Beths

[Matin de novembre]
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or. Le Cahier rouge, F.C.
Automne … Oui l’automne était bien là. Au chaud au domaine de Chaptuzat, domaine de sa marraine où elle avait trouvé refuge, bornée qu’elle était de refuser de retrouver son époux, la Duchesse à la croisée regardait le paysage. Une main sur son ventre qui doucement, sereinement, s’arrondissait imperceptiblement sous l’habitant qui petit à petit prenait place en ses pensées, en son cœur. D’ici peu de temps, elle ne pourrait plus cacher son état … elle devait voir Marty, elle devait lui parler. Elle avait pensé pouvoir profiter du mariage de Bettym … las … de mariage il n’y avait point eu, mais un enfant été né … Guéric … et sitôt remise de ses couches, sa jumelle de cœur était partie. Quitter le BA, ces terres que toutes deux aimaient tant. Mais Beths avait compris le désir, le besoin de son amie, et c’est déchirée et silencieuse qu’elle avait assistée à son départ. Les deux B savaient l’une comme l’autre que la vie leur permettrait de se revoir …
Pour l’heure la Duchesse réfléchissait à un moyen de rencontrer son époux. Elle lui en voulait toujours pour Bettym, pour son choix, le fait qu’il ne l’ait pas concerté, pour les mots qui avaient dévalés torrent furieux … ses mots à lui, ses mots à elle … Et deux être ensuite têtus qui restent sur leur position.
Sauf, qu’elle l’aimait toujours et qu’il lui manquait terriblement, qu’elle avait besoin de lui, de son sourire, de son regard, elle voulait qu’il la prenne dans ses bras, qu’il la cajole, la console. Et puis ils n’étaient plus deux, mais trois … douce caresse sur cet être qui l’habitait et qui réjouirait Marty, elle en était certaine.
Comment faire ? Doux soupir qui s’échappa de sa bouche alors qu’elle était seule à Chaptuzat, Legowen l’empêchant de prendre la moindre garde … se rappelant le désastre de sa précédente grossesse. Pauvre sourire qui naquit sur ses lèvres … Leg la protégeait.
Les yeux rivés sur l’extérieur, elle aperçu soudain un messager … une lettre pour son amie ? S’avançant à la rencontre de l’homme, sa surprise s’accentua lorsqu’elle apprit que la missive était pour elle. Certes, elle ne s’était point cachée, et son lieu de résidence était connu, néanmoins …
Ses mains se mirent à trembler alors qu’elle prit le parchemin de mauvaise qualité … que … rentrant précipitamment dans ce qui avait été pour elle un havre de paix et de tranquillité, elle décacheta tremblante la lettre, une simple lettre …
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or. Le Cahier rouge, F.C.
Automne … Oui l’automne était bien là. Au chaud au domaine de Chaptuzat, domaine de sa marraine où elle avait trouvé refuge, bornée qu’elle était de refuser de retrouver son époux, la Duchesse à la croisée regardait le paysage. Une main sur son ventre qui doucement, sereinement, s’arrondissait imperceptiblement sous l’habitant qui petit à petit prenait place en ses pensées, en son cœur. D’ici peu de temps, elle ne pourrait plus cacher son état … elle devait voir Marty, elle devait lui parler. Elle avait pensé pouvoir profiter du mariage de Bettym … las … de mariage il n’y avait point eu, mais un enfant été né … Guéric … et sitôt remise de ses couches, sa jumelle de cœur était partie. Quitter le BA, ces terres que toutes deux aimaient tant. Mais Beths avait compris le désir, le besoin de son amie, et c’est déchirée et silencieuse qu’elle avait assistée à son départ. Les deux B savaient l’une comme l’autre que la vie leur permettrait de se revoir …
Pour l’heure la Duchesse réfléchissait à un moyen de rencontrer son époux. Elle lui en voulait toujours pour Bettym, pour son choix, le fait qu’il ne l’ait pas concerté, pour les mots qui avaient dévalés torrent furieux … ses mots à lui, ses mots à elle … Et deux être ensuite têtus qui restent sur leur position.
Sauf, qu’elle l’aimait toujours et qu’il lui manquait terriblement, qu’elle avait besoin de lui, de son sourire, de son regard, elle voulait qu’il la prenne dans ses bras, qu’il la cajole, la console. Et puis ils n’étaient plus deux, mais trois … douce caresse sur cet être qui l’habitait et qui réjouirait Marty, elle en était certaine.
Comment faire ? Doux soupir qui s’échappa de sa bouche alors qu’elle était seule à Chaptuzat, Legowen l’empêchant de prendre la moindre garde … se rappelant le désastre de sa précédente grossesse. Pauvre sourire qui naquit sur ses lèvres … Leg la protégeait.
Les yeux rivés sur l’extérieur, elle aperçu soudain un messager … une lettre pour son amie ? S’avançant à la rencontre de l’homme, sa surprise s’accentua lorsqu’elle apprit que la missive était pour elle. Certes, elle ne s’était point cachée, et son lieu de résidence était connu, néanmoins …
Ses mains se mirent à trembler alors qu’elle prit le parchemin de mauvaise qualité … que … rentrant précipitamment dans ce qui avait été pour elle un havre de paix et de tranquillité, elle décacheta tremblante la lettre, une simple lettre …
Citation:
Beths
Nous devions vous revoir, nous devions Curtius et moi vous redonner goût à la vie, c'était son souhait le plus cher.
Hélas, Curt est parti, il nous a abandonné vous et moi, et la vie a abandonné son corps que j'ai entre les mains inanimés.
je vous ai promis de veiller sur lui, je vous ai promis de le défendre de ma vie...
j'ai failli Beths, j'ai failli! je mérite la mort également, certainement, comment l'avoir entrainé malgré moi, dans ce qui allait être une déclaration d'amour, des sermons jusqu'à devenir un enfer.
Je vais tenter de l'emmener à Gueret pour l'enterrer là bas, je vous prie venez vite si vous le pouvez.
Aelyce
Nous devions vous revoir, nous devions Curtius et moi vous redonner goût à la vie, c'était son souhait le plus cher.
Hélas, Curt est parti, il nous a abandonné vous et moi, et la vie a abandonné son corps que j'ai entre les mains inanimés.
je vous ai promis de veiller sur lui, je vous ai promis de le défendre de ma vie...
j'ai failli Beths, j'ai failli! je mérite la mort également, certainement, comment l'avoir entrainé malgré moi, dans ce qui allait être une déclaration d'amour, des sermons jusqu'à devenir un enfer.
Je vais tenter de l'emmener à Gueret pour l'enterrer là bas, je vous prie venez vite si vous le pouvez.
Aelyce
Son cœur l’étouffait brusquement alors que ses jambes se dérobaient sous elle, que ses mains s’ouvrirent lâchant la lettre, et ses bras venant alors contre sa poitrine comme un geste protecteur … mais il était trop tard. Un cri animal déchiraient ses lèvres
Noooooooooooooooooooooooooooonnnnnnnnnnnn
A genoux, une sœur pleurait la perte de son frère, cet être qu’elle adorait, son autre soi, ce cadeau qu’elle avait retrouvé quelques temps auparavant lui redonnant espoir, envie et foi en la vie. Pourquoi lui ? Il était jeune, plein de vie, pourquoi ainsi ? Une à une, les larmes noyèrent sa vision de la pièce pourtant si joliment décorée, sa marraine y ayant mis du cœur et de la passion pour rendre son domaine agréable.
Mais d’autres visions arrivèrent en mémoire de l’éplorée : un champ, un chien, des cris de joies d’enfants qui se poursuivaient, elle-même qui tout en gardant un œil sur les moutons courait après ce chenapan de Curtius, le couvant tout comme une jeune mère, attentive à ses moindres gestes. Les deux plus jeunes, Aénor et lui étaient ses préférés, ceux sous sa garde … elle avait failli pour Aénor, et le Très Haut lui avait fait présent de la vie de Curtius lorsqu’elle l’avait retrouvé des années plus tard, mille projets venant alors dans l’esprit du frère et de la sœur. Et aujourd’hui, son petit frère, son autre, lui était arraché. A cause d’elle, de cette femme, ELLE !!!!
Vengeance. De rage, elle mordit son poing à sang. Ce vautour, cette femme mourrait … ou du moins, elle l’affronterait en duel, et il ne s’achèverait que par la mort de l’une d’entre elle. Il lui fallait préparer ses affaires, un simple baluchon, mais surtout affuter son épée, et … et s’entrainer avant. Par Aristote, elle s’était amollie et avait laissé ses entrainements de côté. Qu’elle grave erreur. Tant pis ! Son poing s’abattit cette fois au sol, la douleur la raffermissant dans son idée. Alors qu’elle se relevait en grimaçant.
Néanmoins un haut le cœur lui rappela qu’elle n’était point seule. Elle ne pouvait … elle n’avait pas … Fermant un instant les yeux la raison luttant pour se faire entendre … Vengeance elle l’avait crié et obtenue à Montluçon alors que le responsable de la mort de sa famille périssait sous sa lame. Mais elle n’aurait jamais réussi cet exploit seule, Marty avait d’ailleurs failli perdre la vie … Anseis … lui seul pouvait l’aider. Son passé était suffisamment sombre pour que son projet ne l’effraie pas. Les armes et la mort ne lui étaient pas inconnu, et plus important, elle avait confiance en lui. Il était noirceur et candeur à la fois … dans ce périple où elle affronterait une ribaude brigande, fille d’un chef d’armée connu et reconnu, elle ne pouvait ni partir seule, ni accompagnée de maréchaux ou membre du guet royal. Non, seul un ancien membre d’une meute pourrait l’aider, et puis n’était il pas désormais son secrétaire ? Leur mouvement ne paraitrait donc pas suspect.
Et puis, si elle devait mourir, elle ne pouvait pas partir sans un mot … elle avait des missives à écrire, à faire écrire.
Retournant dans sa chambre, elle se mit à écrire.
Citation:
Anseis, le bonjour,
J’aurais besoin des services particuliers de mon secrétaire. Je ne sais si je peux vous appeler toujours ainsi, puisque n’ayant plus fait appel à vous depuis des lustres.
Mais si le cœur vous en dit, j’aurais besoin de vous et … potentiellement de votre épée.
Vous pourrez me trouver au domaine de Chaptuzat, chez ma marraine.
Bien à vous,
Beths de Monfort-Balmyr
J’aurais besoin des services particuliers de mon secrétaire. Je ne sais si je peux vous appeler toujours ainsi, puisque n’ayant plus fait appel à vous depuis des lustres.
Mais si le cœur vous en dit, j’aurais besoin de vous et … potentiellement de votre épée.
Vous pourrez me trouver au domaine de Chaptuzat, chez ma marraine.
Bien à vous,
Beths de Monfort-Balmyr
Un sifflet lui permit d’appeler celui qui était son messager le plus rapide et le plus efficace : Crécerelle. Le magnifique faucon qui portait ce nom arriva rapidement. Missive attachée, et elle l’envoya en direction de Montpensier, en espérant qu’Anseis s’y trouvait bien.
En attendant, elle se mit à lister les différentes missives qu’elle devrait écrire : Bettym bien sur, Leg aussi, Al et Kory, et puis … Marty, cette lettre serait la plus difficile de toutes, les maréchaux sa famille ? Peut être, elle ne savait …
Attrapant son épée, elle se rendit dans le jardin, un entrainement s’imposait.
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