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Le grand air, y'a qu'ça d'vrai ! (en théorie)

Breiz
Elle essuie d'un geste rageur les larmes brulantes qui dévalent dans son cou, sur ses joues. Elle a honte. Elle serre les dents, à nouveau, et se laisse aller contre la main de Théo, qui la tient par le col.

Le loup les guide, vite et bien. Au loin, Arquian se dessine enfin.


Je serre, Théo. Je te promets. Je tomberais pas.

Et, de fait, elle s'accroche, de toutes ses forces. Tenant d'une main les crins noirs de l'étalon, crispant l'autre sur la cuisse baronale.

Ce ne sera pas... compliqué à... soigner...

Elle inspire, lentement, essayant d'oublier la douleur. Sa main, sur le tissus des braies, se détend imperceptiblement. Comme une demande.

L'os n'a pas... pas bougé... je le sens... frotter... Nouvelle lente inspiration, avant de reprendre, plus calme Normalement, il suffira de... d'immobiliser ma jambe... Et de me donner des anti douleurs... Je... j'ai des produits... chez moi... Il faudra envoyer les chercher...

Déjà, elle dressait la liste des elixirs de plante qu'elle pouvait utiliser. La douleur, lancinante, pulsait un peu moins. Elle se tourna légèrement vers le baron, et reprit :

Tu as un coursier rapide? Parce qu'il faudrait pas trop trainer quand même ça fait... mal...

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Le Vétéran
Une ombre dans les bois. Elle se faufile entre les arbres comme un lapin dans son terrier. Nulle hésitation. Son pas connaît chaque fondrière, ses mains écartent les branches sans les casser. Un sourire satisfait cueille l'oiseau englué: ici une mésange.

La mésange zinzinule....

murmure le Vétéran dans sa barbe, caressant la tête de l'oiseau affaibli. D'un coup vif, il lui brise le cou et la fourre dans sa lourde besace. Un lapin et des oiseaux de toutes races en garnissent le fond. L'hiver, tout se mange.
Sifflotant, le Vétéran rentre au château d'Arquian. La chasse n'a pas été spécialement bonne, mais il ne craint pas la corde pour ses braconnages, au contraire du paysan moyen. L'impunité lui donne les ailes du bonheur, comme un homme qui mange à satiété sans s'occuper de la note. Si Théo n'est pas un seigneur particulièrement cruel, le Vétéran aime à s'imaginer qu'il outrepasse encore quelques périls, à son âge. A quoi bon, dans ces circonstances, payer le droit de chasse?
Du bruit sur le chemin. Des sabots de chevaux, à lente cadence. Tous les sens du vieux soldat sont en éveil. A pas furtifs, il se cache dans les fourrés pour observer la scène. Drôle de scène, en vérité! Le Baron, et une femme rousse qu'il tient par le col. Est-ce donc une prise? Ramène-t-il un trophée au château? Une fée des bois, une dryade, qu'il aurait capturée lors d'une partie de chasse? Le Vétéran se signe, par réflexe.
Mais voilà que le couple passe devant lui, et qu'il reconnait la célèbre Rusée, la veuve au chagrin inconsolable. Les rumeurs vont bon train sur le Baron et elle. Des gens bien informés prétendent que les hurlements des loups se confondent avec les gémissements nocturnes de la rouquine. Ses habits toujours sombres auraient la couleur de ses péchés. Sur le visage du Vétéran se dessine un sourire goguenard.
Guilleret, il franchit prestement la barrière des fourrés pour se retrouver sur le chemin, à la hauteur du Baron et de sa compagne.


Monseigneur....Gente dame....

Révérence appuyée, sa main droite esquissant une élégante rotation, et sa main gauche serrant fort le sac dans son dos. Mais le sourire disparaît vite devant la mine grave du Baron.

Vétéran, va vite chercher du secours, dame Breiz s'est cassée la jambe!

Esbaudi, le grisonnant met sa lourde besace sur l'épaule, et tente de courir le plus vite qu'il peut.

Lâches ton sac, tu iras plus vite!

Le Vétéran mire le loup aux crocs baveux avec inquiétude, puis se tourne vers le Baron pour lui en faire part.

Quoi? Tu préfères t'occuper de tes prises minables plutôt que de secourir une femme blessée? Tudieu! Je vais te remettre les priorités en place, moi!

Résigné, le Vétéran abandonne ses proies au loup, non sans lui décocher un regard furieux: "Etouffes-toi avec!"
Puis il s'en va, porté par ses courtes jambes, donner l'alerte au château et que chacun se prépare à recevoir Breiz comme il le faut. Dans son dos, il entend encore:


Ca te va, comme coursier rapide, ma belle?

Foutu coureur!
Breiz
Etait-ce la douleur? Ou bien Théo venait-il réellement de l'appeler sa belle?
Elle secoua la tête. Crispant de plus belle sa main sur la cuisse du baron alors qu'ils approchaient enfin du château.


Ca ira, Théo, je te... remercie...

Une nouvelle inspiration. La douleur se faisait supportable. Violente, lancinante. Grinçant des dents, elle ajouta :

Je suis navrée de te causer tant de soucis, Théo. Je ... ne voulais... vraiment pas... te causer tant de tort... Je suis navrée...

Elle se laissa doucement aller contre Théo. Elle ne voulait pas perdre conscience à nouveau, mais perdre conscience lui permettrait d'oublier un instant la brûlure le long de sa cuisse, qui s'élançait dans son dos. Pourquoi la douleur voyageait-elle ainsi? Elle savait bien, elle, où se situait la fracture!
A demi-consciente, juste assez pour ne pas tomber, elle murmura :


On va d'abord aux écuries, hein Théo?

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Theognis
A contrecœur, il repousse gentiment Breiz de la main. Il ne veut pas qu'elle tombe! Elle ne servirait plus alors qu'à jouer aux osselets....Donc, cette main secourable éloigne la tête rousse de son épaule confortable, non sans quelques paroles de réconfort:

Crois-tu qu'absente, je ne me ferai pas de souci pour toi? Au contraire, plus je te vois, et mieux je me porte.
Crois-tu que tu me fasses du tort, là? Au contraire, plus je te porte secours, et mieux je me sens utile.


Il est frustré de ne pouvoir l'embrasser, au moins les doigts, au moins le bout des doigts, sentir sur sa joue la griffure légère, à peine perceptible, de son ongle, échanger un contact différent quand cette poigne voudrait lui broyer le genou sous la cuisse.
Au moins le souffle chaud de sa bouche enveloppe ses mots d'une affection sans bornes:


Sois forte, Breiz, ne te laisse pas envahir par le trompeur réconfort des ténèbres, réveille-toi et continue de souffrir, un dernier effort de souffrance, nous sommes bientôt arrivés, nous irons aux écuries, comme tu le souhaites....
Mais pourquoi les écuries, au fait?


Sourcil arqué, la considère, alors que leurs chevaux se font la bise.

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Breiz
Elle se reprend, secoue légèrement la tête, raffermit sa prise sur les crins de son étalon. La douleur la rattrape. Elle serre les dents, un instant, ravale fièrement ses larmes, les yeux fermés, et murmure :

Parce que Gauvain est là bas.

A nouveau, elle se redresse. Elle se concentre, maitrise la douleur. L'apprivoise, pour mieux la dominer. Tant que le cheval va au même rythme, elle peut se contenir. Compter les battements de son cœur, compter les pas de l'étalon entre chaque langue de feu montant à l'assaut de sa cuisse.
Elle lâche le genou de son sauveur, déposant les doigts sur le pommeau de la selle.
Elle fixe le regard droit devant elle, entre les deux oreilles dressées de l'étalon. Se tient droite, concentrée, comme une cavalière débutante. Et, dans un souffle :


Merci...

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