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[RP ouvert à qui voudra] Pigeons volent.

Floriantis
-  Bretagne, juin 1474  -







La rose chute doucement, virevolte, tournoie comme si elle prolongeait son vol portée par une légère brise marine.
Ses pétales forment une robe. Elle ressemble à une danseuse tirant sa dernière révérence.
Elle tournoie encore avant de frôler l’écume de la vague qui vient mourir quelques mètres plus bas.
Elle se pose, silencieuse, bercée par le chant de la mer.

Il l’observe. Ses azurs scrutent le moindre mouvement de la danseuse.


C’est vrai qu’elles sont belles les roses d’Ouessant. Tu ne trouves pas ? murmure-t-il, un sourire triste sur les lèvres.
J’aurais tellement aimé te connaître. Entendre ta voix au moins une fois.
Tes éclats de rire.


Au loin il devine les côtes d’Ouessant.
Il n’a plus remis les pieds dans sa bâtisse sur le port depuis longtemps. L’île lui manque parfois.
Pas pour ce qu’elle est devenue.
Pour ce qu’elle a été.
Eusa n’est que souvenirs.

Les iliens continuent de faire vivre l’île avec courage, affrontant les intempéries, les vents, ce temps pas toujours clément sur ce bout de terre où la vie est rude.
Eusa dort.

Il tourne les talons pour reprendre la sente qui mène à sa bâtisse. Le pigeon espagnol allait encore avoir du travail.





Brest le 11 juin 1474


Ola Kachi,

Oui il est beau ce mot j’avance. Il symbolise à lui seul une vie.
Tomber.
Se relever.
Avancer et prouver aux autres qu’on est toujours vivant, malgré les embûches.

Vous m'avez fait rire en évoquant Tani. Je crois que vous l'auriez aimée. Son humour, sa droiture, sa passion presque déraisonnable pour les navires.
Excepté qu’elle avait peur lorsque nous naviguions en nave.
Pas assez de canons disait-elle et je me moquais gentiment. Aujourd'hui encore ça me fait sourire.

J'aime les falaises de la Bretagne, les vagues qui viennent mourir sur la côte, les forêts, les légendes même. Les marins sont superstitieux. Je ne le croyais pas, mais je le suis pourtant.
Mais je n’ai pas trouvé ma place en Bretagne.
En vérité, je crois que je me suis toujours senti davantage chez moi sur le pont d'un navire.
C'est étrange à dire. Pourtant c'est là que j'ai souvent eu le sentiment d'être exactement à ma place.

J’ai ri encore à votre 2eme mariage et j’ai imaginé la scène qui devait être assez cocasse en taverne.
Mon mariage a été un mélange de votre 1er et 3eme.
Je me suis marié de façon druidique, avec juste avant le mariage mon baptême druidique également. J’aime cette façon de baptiser, et d’unir. Ces rubans, ces liens qui nous unissent à la Mère. C’est la magie.
J’ai reçu mon nom celtique, Kregan, qui veut dire coquillage. La Druidesse Olivia me connaît bien.

Et ce mariage précédé de mon baptême a été célébré sur une caraque de guerre que je venais d’acquérir et qui aujourd’hui porte ce nom celtique.
Vous voyez. Je suis très attaché à la mer mais aussi à notre Mère nature.
Sans elle comment pourrions nous respirer.

C’est vrai que la magie est partout lorsqu’on sait regarder.
Moi ce sont les papillons. Ils me font penser à ma mère. Je ne sais pas pourquoi. Enfin si. Elle me manque et pourtant je ne l’ai pas connue. Mais je sais qu’elle était belle et emplie d’amour et d’honneur.
Alors lorsque je vois un papillon, je reste là.
Immobile. Un peu comme un idiot.
Tout le reste disparaît. Le Corsaire aussi. Il ne reste qu’un fils regardant battre deux ailes si fragiles.
Je crois que c’est le côté humain que j’ai gardé.

Vous savez Kachi, en vous écrivant je repars dans ces choses qui sont derrière moi ou enfouies tout au fond de moi, nichées dans des recoins, presque oubliés. Et  souvent ça m’apaise.
Je me sens alors prêt à affronter la prochaine tempête qui malmènera ma coque.
Rien que pour ça, je vous dis merci.

Je vais vous laisser rejoindre vos amis, vos flèches, vos concours et cette cascade qui semble veiller sur vous.

Quant à moi, je vais retourner à ma forge, à mes navires et à mes mauvaises chansons.
Notre pigeon espagnol trouvera bien le chemin.
Il finit toujours par le trouver.

Je suis heureux.
Je ne laisse plus personne décider de mon bonheur et j’avance.

Prenez soin de vous Kachi.
A vous lire.

Maritimement

Flo




_________________
Kachina
Tristan


Il fait une chaleur accablante sur Limoges .Et elle s'est réfugiée sous un saule qui lui offre son ombre.
Au bord de la rivière, assise sur la berge, les pieds dans l'eau pour se rafraichir, elle a fui les bruits et l'agitation de la ville pour un moment de calme, rien qu'à elle.
Elle a des courriers en retard. Aucune envie de travailler.
Alors peut-être est-il temps de prendre plume pour répondre à Tristan....







Au voyageur des chemins qui a posé son baluchon pour un temps.

J'avais lu cet article paru dans l'AAP concernant tes noces gitanes. Le directeur est un de mes amis chers. Et j'ai souri en te lisant, parce que j'avais imaginé une scène semblable à celle que tu m'as décrite.
Je m'étais promise de t'écrire pour te féliciter et puis le temps file si vite parfois quand le bonheur est là.

D'un passé aujourd'hui révolu, je garde en mémoire les coutumes gitanes.
Je ne sais pas si Sandino se souvient encore de moi, mais à l'occasion salue le pour moi, tout comme son épouse .
Il faudra par contre - dans un de tes prochains écrits - que tu m'expliques ce nouveau prénom : Sanjiv .
Celui qui donne la vie.... Ta Luna porte t'elle ton enfant ? Es tu du genre à animer une soirée à toi seul ?
Est ce toi qui l'a choisi ? Est ce un surnom pour je ne sais quelle raison ? Pourquoi se parer d'un autre nom que celui que nos parents nous ont offerts ?
Dis moi !

On m'a parfois donnée tant de surnoms... Des caressants, des offensants, des amicaux, des amoureux, des railleurs, des joueurs, des tendres, des que j'affectionnais.

Tu évoques tes envies de voyages à nouveau et ton désir de fouler le sol du Portugal. Je n'y ai que peu posé les pieds, me contentant de longer ses côtes. Mais je garderai de cette terre étrangère, le souvenir de 4 fières caraques bravant les flots et d'un homme droit et fier qui nous menait tous avec un certain panache.
Et j'ai encore en bouche le goût de ce vin qu'on nous servait dans les bouges lors de nos brèves escales aux environs de Porto .
J'ai là bas encore quelques amis qui luttent et les bruits courent qu'une terrible bataille à fait rage là bas dernièrement. Je n'ai d'ailleurs aucune nouvelle d'eux et ne peut qu'espérer qu'ils s'en soient sortis. Justinian a encore frappé.

Je n'ai plus le goût à combattre . J'ai tellement lutté, résisté pour ne pas sombrer durant deux années, que je n'ai qu'une envie : m'abandonner à la douceur de vivre. Et aux joies que me procurent, ceux que je me plais à ce jour à appeler "Miens".

Tu vois, nous nous sommes tous les deux trouvés une famille. Et je peux sans souci imaginer, vos rires, ces chopes partagées qui s'entrechoquent, ces défis en tous genres, et ces soirées à refaire le monde en bonne compagnie.
Avoue que c'est bon ça, non ?

C'est de Limoges que je te réponds aujourd'hui. Après un long silence de ma part, dû à un tournoi de lice auquel nous avons participé dans cette belle cité de la Trémouille qui nous a si bien accueillis.
Le Poitou semblait se porter plutôt bien. J'ai même eu le plaisir d'un courrier d'une vieille amie qui me reste chère : Alix du Vivier. Nous avons partagé la même jeunesse dans cette contrée d'Armagnac qui m'a vue naitre.
Le Poitou restera toujours associé pour moi à un disparu qui en était issu et qui n'était pas avare pour servir un fabuleux cognac de plus de 10 ans d'âge, vieilli en fût de chêne.

"Mon" Rolf, comme tu l'écris - Même si je sais aujourd'hui, que personne n'appartient jamais vraiment à personne - a terminé en finale. Il a - hélas - été vaincu. Mais ce fut un grand moment et ce tournoi nous a offert de belles rencontres.

Ici à Limoges, nous courons les bois au plus noir de la nuit pour tenter de dénicher un trésor caché. Le Limousin est accoutumé à ce genre de jeux. Et moi qui suis à jamais fille des bois et de la nuit, je me régale à tenir la main de celui qui aime à se surnommer aujourd'hui l'Abominable Blaireau.

La vie s'écoule , plutôt rieuse pour moi en ce mois de juin, Tristan.
Ou dois je à présent t'appeler Sanjiv ?
Et je savoure - oh combien - chaque instant, chaque partage.

Je me suis vue gagée d'écrire une ode "caustique " à mon Amie Sab... Gagée encore d'écrire un quatrain dédié à un blaireau, et une fable dans laquelle j'ai acoquiné un coq, une poularde, un blaireau, une renarde et même un crapaud et sa caille.

Le bonheur inspire, il parait.
Et je suis inspirée, tu sais.

Ma petite Hana s'est vue défiée de glisser quelques grenouilles dans les draps de mon Frère Sub et sa belle Arlésienne Sabdel.... Mais cette mioche semble aussi excessive que je le suis et c'est tout un seau rempli de batraciens qu'elle a versé sur la couche des deux amoureux.

Nous vivons d'insouciance, de complicités folles...
Comme de sales mioches n'ayant jamais quitté les rives de l'enfance.
Et par le Diable, qu'est ce que c'est bon !

Je vis de plaisir aussi quand le désir s'invite entre Rolf et moi.
S'il ne s'invite pas, il s'en trouve toujours l'un de nous pour le convoquer, d'un mot, d'un geste, d'un regard qui en dit long....

Mais tu sais tout ça, heureux jeune marié. Je ne vais pas disserter plus longtemps à ce sujet.

Prends soin de ce bonheur là Tristan. Il est précieux.

Je sais pour ma part que le bonheur vous file parfois entre les doigts sans qu'on ne puisse le retenir vraiment. C'est pourquoi je suis gourmande de tout en ces jours sans nuages.

Et c'est sur cette note gourmande que je vais conclure ma missive.
Que cet été à venir te garde amoureux, et heureux. Veille sur votre histoire. Faites en une belle histoire, qui dure... L'amour , le vrai ne passe pas si souvent dans une vie.

A te lire, quand il te sièra.

Kachi


image générée par IA

_________________
Kachina
Adrielle



Une auberge quasi vide , qui a le mérite d'être faite de larges murs de pierre qui gardent la fraicheur. Elle y est attablée dans un coin de la grand'salle devant une écuelle contenant le plat du jour, à savoir une fricassée de légumes frais améliorée d'une tranche de jambon de pays fumé au foin.
Elle savoure son repas, tout autant qu'elle savoure le fait de se retrouver en Limousin. Ils ramènent avec eux les blessés, rescapés d'une armée berrichonne.
Son repas terminé, elle repousse l'assiette vide et fait place nette pour son nécessaire d'écriture.

Ils ne repartiront que le soir venu, pour ménager les chevaux que les mouches harcèlent en journée. Il lui reste donc du temps pour répondre à ceux qu'elle nomme familièrement parfois ses pigeons espagnols.

C'est Adrielle qui a la primeur d'une missive en ce début juillet.





De moi à vous, toujours ....

Comme toujours le temps semble filer entre nos doigts à une vitesse folle. Nous voici en juillet et j'ai tardé... à vous donner nouvelles.
Nouvelles que voici, posées ici en vrac, comme elles me viennent à l'esprit :

Le tournoi tout d'abord. Un bien beau souvenir que voilà. Sachez que Rolf a terminé en finale. Il a , hélas, été vaincu. Mais nous aurons tous pris un plaisir fou à participer à cet événement là.
A peine le temps de souffler, aussitôt revenus en terres du Limousin, que nous avons été sollicités pour une chasse au trésor de nuit, à la lueur des lanternes. Là encore ce fut un bien joli moment. J'avais pour partenaire d'aventure cette nuit là Rolf toujours.

Je relis votre pli Adrielle et vous le qualifiez de "mon amoureux". Je ne le pense pas amoureux... Tout comme je ne prétends pas l'être. Je ne sais pas vraiment comment le présenter ce bougre d'homme. Nous sommes complices, attirés l'un par l'autre assurément, partenaires de défis et de rires. Le désir est là. Le plaisir aussi.
Mais ni lui, ni moi - je suppose - n'avons envie de nous bruler aux ravages de la passion.
Je garde au coeur bien trop de cicatrices encore, même si elles ne sont plus plaies ouvertes à ce jour.
Et Lui... Lui je n'en sais fichtrement rien de ce qu'il ressent.
Il est de ceux qui aiment donner. Et je prends tout ce qu'il aime me donner.

On est bien... est ce que ce n'est pas suffisant pour l'instant ?
L'ennui est absent de nos heures partagées et c'est déjà beaucoup.

Je vais bien, Adrielle. Les heures coulent, paisibles et rieuses le plus souvent.

Quoique , ces derniers jours nous ont vus bien soucieux . Nous avons dû dénicher des onguents et remèdes pour aller secourir en Berry deux proches, tombés sous les coups d'une armée. Je suis ce jour à Bourganeuf et nous les ramenons, remis sur pied à Limoges, où nous seront demain, si tout va bien.
Voyez Adrielle, vous qui me vantiez un Berry accueillant, ça n'a pas été le cas pour la soeur de Rolf et son ami.
Mais nous avons eu de la chance de trouver des gens de bien, qui nous ont cédés les remèdes nécessaires. Et Rolf avait , là bas, quelques anciennes connaissances qui nous ont certainement facilité le passage.

Nous avons ensuite le projet d'aller voyager dans le sud. Mon amie Sabdel y a un foncet dont elle rêve de se débarrasser. D'ailleurs félicitations pour avoir enfin terminé le vôtre. Vous devez être fiers. Bravo à vous.
Si vous connaissez autour de vous quelqu'un qui rêve d'un bateau, faites moi signe. Il se trouve en Provence où nous irons prochainement.
L'été au rythme du chant des cigales, avouez que c'est bon, non ?
Ma petite Hana aimerait revoir également la ville où elle a grandi. Une sorte de pélerinage en quelque sorte, pour remiser définitivement au placard tous les souvenirs de son enfance à l'orphelinat.
Elle a fait de Rolf son père adoptif, ce qui fait encore quelque chose qui nous relie lui et moi, et cette chipie n'a de cesse, comme lui, de vouloir sauver le monde.
En l'occurrence, traduisez qu'elle ramasse la moindre bestiole qui se trouve sur son chemin et que nous accompagne - à présent - toute une ménagerie d'animaux les plus divers.
Sa dernière lubie est un essaim d'abeilles, qu'elle a surnommé Grelot....
Mais elle est vive et joueuse, elle m'émerveille, me fait rire autant que je m'inquiète pour elle parfois. J'avais oublié ce sentiment de trembler pour plus petit que soi.
Elle a conquis tous mes proches, avec son minois de chipie et son coeur grand à vous réchauffer le vôtre.

Je crois que nous allons tous paresser au soleil de l'été. Casser un peu ce rythme fou pour simplement prendre le temps de vivre le moment présent.
Je crains que ma prochaine missive ne décrira pas de folles aventures tant nous nous serons tous alanguis pour cette saison chaude.
Mais sait on jamais ? La vie aime parfois tant jouer à nous surprendre .

Mon ami Ladz nous a quittés. Il a repris le chemin de sa brasserie de bière, à Bordeaux et je m'en veux de l'avoir blessé. Je le sais occupé à son rôle de rédacteur en chef de l'AAP, qui lui prend tout son temps et son énergie. J'espère que nos chemins se croiseront à nouveau quand le temps aura fait son oeuvre.

Au fil de vos mots, il me plait d'imaginer votre vie actuelle où l'amour a toute sa place. Je sais encore ce bonheur fou de s'abandonner à l'Autre en toute confiance. Comme une évidence... Je sais aussi ce qu'il en coûte parfois. Et je sais aussi que ça vaut le coup.

Alors savourez tout Adrielle, goutez à chaque instant avec la joyeuse gourmandise qui semble vous caractériser.
Je ne vous ai jamais imaginée que vive et enjouée..
Et belle....

A vous lire. Quand il vous siéra. Etre heureuse ça prend du temps parfois...
Soyons le toutes les deux !

Kachi


_________________
Kachina
Floriantis





Autour d'elle on s'agite. C'est ainsi que vit Limoges, dans une perpétuelle agitation. Et c'est comme ça qu'elle l'aime cette ville qui a réussi à lui faire oublier Marseille.
Elle relève de temps en temps le nez de ses écrits. Son regard vert balaie machinalement cette salle d'auberge aux murs épais qui la protègent de la fournaise qui règne à l'extérieur.
Le chien qui quémande un os à deux voyageurs terminant leur repas.
Trois miliciens jouant aux dés, parlant gras et fort.
La serveuse qui se faufile entre les tables, son plateau de chopes de bière mousseuse à souhait, calé sur son épaule, tentant d'éviter les mains avides d'un saoulard au regard vicieux.
L'aubergiste qui compte ses sous derrière le comptoir.
Cette jeune fille qui dénote parmi cette faune hétéroclite et bruyante... Regard baissé, attentive aux conseils que lui prodigue sa chaperonne aux traits sévères.

La vie est là. Elle en sourit.
Combien de rêves, de secrets, de peurs et de doutes sous ses fronts là ?
Combien de ratés et d'heures belles ? De nuits d'insomnie, de folles étreintes ?

Elle s'en fout après tout. Elle se penche à nouveau sur son vélin, mèches sombres effleurant le bois de sa table. Et ses pensées l'emportent loin de tout ça, survolant le Limousin pour la mener en Breizh.

Puisqu'en ce dimanche de juin, elle répond enfin à Flo.






Flo,

Les marins sont superstitieux m'avez vous écrit. Et vous aussi.
Je crois moi, que la vie nous offre parfois des signes, que nous savons ou pas décrypter.
Je crois qu'elle se plait à nous mener sur des chemins, qu'il nous incombe de parcourir au mieux à moins de nous y perdre.

Vous êtes fait de ces roches bretonnes, quand j'ai au coeur les calanques du sud et leurs parfums de genévriers et de thym. Pourtant c'est à Limoges que j'ai choisi de vivre un jour. Allez savoir pourquoi ? Au départ parce que mon frère s'était amouraché d'une tavernière et que nous y avons fait une halte plus longue que prévue. Jusqu'à nous laisser séduire par cette cité aux mille visages.

Nous devrions cependant bientôt revoir la Provence. Mon amie Sabdel doit gèrer un foncet échoué au port naturel de Toulon. Ce même lieu où nous faisions jadis des "pas d'armes"... Une bande de filles contre une de garçons, s'opposant dans la nuit pour tenter de piquer les escarcelles de l'autre troupe. Sans violence et sans armes... Un jeu de défis et d'amitiés sur fond de chants défieurs et de rires.
La vie se joue comme on joue aux échecs, comme on mise le tapis parfois, ou comme une danse sereine autant que joyeuse aussi.

Mais je vais vous ennuyer à trop philosopher à propos de tout et de rien.
Comment allez vous Flo ? Ou plutôt devrais je vous appeler Kregan ?
Un homme qui comme vous a un jour recueilli un de mes pigeons espagnols s'est marié dernièrement en suivant les coutumes gitanes et on lui a aussi changé de nom.
C'est curieux ce besoin de rebaptiser les gens... Comme si nos parents choisissaient pour nous un prénom au départ, mais que la vie ensuite nous en façonnait un autre qui sièrait mieux à notre vie d'adulte ?

Je ne vais plus regarder les coquillages de la même façon. Mais il vous va comme un gant ce deuxième prénom... Il invite à la mer, au ressac et au sable des plages.
J'aime aussi ce symbole des rubans. Comme un lien invisible qui relie deux âmes destinées.

Je crois que la magie appartient aux enfants et que si nous savons encore la reconnaitre, nous ne sommes jamais que des mioches bataillant avec nos peaux d'adultes.

Savez vous que j'ai une passion pour les papillons ? Le côté métamorphose je crois, leur beauté éphémère et cette façon qu'ils ont de butiner sans s'attarder pour déjà aller voir ailleurs. Et moi aussi parfois je vois dans certains signes comme une caresse de mes disparus. Au détour d'une ruelle, un chant, un objet oublié qu'on retrouve un matin chagrin. Un mot balancé comme ça au hasard d'une conversation...

Pfiouu, que mes écrits sont sérieux en ce dimanche Flo. C'est peut-être ça la magie entre nous. Pouvoir laisser la plume courir au gré de nos pensées, sans aucune censure. Sans autre étât d'esprit que celui du partage.
Et c'est bon !

Pour ce qui est des nouvelles, après le tournoi de lice où nous avons tous pris plaisir, nous sommes rentrés à Limoges pour une chasse au trésor qui a duré une nuit de pleine lune. Le Limousin a ce talent de nous offrir de telles distractions.

Et si vous aviez été dans le coin, je vous aurais sollicité pour aiguiser ma hache. Mon frère est forgeron, mais il oublie parfois de lire mes messages je crois et j'ai trouvé de l'aide auprès d'une vieille amie qui vient du sud tout comme moi. J'ai je crois à présent, assez de bois pour affronter l'hiver.

Et puis il nous a fallu à nouveau seller nos chevaux pour filer au galop secourir deux amis tombés sous les coups d'une armée berrichonne un peu trop virulente où en mal d'exercice. Nous avons patienté dans une ville morne, le temps que nos blessés reprennent des forces. Et je remercie encore ceux qui nous ont fourni les remèdes et les onguents.
Je me suis revue à St Brieuc, après mon naufrage. A l'époque ma soeur et mon frère Duart étaient venus m'aider. Et j'ai le souvenir d'une jeune femme chaleureuse que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam qui m'avait, elle aussi , procuré les précieux remèdes.

Nous voici de retour en Limousin, et j'ai ouvert à nouveau mon atelier pour assembler quelques pièces de soie qui rendront les hommes du coin encore plus séduisants.

Nous prévoyons d'aller dans le sud prochainement. Hana veut revoir les terres de son enfance, et cet orphelinat où elle a vécu jusqu'à ses 5 ans. Une façon pour elle je pense d'exorciser ses peurs et ses souvenirs...

Et cet automne, Rolf a dans l'idée d'organiser des jeux inter comtés ici à Limoges... Un jeu de l'oie, un concours d'éloquence, une course d'escargots...Si l'idée vous tente, dites le moi.

Tant mieux si nos échanges vous apaisent et vous arment en prévision de quelque mauvais coup de vent à venir. Mais vous l'avez si bien écrit Flo : " Je ne laisse plus personne décider de mon bonheur et j’avance."

Et par le Diable, comme elle me parle cette phrase là, si vous saviez !

Savourons cet été Flo. Les soirées à la fraiche, les bains à la rivière, les matinels sur la terrasse... Le ciel si bleu. Les vêtements légers et les pieds nus. Les danses sur les places des villages.

Vivons..

A vous lire, toujours.

Et au fait .. Si nous appelions notre pigeon simplement Breizh ? Il revient toujours vers les côtes bretonnes non ? Faisons lui oublier ses origines espagnoles diantre.
Tenez, je lance le dé. Si il nous offre un chiffre pair, le pigeon se nommera Breizh.
Si le chiffre est impair.. il vous appartiendra d'y trouver un nom...
Arf mince.... 5. A vous donc de vous creuser la cervelle.

Kachi




Vous avez défié Floriantis aux dés et vous avez obtenu le résultat suivant : 5.

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Floriantis
    - Quelque part mi juin -

    "C'est indéniable : nous progressons !"
    (De cape et de crocs)




    Une légère houle accompagne le navire qui avance d'un pas à la fois lourd et souple, défiant les vagues sans jamais leur céder.
    Debout à la proue, longue-vue rivée à l'œil, le Captain observe l'horizon. Puis il l'abaisse lentement, ferme les yeux un instant et inspire profondément l'air salin.

    Un discret sourire éclaire son visage hâlé par le soleil et les embruns qu'il fréquente depuis plus de dix années désormais. Ce petit quelque chose qui brille dans son regard azur ne saurait être perçu par ceux qui croiseraient sa route.
    Seuls ceux qui connaissent l'ancien Corsaire de France devineraient ce qu'il ressent.

    Le bonheur de la liberté.
    Une liberté simple, brute.
    Celle d'un homme qui ne se sent véritablement vivant que sur le pont d'un navire. Là où les faux-semblants n'ont guère leur place. Là où chaque décision peut coûter un équipage ou une vie.

    Il se retourne et jette un œil vers la barre qu'il avait confiée quelques instants plus tôt à un matelot de confiance. Il s'amuse à le voir si fier de tenir la roue.
    Le marin sourit et l'Alcapari ne peut s'empêcher de faire durer le moment, avant d'enfin le rejoindre.
    D'un simple signe de tête, il le relève de sa tâche, un léger sourire sur les lèvres.
    Sa main glisse sur le bois usé tandis qu'il reprend sa place, regard porté vers le large.
    Tout est si calme, rien ne vient troubler la ligne d'horizon.  

    Il aime le chant de la coque, le claquement des voiles qui cherchent le vent pour emmener le navire dans sa course folle. Le grincement des cordages. Les cris lancés d'un bout à l'autre du pont.
    Il aime surtout cette sensation qu'il n'avait plus ressentie depuis des mois. Jouer avec les vents. Guetter leurs caprices.
    Deviner leurs changements avant qu'ils ne surviennent.
    Filer sur les vagues au rythme de leur chant, parfois rejoint par les chansons des marins occupés aux voiles ou aux haubans.

    Son sourire s'élargit.
    Il fredonne un vieux chant corsaire qui revenait sans cesse parmi les équipages.
    Un de ceux qui voyageaient autrefois d'un bateau à l'autre avant de finir sa route autour de quelques godets de rhum le soir venu, lorsque les navires dormaient coques contre coques.

    "La vie est trop courte pour manquer la chaloupe
    et les femmes sont trop belles pour pouvoir se passer d'elles
    Prenons notre courage à deux mains et ramons là-bas au loin.
    Si femmes nous trouvons, femmes nous rapporterons !"


    Il n'en avait jamais rapportées.
    Elles seraient passées par-dessus bord.

    Lorsqu'il demeure à terre, il se fond dans la foule, aussi discret que ces herbes que la brise agite doucement le long des falaises. Il vit au rythme de mère nature et de la mer à qui il a confié sa vie depuis l’été 61.

    Mais ici…
    Ici il est à sa place.

    Il a appris auprès des meilleures navigatrices. Il est devenu un capitaine courageux.
    Ou inconscient. La limite est parfois bien mince.
    Il donne ses conseils. On les suit ou non. Et parfois, tant pis pour ceux qui n'en ont cure.
    Un jour peut-être, la mer remportera enfin leur duel, et l'entraînera dans ses profondeurs après un ultime naufrage.

    Mais si ce jour devait arriver... alors il partirait sans regrets.
    Parce qu'il aura été heureux.
    Heureux en mer.

    Et donc, il commence une missive à Kachi, qu'il terminera lorsqu'il aura reçu nouvelles.




Ola Kachi,

Fermez les yeux.
Ecoutez.
Respirez.

Sentez-vous cet air léger, un peu tiède et qui trimballe un parfum marin qui vous enrubanne de cette senteur que l'on reconnaît entre mille ?
Pas votre jasmin qui embaume, mais cet air chargé d'embruns qui me suit partout, lorsque je quitte la mer.

Lorsque je naviguais avec Harpège, je remplissais des bonbonnes d'air marin pour les sentir lorsque, à terre, la mer me manquait. Ça amusait le Captain qui jetait un oeil à mes bonbonnes en disant :  vous allez finir par mettre la mer en bouteille.

Vous avez deviné d'où je vous écris cette fois ?

Bien sûr que oui.
Tout autour de moi, la mer. J'aperçois à peine les côtes par babord et le roulis est si calme que je peux écrire sans problème.
Je suis heureux, Kachi. Je suis en mer.
J’avance.
Je flotte même. Enfin pour l'instant.
Je chante ces chansons de marins que personne ne comprend vraiment.
Rien de tel que le pont d’un navire pour faire revivre un Capitaine.

Nous sommes dans les derniers jours de juin et j'emmène un navire à ma fille de cœur Juliette, du côté de la Guyenne. Je resterai un peu dans ce port pour profiter d’elle, avant de remonter par les chemins.
Je dois être attentif et surveiller les manœuvres. Je reprendrai votre courrier plus tard.

Me voici donc.
Quelques jours ont passé, et j’ai devant les yeux votre dernier courrier.

Lorsque j’étais à bord, je n'avais plus senti cette sensation de liberté depuis l'automne. Cette sensation où la seule chose qui compte, c'est le cap.
La mer n'a pas été très méchante. Elle fait le dos rond sous la coque, comme si elle voulait ménager un Captain qu'elle imagine peut-être un peu rouillé.  

Et quand je pense à la mer, je pense à ces calanques du sud que vous me décrivez. Chaque côte possède son caractère.
Certaines dressent leurs défenses rocheuses.
D'autres vous invitent à venir vous y reposer.
Les calanques donnent l'impression que la mer s'y repose quelques instants avant de repartir vers le large.

J'ai connu Marseille,
Toulon,
Montpellier,
Narbonne... où le ressac mêlé aux vents retient parfois le navire avant de le laisser s'échapper du port.
J'aime naviguer en Méditerranée.
Tani l'appelait la mare aux canards, parce qu'on y navigue plus facilement et qu'on y croise bien plus de navires.

Et qui dit mer, dit coquillage.
Peut être que si vous apercevez un coquillage dans le sable vous lui demanderez : c’est vous Flo ? J’espère qu’il ne vous répondra pas "oui c’est moi".
Ce serait un imposteur.
Il nous faut donc un mot de passe qui sera mon prénom celte Kregan. Vous devrez lui demander son nom.
Je vous imagine déjà taper la discute avec un coquillage alors que vos amis vous observent.

Lors de cette cérémonie du nom, Olivia a justifié ce nom en disant que j’étais un homme des flots, et que je m’accrochais solidement à mes valeurs et aux gens que j’aimais. Qu’en tant que Capitaine j’habitais mes embarcations avec autant de dévouement que d’enthousiasme.

Je m'y suis reconnu immédiatement. Mais je dois vous avertir, je ne trimbale pas ma demeure sur mon dos.
Je ne suis qu’un coquillage qui profite du ressac pour être tantôt à terre, tantôt en mer.

J’ai souri en lisant vos mots "ne nous sommes jamais que des mioches bataillant avec nos peaux d’adultes". Ils m’ont fait penser à une gamine d’environ 10 ans, Pom’, la protégée d’Harpège.
Elle m'avait dit un jour "Toi tu r'ssembles pas aux autres grands. T'es comme un enfant qu'est plus grand. Tu m'comprends trop. "

Ca m’avait amusé mais je crois que c'est un des plus beaux compliments que j'ai reçus. J’ai gardé cette âme qui me permet de ne pas me prendre trop au sérieux, et de croire que parfois, il y a de la magie dans l’air.

Vos écrits, qu’ils soient sérieux ou non me plaisent et oui c’est bon de pouvoir laisser courir sa plume ainsi.
Et si un jour vos chemins passent près de ma forge, vous pourrez toujours compter sur elle. J’aime travailler le fer autant que le bois.

Et pour cet automne ça me tente grandement si je suis à terre. Jeu de l’oie, course d’escargot, ce sont des choses qui me plaisent déjà.
Si je le peux, je viendrai.

Et vous avez raison.
Oui savourons l’été, la chaleur, la fraicheur sous un bel arbre, les baignades et les moments à ne rien faire, avec simplement un godet à la main, les yeux rivés sur l'horizon qui nous inspire la liberté et la vie.
Vivons.
Je crois que vous avez parfaitement résumé.

Et pour notre emplumé voyageur, que pensez-vous de :
Alizé, pour le vent.
Ressac, parce qu'il revient toujours.
Goéland, mais il prendrait sûrement la grosse tête. Alors peut-être Mouette... c'est déjà plus modeste.
Galet, parce que ces petits cailloux savent ricocher sur l'eau. Enfin... je ne suis pas certain que notre pigeon en soit capable.

Voyez... j'ai fait travailler mon imagination de blond et j'continue de chercher. Je ne garantis pas le résultat.
Et la prochaine fois je compte vous raconter quelque mésaventure qu'il m'est arrivée.
Je suis presque certain de vous faire sourire.

A vous lire, bien évidemment.

Flo ou Kregan

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Adrielle
    Il y a un temps pour tout.
    Certes, c'est ce que l'on dit.
    Mais ce que l'on tait avec une aisance déconcertante, c'est que le temps file à la vitesse d'un équidé au galop même plus prestement que cela.
    Alors, en relisant la missive de Kachina, elle se rend compte que deux semaines se sont écoulée.
    Evidemment, une fois encore, Adrielle n'a pas vu le temps passer..

    Aussi, en cette chaude journée, où ils se sont offert un nouvel appartement, la brunette s'installe au bureau fraichement acheté pour lui répondre.
    Elle fredonne doucement en prenant la plume...
    En douceur, presque un cadence répétée , des mots qui s'enchainent comme ses pas ou ses pensées...





        De moi à vous ou de vous à moi, voire les deux !

        Chère Kachina,

        je vais débuter ce pli par ce que je fredonne, une chanson qui quelque part me fait penser à vous.
        Vous l'expliquer?
        Je pense que vous comprendrez par vous même pour quelles raisons, elle me fait sourire en vous imaginant.

                Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
                Un reste de racine, c'est un peu solitaire
                C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil
                C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvert

                Un arbre millénaire, un nœud dans le bois
                C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air
                C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond
                Le mystère profond, la promesse de vie

                C'est le souffle du vent au sommet des collines
                C'est une vieille ruine, le vide, le néant
                C'est la pie qui jacasse, c'est l'averse qui verse
                Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de Mars

                C'est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent
                C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance
                C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine
                Un reste de racine, c'est un peu solitaire

                C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose
                Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire

                Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte
                C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout

                Un poisson, un geste, c'est comme du vif argent
                C'est tout ce qu'on attend, c'est tout ce qui nous reste
                C'est du bois, c'est un jour le bout du quai
                Un alcool trafiqué, le chemin le plus court

                C'est le cri d'un hibou, un corps ensommeillé
                La voiture rouillée, c'est la boue, c'est la boue
                Un pas, un pont, un crapaud qui croasse
                C'est un chaland qui passe, c'est un bel horizon
                C'est la saison des pluies, c'est la fonte des glaces
                Ce sont les eaux de Mars, la promesse de vie

                Une pierre, un bâton, c'est Joseph et c'est Jacques
                Un serpent qui attaque, une entaille au talon
                Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
                Un reste de racine, c'est un peu solitaire

                C'est l'hiver qui s'efface, la fin d'une saison
                C'est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
                La promesse de vie, le mystère profond
                Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

                Pau e pedra, é o fim do caminho
                É um resto de toco, é um pouco sozinho
                Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
                Un reste de racine, c'est un peu solitaire
                Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
                Un reste de racine, c'est un peu solitaire


        Félicitations à Rolf d'avoir était finaliste du tournoi même si ce n'est plus d'actualité, comme j'espère votre amie remise de ses blessures , le Berry est donc aussi surprenant que d'autres régions, nous avons eu grande chance.

        Peu importe ce qui vous lie à cet homme, tant que le plaisir est présent et partagé, c'est l'essentiel. Parfois les sentiments sont comme les émotions et revêtent différentes formes que l'on ne peut traduire.
        D'ailleurs il serait bien difficile de décrypter les raisons d'un coeur ou non.
        Je ne vais pas faire de la psychologie de comptoir!
        Ce qui m'importe est que vous soyez bien, avec des moments de rire, de joie, de plaisir, de bonheur, on prend tous les petits riens qui forment un tout !
        Soyez donc bien encore longtemps, c'est tout ce que je vous souhaite, du plus profond de mon être.

        Vous avez de nombreux amis et connaissances et j'en suis ravie pour vous.
        Je crois parfois être associable, je ne fais pas facilement confiance, ni n'offre avec aisance mon amitié, nous nous suffisons à deux bien que nous voyageons avec ceux qui désirent nous accompagner.
        Ce sont souvent les mêmes personnes, des proches, des amis mais ma main suffit largement à les dénombrer!

        Vous avez sûrement pris la direction du Sud, nous sommes partis vers l'oeust... Nous devions aussi descendre puis finalement nos plans ont changé.
        Nous découvrons la Normandie et nous y traînons un peu les pieds.
        J'aime retrouver les plages, contempler l'horizon depuis les falaises.
        J'aurai à une époque aimer m'y installer, mais il y a pas assez de passage pour nous qui avons toujours des bricoles à vendre.
        Toutefois nous profitons de notre séjour.
        Nous voilà arrivés à Rouen , j'aime l'architecture de la région.

        Je note pour le foncet, nous en avons enfin construit un mais parfois nous aimerions en avoir un autre sur un autre fleuve, sommes nous trop rêveurs? Je ne saurai dire, la nave c'est pas pour demain, malheureusement, m'enfin nous faisons avec et surtout comme nous le pouvons.

        Je comprends parfaitement la petite Hana , j'ai une ménagerie et je pense à avoir des abeilles mais bon c'est pas encore pour demain la veille.
        Je suis ravie de lire qu'elle est heureuse à vos côtés, les enfants ont un petit quelque chose qui nous refile de l'espoir même quand nous sommes en déroute, je trouve cela génial.
        Je ne suis pas étonnée qu'elle ait conquis vos proches.
        Profitez de chaque moment à ses côtés et même aux côtés de vos proches...
        Mais je prêche une convaincue je le sais bien!

        De notre côté, ce sont des journées plages ou proche du port à l'ombre d'un navire.
        J'ai beaucoup aimé Honfleur, Fécamp, Rouen est un jolie capitale également.
        Nous croisons peu de personne mais cela ne me dérange pas plus que ça, parfois on est témoin en taverne de scène dont je me passerai alors je me dis qu'il est parfois préférable de ne croiser personne.
        Même si je trouve triste de voir si peu de monde sortir de chez eux.

        Je ne sais combien de temps nous allons flâner par ici, mais nous profitons pleinement de chaque moment de la journée.
        Nous aussi, nous laissons aller à traîner, à faire des siestes... à vivre à un rythme différent... toute en langueur je dirai.
        Pour l'instant nous n'avons guère l'envie de filer ailleurs alors on reste simplement.

        Je vous espère toujours heureuse et rieuse.
        Profitez de cette période estivale comme nous le faisons.
        Vous avez tout à fait raison, être heureuse prend du temps et c'est tant mieux.

        Je vous joins un coquillage de la plage de Honfleur où je suis restée des heures à scruter l'onde aquatique épouser le ciel, c'était juste magnifique.
        J'ai pu voir quelques voiles au loin, je ne saurai dire quel pavillon voguait mais cela m'a fait penser à nos voyage en mer.

        Amusez vous!
        Amicalement

        Adri


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