Lacrymosa

Ceci est un RP privé, merci de me contacter par MP avant de poster dessus
Bon jeu à tous!

[Soir du lundi 7 décembre 1457]
Lacrymosa marchait d’un pas décidé à travers la forêt. La nuit commençait à tomber, il faisait déjà sombre lorsqu’elle pénétra dans l’écrin formé par la végétation. Le malaise commençait à se faire sentir en elle…Les images revenant la hanter sans cesse, cruels démons d’un passé désormais lointain. Elle se revoyait soulevant sa sœur du sol pour la déposer sur la monture noir de jai. L’étalon percheron était plus que nerveux cette nuit là. Il trépignait sur place et l’écume blanche de sa bouche coulait sur le sol tant il mâchouillait le mors avec hargne. Avait-il compris ce qui venait de se jouer dans cette demeure ? La petite était en sang et ses grands yeux bleus terrifiés étaient remplis de larmes. Lacry avait caressé son doux visage une dernière fois avant de la presser :
Délicia ! Galope droit devant, le plus loin, le plus longtemps que tu pourras ! Ne fais jamais demi-tour ! Ne reviens jamais en ces terres ma chérie !!! Jamais nous ne devrons nous revoir !
LACRY !
Ne discute pas ! Vas ! Sois forte! Je m’occupe de tout !
Elle avait donné une grande claque sur la croupe de Pilgrim qui avait laissé échapper un hennissement perçant en s’élançant dans la nuit pour emporter avec lui la chose la plus chère aux yeux de Lacry… La fillette était une habile cavalière et la brune ténébreuse avait su à cet instant qu’elle venait de lui sauver la vie…
La jeune femme avait senti sa gorge se serrer et une douleur perçante lui vriller la poitrine… elle ne lui avait pas dit…..elle n’en avait pas eu la force…. Elle avait murmuré pour elle-même :
Je t’aime ma petite Délicieuse…je t’aime à jamais !
Et l’enfant avait disparu dans les ténèbres épaisses pour ne jamais revenir….. Lacry, forte et déterminée avait relevé la tête et s’était dirigée à grandes enjambées vers la demeure pour achever ce qui devait l’être…la haine la rongeait encore, son regard était noir et son expression traduisait des années de rage retenue. Son visage était parsemé d’éclaboussures de sang déjà séché. Sa chemise était poisseuse et lui collait à la peau, maculée de rouge, tout comme le reste de ses vêtements.
Ce soir tout recommençait… Alors qu’elle avait commencé ces dernières semaines à croire que son mal s’estompait, la nouvelle était tombée ce matin…
Lacry arriva devant la fameuse fontaine aux vœux de Montluçon et se tint juste devant pour l’observer un instant. Des pièces jonchaient le fond de l’eau, traces bien réelles de tout ces vœux prononcés par de braves gens assez simples d’esprit pour croire qu’ils pouvaient changer le destin de la sorte. Fadaises que tout cela ! Lacry avait renié toute foi en ce genre de croyances ou en un quelconque Dieu. Elle l'avait trop prié pour son salut étant enfant. Trop d’horreurs avaient défilés devant ses petits yeux innocents à l’époque, trop de choses immondes entendues, trop de souffrances physiques endurées par ce petit corps fragile… Jamais ce Dieu n’avait entendu ses supplications. Jamais il n’avait apaisé sa douleur ! Il avait donc fallu faire sans LUI quitte à vendre son âme au diable. Seule la survie comptait et non les moyens employés !
Elle sortit la lettre de Délicia de sa poche, elle était froissée. Elle la relut encore, encore et encore.
Délicia a écrit:
Ma chère Lacry,
Enfin ! Il me tardait de pouvoir un jour t’écrire ces mots !
Voici des années que nous nous sommes quittées et dans de bien sombres circonstances….
Mon amie Meiline m’a écrit en me parlant de toi. Quelle ne fut ma surprise d’apprendre qu’elle avait fait ta connaissance!!! Et quelle joie d’apprendre que tu es en vie et en bonne santé !
Moi aussi je vais bien ! Je suis heureuse et comblée ! Il me tarde de te rejoindre…je sais que tu avais dit non mais j’y tiens ! Dès que possible je viendrai à Montluçon. Meiline m’expliquera où tu es lorsqu’elle viendra ici me rendre visite. Je vis en Provence maintenant.
Je t’embrasse ma Lacry !
Ta ‘tite soeur, Del
Enfin ! Il me tardait de pouvoir un jour t’écrire ces mots !
Voici des années que nous nous sommes quittées et dans de bien sombres circonstances….
Mon amie Meiline m’a écrit en me parlant de toi. Quelle ne fut ma surprise d’apprendre qu’elle avait fait ta connaissance!!! Et quelle joie d’apprendre que tu es en vie et en bonne santé !
Moi aussi je vais bien ! Je suis heureuse et comblée ! Il me tarde de te rejoindre…je sais que tu avais dit non mais j’y tiens ! Dès que possible je viendrai à Montluçon. Meiline m’expliquera où tu es lorsqu’elle viendra ici me rendre visite. Je vis en Provence maintenant.
Je t’embrasse ma Lacry !
Ta ‘tite soeur, Del
Il aurait pu s’agir d’une bonne nouvelle au fond mais Lacry savait que c’était trop risqué. Il fallait empêcher Délicia de la rejoindre à tout prix. S’il la retrouvait il ne manquerait pas son coup et ce serait un vrai carnage…
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