Minah

[04 février 1474]
Le temple à roulettes de la Sainte Patronne des Bestioles Crevées était devenu le nouveau cocon conjugal des époux Watelse. Tranches de vie, théâtre dombres et moments de lumière de deux êtres liés tant par les liens du mariage que par un certain grain de folie. Et aujourdhui, cétait certainement la folie qui lemportait.
Ça avait commencé quelques jours plus tôt, lorsque Juste avait offert à Minah une arbalète. Arioce lavait immédiatement confisquée au vu du danger public quétait la manchote avec une arme pareille, puis en avait assommé la propriétaire légitime lorsquelle avait tenté de la récupérer.
Laffaire nen était pas restée là, évidemment. Après deux jours à ruminer sa vengeance, Minah sétait encore une fois colletée à lursidé. Armée de Georges le dildo de guerre cette fois-ci. Juste avait essayé de sen mêler, puis Aryanha et Somas, chacun à leur manière. Avec pour résultat un ours mordu, un mari cabossé, un hibou déplumé et une hiboutée complètement fracassée du ciboulot. Au sens propre comme au figuré. Plaquée au sol par Arioce qui lavait à nouveau rouée de coups, Na-quune-patte avait vrillé. De rage dabord, de terreur ensuite alors que sa douleur et son impuissance du moment se mêlaient à mille autres réminiscences semblables. Elle sétait retranchée aussi profondément en elle-même quelle lavait pu et sy était barricadée, ne laissant émerger que la part bestiale delle-même. Retour à létat sauvage, ou presque.
Pour tenter de la faire revenir à la raison ou du moins à la version minahesque qui sy apparentait chacun y était allé de son idée, jusquà ce quArato décide de la choquer à coup deau gelée. Encore plus secouée, Bestiole sétait enfuie de la taverne à laide dAlie.
Trempée, glacée et complètement déboussolée, Minah erra dans les rues de Muret. Son instinct sonnait lalarme. Si elle restait comme ça, elle allait mourir de froid. Attirée par la chaleur moite dun établissement, elle se glissa dans ce qui semblait être un bordel. Elle nen eut cure. Elle nétait plus assez lucide pour sen apercevoir. La maquerelle, la prenant pour une pouilleuse battue par son mari, se laissa émouvoir assez pour la laisser se réchauffer dans un baquet deau chaude. Elle en fut chassée sitôt récurée pour ne pas faire fuir la clientèle.
Na-quune-patte retrouva avec soulagement le nid quelle partageait avec Avec ? Elle ne se souvenait plus qui il était exactement. Un vivant. Elle savait quil était rassurant. Sans danger. Elle savait quil lui avait donné à boire et à manger, quelle avait pu somnoler sur son épaule. Il sentait la terre retournée. Elle avait léché le sang sur son visage. Elle savait quil était
À moi ?
Un piaulement pathétique.
Elle le chercha du regard dans la pénombre douillette de la tanière itinérante.
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Le temple à roulettes de la Sainte Patronne des Bestioles Crevées était devenu le nouveau cocon conjugal des époux Watelse. Tranches de vie, théâtre dombres et moments de lumière de deux êtres liés tant par les liens du mariage que par un certain grain de folie. Et aujourdhui, cétait certainement la folie qui lemportait.
Ça avait commencé quelques jours plus tôt, lorsque Juste avait offert à Minah une arbalète. Arioce lavait immédiatement confisquée au vu du danger public quétait la manchote avec une arme pareille, puis en avait assommé la propriétaire légitime lorsquelle avait tenté de la récupérer.
Laffaire nen était pas restée là, évidemment. Après deux jours à ruminer sa vengeance, Minah sétait encore une fois colletée à lursidé. Armée de Georges le dildo de guerre cette fois-ci. Juste avait essayé de sen mêler, puis Aryanha et Somas, chacun à leur manière. Avec pour résultat un ours mordu, un mari cabossé, un hibou déplumé et une hiboutée complètement fracassée du ciboulot. Au sens propre comme au figuré. Plaquée au sol par Arioce qui lavait à nouveau rouée de coups, Na-quune-patte avait vrillé. De rage dabord, de terreur ensuite alors que sa douleur et son impuissance du moment se mêlaient à mille autres réminiscences semblables. Elle sétait retranchée aussi profondément en elle-même quelle lavait pu et sy était barricadée, ne laissant émerger que la part bestiale delle-même. Retour à létat sauvage, ou presque.
Pour tenter de la faire revenir à la raison ou du moins à la version minahesque qui sy apparentait chacun y était allé de son idée, jusquà ce quArato décide de la choquer à coup deau gelée. Encore plus secouée, Bestiole sétait enfuie de la taverne à laide dAlie.
Trempée, glacée et complètement déboussolée, Minah erra dans les rues de Muret. Son instinct sonnait lalarme. Si elle restait comme ça, elle allait mourir de froid. Attirée par la chaleur moite dun établissement, elle se glissa dans ce qui semblait être un bordel. Elle nen eut cure. Elle nétait plus assez lucide pour sen apercevoir. La maquerelle, la prenant pour une pouilleuse battue par son mari, se laissa émouvoir assez pour la laisser se réchauffer dans un baquet deau chaude. Elle en fut chassée sitôt récurée pour ne pas faire fuir la clientèle.
Na-quune-patte retrouva avec soulagement le nid quelle partageait avec Avec ? Elle ne se souvenait plus qui il était exactement. Un vivant. Elle savait quil était rassurant. Sans danger. Elle savait quil lui avait donné à boire et à manger, quelle avait pu somnoler sur son épaule. Il sentait la terre retournée. Elle avait léché le sang sur son visage. Elle savait quil était
À moi ?
Un piaulement pathétique.
Elle le chercha du regard dans la pénombre douillette de la tanière itinérante.
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