Mac_hyavel

L’homme venait d’arriver de Thouars, et il était là, debout, attendant, vermine en compagnie des hommes. Eux expulsant à leur manière un chagrin les affectant, lui, là à ne rien faire, à attendre même pas malheureux (pourquoi le serait il ?), écarté quelque peu du groupe de personnes, les regardant n’en connaissant que très peu : il se faisait l’effet d’un nuisible au milieu de seigneurs.
L’homme-le Juliuz- il ne le connaissait que des dires de Nessty et d’une très brève apparition en taverne, un soir de La Rochelle, alors qu’il entreprenait un voyage romantique en un comté qui l’avait accueilli. Pas suffisant pour activer ses glandes lacrymales en ce jour ; il en était conscient et assumait pleinement son absence de tristesse. Si il était là ce n’était pas pour offrir des chrysanthèmes à un corps paraît il déjà puant dans son vivant, mais bien par insistance de la belle vilaine, et aussi pour s’affairer et tromper ce faisant un ennui lugubre, et construire ainsi un hypothétique futur un peu plus enthousiasmant que le présent dans lequel il était empêtré. Si il avait connu le Juliuz, probablement qu’il en serait triste de cette mort, mais en l’occurrence ni l’un ni l’autre ne l’était.
Pourquoi avait elle tant insisté à ce qu’il vienne d’ailleurs ? Peut être Nessty avait elle espéré que ses poumons se coordonnent à nouveau pour entrer dans une envoûtante et crade symphonie, dont le son et la couleur blanchâtre aurait ainsi teinté quelque peu l’événement. Elle n’en avait qu’à s’en prendre à elle même ; Mac Hyavel se portait comme un charme, si l’on exceptait toute fois les cicatrices qui faisait pour ainsi dire la « marque de fabrique » de l’écossais : aucune glaire ne le gênait, pas la moindre petite toux à se mettre sous la dent.
Toujours est il que l’amoureux de la mort se trouvait en ce lieu où elle avait encore pris un amant. Il n’était pas jaloux plus que cela de Juliuz : il savait que tôt ou tard, lui aussi connaîtrait ce privilège. D’ailleurs il avait failli, il y avait dix jours de cela, embrasser la grande faucheuse en un nœud poitevin, peu de temps après avoir confirmé, grâce à un pigeon, sa participation aux comtales.
Mais il était encore là, il s’accrochait à cette vie dont il ne savait que trop faire, traînant sa carcasse et ses guêtres là où ses chausses daignaient bien les porter, éclairant avec parcimonie par sa sordide présence les quelques visages féminins côtoyés, comme si sa poésie funeste provoquait en elle une addiction. Il faisait rire paraît il. Et surtout, il contemplait l’émoi provoqué par la mort du gras double, comme à chaque fois qu’un être exceptionnel meurt, exceptionnel il l’était probablement, vu que l’événement était comme pour celui d’un tel être. Il regardait les personnes, se demandant si il ne devait pas faire semblant d’être attristé, ne serai-ce que par respect pour le chagrin, puis, après d’aussi futiles qu’abjectes cogitations, il lui vint à l’esprit que, faire semblant ou ne pas le faire, cela importait peu après tout : le fait d’être là sans émoi suffisait à tâcher la scène, et jouer l’acteur ne ferait qu’empirer la situation.
Ce qu’il espérait là, c’était que ni Nessty, ni quiconque ne vienne le voir avec ce sourire grave, plein de compassion, lui sortir des foutaises. Il ne pensait pas que cela arriverai, mais en guise de précautions, tout son être priait et repriait un Dieu qui devait accueillir un veule.
Il attendait…
_________________
(0,n)
Ami lecteur auras tu compris l'allusion ? ^^
...
Ombre de ses propres pensées
L’homme-le Juliuz- il ne le connaissait que des dires de Nessty et d’une très brève apparition en taverne, un soir de La Rochelle, alors qu’il entreprenait un voyage romantique en un comté qui l’avait accueilli. Pas suffisant pour activer ses glandes lacrymales en ce jour ; il en était conscient et assumait pleinement son absence de tristesse. Si il était là ce n’était pas pour offrir des chrysanthèmes à un corps paraît il déjà puant dans son vivant, mais bien par insistance de la belle vilaine, et aussi pour s’affairer et tromper ce faisant un ennui lugubre, et construire ainsi un hypothétique futur un peu plus enthousiasmant que le présent dans lequel il était empêtré. Si il avait connu le Juliuz, probablement qu’il en serait triste de cette mort, mais en l’occurrence ni l’un ni l’autre ne l’était.
Pourquoi avait elle tant insisté à ce qu’il vienne d’ailleurs ? Peut être Nessty avait elle espéré que ses poumons se coordonnent à nouveau pour entrer dans une envoûtante et crade symphonie, dont le son et la couleur blanchâtre aurait ainsi teinté quelque peu l’événement. Elle n’en avait qu’à s’en prendre à elle même ; Mac Hyavel se portait comme un charme, si l’on exceptait toute fois les cicatrices qui faisait pour ainsi dire la « marque de fabrique » de l’écossais : aucune glaire ne le gênait, pas la moindre petite toux à se mettre sous la dent.
Toujours est il que l’amoureux de la mort se trouvait en ce lieu où elle avait encore pris un amant. Il n’était pas jaloux plus que cela de Juliuz : il savait que tôt ou tard, lui aussi connaîtrait ce privilège. D’ailleurs il avait failli, il y avait dix jours de cela, embrasser la grande faucheuse en un nœud poitevin, peu de temps après avoir confirmé, grâce à un pigeon, sa participation aux comtales.
Mais il était encore là, il s’accrochait à cette vie dont il ne savait que trop faire, traînant sa carcasse et ses guêtres là où ses chausses daignaient bien les porter, éclairant avec parcimonie par sa sordide présence les quelques visages féminins côtoyés, comme si sa poésie funeste provoquait en elle une addiction. Il faisait rire paraît il. Et surtout, il contemplait l’émoi provoqué par la mort du gras double, comme à chaque fois qu’un être exceptionnel meurt, exceptionnel il l’était probablement, vu que l’événement était comme pour celui d’un tel être. Il regardait les personnes, se demandant si il ne devait pas faire semblant d’être attristé, ne serai-ce que par respect pour le chagrin, puis, après d’aussi futiles qu’abjectes cogitations, il lui vint à l’esprit que, faire semblant ou ne pas le faire, cela importait peu après tout : le fait d’être là sans émoi suffisait à tâcher la scène, et jouer l’acteur ne ferait qu’empirer la situation.
Ce qu’il espérait là, c’était que ni Nessty, ni quiconque ne vienne le voir avec ce sourire grave, plein de compassion, lui sortir des foutaises. Il ne pensait pas que cela arriverai, mais en guise de précautions, tout son être priait et repriait un Dieu qui devait accueillir un veule.
Il attendait…
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Ami lecteur auras tu compris l'allusion ? ^^
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Ombre de ses propres pensées