Afficher le menu
Information and comments (0)
<<   <   1, 2, 3, ..., 6, 7, 8   >   >>

[RP ouvert à qui voudra] Pigeons volent.

Floriantis
-  Du côté du port  -  


    "Elle est partie sans bruit
    Comme l'eau qui glisse entre les doigts
    Pas de cris, pas de pluie
    Juste un vide qu'on n'explique pas..."

    (dernière voix)




    - Mais il fait quoi lui ?!
    Ha nooooonnn! J'viens de nettoyer le pont et toi ? toi ?
    toi !!!!!!


    Un index pointé sur le pigeon, tout penaud, étalé sur le pont.

    - tu défecques là ! avant de t'écraser comme on affale une voile !
    Non mais t'abuses quoi !


    Il était énervé.
    Déjà avant le pigeon. Mais le volatile est arrivé à temps pour se prendre une tempête derrière le crane.
    Enervé après les bretons, bon ça c'est habituel, énervé après le parcage des moutons, énervé après la terre entière.
    Comme souvent ces temps-ci.


    - Et puis j'sais même plus où j'ai posé la missive de Liva. J'espère qu'elle est pas tombée à l'eau.
    Il avait cherché, disséminant son tas de parchemins sur le petit bureau de la cabine... mais rien.

    C'est toi qui me l'a piqué ?


    Tant qu'à faire, le pigeon avait bon dos.
    Ca faisait du bien.

    S'il avait déjà répondu à la première missive de son amie, il aurait juré avoir posé la réponse qui avait suivi et ne la trouvait plus.
    Il allait devoir se souvenir de ce que Liva lui avait écrit.
    Il allait répondre, et il lui rappelerait qu'il était blond. Il n'oubliait pas qu'elle et son mari avaient toujours été volontaires pour faire partis de l'équipage ces dernières années et ses missives lui faisaient chaud au coeur.


    - Bon allez fais voir ça.

    Le Captain se posa à même le pont, à coté de l'emplumé qu'il regarda en fronçant les sourcils.

    - J'ai pas encore de nom pour toi.
    C'est la faute à Kachi alors tu lui diras quand tu la verras.


    Loin des yeux… loin des lattes.
    Sa réflexion lui soutira un sourire, alors qu'il dépliait la missive. Il aimait bien ces courriers qui l'obligeaient à sortir de sa grotte, et à se mêler aux vivants.

    Quelques sourires éclairèrent son regard tandis qu'il lisait.
    Quelques soirs plus tard, il laissait courir sa plume, comme on laisse filer une pensée qu’on n’a plus envie de retenir. Il se livrait, doucement, au fil des mois et des mots.

    Il avait confié le cousin à Mareth qui devenait un peu maman poule, enfin plutôt maman pigeon.
    Un sourire en la voyant faire, et il donna nouvelles au jasmin.




Brest…  je suis sûr que je vous étonne... fin avril

Ola Kachi,

Vous avez remarqué le "Kachi" ?
Je m’étonne parfois que mon côté sauvage se laisse un peu amadouer.

La première chose qui m’a marqué en vous lisant cette fois, c’est que je vous sens différente. Plus légère… ou plus vivante.
Et si mes mots ont pu vous aider, alors je suis content de les avoir laissés partir, pour qu’ils se mêlent à ceux que vous recevez.

Encore une fois, vous m’avez fait rire, enfin votre fils. J’emploie aussi cette expression, ou bien "les précieux des salons" lorsque je veux être moins "brut de marin".
Il a raison.
Et puis la vraie noblesse, c'est celle du cœur.

Quant à Mareth, je crois qu’elle devine toujours ce que je vais dire lorsque je stoppe mon élan, réalisant que, quand même… elle est là.
Même si elle n’est pas dupe et que déjà elle rit.
Et je vous ai imaginé remettre au Juge le filet remis à neuf.
Je me rends compte que pour le tournoi, vous n'y êtes pas allée de main morte aussi.

Alors, à mon tour de me confier un peu.

J’ai connu quelques histoires importantes. Mes deux dernières restent un peu plus marquées au fond de moi.
Par amour, j'ai aussi fait des folies parfois.

On se dit que si un jour quelque chose change en nous, on se dira tout...  et un jour, ça arrive. Les mots changent. Ils essaient pourtant d'adoucir ce moment difficile.
Mais le mal s'insinue, la douleur l'enveloppe et on ne comprend plus.

La dernière, je pensais, allait durer. Ça n’a pas été le cas.
Et je n’ai pas compris sur le moment.
Avec le temps, j’ai cessé de chercher.
Il y a eu une femme, une vie à deux, un enfant qui a un peu moins de trois ans, Ayden. Tout pour que ça dure, moi qui jamais, n'avais plongé aussi profondément dans une histoire.
Et puis un jour, elle a choisi un autre chemin.
Seule. Sans bruit. Sans colère. Juste… autrement.
Je n’ai pas su la retenir. Je crois que c'était inutile. Peut-être qu’il n’y avait rien à retenir non plus.

Depuis, je vis le moment présent. C’est plus simple ainsi. La vie donne encore de belles choses… mais je laisse moins de portes ouvertes.
Certains disent que les marins ont une femme dans chaque port. Je crois qu’ils ne connaissent pas les bons marins. Et je crois, surtout, qu’on peut se perdre partout, même à terre.

Vous avez bien fait de rouvrir la porte au présent. Même si ça tangue un peu au début. Je crois qu’il nous faut vivre au jour le jour… le reste, ça échappe souvent.
Penser à demain ne sert à rien, et vivre à moitié, c’est déjà s’éteindre un peu.

Continuez comme vous le faites Kachi. Ca vous va bien.
Sincèrement, je suis heureux que votre pigeon ait trouvé quelqu’un qui sache le lire, mais gardez un œil sur les vents… ils changent vite.

C’est étrange, oui… mais je crois que certains échanges trouvent leur place sans qu’on sache pourquoi.
Au début, j’écrivais à une inconnue. Aujourd’hui, j’écris à une amie. Et ça change tout.
Et ça me plaît.
Je ne me sens ni jugé, ni observé. Juste… écouté. Et c’est plus rare qu’on ne le croit.

Ici, rien ne change vraiment.
La mer est là… elle fait entendre son chant, son murmure et parfois sa colère, mais elle nous échappe encore.
Alors j’attends. Je forge.
Je traîne un peu trop sur les quais. Et je réponds aux missives de ceux qui comptent.

D’ailleurs… notre ami l’emplumé me regarde encore avec cet air de dire : “Alors, ce nom ?”
Je lui ai répondu que la faute était à Kachi. Il n’a pas eu l’air convaincu.
Mais vous n’êtes pas là pour me latter, alors j’en profite.

Vous voulez que je vous dise ?
Je me suis demandé, un instant, si nos pigeons allaient continuer leur route… après vous avoir lue. Prête à conquérir la vie à nouveau.
Puis j’ai lu “à vous lire”.
Alors je me suis dit que tout allait bien.

Faites attention à vous.
A vous lire aussi.

Maritimement

Flo

_________________
Tristan...
16 Avril 1474


Tristan fraîchement arrivé à Montpellier pris enfin le temps de Répondre à Kachina car cela faisait déjà quelques jours que son pigeon voyageait avec eux.





Kachina,

Je t’écris enfin ces quelques mots depuis Montpellier où nous venons de poser nos bagages sous une lumière d'aurore qui caresse les toits de la ville et cette cité où la pierre semble avoir retenu toute la chaleur des siècles passés m'offre enfin le calme nécessaire pour te répondre. Ton pigeon est arrivé il y a quelques jours déjà et j'ai préféré attendre d'être bien arrivé à destination pour prendre le temps de lire ta lettre et d'y répondre.

Tu m'as bien deviné et me voir piétiner en Helvétie à cause de ces brigands, tes confrères devrais-je dire avec un sourire en coin, m’était un supplice. Mais sache que le sort a fini par tourner et nous avons pu quitter les terres germaniques non sans avoir d'abord rendu hommage à leur hospitalité liquide car à défaut de pouvoir galoper nous avons goûté à ces bières allemandes épaisses et dorées qui vous réchauffent le sang et vous font oublier le temps d'une chope les embûches du chemin.

Le voyage s'est ensuite accéléré comme si la route elle-même avait hâte de nous voir retrouver le soleil et nous sommes descendus sans encombre laissant derrière nous les forêts sombres pour retrouver la clarté du Rhône en saluant au loin les collines de Lyon cette cité de soie et de brume et plus nous allions vers le Midi plus l'air se faisait léger perdant cette morsure hivernale que nous avions traînée depuis la Mongolie.

Nous voici donc à Montpellier où nous allons rester un jour ou deux le temps pour Luna de reposer ses pattes délicates et pour moi de me défaire de la poussière des steppes. Cela va faire du bien de retrouver des têtes connues, échanger du quotidien que nous avons quitté il y a déjà six mois. Ces quelques jours nous permettrons aussi de profiter des amis et sortir dans les tavernes où l'on sert encore le vin avec générosité. Puis notre route nous mènera à Arles cette cité de pierre et de lumière entre les arènes antiques et les marais de Camargue car c’est là-bas que je compte m'installer avec Luna pour en faire mon port d'attache et mon refuge.

Nous allons rester quelque temps à Arles pour prendre un repos bien mérité et préparer le prochain voyage car si je cherche un abri pour l'instant sache que nous avons des idées plein la tête et que finalement nous ne resterons jamais vraiment sédentaires tant l'appel de l'horizon est une maladie dont on ne guérit jamais vraiment.

Ne t'excuse jamais de ton passé de pillarde car il y a souvent plus d'honneur dans une main qui vole par amour ou par bravade que dans celle qui signe des décrets de mort depuis un trône doré et l'audace et l'irraison comme tu dis sont les seuls remèdes contre l'ennui des vies trop rangées et pour mon chiffre fétiche disons que c'est le trois le chiffre du triangle du mouvement mais aussi celui qui lie le passé le présent et ce futur que je commence à dessiner avec Luna sous le ciel de Provence.

Je t'imagine à Limoges avec ton frère et sa bouteille de prune dans cette complicité retrouvée qui fait chaud au cœur et profite de ces instants car ils sont le véritable trésor du voyageur et je te quitte pour aller explorer les ruelles de Montpellier avant que le soleil ne soit trop haut car le prochain message que tu recevras sera sans doute marqué du sceau de la cité arlésienne.... ou d'ailleurs!

Que le vent te soit doux Kachina.

L'arpenteur de chemins qui commence enfin à ralentir le pas,

Tristan

_________________
Kachina
Lee



Elle a choisi l'arrière de la Vieille Grange pour ce dimanche après midi aux allures printanières. Sur une table en fer forgé un peu rouillée, elle a posé quelques parchemins. Des missives à relire aussi.

Leely. Flo et puis Tristan... Elle doit leur offrir réponse.
Elle ne sait que trop bien le plaisir qu'elle prend à avoir de leurs nouvelles.

Mais le temps comme toujours lui file entre les doigts.

Elle observe un instant le chat qui tente d'attraper un poisson dans la mare qui ourle le pré et recale à sa coiffure cette fleur de pommier qu'elle a piqué dans sa tignasse brune pour fêter à sa façon mai qui commence.

Et puis, dans cette quiétude printanière, qui lui est des plus bénéfiques après tous ces remous qui secouent sa vie depuis quelque temps, elle écrit à Lee






Lee,

Nous nous sommes ratées et je le regrette. Le retour de Genève à Limoges fut un peu compliqué. Entre ceux qui souhaitaient venir au dernier moment, ceux qui voulaient rentrer au plus tôt, ceux qui s'oubliaient dans une auberge locale, sans oublier les charrettes qui voyaient leurs roues mises à mal dans les ornières, nous avons mis un temps fou pour rentrer.
Et je sais que t'es lassée d'attendre. Je ne peux sincèrement pas t'en vouloir. Je regrette juste de ne pas avoir pu te présenter à mon Frère revenu et à mon Amie retrouvée...

Pour ce qui est de ton nom sur le mur de l'arène de Soare, je gage que tu peux en être fière. Me voici donc à t'imaginer guerrière à tes heures. Lee au mille visages...

Concernant ton frère que tu recherches, peut-être pourrais tu écrire à Ladz ? c'est un ami, il est le directeur de l'AAP et je sais qu'il diffuse parfois quelques avis de recherche qui lui semblent légitimes. Peut-être que ça vaudrait le coup de tenter ?

J'ai un jour retrouvé mon frère de sang moi aussi. Il me cherchait pour me confier un e dague ayant appartenue à notre père . Superbe au manche gainé de cuir et de fil tressé. Elle dort dans un fourreau de cuir qui est noué à ma cuisse droite. Une rose des vents marque l'acier. Ce frère avait toujours vécu non loin de moi, mais mon père cachait cet héritier qui aurait subi la vengeance de bien des ennemis. De son vrai nom Odren, mon père le présentait au clan comme Duart. Et il l'invitait de temps en temps pour une journée avec nous. Celui que je pensais mon ami d'enfance était en réalité mon frère de sang. Il est arrivé un jour et m'a tout avoué, il avait appris ce secret à la mort de notre père et nous cherchait, ma soeur et moi.... Retrouvé et très vite perdu.. Je garde ces heures si belles à ses côtés, son instinct protecteur quand il s'agissait de nous... Une jolie robe de velours qu'il m'avait offerte... Et une aventure ratée pour aller prendre Rouen.

La vie m'a redonnée un Frère en la personne de Sub. Adopté celui là... et bien différent de moi. Mais je ne cèderais ce frère là pour rien au monde. Même s'il me plonge souvent dans des situations compliquées.

En ce moment , parmi ceux qui m'entourent, il y a Rolf qui adopte à tout va. Et qui m'a redonnée le goût des défis. Je m'en étonne encore de cet homme que je considérais comme un ami précieux et qui de plumes en parchemins, de complicité tendre est devenu mon amant aujourd'hui.

Pour évoquer tout ça avec toi, il faudrait une soirée au coin du feu Lee. Te dire tout ce que je ressens, tout ce qui se bouscule en moi... Parce que je me sens comme un bateau ivre balloté par les flots en ce moment.

Rien ne dure à jamais Lee, tu dois le savoir toi aussi. Alors je savoure chaque instant, comme si je renaissais de mes cendres. Et quoiqu'il advienne ce bougre aura réussi ce tour de force là.

J'espère que pour toi tout va bien. Je regrette vraiment de t'avoir ratée Lee. Mais je crois au hasard qui parfois fait bien les choses. Il nous réunira un jour, qui sait ?
En attendant, je joins à ce pli, un petit brin de muguet. Il se dit qu'il porte bonheur. Et le bonheur c'est bien , non ?

A te lire...

Kachi

_________________
Leely
Retourner à Montpellier et rester de longs moments et de longues soirées chez moi, observer chaque objet et sourire, me dire qu’il n’en aura fallu du temps pour me faire ce petit nid à mon image, ou presque.

Préparer la charrette pour un prochain départ, finalement ma charrette de voyage est devenue au fil du temps, ma seule et véritable maison, celle où j’aime me retrouver au hasard des chemins et que mes montures me guident, partir rêver plus loin, se réveiller sans ne savoir ce que sera le jour suivant, regarder ma carte, improviser, destination vague et vagues envies, juste un jour à la fois, ni plus ni moins.

Assumer cette vie d’errance et ne rien espérer. Ne rien attendre, jamais.





Kachi,


Je ne sais que trop les aléas des voyages en groupe, il m’arrive parfois de faire quelques escortes et du coup de nouvelles rencontres.

La dernière fois à Limoges j’ai revu plus de têtes connues que je n’aurai cru. Dont justement une escortée quelques semaines plus tôt vers la Savoie.

Oui ma qualité première n’est pas la patience, mais l’on ne peut pas être parfaite, donc forcément je me tolère quelques défauts et quel bonheur toutes ces imperfections !

Pour mon frère, je me vois mal faire passer une annonce, il est le seul petit espoir qu’il me reste aujourd’hui, tu imagines si au final je passe une annonce et je le retrouve et à ce moment-là qu’il ne soit pas ce frère rêvé depuis des années ?

Je crois qu’il n’y a pas une semaine qui se passe sans que je m’imagine ma vie avec lui, parce que oui, il aura du mal à avoir la paix après ça, je l’imagine attentif à l’écoute, je nous vois rire et boire et surtout un homme fort qui m’entoure et me protège, qui m’apporte ce qui manque à ma vie. Oui, un beau rêve, je crois que je préfère me dire que notre rencontre se fera par le plus grand des hasards.

J’aime à croire au destin à me dire qu’un jour ma chance va tourner.

Tu sais, j’ai eu un jour un frère de cœur, il était tout pour moi, lui et moi nous nous retrouvions chaque soir, chaque nuit, il avait un peu de mal à dormir comme moi alors j’adorais ce moment où je savais qu’il allait venir me rejoindre au petit jour et que nous resterions là tous les deux à refaire le monde, il est aujourd’hui de mes plus belles étoiles, j’aime à me dire qu’il guide mes pas et me relève à chaque fois que je tombe. Lorsque l’on a connu une telle complicité, l’on n’oublie jamais.

Et jamais je n’ai retrouvé ça, un homme précieux que je ne peux résumer en quelques lignes moi non plus, un Angevin particulier, mais ils le sont tous, non ?

Ces derniers temps je t’avoue qu’il m’arrive de penser souvent à partir en retraite mais les bonnes sœurs ne sont pas la solution, j’ai des envies de meurtres à peine arrivée.

Je suis très heureuse pour vous deux, je vois Rolf, je l’ai rencontré, vous faites un sacré beau couple, oh que oui, rien ne dure j’ai pu l’apprendre bien souvent, dernièrement aussi, alors profites à fond, quoi de plus beau que de se sentir s’envoler, on monte sur ce beau nuage mais il y a toujours quelque chose, un truc qui ne colle pas et tu te retrouves le cul par terre.
Reste sur ton nuage le plus longtemps possible Kachi, se sentir amoureuse, heureuse, il n’y a rien de plus magique que cela.

Merci pour ce petit muguet, j’en ai offert mais je n’en avais pas encore reçu, je vais quitter Montpellier sous peu, j’ai pu faire quelques ventes et renflouer mes caisses, assez pour repartir sur les chemins, en fait je ne suis qu’une vagabonde.

Je pense repasser par Limoges pour regagner par la suite l’ouest que je ne connais que trop peu, donc possiblement d’ici à ce que je passe, avec un peu de chance, tu seras encore sur place, nous verrons, ne faisons pas de projets, ils finissent toujours à la flotte.

Au plaisir de te lire kachi ou de te revoir bientôt.

Lee

_________________
Adrielle
    Le temps défile sans qu'on puisse le suspendre.
    L'avenir se dessine parfois surprenante.
    Le plaisir de lire et relire cette missive est bien réél.
    Un échange débuté au hasard qui au fil du temps pour Adrielle a beaucoup de sens et qu'elle attend.
    Un sourire en cachetant sa réponse qu'elle enroule sous la bague de son pigeon..
    Puis l'aidant à l'envol, elle l'observe se tailler à tire d'ailes vers elle...






        De moi à vous ou de vous à moi, voire les deux !

        Chère Kachina,

        évidemment que rien ne change que nos réponses se suivent ou qu'il y ait quelques semaines entre chaque.
        Et je suis ravie d'apprendre que vous ayez été entrainée dans un tourbillon d'émotions, de sensations et d'événements en tous genres!
        Surtout qu'à la lecture de votre pli, il me semble que vous avez rencontré beaucoup de positif!
        Votre écrit se modifie légèrement, il me semble plus léger, plus... présentant une forme d'insouciance même si nous savons toutes les deux que cette dernière nous a quitté il y a bien longtemps.
        Laissons donc l'ombre à la lumière... Qu'elle vous éclaire longtemps!

        Non!
        Vous avez pleinement raison, il n'est pas nécessaire de porter un enfant pour l'aimer.
        L'amour enveloppant un petit être est un présent sans nom, il s'offre avec notre coeur même si nous n'avons pas pu être présent lors de ces grandes premières, ce n'est pas obligatoire pour se laisser aller à l'aimer sans commune mesure. Peu importe donc la rencontre l'essentiel est le lien que l'on tisse avec eux.
        Il vous accompagne , il grandit bien trop vite mais le temps ne s'arrête pas, jamais, on ne peut les retenir enfant , nous ne pouvons qu'être témoin de leur évolution et les accompagner au mieux.
        Même si parfois c'est difficile ou que par douleur il arrive que l'on perde pied.
        Je n'ai pas d'enfant, mais je le vis avec la petite fille de mes amis... Aussi, je crois pouvoir vous comprendre pleinement.

        Je vous ai lu et relu, cet homme dont vous me faites part, ne serait ce pas "Rolf" qui vous a accompagné vers votre amie? Amie que je suis heureuse que vous ayez retrouvée, je sais l'attachement qui vous lie.
        Quel bonheur de lire que votre coeur bat la chamade, qu'il vibre encore pour un regard, une caresser, un baiser de cet homme.
        Chacun de nos souvenirs peut prendre place dans un écrin magnifique, laissant place à de nouveaux à construire. On oublie jamais, on vit avec... C'est l'essentiel.
        "Allez hop, votre coeur est libre alors, il quitte son corsage, il bât plus vite que son âge et sort de sa cage..."*
        J'aime vos mots, j'ai l'impression de vous entendre les dire avec le sourire.
        Je vous sens heureuse et souhaite qu'il en soit ainsi longtemps.

        Les histoires d'amour sont parfois étranges et surprenantes mais elles sont toutes uniques et magnifique. Je parle d'amour alors même que vous n'avez pas posé ce mot pour votre histoire.
        Mais , le coeur , même si l'on tente de se protéger, décline peu à peu pour s'ouvrir et donner comme recevoir.
        Je suis heureuse d'apprendre tout cela et je ne peux qu'espérer que ça dure aussi longtemps que vous le souhaiterez.

        Les prémices avec les échanges épistolaires, la chaleur du corps de l'autre, les attentions sont tellement de petits bonheur qui nous rendent totalement sur un petit nuage.
        Vous avez bien fait de patienter avant de m'écrire, ainsi je partage d'une certaine manière votre joie de vivre et ça fait grand bien, n'est ce pas?
        Une histoire qui débute par de l'amitié devrait à mon sens durer car la complicité est déjà présente... Je suis ravie, tellement contente pour vous.

        De notre côté, nous avons pris la mer pour aller chercher des affaires d'une amie en Gascogne. Nous avons croisé des navires breton à l'aller comme au retour, les mêmes aux mêmes endroits, comme des éclaireurs, c'est assez étrange. Quelques jours sur les fleuves et l'océan...
        Nous avons fait un arrêt à Angers à l'aller comme au retour.
        Quel bonheur de reprendre la mer... même sans être capitaine.
        Nous sommes rentrés à Orléans, il y a peu, et faisons un aller retour en amoureux pour ouvrir deux feux de camp qui tiennent à coeur à mon époux.
        Ce soir, j'ai appris que nous allons pouvoir enfin construire un nouveau navire. Ce sera un foncet cette fois... Mais pas grave nous pourrons à nouveau naviguer et cela me ravit.
        Autant vous dire que Max et moi même sommes ravis!
        D'ici peu nous naviguerons sur les fleuves, en espérant qu'il nous durera plus longuement que notre nave.

        Je ne sais pas encore quand il sera à quai, mais nous devrons nous rendre à Dijon avant d'envisager de voyager plus loin... Nos projets se concrétisent, c'est que du bonheur!
        Je suis donc assez excitée à cette heure par cette nouvelle , cela fait des mois qu'on patiente pour que ça nous soit permis de débuter la construction.

        Je vous espère toujours bien entourée et avec un large sourire!
        Je vous souhaite une belle soirée et sachez que je pense fort à vous!
        A vous lire !
        Amicalement .


        Adri


* mots empruntés à Speed de Zazie

_________________

♥Atelier Au Bonheur des Belles ♥
♥Merci Camomille♥
"Allez vous faire cuire le cul." emprunté à Zulma ♥
Kachina
Floriantis




Une promenade en forêt.
Elle laisse ses pas crisser sur les feuilles mortes, se penche pour piquer dans sa tignasse sombre une ou deux primevères sauvages, se réjouit ensuite de quelques morilles à glisser dans son panier, les dernières touffes d'asperges sauvages et d'ail des ours.
Juste savourer l'instant, cette accalmie dans tout ce qui l'emporte et l'importe en ce mois de mai.

Et elle court, remontant ses jupes de sa main libre. Echevelée sous la pluie quand l'averse survient.
Une pluie dense qui vient là abreuver la terre que la bise des derniers jours a desséchée.
Elle se réfugie sous un porche à l'entrée de la ville. Trempée mais rieuse....
Ce n'est jamais que de l'eau et lorsque ça se calme un peu, on la voit patauger dans les flaques d'eau comme une petite mioche intrépide.

Et sur le chemin du retour.... De la fenêtre ouverte d'une auberge lui parvient un chant de marins... qui lui fait souvenir qu'elle n'a pas encore répondu à Flo.
Réchauffée par un bon feu qui crépite dans la cheminée, cheveux encore humides, vêtements détrempés changés, elle prend plume....



Et si l'espoir existe, qu'il marche pieds nus
Sur le granit froid, qu'il encaisse la pluie
Sans promesses éternelles, sans ciel qui rassure
Qu'il saigne un peu, mais qu'il dure..
.






Oh là Flo,

Kachi c'est bien, non ? C'est pour les amis, Kachi... Et nous sommes amis à présent.

Et vous avez raison , Flo. Je suis différente.... A vrai dire, je marche sur un fil, puisque je sais très bien à présent, que rien ne dure. L'été nous dispersera tous bien vite aux vents chauds.

Mais le présent est là. Chaud, vibrant, vivant, rieur, joueur... J'ai d'un coup retrouvé une famille... Imaginez moi, entourée à présent, de complices et de rires. J'ai posé quelques affaires dans une grande maison, appartenant à mon Frère Sub, sa soeur de coeur Oberthur, et Rolf bien sûr. Sabdel nous y a rejoints, ainsi que Nik mon fils, son amie la belle Aela et une enfant qui me fait souvent penser à cette petiote qui ne vous quitte pas. Hana... c'est son nom. Je l'ai prise sous mon aile. Et elle nous attendrit tous avec son exubérance et ses parfums d'enfance.

Au risque de vous paraitre mièvre, ça ressemble à la maison du bonheur... Et je savoure tout, peut-être un peu avec une certaine retenue parfois, comme on se délecte des dernières cerises de la saison.... Mais je savoure, je prends tout, de leurs folies, à leurs soucis. Ils sont miens....

J'ai faite mienne, cette phrase qui me vient de vous : "Penser à demain ne sert à rien, et vivre à moitié, c’est déjà s’éteindre un peu."
Je n'ai jamais su vivre à moitié Flo. Alors ce présent me va bien.... Vaille que vaille, je sais cette force en moi à présent, ce dernier cadeau qu'il m'aura laissée.. A savoir que jamais je ne me rendrai au chagrin.... Si chagrin me revient.

L'an passé à cette époque, nous étions tous une bande de marins, désireux de botter le cul à quelques One.... Sans savoir que c'est eux qui nous mettraient le nez dans la poussière au final. Nous étions ces compadres d'un homme nous menant au gré des vents. Et j'ai aimé... Même si les nuits passées sur un hamac, dans une promiscuité de frères d'armes me semblaient parfois bien solitaires et froides, à ressasser des pans d'une histoire passée.

Mais là Flo, c'est autre chose... Je les regarde et ils m'attendrissent.... Chacun ses failles, ses forces, ses talents et ses erreurs. Vivants .... Et chacun se réchauffant aux autres..
Qu'est ce que c'est bon !!!

Et oui , vos mots m'ont aidée. Ces pigeons envoyés un jour comme ça, qui me sont revenus, m'ont chacun portée à sa façon. Et je me sens bien égoîste de tarder à répondre, parce que la vie m'emporte si vite en ce moment, me laissant parfois à bout de souffle.
Peut-être que dans cette histoire, je prends plus que je donne Flo.... De ça je m'en excuse si c'est le cas.

J'ai lu vos histoires d'amour. Chacune de ces histoires nous apprennent quelque chose sur nous , non ? Et ces morceaux de nos vies où le coeur s'emballe pour un autre..ou une autre.... ont fait de nous ce que nous sommes à ce jour. Il ne faut jamais rien regretter, ni renier

Flo, alors que vous piétinez encore sur le quai... Et Dieu sait si j'aimerai lire un jour que vous avez repris la mer.... Moi je danse, je ris, je m'endors dans la chaleur d'un homme. Il est beau. Foutrement beau. Il m'échappe parfois, comme s'échappe un être libre qui refuse une cage. Et ça me va. Il donne aux autres, du temps, de l'écoute, de l'amour je crois. Même s'il s'en défendra, ce bougre.
Et moi je m'émerveille à le regarder vivre. Je le laisse me déshabiller le corps et l'âme et j'aime ça.... Au fur et à mesure qu'il tombe son armure, il brise mes défenses.... Et j'aime le toucher parfois, du bout du coeur, du bout des mots, du bout des lèvres quand il se laisse faire.

Je vous souhaite une nouvelle histoire Flo. Pour un mois, six mois, dix ans, tout le temps.... Mais je vous souhaite de ressentir un jour à nouveau tout ça.

La mer me manque parfois... Mais Limoges grouille de vie en ce moment. Et nous allons cheminer jusqu'à la Trémouille prochainement, pour un tournoi de lice.
J'ai retrouvé le goût des lames qui s'entrechoquent, le plaisir d'un défi, le plaisir d'une victoire et la leçon d'une défaite parfois.

Je vis Flo. Un peu comme si la flamme en moi s'était rallumée, même si le feu ne s'est jamais vraiment éteint.

Et je m'émerveille encore de pouvoir vous confier tout ça, coucher mes mots sur ce parchemin qui viendra à vous. Comme si nous partagions une cervoise dans une auberge locale un jour....

Alors amis. Oui. Assurément. Merci.
Laissons nos pigeons voler encore vers l'un et l'autre Flo.
Et je termine en vous disant.. A vous lire ?

Ah, et puis quelques phrases d'une chanson de marins encore.... Je vous l'offre

"Les falaises ne prient pas, elles tiennent.
Et nous les enfants du vent... On tient......
Debout dans l'orage, face au vent qui martèle.
Tant qu'il reste une guitare.
Rien n'est éternel. "

Kachi




_________________
Floriantis
-  Bretagne mi mai 1474  -





    Un après midi, du côté de la forge où l’air est difficilement respirable. La chaleur et l’odeur du métal se mêlent au bruit du marteau qui frappe la lame que Floriantis façonne.
    Elle passe sur les braises, il l’observe, la retourne, avant de la poser sur l’enclume où elle prend forme petit à petit.
    Il fredonne.
    C'est son repaire.
    Il chauffe le métal, actionne le soufflet, au rythme de son chant.
    L'accord parfait pour une belle lame.


    - Le crépuscule est proche
    De la forge il se rapproche
    C’est presque dans la poche


    La lame part sur l’enclume alors qu'il murmure

    - En noyant le poisson le polisson s’est cogné la tête

    Un sourire éclaire le visage du blond tandis que ses azurs scrutent la lame.

    - Encore un bel ouvrage Captain !
    - Pour sûr matelot !


    Il aime bien parler seul, se faire des questions réponses, ça l’amuse.

    - Mets la tête dans ton assi...
    - Ogad !
    - Hum ?
    - Ogaaad !


    Le regard se lève dans la direction d’Ayden, le forgeron suspend son geste pour fixer son rejeton marin.

    Le petit bonhomme est dans l’année de ses trois ans.
    Il est l'un de ses trésors. A vrai dire il en a trois. Mareth son ombre indispensable, Juliette la fille de Tua qu'il considère comme la sienne, et Ayden leur fils.
    Blond comme le père, les yeux émeraudes comme la mère.
    Et un air décidé comme les deux.

    Floriantis le détaille quelques instants.
    Ce regard qu’il n’oublie pas, il a fallu que leur fils en soit pourvu aussi.
    Parfois ça lui fait mal et souvent ça l'aide.
    Un sourire empli de tendresse étire doucement ses lèvres, avant que ses azurs ne glissent vers l’épée de bois que l’enfant tient en main.


    - Ogade. Moi ausshi.
    - Je vois que tu as déniché l’épée de ta sœur.


    Et de laisser son travail pour s’approcher d’Ayden, et s’agenouiller.
    Azurs qui croisent les émeraudes.
    Léger flottement.
    Dieu mon fils que t'es beau.


    - tu as le temps de te battre tu sais. Mais je te promets de t’apprendre plus tard comme je l'ai fait pour Mareth.
    Comme je te promets de t’apprendre tout ce que je sais pour tenir bon la barre d'un navire.
    Tu es le fils de deux Capitaines. C’n’est pas rien.


    Sa main se pose sur l’épaule enfantine et vient la presser doucement, avec tout l’amour d’un père pour son fils.

    - je vais t’en faire une à toi. En bois et avec ton nom dessus.
    - chelle la l’est grande


    Et de désigner la lame qui attend.

    - oui. Elle est lourde. Elle est faite pour un grand. Tu auras la tienne lorsque le moment sera venu.

    Le blond ébouriffa doucement les cheveux de son fils avant de se relever.
    La forge crépitait encore derrière lui lorsqu’il attrapa enfin la missive reçue quelques jours plus tôt.

    Il ne chantait pas pour donner la mesure, mais il laissait les mots imprégner son quotidien.
    Certaines personnes savaient faire plus de bruit qu’une bataille.
    D’autres savaient laisser quelques mots s’installer dans une tête de blond jusqu’à ne plus vouloir en sortir.

    Kachi faisait partie des seconds.

    Alors le Corsaire prit plume.





    Brest, mi mai


    Ola Kachi,

    Rien n'est mièvre Kachi, le bonheur n'a pas de couleur, il faut le prendre lorsqu'il passe et faire en sorte qu'il s'attarde le plus longtemps possible. C'est un invité qu'il faut chérir.
    Et lorsqu'il s'en va, il faut se dire qu'un autre arrivera.

    Je n'aime pas vivre à moitié non plus. J'ai parfois été obligé, mais ça ne mène à rien car lorsqu'on se retrouve seul, notre boussole s'affole et ne sait plus nous montrer la bonne direction.
    J'ai jeté ce vide, j'ai gardé mon éternelle boussole et j'avance.
    Je me souviens des mots de Tanissa qui m'avait dit lors de notre rupture : "Flo je ne veux plus que tu sois une ombre, tu mérites d'être dans la lumière, de briller". Elle avait raison.

    J’ai longtemps cru que certaines lumières suffisaient à éclairer deux personnes, un peu comme ce phare qui éclaire la mer pour guider les navires.
    Je me trompais.
    Lorsqu’on finit par ne plus savoir où l’on se tient soi-même, il faut reprendre la barre avant de disparaître complètement.
    Je ne m'éteindrai plus à petit feu.

    Ne vous excusez pas du temps mis pour répondre. Cela importe peu. Nous répondons, nous sommes là.
    L'amitié se fout bien du temps lorsqu'elle est réelle et sincère.

    Oui ce sont les histoires qui font de nous ce que nous sommes. Je ne regrette rien, mon passé m'a fait grandir, et je grandirai encore.

    Vos propos respirent ces sentiments que vous vivez, cette passion qui vous a remis debout.
    Mais....
    Je doute qu'il soit plus beau que moi. Je vous soupçonne de n'être pas objective Kachi.

    L'histoire brève ou moins brève arrivera quand elle le voudra. Je vis nonchalamment. Je n'ai plus envie d'être lié par des promesses qui souvent ne sont pas tenues.
    Vous vous rendez compte Kachi ? un mariage.
    Jamais je n'avais franchi le pas. C'est un peu comme si j'avais sauté à l'eau en pleine tempête, plongeant vers l'inconnu. Je crois que j'ai du me cogner au grand mat ce jour là pour penser que ça durerait toute une vie.
    Le présent compte, demain est un autre jour.

    Ne vous en faites pas si la mer vous manque. Je crois que vous connaissez un autre Captain... blond.
    Peut-être qu'un jour vous foulerez le pont d'un de ses navires avec votre tribu de fous. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve et nous sommes amis.

    Il suffit d'une étincelle pour raviver un feu. Et même si la flamme ne dure qu'un temps, elle aura existé.
    L'essentiel est qu'elle brûle, réchauffe et redonne vie.

    Je me surprends aussi, à me confier aussi facilement à vous, comme vous le faites avec moi. C'est peut être pour cela que les amis existent.
    Pour se dire ce que parfois on ne peut dire à d'autres qui ne comprendraient pas.
    Partager une cervoise autour d'un feu en refaisant le monde. Ou un godet de rhum. Ca arrivera.
    Je crois au destin et j'ai toujours eu la bougeotte.

    Et bien sûr que le Corsaire enverra toujours l'emplumé vers vous et vous donnera toujours à lire. Parfois il vous soutirera quelques grimaces, parfois quelques sourires et il l'espère, parfois des rires.
    Soyons fous.

    Qu'est ce que j'ai aimé votre chanson de marins, avec ces falaises qui nous ressemblent lorsque nous tentons de rester debout.
    Dois je d'ailleurs vous remercier pour cette chanson dont je ne connais pas l'air mais qui s'est insinuée dans ma tête de blond ?
    Assurément.

    A vous lire.
    Quand vous le voulez et le pouvez.
    Votre blond Captain préféré répondra toujours présent.
    Et faites attention à vous.

    A moi de vous offrir ces phrases de chanson...
    Penser… c’est résister.
    Et on est encore debout.


    Maritimement

    Flo


_________________
Kachina
Tristan


La Trémouille... cette cité poitevine vibre au rythme du tournoi de lice. Et elle en parcourt les ruelles par cette belle matinée de mai. C'est animé, ça grouille de vie et elle aime ça, ces auberges où chacun se défie, se provoque.
Elle va au hasard , d'un pas léger, s'enfonce dans une venelle qui lui semble agréable, bifurque ensuite jusqu'au marché.
Elle s'imprègne de cette ambiance là, sans trop se poser de questions, achète quelques cerises sur un étal, en accroche deux paires à ses oreilles.
Un tavernier a disposé des tables en terrasse. Et elle se pose un instant pour une boisson fraiche. Le temps de savourer ce massepain aux pommes qu'elle vient d'acquérir

Cette petite pause lui rappelle qu'elle a bien des courriers en retard. Ces fameux pigeons espagnols lancés au vent du soir un jour où elle songeait à rendre les armes, elle ne veut pas les abandonner. Ils sont ce qui l'a fait tenir ... Et Brune est loin d'être ingrate, c'est juste que parfois le temps lui manquent.

Elle réclame une corne d'encre, et quelques parchemins à une serveuse des plus agréables. Et oubliant tout ce qui l'entoure, elle laisse sa plume crisser pour répondre à Tristan.






Tristan,

A l'arpenteur de chemin devenu sédentaire... pour un temps ?

C'est du Poitou que je t'écris en ce matin de mai. La Trémouille organise un tournoi de lice et nous avons posé nos malles en cette belle cité depuis deux jours. Le ciel de mai de ce matin y est aussi bleu que doit être le tien à Montpellier.
Montpellier me fait toujours souvenir d'un homme qui voulait un soir me partager avec un ex époux. Ou à cet autre qui souhaitait m'enfermer dans un donjon. Mais cette ville reste la ville de mon frère Sub et à nos derniers passages, elle s'était passablement assagie.

Arles, c'est là bas que mon amie Sabdel a résidence principale. J'ai longtemps vécu en Provence. Et c'est à Arles que j'ai vu pour la dernière fois un homme passionnément aimé.
J'ai encore le souvenir de ce mas au milieu de la garrigue que j'habitais à Marseille. Provence vivait si fort à cette époque, au chant des cigales et aux parfums de thym et de genévriers.
Les chemins que tu foules aujourd'hui Tristan, je les connais par coeur. Je sais les calanques et la mer qui vire de l'argenté au matin pour finir en marine le soir venu. Je sais le chant des mâts se balançant au gré du mistral certains jours. Et ces sentiers escarpés où je menais mes moutons en sandales de toile.

Arles et ses manades, et le Rhône qui la traverse, sauvage et indomptable comme le sont parfois les gens du coin. C'est donc là que tu as choisi de poser tes bagages avec ta belle Luna ? La vie nous y mènera peut-être à nouveau un jour quand mon amie Arlésienne aura trop le mal du pays. J'aimerais aussi organiser un pas d'armes du côté de Toulon. Nous en faisions souvent, avant...

J'ai relu nos échanges Tristan. Il me reste de ces pigeons lâchés au hasard quelques correspondants fidèles. Et je l'ai déjà écrit à certains, ces échanges me furent parfois précieux soutiens quand de la vie je n'attendais plus rien. J'espère avoir quelque peu égayé vos heures moi aussi. Et je n'ai pas envie que ces liens de plumes se fanent.

La fille qui ne cherchait que prétexte pour rendre les armes, en courant au devant du danger tout le temps..... a retrouvé ce franc sourire qui lui va si bien. C'est comme si soudain, le sort m'avait gratifiée d'une famille. Un frère retrouvé, des amitiés sans faille, un homme complice et beau..qui partage mes nuits et même une petite tornade de 5 ans que j'ai prise sous mon aile.

Mais à toi, mon confident des mauvais jours, je peux dire que je savoure tout ça, sans en perdre une miette. Je sais que rien ne dure jamais à présent. Et peut-être que ça me les rend tous bien plus précieux encore. Je les regarde vivre, et bon sang, qu'ils sont beaux, tous.

Rolf, puisqu'il s'appelle Rolf a lancé le tournoi hier soir avec le premier combat qu'il a gagné. Et je me surprenais à le voir si entier, si vivant et si vrai.... à prier les diables ou les dieux pour qu'ils me le laissent encore un peu.
Moi qui ai appris à laisser partir comme on laisse couler le sable entre ses doigts... je murmure plein d'"Encore" à l'univers.

Et au fond de moi, il y a cette voix à présent qui dit que je suis plus forte que je ne pensais. Et que j'ai survécu au pire.. C'est peut-être là le dernier cadeau que m'a laissée l'époux disparu, tu sais ?

Je viens de poser ma plume un instant. Là encore je m'étonne de ces confidences à de parfaits inconnus qui n'en sont plus vraiment. Adrielle, Floriantis, Lee, et toi.... ces visages inconnus que je ne peux qu'imaginer quand quelque chose, un chant, un mot , un pays me mènent à vous.... Vous faites tous partie de ma vie à présent. C'est fou, non ?

Peut-être qu'un jour, on se croisera au détour d'un chemin. Peut-être que tout nous semblera facile. Ou peut-être serons nous empruntés, maladroits, va savoir ? A ne plus savoir quoi nous dire..
A rester déçu de la réalité quand nous aurons imaginé le meilleur ?

En attendant, raconte moi Provence, tu veux bien ?
Les amandiers sont ils en fleurs encore ? Et la valériane orne toujours ses sentiers ? Le romarin a t'il toujours ce parfum enivrant ?
Y vis tu heureux avec Luna ?
Rêves tu déjà à d'autres voyages ?
Ou savoures tu simplement l'instant présent comme je le fais ?

Dis moi.

Kachi

_________________
Kachina
Lee


Les jours ont passé depuis la visite de Lee à Limoges. Le temps file et Rolf les a menés tous jusqu'à la Trémouille pour ces combats en lice. Ils se sont pris au jeu, et s'amusent à encourager les leurs.

Elle se repose de son échec cuisant. Son genou la fait souffrir malgré les onguents de Sab qui réconforte les perdants surtout un certain Crapaud cher au coeur de la belle Arlésienne qui a pris cher tout autant que Kachi au cours d'un duel.


Elle s'est éloignée du terrain de lice, fuyant l'agitation qui y règne, tout comme elle a fui les ruelles animées de la cité poitevine. Elle mène sa monture d'une allure tranquille, la laissant aller à son propre rythme, avec juste l'envie de se laisser aller au balancement imposé par le cheval en ce matin de mai.

Un lien de cuir enserre sa lourde tignasse sombre en une queue de cheval qui s'accorde à merveille avec celle de Forban. Des braies de cotonnade et un corsage assorti offrant ses épaules au soleil pour toute parure, elle chemine, se régalant des parfums du sous bois qu'ils traversent au pas. Pensées vagabondes qui trottent dans sa tête, petit sourire rêveur qui vient parfois ourler ses lippes quand elle repense à certains moments.


Une souche d'arbre coupée semble n'attendre plus qu'elle. Elle arrête le cheval de son éternel petit claquement de langue qu'il connait bien;

- Oh là !!!

Elle se laisse glisser à terre, caresse l'encolure de l'animal avant de le laisser libre de profiter des trésors qu'offre le coin pour son museau gourmand.

Se posant sur cette souche, elle tire de sa besace de quoi écrire. La planchette d'écriture sur ses genoux, petite fiôle d'encre noire calée entre deux pierres, c'est à présent vers Lee que filent ses pensées.




Lee,

Tu as filé comme à ton habitude, sans mot dire, comme si tu avais le diable aux trousses soudain, ou - j'aime à le croire - comme si l'appel des chemins restait pour toi le plus fort.

Il me reste de ton petit séjour parmi nous quelques rires en partage et cette image de toi, affairée à construire cette cabane dans les bois dont raffolent Hana et Marius à présent. Affairée et appliquée , vive et rieuse pour le bonheur d'une petite fille. Merci pour ça.

Nous avons quitté Limoges pour la Trémouille où se déroule un tournoi de combats en lice. Et je pense à toi qui prise ce genre d'événements si j'en juge tes écrits. Nous n'avons pas à rougir des résultats loin de là. Tout le monde parmi nous en est sorti vainqueur.

Tout le monde , mis à part............. mon frère Sub et .... Moi.....

Il nous fallait bien quelques ratés non ? C'est de bonne guerre ma foi si j'oublie ce genou qui me fait souffrir et cette plaie au crâne qui semble guérir plutôt bien grâce aux bons soins de Sab.
Sub a été repêché et il aura la lourde tâche au second tour de venger mon honneur mis à mal... Je crois que je vais aller allumer un cierge pour lui.
Rolf par contre devra affronter Aela, et je pense qu'il aurait préférer se défouler contre ce géant qui m'a mise à terre.
Sab affrontera Nik, et je me vois déjà déchirée à ne pas savoir lequel des deux encourager.

Mais la Trémouille vibre au rythme des combats et il règne ici une joyeuse effervescence qui nous offre à tous de bien jolies rencontres parfois.

Je ne sais pas où tu traines tes bottes en ce moment, jolie aventurière , mais Hana parle souvent de toi. Je joins à ma missive un petit vélin sur lequel elle a dessiné quelques fleurs pour toi.

Elle m'a chargée de te dire, que tu lui manques... beaucoup.. Qu'elle te fait des bisous...qu'elle a trouvé l'oiseau dans la cabane. Et que tu ne dois pas oublier de lui envoyer les mots pour qu'elle continue à apprendre à écrire.

La vie coule, belle et rieuse pour nous en ce moment Lee. Je t'envoie nos éclats de rire en pensées, et moultes souhaits pour que belles soient tes heures à toi.

A te lire quand l'envie te prendra de venir jusqu'à moi .

Kachi





_________________
Liohr
[Limoges – Mai 1474]

Installé dans l’auberge « La Vieille Grange » qui portait décidément bien son nom, il laissa son regard vert vagabonder autour de lui. Cet endroit, il l’avait découvert par hasard et tout de suite adopté. Un paradoxe à lui tout seul. Vivant et abandonné. Simple et complexe. Avec les pièges du plancher qui jalonnaient l’entrée, il fallait presque le mériter pour s’y installer. Puis, il y avait la vache. Sans bien comprendre pourquoi, le jeune homme s’était tout de suite attaché à la bête. Paisible, l’œil doux, il ne manquait pas une occasion d’aller lui gratter le flanc. Ça l’apaisait. Alors c’est tout naturellement qu’il avait trouvé refuge à côté d’elle après sa découverte. Un petit havre où donner libre cours à ses émotions. Il en avait besoin. Assi en tailleur non loin d’elle, une planche en guise de support, son matériel étalé autour de lui.

Un dernier regard et dernier sourire triste vers l’animal, il s’obligea pourtant à revenir sur sa tâche.

L’écriture était encore maladroite, peu assurée, car assez nouvelle depuis cette main. Mais quel plaisir de pouvoir enfin librement l’utiliser. Curieux, il a toujours aimé les études en tout genre, mais dès qu’il s’agissait de les accompagner d’écriture, elles avaient longtemps frôlé la torture pour le Rosen. Il tentait bien de temps en temps, de truander en passant de la droite à la gauche, mais se faisait rapidement reprendre et souvent douloureusement. Alors de sa mésaventure guerrière, la libre utilisation de sa senestre était bien ce qu’il bénissait le plus. « À toute chose, malheur est bon », il aurait pu en faire son credo à cet instant.

Pourtant, le plaisir simple d’écrire de la main gauche lui fut gâché par la relecture de son dernier courrier reçu. La première fois, le jeune félin ne l’avait pas fini. Comprenant vite la teneur des mots, il avait fui pour se substituer au regard du messager et de ses collègues autour. Soudainement, il avait cru que tous savaient déjà ce qu’il découvrait alors. En avaient-ils ri à son insu ? Leur faisait-il pitié ? Plus que tout autre, cette pensée lui fut insupportable.

Trahis. Doublement trahit.
Et par lui, surtout.
Lui bordel !

Elle, passe encore. C’est rasant et vexant plus que blessant. Elle était chouette, il l’aimait bien. Même un peu plus que bien s’il voulait être tout à fait honnête. Ils avaient passé de beaux moments ensemble. Il avait été charmé par son sourire, toujours un coin, par son regard toujours pétillant. Par sa vivacité et son entrain. Elle n’avait peur de rien. C’est elle qui, la première, l’avait entraîné dans les bois et fait découvrir les plaisirs de l’amour sur un lit d’herbe fraîche. Elle était le nid de ces premiers émois et l’on n’oublie pas aisément ses premiers émois. En avait-elle fait autant avec lui ? Se voyaient-ils avant son départ ? Ou leur romance avait-elle commencé ensuite ? Les piqûres de la jalousie l’assaillirent et, de rage, il froissa le courrier, menaçant de le jeter plus loin mais se retint.


Citation:

    Syrias

    Va te faire foutre.

    C’est triste de gâcher des feuillets juste pour écrire cela, mais ça a besoin d’être dit. Tu me dis être désolé, peiné par celle que tu vas me créer. Console-toi. Tu, non vous n’aurez que ma colère. Vous ne méritez pas autre chose, de vous être ainsi joué de moi. Continuez de faire à votre guise, je ne suis désormais plus des vôtres.

    Tu la dis grosse ? Tu le dis de toi et tu veux assumer ? En es-tu si sûr ? J'ignore ce qu’elle a pu te raconter, mais je ne suis pas parti depuis assez longtemps pour que tout doute soit levé. Sache-le. Libre à toi à présent de me croire ou non. Personnellement, de cet enfant, je ne veux rien savoir. Puisque tu le veux pour toi, garde-le. Mais je sais que désormais, tu ne pourras jamais le regarder sans envisager que peut-être, il n’est pas de toi. Peut-être même pas de moi d’ailleurs. Qui sait à présent. Et je sais également qu’à la longue, ce doute te rongera.

    D’un ami qui n’en est plus un, c’est désormais tout ce que je te souhaite.

    Adieux.
    L.R.


De rage, de peine, d’agacement, il fourra son barda dans sa fidèle besace. Autant se débarrasser de cet envoi dès que possible. Premier passage, y entra fusain, feuille vierge et chiffon de laine. Au second, la lettre récriminatrice. Du moins le cru-t-il.
Alors évidemment, quelques heures plus tard, quand il la chercha pour la confier au messager de la baronnie et ainsi profiter de son retour sur les terres berrichonnes, il ne la trouva pas. Il retourna son sac. Il retourna cette arrière-cuisine lui faisant office de chambre. Il fut tenté de retourner la maison elle-même mais il y renonça. Un bref instant, la colère l’envahit. Mais ce ne fut que le temps d’une courte minute. L’hébétude suivit avant de faire place à de la fatigue. Alors il se laissa choir sur le côté de sa couche et emporter dans les bras de Morphée. Demain. Demain, il tenterait de savoir où il avait bien pu perdre cette foutue lettre. Demain.


Petite improvisation d'un courrier perdu qui, peut-être, ne trouvera pas le bon destinataire ;)

_________________
♤♡ Liohr Rosenwald ◇♧
Tristan...
Arles le 27 Mai 1474


C'est en homme heureux que le géant pris sa plume et écrivit à Kachina. Encore l'esprit embrumé par les derniers jours de fêtes, il posa sur le vélin l'extraordinaire aventure de ces derniers jours.




Ma chère Kachina,

C’est un Sanjiv tout neuf, encore un peu étourdi par les chants et le sable de Camargue, qui prend la plume pour te répondre. Ton pigeon m’a trouvé au campement d'Arles, et tes mots venus du Poitou ont résonné d'une étrange façon. Tu te demandes si l’arpenteur de chemin est devenu sédentaire ? Pour un temps, oui, le temps de l'amour et d'une promesse sacrée.

Voilà un mois que je suis revenu d’Alexandrie et que j’ai posé mes bagages ici. Tu connais ces chemins par cœur, tu sais à quel point cette Provence est belle, sauvage et indomptable, à l'image du Rhône qui la traverse. Les amandiers ont perdu leurs fleurs, mais la valériane orne les sentiers et le romarin exhale ce parfum enivrant qui monte à la tête. C'est dans ce décor que ce clan de voyageurs m'a accueilli à bras ouverts, sans poser de questions, sans jugement. J'y ai trouvé une famille, un ancrage.

Et puis, il y a quelques jours, le 23 mai, tout a basculé. Je me suis marié avec ma belle Luna.

Si tu avais vu les jours précédents ! La tribu a fêté l'événement avant l'heure. La veille des noces, après une nuit de folie où tout le camp a largement abusé du vin cuit et de la bière, le Patriarche Sandino a dû reporter la cérémonie d'une journée car nous étions incapables de tenir debout ! Les hommes ont fini sur la plage autour d'un grand feu de camp. Les filles, bravant la tradition qui voulait qu'elles restent sagement au camp avec les anciens, ont fugué en douce au milieu de la nuit pour nous rejoindre.

Le matin du mariage, le réveil fut rude. J'avais du sable plein les cheveux et la tête comme une enclume. Scoty, Anakin et Antton se sont donné pour mission de m'habiller alors que je tenais à peine debout... un grand moment de solitude où j'ai bien cru finir vêtu d'un rideau de taverne !

Mais la cérémonie fut magnifique. Devant la statuette de notre Mère Sainte Sara, Sandino nous a unis sous nos noms tziganes : Chandni pour Luna, et Sanjiv, "celui qui donne la vie", pour moi. Les poignets liés par un cordon de coton rouge, symbole de notre union dans le visible et l'invisible, nous avons pêché nos anneaux d'argent au fond d'une bassine d'eau et de lait teintée de rouge. J'ai ressenti un lien immense se consolider en moi. La vie est belle, Kachina. Nous sommes même passé dans le journal, ce qui nous a bien fait rire.

Aujourd'hui, alors que l'on se repose face à la mer, une impatience me brûle pourtant le sang. J'aime Arles et ma famille mais le besoin viscéral de reprendre les routes seul avec ma belle Chandni me tiraille déjà. J'aurais tellement voulu l'emmener découvrir le Portugal, pousser notre voyage jusqu'au bout de la terre. Malheureusement, avec cette maudite guerre, ce projet est totalement compromis pour l'instant. Les soldats et les canons nous ferment l'horizon.

Alors, je savoure l'instant présent, tout comme toi. Je suis heureux de lire que la fille qui courrait après le danger a retrouvé son franc sourire, une famille, un homme beau et complice, et cette petite tornade sous son aile. Ne t'étonne pas de ces confidences à de "parfaits inconnus". À force de s'écrire d'un bout à l'autre des chemins, nous ne le sommes plus vraiment.

Que les diables et les dieux protègent ton Rolf dans ses tournois de lice. Savoure chaque miette, murmure tes "encore" à l'univers. Et si un jour nos sentiers se croisent, au détour d'une manade ou d'un pas d'armes vers Toulon, qu'on soit maladroits ou bavards, qu'importe. La réalité sera ce qu'elle sera, mais elle sera vraie.

Donne des nouvelles du Poitou.


Tristan / Sanjiv

_________________
Kachina
Adrielle


Elle ne se lasse pas d'arpenter ces ruelles, où se croisent ces hommes et femmes venus des contrées voisines pour participer à ce tournoi de lices. Des coquettes aux allures de précieuses côtoient ici des sauvageonnes qui se donnent des allures de guerrières des hommes en mal d'en découdre. On ne parle pas titres, fiefs ou autres on parle duels, revanches et parfois défaites.

La bière coule à flot dans ces auberges locales de la cité poitevine. Des charrettes lourdes de leurs fûts viennent chaque matin, réapprovisionner les taverniers. Elle assiste à tous les duels de ses proches, ne rechignant pas à les encourager.

Et parfois, elle se pose. Dans un coin tranquille pour souffler un peu de toute cette agitation. Elle s'isole et prend plume pour celle qui lui écrit depuis si longtemps à présent. Fidèle parmi les fidèles parmi ces inconnus aux pigeons d'Espagne, qui ne sont plus si inconnus que ça à force.






De moi à vous encore,

Cette fois, ce pigeon qui volera à vous , s'envolera depuis la terre poitevine. Contrée que j'ai bien souvent traversée - narguant parfois les armées royales - pour aller combattre en Anjou par le passé.
Une région que j'affectionne pour bien des raisons.

Nous avons posé nos bagages à la Trémouille, le temps de quelques combats en lice. Un tournoi organisé par la ville. J'ai dû m'incliner hélas au premier tour devant un géant bien trop grand et trop fort pour moi. C'est à mains nues qu'il faut s'affronter et j'avoue que j'aurais plus été à l'aise à manier l'épée....
Mais il règne ici une joyeuse ambiance chargée de provocations et de défis en tous genres. Et j'aime ça.

Une petite mioche haute comme trois pommes, m'accompagne. Hana. Sans famille, sans parents, je l'ai prise sous mon aile....
Je lui donne dans les 5 années de vie et elle colore nos vies aux couleurs de l'enfance.
J'aime aussi.

Mon amie Sabdel rayonne de bonheur au bras de mon frère Sub. Et leur complicité retrouvée j'aime ça aussi.

Tant de choses que j'aime en ce joli mois de mai.. Adrielle. Et je vis tout intensément...Plus encore peut-être en sachant à présent, que tout change et tout passe et tout casse un jour.

Ils sont beaux ceux qui m'accompagnent. Ils portent en eux chacun leurs propres failles et ça ne les rend au final, que plus humains et superbes.

Nous vivons d'audaces, et d'insolence. D'inconvenance aussi , à ce que certaines âmes bien nées le prétendent.
Et j'aime ça, par le diable. Je n'ai jamais été de ces filles bien trop sages obéissant aux visions étriquées que les lois de l'église nous imposent parfois.

Nous nous sommes choisis, librement. Adoptés comme on dit en riant. Et ça donne quelque chose d'étonnant que tous ces frères et soeurs qui se recoupent, sans aucun lien de sang.
Figurez vous qu'on nous a accusés d'inceste dernièrement... Et bien sûr nous en avons ri.
N'allez pas nous imaginer plongés tous dans une folle décadence. Nos chambres à la tombée du soir, n'accueillent que des couples ou des personnes seules...

Nous avons eu une sombre histoire de querelle futile à propos d'une vache abandonnée à la Vieille Grange qu'on voulait nous reprendre. Hana s'est prise d'affection pour la bestiole qu'elle se plait à traire chaque matin pour son bol de lait quotidien. Elle vient de recueillir deux bébés ratons laveurs.... Moi qui ai le sang qui se glace à toute allusion à ce qui peut ressembler à un rongeur.. Imaginez ?

Voyez, aujourd'hui encore le ton de ma lettre est rieur. Ce mois de mai m'offre de bien belles heures Adrielle. Si vous croyez au Très Haut allumez donc un cierge pour moi. Pour que ça dure...

Rolf est toujours là. Il se livre peu sur ce que fut sa vie d'avant. Mais il est là. Attentif à chacun. Donnant bien souvent plus qu'il ne prend. Ill m'étonne, m'attendrit et m'agace quelques fois aussi. Le rire, la dérision, les défis sont nos fils d'Ariane. Il m'est précieux. Bon sang, un peu trop peut-être ?
Si je vous dis que j'aime ça vous me croyez j'en suis sûre. Et j'aime imaginer ce sourire à votre bouche en me lisant.

Mais je ne parle que de moi. Et vous ? Etes vous à Dijon ? Et ce bateau ? Il y a peu mon amie Sabdel cherchait à se défaire d'un foncet échoué au port naturel de Toulon. Mais elle l'a depuis promis à un ami.

J'ai longtemps détesté les bateaux. Un malheureux naufrage en Breizh m'avait laissée frileuse. Et puis la chasse aux One sur une caraque de guerre m'a réconciliée avec tout ça, quand je me foutais de tout ce qui pouvait m'arriver.

Possible qu'un jour je remonte sur le pont d'un rafiot arborant fier pavillon, allez savoir ? Qui peut dire ce que la vie nous réserve ?

Etes vous toujours aussi heureuse, aussi amoureuse, aussi bien entourée ?
Dites moi tout.
Après tout ce temps, j'aime toujours autant vous lire.

Kachi

_________________
Kachina
Floriantis





Elle avait oublié.

Mais, en ce matin de mai, alors qu'elle laisse ses pas la mener au hasard, hors de la ville , loin de toute son agitation due aux combats en lice, elle tombe par hasard sur cette croix.

Elle a marché longtemps sur ce sentier à l'abri du soleil qui vient de temps en temps caresser sa nuque en s'infiltrant à travers les branches. Lourde tresse battant son épaule, piquée de quelques petits oeillets sauvages cueillis dans les champs environnants, elle prend garde à ne pas accrocher sa jupe de percale fine. Et elle se souvient, qu'au delà de cette croix le sentier se prolonge et mène à une cascade.

Le temps file si vite. Combien d'années ? Elle était si jeune alors. Venue jusqu'à Limoges pour se recueillir sur le tombeau d'une Reyne qu'elle ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam.. On lui avait dit qu'il fallait le faire...Et elle avait suivi la file des visiteurs , attendant à son tour de pouvoir entrer dans la crypte. Et puis ils avaient poursuivi le voyage jusqu'ici.

Elle presse le pas, presque malgré elle, attirée irrésistiblement par la fraicheur de l'eau qu'elle devine déjà, par le bruit des gerbes d'eau venant jaillir sur les pierres délavées...

Et la cascade s'offre à sa vue, soudain. Pareille à ses souvenirs. Elle pose ses fesses sur une pierre plate, au milieu des fougères, et c'est là, qu'elle tire de sa sacoche de cuir de quoi répondre à Flo.





La Trémouille, le 30 de mai.

Flo,

Je n'ai pas la mer, mais j'ai de l'eau. Une eau vive et sauvage, fraiche et indomptable. Une cascade au plus profond des bois dont j'avais perdu le souvenir... Mais mes pas m'ont menée à elle au cours d'une petite promenade pour fuir toute l'agitation qu'offre ce concours de lice , doublé d'un concours d'archerie qui ont lieu à la Trémouille en cette fin de mois.

J'ai fui la ville, ces ruelles pavées qui vous renvoient la chaleur.. Il fait frais ici et j'y suis au calme pour prendre plume et venir à vous.
A mes côtés votre missive, que je relis comme à chaque fois avant de vous répondre.
J'aime vos mots. Ils sonnent juste si souvent...

J'avance : Il est beau ce mot j'avance non ? Malgré les embuches, les retards, les défaites parfois continuer à aller de l'avant...

Tanissa avait raison... Misère, je devrais me flageller d'écrire ça à son propos, elle qui a donné l'ordre de feu sur notre navire insolent, filant droit devant pour prendre Rouen......
Mais elle avait raison. Je ne vous imagine pas homme de l'ombre, ni suiveur... Les korrigans de votre Breizh ne le permettraient pas.

J'ai toujours aimé la Bretagne. Cette terre de légendes et de sortilèges en tous genres, aux parfums sauvages et musqués des forêts enchantées. J'en ai gardé le souvenir d'une amie qui nous tricotait des mitaines pour l'hiver... Margot.... et celui aussi d'une aventure aux couleurs de bonnets rouges .

Vous écrivez : "Je ne m'éteindrai plus à petit feu !" Et ça résonne en moi Flo, ça..
J'ai bien failli le faire quand mon époux a disparu. Mais il y a en moi cette force , ce feu qui me poussent toujours à résister à l'adversité.
Et je sais que quoiqu'il arrive à présent je tiendrai la barre.

Je me suis mariée trois fois. Une première fois devant des druides entourée d'une foule d'amis. La mort a mis fin à l'alliance sur fond de trahisons.

La seconde fois fut particulière.... L'époux en devenir a menacé un prêtre de sa dague pour nous unir à la hâte après une dispute. J'étais en tenue de gourgandine suite à un pari quelque peu stupide qui m'avait conduite à servir dans un bouge sous le regard de quelques amies qui riaient tout leur saoul à me voir déconfite jouer les allumeuses devant quelques hommes mal dégrossis. Ce qu'on ne savait pas, c'est que l'époux en devenir avait été invité par ses amis à lui à s'encanailler une dernière fois dans cette même taverne, avant de célébrer nos voeux d'épousailles. Imaginez quand la serveuse au décolleté accentué que je devais jouer s'est penchée pour servir un client , avec sur ses genoux une fille de joie dont il s'acharnait à repousser les avances.... et que nos regards se sont croisés.
Je crois n'avoir jamais remonté aussi vite les escaliers menant à la ville haute pour rejoindre la cure et le prêtre marieur, tirée par une main de fer, celle du marié au visage furieux.
Ce ne fut pas mon union la plus heureuse. Ce mariage là , je l'ai fait dissoudre....Il faut savoir partir quand le coeur ne vibre plus.

Mon troisième mariage, et là, vous allez adorer ça...
C'était à Genève sur un navire provençal, prêté par un ami .
Des alliances volées, cachées dans un pot de miel par une amie et sa fille des plus mutines.
Et l'envie que cette fois ça dure toujours.
Bien plus que quelques lendemains.
Et ça a duré...6 ans d'amour fou.

Mais rien ne dure jamais Flo.
C'est la dure loi de la vie.
Tout passe, tout lasse, tout casse....
Vous connaissez la suite.

"Il y a des choses qu'on perd sans bruit
Et que même le silence n'entend pas. "


Et pourtant nous sommes là.
Et vous avez raison encore quand vous écrivez : "Et même si la flamme ne dure qu'un temps, elle aura existé. L'essentiel est qu'elle brûle, réchauffe et redonne vie."

Je ne sais ce que sera demain avec cet homme qui partage mes nuits , mais l'histoire longue ou brève aura toujours ce mérite de m'avoir filé ce coup de pied au séant, pour me pousser vers l'avant.
Vivons de présent.. Intensément....

Et puisqu'on en est là, me revient en tête encore une fois un nouveau chant dont vous n'aurez que les paroles...

" Les larmes du vent sur mon coeur effacent doucement les erreurs.
J'ai trop donné, j'ai trop aimé. A mes dépends je me suis relevée.
J'ai trop donné, j'ai trop aimé, mais je suis encore prête à chanter "

Je viens de marquer une pause dans mes écrits Flo, pour aller boire en coupe un peu d'eau fraiche. Et puis je me suis arrêtée aussi pour observer la faune environnante qui doit s'étonner de ce petit bout de femme brune venue troubler leur tranquillité. Une libellule d'un bleu à tomber. Un couple de rouge queues se cherchant des noises pour une pauvre chenille capturée.
La magie est partout ..... Capitaine au long cours, à qui veut bien la voir..
Je ne suis pas en Brocéliande, voyez mais je peux ici imaginer mille légendes à conter à la petite Hana.

Il me faut rentrer, rejoindre la ville. Les amis, et cet homme. Il y a un concours d'archerie ici aussi, j'irai sans doute tirer quelques flêches.

Notre pigeon espagnol qui n'a toujours pas de nom, vient de se désaltérer lui aussi à cette cascade, qui est comme un oasis de verdure et de fraicheur. Il est prêt à venir à vous.

Je vous laisse pour un temps.
Vous espère heureux.
A vous lire.

Kachi


_________________
Kachina
Liohr


La Trémouille. Début juin.

- Oh là P'tit Jean, qu'est ce que tu fais si loin de Limoges ?
- B'jour Dame Kachina, j'suis v'nu aider mon patron pour quelques livraisons d'bougies en ville.

Elle le connaissait ce gamin qu'elle croisait souvent dans les ruelles à Limoges. C'était le petit commis du fabricant de chandelles et on le voyait souvent marteler les pavés en trottinant d'un pas léger pour aller livrer les bougies de suif qu'il portait sur son dos dans un grand sac de jute. Le gosse semblait se souvenir d'elle, lui aussi. Et elle lui sourit gentiment.

- Dites... M'Dame, c'est bien à vous la vieille grange au bout du village ?
- A moi et Dame Sabdel, oui ! Pourquoi ? Elle a pris feu ?
- Non, non M'Dame, mais j'ai trouvé ça pas loin d'la vache
- Gertrude ?
- P't'être M'Dame. Une vache quoi !

Le mioche fouillait déjà dans une besace de cuir pendue à son épaule, avant d'en tirer un pli froissé qui avait dû connaitre de meilleurs jours. Il lui tendit le pli qu'elle prit sans trop comprendre, quelque peu intriguée.


- Une missive Dame. L'était par terre dans le foin. P'têtre que c'est pour vous ? T'nez !

Un sifflement aigu autant qu'impérieux, lui fit tourner la tête.
Le vieil Armand s'impatientait déjà en haut de la ruelle, réclamant la présence de son employé. Et le gamin détala sans plus rien ajouter, apeuré à l'idée de se prendre une nouvelle rouste du bonhomme qui n'était pas des plus accommodant avec son jeune apprenti.


Elle resta là, le pli en main. Sans savoir quoi en faire...Ce pli là ne lui était visiblement pas destiné , pas plus qu'à Sab.
Elle hésita un court instant, posant ses fesses sur le rebord de la fontaine du village. Mais la curiosité fut vite la plus forte et elle déroula la missive.

Elle lut sans comprendre. Ou du moins, dès le premier mot, elle fut assurée que cette lettre ne la concernait pas. Elle relut à nouveau pour chercher le moindre indice pouvant la mener à celui ou celle qui avait écrit ces mots -là. Un homme.
Il s'agissait assurément d'un homme.


Les écrits étaient assez explicites pour qu'elle démêle le gros de l'histoire.
Ces mots-là lui parlaient.
Il y a bien longtemps de ça, elle avait , un jour, vécu ce genre de trahison et pouvait comprendre la rage qui perçait sous les mots ayant griffé le vélin.

Elle fut tentée d'abandonner là, le pli. Le laisser s'en aller au gré du vent... quelque peu déconcertée par toute cette histoire.
Le destin avait souhaité que cette lettre se perde, qu'elle n'arrive pas à destination. Qui était-elle pour changer les choses ?

Et en même temps une petite voix lui disait que c'était peut-être important que ces mots là soient un jour reçus par qui de droit.
Que ces mots touchant à l'intime reviennent aussi entre les mains de celui qui les avait posés.
Mais pour ça, il lui fallait avertir l'écrivain étourdi que sa lettre avait été trouvée à la Vieille Grange


Et au final, ce fut l'affiche qui décida de tout. Comme un clin d'oeil du même destin qui parfois aime à se jouer de nous. Son regard clair fut soudain attiré par une affiche placardée. Elle la parcourut distraitement, sans y prêter plus attention que ça, tant ses pensées restaient captivées par cette lettre égarée.
L'annonce en question évoquait un jeune homme cherchant un emploi, sur Limoges et environs. Un emploi loin des champs et des travaux demandant force et habileté manuelle hormis des écritures.
Mais ce fut le nom du demandeur qui l'interpella à la fin du parchemin.


Liohr Rosenwald
L R.


Ses yeux filèrent de l'affiche à la lettre. Et l'écriture était des plus ressemblantes. Même façon de former les lettres...
Etrange coïncidence qui la décida à tenter de retrouver l'auteur de la mystérieuse missive.
.


Elle reprit son chemin, pressant le pas, jusqu'à l'auberge d'Iseult qui les hébergeait durant le tournoi de lice à la Trémouille.
Et là, elle écrivit à un parfait inconnu, dont elle connaissait malgré elle quelques infortunes.
Pour qu'il sache ce qu'il était advenu de ses écrits.





A vous L.R que je ne connais ni d'Eve, ni d'Adam,

Je vous écris de la Trémouille.
Un gamin de Limoges vient de me donner cette lettre que je pense écrite par vous, mais qui ne m'était pas destinée.
Je n'avais pour vous retrouver que deux initiales. L.R. Avouez c'est peu.
Mais je suis tombée sur une affiche d'un homme demandant du travail.
Et ma foi, il est fort possible que vous soyez celui là même qui a égaré ce pli.

Etes vous Liohr Rosenwald ? Si oui, mes mots vous concernent.
Sinon, veuillez simplement m'excuser de vous avoir dérangé.

Je vais miser sur le fait que vous êtes cet homme-là. Et poursuivre donc...

Je ne suis pas Syrias et par le Diable ... ou le Très Haut dans ce cas là.. personne à ce jour ne m'a encore engrossée.
Je suis Kachina de Lisreux. Propriétaire de la Vieille Grange, avec mon amie Sabdel. Je vis à Limoges, mais j'assiste à un tournoi de lice qui a lieu à la Trémouille depuis quelque temps.

J'ai lu vos écrits. Et ma foi si ça vous insupporte de savoir que cette lettre est tombée entre mes mains, sachez qu'il faut prendre soin des lettres qu'on destine à d'autres.
J'en ai déduit de vos mots que vous avez fait halte à la Veille Grange.

Si je prends plume aujourd'hui... C'est parce que je ne sais pas vraiment quoi faire de cette lettre. Je vous la retourne donc. Un peu froissée... et salie, mais estimez vous heureux que Gertrude ne l'ait pas mâchouillée.

De toute façon, je crains que vous n'alliez devoir la recopier. Voyez là un signe, que ces mots-là ne devaient peut-être pas arriver sous les yeux du destinataire ?
J'ai cru deviner une sombre histoire de coeur et d'amitié bafouée.

Je vous retourne donc vos mots chagrins.

Je ne peux qu'espèrer pour vous que lorsque vous recevrez ma lettre, la situation se soit quelque peu apaisée et que les choses vous paraissent plus sereines.
J'aime à penser que ma plume trouvera un homme heureux , rempli d'envies et de nouveaux rêves, plutôt qu'un homme aigri et triste, se sentant trahi par ceux qui lui étaient chers.

Que les vents vous redeviennent plus favorables.

Kachina

_________________
Adrielle
    Quelque part en BA.
    Alors qu'elle est encore seule en taverne pour quelques instants, la brunette relit avec le sourire la lettre de Kachina.
    Cette dernière transpire le bonheur et cela lui plaît sincèrement.
    Leur voyage est agréable, ils croisent des gens peu recommandables et d'autres fort sympathiques.
    Les jours défilent sans qu'elle puisse les retenir et cela fait déjà au moins une semaine qu'elle a envie de prendre plume pour répondre à Kachi.
    Mais la vie est ainsi faite que parfois on se laisse emporté vers d'autres lieux sans omettre pour autant l'objectif fixé.
    Mais cette fois, ce soir, elle est posé là en terrasse et la plume griffe le velin.






        De moi à vous, encore et toujours.

        Ma chère Kachina,

        avant toute chose désolée pour le retard de réponse.
        Chaque jour, je pense à vous et relis votre pli et l'envie de vous répondre est présente mais le temps passe et la soirée est bien trop entamée pour vous écrire.

        Quel bonheur de vous lire !
        Quel plaisir de sentir dans chacun de vos mots le rayon de soleil du bonheur, le rire presque enfantin parfois et juste une joie de vivre bien ancrée.
        Il me plaît de vous savoir ainsi prise dans des moments joyeux et inoubliables, entourée des vôtres.
        J'ai entendu parler du tournoi en la Trémouille, je sens que vous y prenez du bon temps même si vous avez terminé votre propre tournoi.
        Malgré cela je perçois ce plaisir de vous trouver là bas, et je souris à vous imaginer avec cet enfant qui anime vos journées.

        En joie de savoir que votre amoureux est toujours proche de vous.
        Qu'il semble bien s'entendre avec ceux qui comptent pour vous.
        Quand aux abrutis qui osent lancer des termes qui ne sont pas vous, ils resteront toujours des abrutis. J'imagine qu'il vaut mieux laisser courir... Ils ne comptent pas, soyez heureuse encore longtemps pour l'éternité si cela est possible.
        Je ne crois pas en une religion mais je crois en vous et pour cela j'irai brûler un cierge pour que votre bonheur se poursuive pour la nuit des temps.

        De mon côté, nous sommes actuellement en déplacement comme bien souvent.
        Notre foncet est enfin construit, je ne pensais pas que c'était aussi long à la limite de l'enfantement, ou alors nos chefs de ports ne sont pas pressés... Et franchement j'ai failli perdre patience.
        Il me tarde de pouvoir naviguer à nouveau en tant que capitaine.
        Nous sommes passés en Berry et avons été bien accueillis ! C'était assez amusant d'ailleurs.
        Puis nous sommes allés en Bourgogne pour des raisons commerciales, quelques achats à y faire.
        Avant de reprendre les chemins, j'ai un défi qui est de traverser toutes les villes de France et Navarre comme on dit... Autant dire que c'est pas gagné mais on y travaille.

        Je suis toujours aussi heureuse et amoureuse, et il me le rend bien !
        Chaque soirée est un plaisir, quelques fois nous sommes tous les deux d'autres fois nos amis sont là ou des étrangers. Mais nous prenons toujours autant de plaisir à partager une binouze en taverne! Nous avons fait quelques rencontres sympathiques, c'est bien agréable.
        Avec Max nous refaisons chaque soir le monde, pourtant il tourne toujours autour de nous, ais je crois pouvoir dire sans erreur que vous partagez cette forme de sentiment.
        C'est parfois amusant et d'autres fois nous nous emportons sur des réalités qui nous semblent bien éloignées de ce que nous souhaitons.
        Même si nous ne sommes pas toujours d'accord, nous avons souvent la même vision des choses.

        Et si cela ne se passe pas comme nous aimerions, nous nous adaptons.
        Finalement tant que nous sommes ensemble, n'est ce pas l'essentiel ? Pour nous ça l'est en tous les cas.
        Chaque soir nous prenons les chemins pour nous retrouver au petit matin en pleine nature ou dans une auberge. Chaque nouvelle journée est une merveille, le voir à mes côtés , savoir qu'on va profiter d'une ballade dans la journée, d'un passage sur le marché et passer un moment avec nos proches ou en tête à tête et je trouve ainsi la vie belle.

        Nous restons en alerte sur ce qui se passe ici et là. Mais , nous vivons sans nous poser plus de question que cela.

        Ce soir, il semblerait que nous serons en tête à tête et je dois avouer que j'apprécie.
        Parler sans retenue, se taquiner ou simplement rire ou chanter ensemble.
        Des chansons que parfois les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais toujours en profitant de l'instant.

        Parfois aussi, il me fait rire, car il a peu de mémoire et moi beaucoup.
        Autant vous dire que ça engendre quelques fois des petits délires que les autres ne comprendraient pas.

        Je ne sais pas où nous serons demain, je suis aveuglément et ça me sied parfaitement.
        Où serez vous quand vous me lirez ? Sûrement encore à la Trémouille, les tournois en lice sont en général assez longs.

        Qui peut dire ce que la vie nous réserve ?
        Je répondrai personne et ça me va bien comme ça.
        Alors je savoure chaque bon moment passé, car justement je ne sais pas si demain sera aussi agréable que ce jour...

        Soyez heureuse, prenez soin de vous , vos proches et la petite Hanna.
        Je vous espère tous en pleine forme et avec la bêtise qui égaye les jours et offre de jolis rêves durant les nuits.
        Au plaisir de vous lire,
        Amicalement

        Adrielle



_________________

♥Atelier Au Bonheur des Belles ♥
♥Merci Camomille♥
"Allez vous faire cuire le cul." emprunté à Zulma ♥
See the RP information <<   <   1, 2, 3, ..., 6, 7, 8   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2026
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)