Floriantis

- Du côté du port -
Brest je suis sûr que je vous étonne... fin avril
Ola Kachi,
Vous avez remarqué le "Kachi" ?
Je métonne parfois que mon côté sauvage se laisse un peu amadouer.
La première chose qui ma marqué en vous lisant cette fois, cest que je vous sens différente. Plus légère ou plus vivante.
Et si mes mots ont pu vous aider, alors je suis content de les avoir laissés partir, pour quils se mêlent à ceux que vous recevez.
Encore une fois, vous mavez fait rire, enfin votre fils. Jemploie aussi cette expression, ou bien "les précieux des salons" lorsque je veux être moins "brut de marin".
Il a raison.
Et puis la vraie noblesse, c'est celle du cur.
Quant à Mareth, je crois quelle devine toujours ce que je vais dire lorsque je stoppe mon élan, réalisant que, quand même elle est là.
Même si elle nest pas dupe et que déjà elle rit.
Et je vous ai imaginé remettre au Juge le filet remis à neuf.
Je me rends compte que pour le tournoi, vous n'y êtes pas allée de main morte aussi.
Alors, à mon tour de me confier un peu.
Jai connu quelques histoires importantes. Mes deux dernières restent un peu plus marquées au fond de moi.
Par amour, j'ai aussi fait des folies parfois.
On se dit que si un jour quelque chose change en nous, on se dira tout... et un jour, ça arrive. Les mots changent. Ils essaient pourtant d'adoucir ce moment difficile.
Mais le mal s'insinue, la douleur l'enveloppe et on ne comprend plus.
La dernière, je pensais, allait durer. Ça na pas été le cas.
Et je nai pas compris sur le moment.
Avec le temps, jai cessé de chercher.
Il y a eu une femme, une vie à deux, un enfant qui a un peu moins de trois ans, Ayden. Tout pour que ça dure, moi qui jamais, n'avais plongé aussi profondément dans une histoire.
Et puis un jour, elle a choisi un autre chemin.
Seule. Sans bruit. Sans colère. Juste autrement.
Je nai pas su la retenir. Je crois que c'était inutile. Peut-être quil ny avait rien à retenir non plus.
Depuis, je vis le moment présent. Cest plus simple ainsi. La vie donne encore de belles choses mais je laisse moins de portes ouvertes.
Certains disent que les marins ont une femme dans chaque port. Je crois quils ne connaissent pas les bons marins. Et je crois, surtout, quon peut se perdre partout, même à terre.
Vous avez bien fait de rouvrir la porte au présent. Même si ça tangue un peu au début. Je crois quil nous faut vivre au jour le jour le reste, ça échappe souvent.
Penser à demain ne sert à rien, et vivre à moitié, cest déjà séteindre un peu.
Continuez comme vous le faites Kachi. Ca vous va bien.
Sincèrement, je suis heureux que votre pigeon ait trouvé quelquun qui sache le lire, mais gardez un il sur les vents ils changent vite.
Cest étrange, oui mais je crois que certains échanges trouvent leur place sans quon sache pourquoi.
Au début, jécrivais à une inconnue. Aujourdhui, jécris à une amie. Et ça change tout.
Et ça me plaît.
Je ne me sens ni jugé, ni observé. Juste écouté. Et cest plus rare quon ne le croit.
Ici, rien ne change vraiment.
La mer est là elle fait entendre son chant, son murmure et parfois sa colère, mais elle nous échappe encore.
Alors jattends. Je forge.
Je traîne un peu trop sur les quais. Et je réponds aux missives de ceux qui comptent.
Dailleurs notre ami lemplumé me regarde encore avec cet air de dire : Alors, ce nom ?
Je lui ai répondu que la faute était à Kachi. Il na pas eu lair convaincu.
Mais vous nêtes pas là pour me latter, alors jen profite.
Vous voulez que je vous dise ?
Je me suis demandé, un instant, si nos pigeons allaient continuer leur route après vous avoir lue. Prête à conquérir la vie à nouveau.
Puis jai lu à vous lire.
Alors je me suis dit que tout allait bien.
Faites attention à vous.
A vous lire aussi.
Maritimement
Flo
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- "Elle est partie sans bruit
Comme l'eau qui glisse entre les doigts
Pas de cris, pas de pluie
Juste un vide qu'on n'explique pas..."
(dernière voix)
- Mais il fait quoi lui ?!
Ha nooooonnn! J'viens de nettoyer le pont et toi ? toi ?
toi !!!!!!
Un index pointé sur le pigeon, tout penaud, étalé sur le pont.
- tu défecques là ! avant de t'écraser comme on affale une voile !
Non mais t'abuses quoi !
Il était énervé.
Déjà avant le pigeon. Mais le volatile est arrivé à temps pour se prendre une tempête derrière le crane.
Enervé après les bretons, bon ça c'est habituel, énervé après le parcage des moutons, énervé après la terre entière.
Comme souvent ces temps-ci.
- Et puis j'sais même plus où j'ai posé la missive de Liva. J'espère qu'elle est pas tombée à l'eau.
Il avait cherché, disséminant son tas de parchemins sur le petit bureau de la cabine... mais rien.
C'est toi qui me l'a piqué ?
Tant qu'à faire, le pigeon avait bon dos.
Ca faisait du bien.
S'il avait déjà répondu à la première missive de son amie, il aurait juré avoir posé la réponse qui avait suivi et ne la trouvait plus.
Il allait devoir se souvenir de ce que Liva lui avait écrit.
Il allait répondre, et il lui rappelerait qu'il était blond. Il n'oubliait pas qu'elle et son mari avaient toujours été volontaires pour faire partis de l'équipage ces dernières années et ses missives lui faisaient chaud au coeur.
- Bon allez fais voir ça.
Le Captain se posa à même le pont, à coté de l'emplumé qu'il regarda en fronçant les sourcils.
- J'ai pas encore de nom pour toi.
C'est la faute à Kachi alors tu lui diras quand tu la verras.
Loin des yeux loin des lattes.
Sa réflexion lui soutira un sourire, alors qu'il dépliait la missive. Il aimait bien ces courriers qui l'obligeaient à sortir de sa grotte, et à se mêler aux vivants.
Quelques sourires éclairèrent son regard tandis qu'il lisait.
Quelques soirs plus tard, il laissait courir sa plume, comme on laisse filer une pensée quon na plus envie de retenir. Il se livrait, doucement, au fil des mois et des mots.
Il avait confié le cousin à Mareth qui devenait un peu maman poule, enfin plutôt maman pigeon.
Un sourire en la voyant faire, et il donna nouvelles au jasmin.
Brest je suis sûr que je vous étonne... fin avril
Ola Kachi,
Vous avez remarqué le "Kachi" ?
Je métonne parfois que mon côté sauvage se laisse un peu amadouer.
La première chose qui ma marqué en vous lisant cette fois, cest que je vous sens différente. Plus légère ou plus vivante.
Et si mes mots ont pu vous aider, alors je suis content de les avoir laissés partir, pour quils se mêlent à ceux que vous recevez.
Encore une fois, vous mavez fait rire, enfin votre fils. Jemploie aussi cette expression, ou bien "les précieux des salons" lorsque je veux être moins "brut de marin".
Il a raison.
Et puis la vraie noblesse, c'est celle du cur.
Quant à Mareth, je crois quelle devine toujours ce que je vais dire lorsque je stoppe mon élan, réalisant que, quand même elle est là.
Même si elle nest pas dupe et que déjà elle rit.
Et je vous ai imaginé remettre au Juge le filet remis à neuf.
Je me rends compte que pour le tournoi, vous n'y êtes pas allée de main morte aussi.
Alors, à mon tour de me confier un peu.
Jai connu quelques histoires importantes. Mes deux dernières restent un peu plus marquées au fond de moi.
Par amour, j'ai aussi fait des folies parfois.
On se dit que si un jour quelque chose change en nous, on se dira tout... et un jour, ça arrive. Les mots changent. Ils essaient pourtant d'adoucir ce moment difficile.
Mais le mal s'insinue, la douleur l'enveloppe et on ne comprend plus.
La dernière, je pensais, allait durer. Ça na pas été le cas.
Et je nai pas compris sur le moment.
Avec le temps, jai cessé de chercher.
Il y a eu une femme, une vie à deux, un enfant qui a un peu moins de trois ans, Ayden. Tout pour que ça dure, moi qui jamais, n'avais plongé aussi profondément dans une histoire.
Et puis un jour, elle a choisi un autre chemin.
Seule. Sans bruit. Sans colère. Juste autrement.
Je nai pas su la retenir. Je crois que c'était inutile. Peut-être quil ny avait rien à retenir non plus.
Depuis, je vis le moment présent. Cest plus simple ainsi. La vie donne encore de belles choses mais je laisse moins de portes ouvertes.
Certains disent que les marins ont une femme dans chaque port. Je crois quils ne connaissent pas les bons marins. Et je crois, surtout, quon peut se perdre partout, même à terre.
Vous avez bien fait de rouvrir la porte au présent. Même si ça tangue un peu au début. Je crois quil nous faut vivre au jour le jour le reste, ça échappe souvent.
Penser à demain ne sert à rien, et vivre à moitié, cest déjà séteindre un peu.
Continuez comme vous le faites Kachi. Ca vous va bien.
Sincèrement, je suis heureux que votre pigeon ait trouvé quelquun qui sache le lire, mais gardez un il sur les vents ils changent vite.
Cest étrange, oui mais je crois que certains échanges trouvent leur place sans quon sache pourquoi.
Au début, jécrivais à une inconnue. Aujourdhui, jécris à une amie. Et ça change tout.
Et ça me plaît.
Je ne me sens ni jugé, ni observé. Juste écouté. Et cest plus rare quon ne le croit.
Ici, rien ne change vraiment.
La mer est là elle fait entendre son chant, son murmure et parfois sa colère, mais elle nous échappe encore.
Alors jattends. Je forge.
Je traîne un peu trop sur les quais. Et je réponds aux missives de ceux qui comptent.
Dailleurs notre ami lemplumé me regarde encore avec cet air de dire : Alors, ce nom ?
Je lui ai répondu que la faute était à Kachi. Il na pas eu lair convaincu.
Mais vous nêtes pas là pour me latter, alors jen profite.
Vous voulez que je vous dise ?
Je me suis demandé, un instant, si nos pigeons allaient continuer leur route après vous avoir lue. Prête à conquérir la vie à nouveau.
Puis jai lu à vous lire.
Alors je me suis dit que tout allait bien.
Faites attention à vous.
A vous lire aussi.
Maritimement
Flo
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