une joie démente. Sauvée. Elle est sauvée !

    Belle Goule ! Tu m’as manq…

    Mais alors qu’il se tourne vers elle, le visage émacié et strié de cicatrices tant espéré s’effondre en mottes de cendres, laissant découvrir à la place la gueule ladre d’un monstre. Son monstre. Dont la face percée de plaies purulentes et de nodules grumeleux se crevasse d’un sourire aux dents trop blanches, trop régulières.

    Oh, bien ! Tu as encore perdu la tête, alouette ! Tu me rejoins pour dîner ?

    Minah se rend compte que les bras du monstre sont les siens, à elle, tranchés et grossièrement recousus aux moignons putréfiées de la chose. Celle-ci ôte le couvercle d’un plat en argent où trône en majesté la tête d’une petite fille qui ressemble à Minah, un œil noisette coincé entre les dents.


N’a-qu’une-patte se réveille en hurlant.
Il lui faut un long moment pour reprendre ses esprits, séparer le réel du songe. Elle hoquette, les épaules secouées de sanglots, le visage ruisselant de larmes et de morve. Elle se rue sur sa gourde de gnôle, la vide compulsivement pour s’engourdir l’esprit.
Elle crève de froid. Sans doute a-t-elle rejeté sa couverture dans sa lutte et impossible de remettre la main dessus. Quelque chose, un souffle tiède, lui chatouille le gros orteil. Elle l’ôte du nez contre lequel il s’est logé, tout doucement, pour opérer un demi-tour sur l’étroite paillasse. À tâtons, elle remonte. Ici un pied, là un genou. Bonne cible où frapper, mais pas très confortable. Une hanche toute en angles ensuite, un ventre plat et ferme, et là… Oui, là c’est chaud.

Minah se glisse sous le bras de Juste et se roule en boule, les genoux serrés contre sa poitrine, les pieds glissés sous ses fesses pour conserver toute la chaleur possible. La tête posée sur le torse du jeune homme, bercée par les battements de son cœur, elle laisse l’alcool la faire sombrer à nouveau.

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Juste_watelse
Un croissant de lune éclaira le toit de leur roulotte, devint bientôt une lune pleine pour rétrécir à nouveau en un fin sourire lumineux.

Celui de juste semblait figé dans la félicite depuis des semaines et sa nature inquiète rendait peu à peu les armes devant la simplicité de leurs échanges.
Si pour certains leur couple tenait du superficiel et n’était en rien soudé par des projets communs, sa tubercule et lui trouvaient leur terrain d’entente parfait pour y semer jour après jour leurs lendemains. Sans précipitation. Sans arrosage excessif de mots édulcorés.

Le nez froid du jardinier cherchait instinctivement dans la courte chevelure l’odeur apaisante de la terre retournée au lendemain d’une crue d’étang. Préservant toujours cette distance prudente. Capitulant systématiquement lorsque le corps roulé en boule sous son bras protestait de cette proximité nouvelle. Luttait contre ses démons nocturnes. Livrait en flots humides la détresse qu’elle dissimulait si bien sous son masque de boue.

Et lui, tentait d’absorber l’écho de ses cauchemars. Lui soufflait sa présence dans le creux d’une oreille pour se frayer un chemin dans ses songes. Jouait du bout des doigts sur le grain de sa peau pour la ramener à une réalité plus sûre.

Un épi brun lui chatouilla le nez. Il éternua. De quoi faire frémir les plumes de Philémon sur la paillasse voisine. Suffisamment pour faire frétiller du grouin William. Même Kate protesta du bec. Le temple sur roulette tressaillit et grinça.

Juste, lui, ne bougea pas, retenant son souffle, guettant une protestation de l’hirsute aux cheveux paillasson. Prêt à encaisser un coup de moignon. Un coup de gueule. Un « coup rejète »…

Alors qu’un second éternuement titillait l’orée de ses narines, il pensa au seul endroit où nicher la morve à venir. D’un bras il arracha Philémon à sa rêverie et y étouffa un son gluant.

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Minah
« Savez-vous planter les choux, à la mode, à la mode,
Savez-vous planter les choux, à la mode de chez nous… »


Nouveau théâtre d’ombres, pour mettre cette fois-ci en lumière l’art de planter et de ne surtout rien faire pousser, ni dans les roses, ni dans les choux. Ou comment garder son jardin stérile, une notion qui doit sans doute déconcerter le jardinier.

Minah est seule derrière la couverture brodée afin de s’assurer qu’elle est seule actrice de la leçon. Bas les pattes pour l’unique spectateur, pas de travaux pratiques pour aujourd’hui. Ni jamais, essaie de se convaincre la maîtresse du jour. Le léchage de pomme survenu tantôt est une regrettable erreur à ne pas reproduire, a-t-elle décidé.

Pour se mettre à son aise, elle a ôté tout artifice, du hibou au cache-œil, en passant par les épais vêtements d’hiver. Ne lui reste que le bras en bois qu’elle a enfilé pour mimer avec plus de clarté, et la chemise imbibée de sang offerte par son époux un peu plus tôt. Elle aime déjà cette chemise. Le tissu est moelleux, d’une couleur qui tranche avec les nuances de brun de l’hémoglobine séché. Elle aime comme l’étoffe en a été raidie et empesée, elle aime comment l’odeur du liquide vermeil se mêle à celle de terre fraîchement retournée et de sueur saine qu’elle associe désormais au jeune homme. Par dessus tout, elle aime le souvenir du souffle chaud, des lèvres douces qui ont éclaté sous ses dents, du fluide poisseux à l’arrière-goût métallique qui a coulé sur son menton. Ça a exacerbé la Faim qui la tenaille depuis plusieurs jours.
Petite cannibale est en manque et elle a de plus en plus de mal à distinguer les différents plaisirs de la chair. Ça va mal tourner pour quelqu’un, cette affaire.

Oh, et il y a un concombre.
Ne vous posez pas de question sur le concombre.

Minah se racle la gorge et prend ce qui doit être sa neuvième gorgée d’anisette de campagne, un truc à vous déboucher les latrines d’un camp de guerre après le passage de tout un bataillon de soudards après la soirée cassoulet d’Alie. Courage liquide.


Hum… T’es. T’es prêt ? T’as pô intérêt à j’ter un œil derrière la couverture, sinan j’te l’arrache et j’le mange !

Bravade. Les yeux ont une texture et un goût dégueulasses.
Et puis pour avoir testé, c’est un peu dur à arracher.


Bon, alors euh… D’abord, faut travailler la terre. Bêcher, biner pour la rend’ meuble.

Utiliser le vocabulaire de l’élève pour que la leçon pénètre bien.

Dixième rasade de courage liquide. L’alcool engourdit assez l’esprit et échauffe assez les sens pour que l’ombre minahesque s’anime derrière la couverture. D’abord timidement, elle croise ses bras dépareillés sur la poitrine, enlaçant ses propre épaules, créant un simulacre de couple en train de s’embrasser. Elle se tortille, émet des bruits de baisers et des petits gloussements de pintade. Puis elle s’enhardit, se prend au jeu, ondule de plus en plus, se roule par terre, agite ici une jambe, là un bras pour mimer des ébats de plus en plus animés. Elle prend tantôt une voix grave, tantôt suraiguë.

-Huhuhu, quelles belles miches vous avez, m’dame la boulangère !
- Hihihi, que vos bourses semblent pleines, m’ssire l’usurier !


Bestiole s’arrête, hors d’haleine à force de rire toute seule.

Là, faut vérifier qu’la terre est ben meuble et irriguée. Que l’manche de la pioche est ben dur, tout ça. Qu’ça écarte les mottes de terre comme ça, comme dans du beuuuu...rre !

Elle a eu les yeux plus gros que le ventre.
Elle aurait dû choisir un concombre plus petit.


Bon. Là. On. Fait leee… Va-et-viiiiient… nécessaire pour planter le semiiiis… ! Et. Et… Au. Moment. Opportuuuuuuun ohhhh… Au lieu. D’ARROSER !

DANS !

LE !

TROU-HOUUUU !


Elle halète. Fait une pause.
Réorientation du concombre.


Ouuuf. Y faut sortir l’arrosoir et arroser plutôt la terre stérile du nombril ou ben les melons un peu pu haut. Ou encore, s't'es gourmand…

Elle croque dans le concombre.

Alors, t’as compris ?
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Juste_watelse
Un peu plus tôt autour d’un feu. Des mouches, des bzzzz qui font vibrer l’air et les sentiments naissants.


    La dernière fois que ma mère t'avait mise en rogne, c'était à cause de quoi?

    Elle a dit qu'j'avais beau dire que j'te r'poussais, qu'en fait j'faisais rin que t'attirer à moi...

    Une évidence... T'es un peu la crotte de bique qui sent encore plus fort pour attirer sa mouche préférée et se faire becqueter. bzzzzz... Je veux faire bzzzzzzzzzz avec toi. Pour le restant de mes jours.


Des lèvres qui se tentent, s’imprègnent … et se colorent. Teinte vermeille pour Minah. Teinte merveille pour Juste.

Puis, l’élan interrompu. Chacun ses raisons. Chacun son passif.

Et la question qui remue:



    Mais plus sérieus'ment. Si jamais et euh... j'dis ben SI... T'sais planter sans ensemencer, hein ?

    Je suppose que... toi tu sais? Si un jour il te venait l'idée saugrenue de me faire une leçon toute théorique sur l'ensemencement à blanc... Alors peut être qu'un jour tu me feras un spectacle d'ombres chinoises pour m'expliquer comment faire


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Le temple minahesque s’était mué en spectacle de foire. Emergeant de la lueur des bougies, se dévoilent les formes pleines d’une femme - sa femme - à travers le tissu. William et Philémon ont pris un ticket pour assister à l’effeuillage. Juste, lui, gratte à sang son bras, réprimant (non sans le mal) le désir de monter sur scène. Réfrénant son talent en coulisse. Il n’entend pas vraiment les explications et bat des cils à chaque froissement du linge tendu.

    Y faut sortir l’arrosoir et arroser plutôt la terre stérile.


Arroser… Le jardinier absorbe dans sa chair les sons gutturaux de sa tubercule aussi profondément qu’un champ à sec, avide de se gorger d’eau d’une pluie diluvienne.

    Bon Là. On. Fait leee… Va-et-viiiiient…


… d’un couteau sur une courge imaginaire. Sculpte dans la nébuleuse de son esprit le détail des pores qu’elle rechigne encore à lui dévoiler. Sublime sans doute un peu la cale de ses genoux et le velu de ses mollets. La fourrure qui dépasse des aisselles et la cohabitation volontaire avec une famille de morpions.

CROC fait le concombre sous les dents. La carnassière tournerait-elle végétalienne?


    Alors, t’as compris ?


Sous le choc extatique du chef d’oeuvre végétalo-vermine qui prend forme dans sa tête et en ombres érotiques, Juste peine à articuler. Il finit pourtant par lui tendre une énooooooooooorme courge qu’il avait commencée à sculpter avec des saints à genoux, bouches ouvertes vers une pluie céleste. Regard soudain plus provoquant:


Très pédag-orgique … Tu peux recommencer la démonstration mais plus lentement? Là, j’avoue que mon esprit était en jachère…
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Juste_watelse
Allongé dans le Temple, Juste fixait les narines de sa femme qui, toutes les sept secondes, émettaient un reniflement porcin.

.. 2
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…… 6
……. 7

Grouinch

Au même instant, William pétait avec une synchronisation digne d’un trompettiste d’orchestre répondant au trombone. Et Juste? Il souriait, se demandant à quel moment il avait arrêté de manger de la viande. Il avait alors sept ans… non plutôt neuf… son père venait de finir l’une de ses œuvres et le commanditaire examinait maintenant ce large couteau ciselé d’or et orné de saphirs. Une merveille… dont il fallut tester la qualité sur une poulette (père exécrait ces bêtes plumées). La tête coupée…

Et cette voix paternelle à glacer le sang, suivi d’un rire féroce : « j’ai coupé les ailes une fois à une pintade… ma femme. Un jour peut être, ce sera la gorge. »

Le soir même, le jeune Watelse mâcha sous la contrainte la gallinacé à la sauce échalote. Puis vomit le tout dans le fond du jardin. Navets, fenouils et choux accueillirent ce qu’il restait de la dernière viande ingérée.

.. 2
… 3
…. 4
….. 5
…… 6
……. 7

Grouinch

Autre pet porcin.

Sa langue passa contre sa lève, à l’endroit croqué par Minah.

La Faim.
L’aveu de honte.
L’envie de mordre.
De se remplir d’un autre.
De son sang.
De sa chair.

La nausée aurait dû le saisir déjà. Mais sa bouche restait close, se nichant timidement contre une épaule. L’odeur familière. Le silence. Il savait enfin quel dessin Dieu avait pour lui. Promesse murmurée à même la peau:


On comblera le ventre, nourrira l'âme et apaisera l'esprit... ensemble.

Juste imaginait déjà comment transformer son potager roulant en saloir géant pour que conserver tous les morceaux de Ones qui tomberaient sous sa lame.
Du sauciss’Ones.
Du jamb’Ones fumé.
Du Choriz’Ones…

Par amour, le jardinier se reconvertirait en charcutier. Quitte à se charcuter lui-même.

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Minah
Une nouvelle routine était venue à Minah au fil des jours, quelque part entre l’entraînement matinal et l’entretien des chevaux. Pas-dame Watelse s’installait sur le siège cocher du temple à roulettes, blottie sous une vieille couverture et Kate la petite paonne nichée sur les genoux. Là, elle sirotait sa tasse encore fumante de gnôle-tisane en regardant son Abruti de jardinier s’affairer à son potager mobile tandis que William le cochon fouillait la terre meuble. Minah sourit en remarquant que depuis leur leçon sur l’art de ne faire germer ni rose ni chou, Juste semblait redoubler d’efforts sur la pousse des concombres – sa femme ayant opposé un « non » catégorique au sujet de la courge sculptée.

Ignorant que les qualités harmoniques combinées de sa narine bouchée et du cul de son cochon rythmaient les réflexions nocturnes de son époux, Minah était plongée ce matin-là dans ses propres pensées. Oui, il lui arrivait de se plier (de mauvaise grâce) à l’exercice d’agiter son neurone et demi contre les parois intérieures de son crâne. Elle était d’ordinaire assez intelligente pour rester bête mais aujourd’hui, les intrusives remuaient tant qu’elles auraient presque pu lui dégouliner par les oreilles et troublaient la quiétude de ce petit moment qu’elle apprenait doucement à apprécier.
Alors gorgée après gorgée de son infâme breuvage, elle tentait de dérouler le fil de ses inquiétudes.

Problème. Minah crevait encore d’amour pour Rael qui avait disparu sans laisser de trace. Le manque et l’inquiétude la bouffaient de l’intérieur. La culpabilité de ne pas parvenir à l’oublier au détriment du « peut-être » qui avait vu le jour entre Juste et elle aussi. Le jeune Watelse méritait quelqu’un qui l’aime sans scruter les ombres par-dessus son épaule. Solution : la gnôle.


Slurp. Une gorgée.

Problème. La douleur de la plaie du problème précédent était trop vive pour qu’elle se lance à nouveau dans la bataille. Minah avait trop mal et mesurait ce qu’elle avait toujours soupçonné en elle : elle était incapable d’arrêter d’aimer et l’amour faisait putain de mal. Pour toujours. Comme une malédiction. Pour son propre bien, il ne fallait pas qu’elle aime Juste. Trop tard. TA GUEULE CERVEAU. Solution : la gnôle.

Slurp. Une gorgée.

Problème. Pour le bien de Juste cette fois-ci, il ne fallait pas qu’elle l’aime. Trop tard. MAIS PUTAIN ! C’était un petit lapinou fragile, sensible et délicat, quelqu’un qui s’était déjà réfugié de la cruauté humaine auprès de ses légumes, comme elle-même avec ses morts. Elle voulait le préserver. Ne pas le broyer comme on l’avait broyée elle. Solution : garder ses distances. Raté. Donc : la gnôle.

Slurp. Une gorgée.

Problème. Elle était absolument terrifiée à l’idée d’une intimité que Juste désirait clairement, parce que malgré la douceur du jardinier, c’était un homme. Minah ne se souvenait que trop bien de ce dont étaient capables les hommes, merci à celui qui l’avait plaquée face contre terre et lui avait écarté les cuisses de force, alors qu’elle était agonisante et encore innocente. Solution : Georges. Et la gnôle.

Slurp. Une gorgée.

Problème. La Faim. Qui n’était pas un problème en soi, Minah ne voyait pas pourquoi tout le monde lui en chiait une pendule à ce sujet-là. C’était naturel, pour elle. Mais la Faim s’était réveillée avec la crise déclenchée par Arioce et se faisait plus entêtante que jamais, presque incontrôlable lorsqu’elle se laissait aller avec Juste. Elle avait Faim de lui. Faim des lèvres qu’elle avait senties éclater sous ses dents, Faim de son corps, Faim de son odeur, Faim de contact, Faim, Faim, Faim… Les désirs de la chair se mêlent et s’échauffent mutuellement, difficiles à dissocier. Ce problème se heurtait sévèrement aux deux précédents. Solution : bouffer quelqu’un afin de protéger Juste. Et la gnôle.

Slurp. Une grosse gorgée.

Problème. Trop taaaaard. Tu. Es. Am. Ou. Reu. Seuh. ♫
Solution : le fond de la tasse cul sec.

Bien. N'a-qu'une-patte avait toujours autant de problèmes, mais elle était désormais assez bourrée pour ne plus s'en soucier.

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