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[RP]Les blondes pondent mais pas des oeufs...

Fildais
[Prés-en-bulle]


Mi-novembre…
Juste une promesse à honorer…
Voilà tout, sa parole désormais avait été engagée, il fallait à présent s’acquitter de sa dette envers lui.
Malgré la sourde impression qu’elle avait pactisé avec le diable en personne, et que sur ce marché là, la blonde c’était fait clairement enfler par son créancier de par le pouvoir qu’il détenait.
Dans cette optique, le maigre attelage s’arrêta devant les remparts inhospitaliers de Gennes, la demeure l’angoissait tout autant que son taulier, Finam de Montmorency, actuel Duc, régnant d’une poigne de fer sur l’Anjou.
Venir s’installer ici était pure démence, mais n’était-elle pas déjà au sommet de la folie pour accepter pareil engagement.
Inquiète, Fildaïs passa sa main décharnée et hyaline sur l’arrondi de son ventre, résultante d’un péché tourangeau.
« Misère, c’est ici que tu vas naître »




[Dis môman pourquoi chuis pas un garçon ?...Parce que là franch’ment, on s’rait moins dans la mirdeuuu !]


-Mais quel con ! Mais quel con, j’te jure !

Par une nuit de la fin décembre, toute voutée d’étoiles solitaires, dans la campagne des terres de Gennes, des sons immobiles restèrent un instant suspendus dans l’air froid et clamsèrent.
Ses yeux, grands ouverts, battaient la brèche de l’obscurité, il n’y avait plus qu’à attendre que l’aube se lève et qu’avec elle, se lève le brun barbu. Un chagrin rageur avait laissé dévasté le visage de la Compostelle.

Dans la pièce, un silence troublé par les ronflements suaves de la bête repue. Il la dégoutait.
Dans sa tête, un capharnaüm porté par trois de ses voix… deux s’étaient tues, apeurées, une était furieuse, l’autre distillait froidement la situation tandis que la dernière… hé bien semblait satisfaite.


-Mais quel con ! Mais quel con, j’te jure ! Répétait la petite voix contrariée en boucle, depuis un moment.
-Ah ça, c’est bien un angevin. Il rentre sans demander la permission, force le passage et obligatoirement ça bousille tout… nan mais r’gardez moi c’boulot !
-Quel abruti… il nous l’a toute cassée la blonde…
-Ah ben… elle va beaucoup marcher moins bien, forcément !*

-Ben moi j’ai trouvé ça assez distrayant, même très plaisant…
-Hum !!!
-RooOOooo arrêtez donc de vous plaindre… Le Duc s’est montré fort courtois, il a frappé avant d’entrer !
-HUM !!! Oui il NOUS a frappées et ensuite nous a prises sans notre consentement, l’vieux bouc.
-Ah ça c’est un homme, un vrai, un qu’en a dans les…
-AHEM !!!!
-Hein ? Ah oui, bon… et puis je vous signale qu’il a abusé de vous, mes cocottes ! Moi j’ai apprécié, nuance ! Pis c’est trognon un vieux bouc… hein ! Finam, il est au poil… Groarrrrr….
-Eurk… c’est dé-gou-tant !!


Le taulier de Gennes avait eu apparemment l’idée saugrenue de lui présenter la douloureuse pour le gîte, lui réclamant qu’elle règle l’ardoise, et en nature s’il vous plait!
Dans les ténèbres de la chambre, il s’était glissé dans la couche, présence incertaine qui n’avait pas éveillé les soupçons d’une Compostelle au sommeil lourd d’opium.
Pour marquer le début des hostilités, l’Finam avait agrippé fermement une de ses pognes à son sein. Réveil en sursaut et à l’aveugle, la blonde avait giflé. D’abord du rien puis enfin lui.
Cible poilue atteinte ! Et qui ne s’était guère fait prier pour répliquer. C’est que le Finam avait la taloche leste, et lourde surtout.
On s’était agité sous les draps, remué des pieds, des bras, crié même. Mais à quoi bon… Lui, cynique de répliquer qu’elle pourait toujours brailler, personne ne viendrait sauver une timbrée inconnue dans son castel.
Ils n’étaient pas cintrés, eux !
Une paluche bien ancrée sur son petit cou d’oiseau, avait compromis toute rébellion fildaïssienne tandis que son homologue à l’humeur grivoise s’était mis à explorer les fondements sous la chainse de lin.
La force de frappe angevine n’avait guère eu de peine à faire vaciller la citadelle d’ivoire et de la soumettre à ses caprices. Sans vergogne, le Finam l’avait besognée afin de mettre en gage ses nuitées.

...


Devenue coquille marmoréenne, la Compostelle, recroquevillée, évidée de sa fierté, attendait latente que le jour daigne pointer son museau et ainsi laver de sa clarté l’ultime affront fait entre les draps.
Le matin vint bien, immuable dans son ascension et avec, quelques désagréments inattendus…
Des secousses internes, crispations de la panse, son bossu manifestait son mécontentement de la nuit avec véhémence. L’affreux voulait sortir… et ce immédiatement…
La progéniture n'avait apprécié que moyennement de se faire secouer comme un prunier en septembre.
Dans son coin de lit, les lèvres mordues par les douleurs incisives, Fild espérait que l’occupant intempestif de sa couche allait débarrasser très vite du plancher, qu’elle puisse appeler sa servante et l’envoyer en quête d’une accoucheuse, les campagnes devaient pulluler de ce genre de créature.



*wesh c'est bien une réplique du Corniaud, j'ai osé !
En accord avec le joueur de Finam

_________________

Plus muette et de plus en plus cintrée ! [Les voix rouges sont dans sa tête et personne d'autre qu'elle ne peut les entendre]
--Marieline
Comment ça meule ! 'Tain c't'infernal c't'hiver qui s'est pointé avec tout l'cortège et la smala : la pluie, la neige, l'brouillard givrant et la boue... D'celle qui gèle sitot formée, avant de gentiment fondre et gadouiller à force des passages de paysans et charrettes. Un temps à pas foutre une Line dehors.

Elle aussi elle a tout l'cortège. D'la goutte au nez jusqu'aux dartres sur les joues, les pieds gercés et la menotte rugueuse. On lui filerait bien une quarantaine d'années, l'en a qu'trente et encore. On n'est pas sur. Seul'ment la vie des champs c'pas tout repos et l'air angevin l'a épuisée.

D'autant qu'contrairement aux autres gueuses du bled, Line elle est seule à faire tourner sa baraque et son bout d'terre, alors elle s'fatigue encore plus vite que les autres. Faut dire qu'pour la marier, ses parents avaient tout tenté, ça avait fini par les tuer d'désespoir. Mais Line, en plus d'être une laideur à faire peur, l'est exigeante. Les seuls clampins qui s'taient proposés avaient été repoussés sans vergogne par la grosse qui rêvait au prince charmant sans rien avoir d'une princesse...

La mèche tombait, filasse, sur un nez d'la taille d'une patate, le front court et gras surplombait des sourcils dignes descendants d'un buisson, le menton en galoche se barrait sous des lèvres fines et pincées qui cachaient mal des dents de cheval. Les yeux marronnasses, petits, étaient trop éloignés l'un de l'autre. Line compensait ce visage ingrat par des courbes plus que généreuses... Une poitrine qui l'empêchait de compter les bourrelets de son ventre tressautant, les cuisses qui frottaient l'une contre l'autre, les genoux cagneux et le pied long et large. Quant à son postérieur, il y avait de quoi y tailler du steack, ça c'est certain. Large comme une route parisienne, dodu comme une botte de foin. Line était donc aussi attrayante qu'une vache limousine. Mais ça ne l'empêchait pas de vivre. Elle riait fort, elle pétait la santé, bouffait comme quatre et se plaignait de rien.

Sauf de la boue.

L'en a grave marre d'patauger. D'autant qu'ses bottes trouées laissaient passer l'eau, mais aussi les cailloux et toute cette gadoue qui lui ruinait ses bas... L'était en train d'marmonner d'une voix de stentor ses récriminations météorologiques quand comble de tout, un coche passe rapid'ment en l'aspergeant. La goutte boueuse de trop. Elle vocifère, elle crie, elle tempête.

Même que ça finit par alerter le conducteur, qui stoppe net la course des canassons. Le cerne creusé, il fait demi tour histoire de passer les nerfs sur la bonbonne qui vient de l'apostropher si vertement. Là, une tête de poitevine était sortie dans l'air gelé, et d'une bouffée de buée, attirée par l'opulence du nichon angevin, et avait demandé si mettre au monde un morveux était dans les compétences d'la Line.

Cette dernière, appatée par l'idée d'une soirée auprès d'un feu ou du moins hors de la boue, avait mandé quelques vagues précisions que le lieu. Castel de Gennes ? Vache... ouais doit y faire chaud. Pis elle a accouché quelques veaux et porcs dans sa vie, on va dire que ça suffit comme CV. L'est pas con la Line, l'est juste inculte et moche. Elle capte vite quel intérêt elle a à passer pour une accoucheuse, elle s'dit que ça doit pas être bien différent, et en deux temps trois mouv'ments, la voilà projetée (ou poussée, hélitreuillée, ce qu'on voudra) dans la chambre d'une petite blonde au bide bien moins proéminent que l'sien, malgré son état.


« Euh bonjour... Moi c'Marie-Line, mais on m'appelle toujours Line.
Semblerait que j'allons vous accoucher... Alors c'en est où ? »


Et d'vérifier par elle même en s'approchant du plumard où git la transpirante et grimaçante Fildaïs. Elle soulève une couverture sans autre manière, l'protocole c'pas son fort... L'matelas est détrempé, la sueur fraiche, et entre les cuisses ça suinte tranquill'ment sans qu'on y voie encore de tête. Ça va l'faire.

« M'faut d'l'eau chaude, du tissu propre, et qu'on chauffe cette chambre bon sang, qu'elle aille pas nous choper la mort ! »

Ouais, elle baratine un peu, ses bas restent bien imbibés, elle espère les faire sécher avant d'quitter l'endroit.
Fildais
[Bateau ivre et flasques vides]



-Youhouuuuuuu… Silence Yaaaaaaa quelqu’un ??? Re-silence Youhouuuuuuuuuu… Re-re-silence Yaaaaaaaa personne ???

Au dehors, la neige, en flocons ignorants, continuait sa chute indolente. Narguant depuis le coin de fenêtre la future parturiente échouée en sueur sur un pan de la couche.
Carcasse évidée d’énergie, abandonnée aux tambourinements douloureux qui tétanisaient sa panse.
Elle n’aurait su le dire, la Compostelle, combien de temps la Piasine avait quitté la pièce, ni combien d’heures s’étaient écoulées depuis les primes tressautements internes.
Emmurée dans les hautes tours de sa folie, le reste d’opium avait calanché et la flaque de liqueur à la figue fut achevée sèchement par un lever de coude assassin afin de faire taire ses foutues voix, embarrassantes et bruyantes qui venaient lui polluer la quiétude nécessaire pour un tel moment.
Mais…


-Youhouuuuuuuuuuuuuu… vous êtes où l'tas d’blondes… faites chi… revenez quoi ! Miiiirdeuh vous planquez pas…

Silence dans la tête de la Compostelle… un vide sidéral et surtout sidérant compte tenu de ces derniers mois où les voix emplissaient la conque vide de leurs babillages et sempiternelles discordes en ne lui laissant guère de répit.
Une voix, pourtant, une seule, rétive, qui ne s’était pas pliée comme les autres à une veille sommeilleuse, s’élevait à présent sous le dôme de la jeune femme.
Même si il était agréable de n’entendre plus qu’une des facettes de sa multiplicité hydrique, il faudra s’attendre par contre au pire.


Hé c’marrant, ça fait mal aux ch'veux quand il y a les contractions…

Soupir.
Typiquement elle !
Rien de plus, rien de moins que la plus frelatée du casque, que la plus déjantée du bulbe rachidien, que la plus légère du jupon de ses personnalités, venait de prendre les commandes du rafiot fildaïssien.
Promue unique capitaine d’un navire fantôme, qui louvoyait entre les vagues houleuses dans un naufrage imminent.
La numéro cinq !! The number five !! El numero cinco !!
Celle là même qui n’était même pas fichu d’avoir un nom, qui trouvait n’importe quelles braies plaisantes pourvues qu’elles soient pleines et qui avait un goût immodéré pour le non sens.
Oh misère !

Entre deux pics qui cintraient le sac à tripes de la blonde, la fameuse n°5 de prendre ses aises dans les cales du bateau ivre où s’entassait la sentine de la Compostelle.


-Héééé si j’essayais de diriger l'engin toute seule... Hin hin.. Allez hop, on soulève la jambe...
-Gnéééé pourquoi que c'est l'bras qui bouge, pas très au point ma technique... je vais refaire une tentative.


Mais s’amuser toute seule c'en devenait lassant, et les assauts douloureux prirent rapidement le dessus sur la distraction.
De plus en plus forts…
De plus en plus rapprochés
Gagnant en intensité, tordant la brindille étriquée, le front plissé, la lèvre exsangue pincée pour en condamner les plaintes derrière le scel blême de ce qui étaient avant vermeilles.
Les doigts se cachèrentt dans l’étoffe, s’y agrippèrent fermement jusqu’à l’accalmie où un semblant de respiration reprenait, légèrement saccadée.

Comme elle avait été douce cette rencontre qui avait engendré cet événement.
Une folie… oui une passion qui les avait dévorés tous deux.
Touraine... un ennoblissement...
A quel instant la graine maudite était venue s’implanter dans le nid et poussé ?
Dans la grange, ou furtivement parmi les ombres dans une venelle, s’adonnant à son vice comme la dernière des minaudines à deux piécettes….
La voix crécelle était convaincue de la deuxième option, son goût pour l'indécence surement.

Les azurines s’ouvrirent, deux lucarnes lascives, qui scrutaient l’âtre aux flammes amenuisées.
Une chose venait de se passer…
Le rafiot fildaïssien prenait l’eau, et pas qu’un peu. La blonde avait des fuites.
Lentement, le liquide afflua entre ses cuisses en flot tiède abondant, s'insinuant sous elle et mouillant les draps.


Hé les coupines, r'venez… siouplé… m'laissez pas toute seule… j’serai plus méchante, promis ! R'venez quoi… r'venez… j’ai peur…

…si peur…toute seule...


Un temps incertain de divagation en compagnie de la numéro cinq en pleine crise de pleurnichardise aiguë s’était écoulé jusqu’à l’arrivée tant espérée.
‘fin espérée ! Quand on voyait la marchandise ramenée, fallait pas se montrer trop regardante.


-Alors c’en est où ?

C'en était où, c'en était où ? Elle en avait de bonnes la gironde, comme si la Compostelle le savait !
La blonde, elle, se contentait de respirer, de serrer les dents et d’avoir mal, si en plus elle devait se concentrer sur la progression de la mise bas, faudrait voir à ne pas inverser les rôles, l'accoucheuse c'était la grosse Line, là... pas elle !
D’un geste velléitaire de la main, la Compostelle tenta de chasser les pognes trop curieuses qui la fouillaient sans faire de détail.
A son manque de réponses, la croquante pansue balança ses ordres comme si elle était dans sa maisonnée.
Tant qu’à réclamer, Fildaïs y alla aussi de sa réplique...


J’m’en fous d’crever…. Grimaça la mâchoire crispée laissant un lapse de temps se suspendre pour raison de contraction… J’ai soif, j’veux du vin et surtout, oui surtout j’veux qu’on me sorte ce foutu mioche de là parce que…. j’en ai marrrrrrrrrrrrrrrre !!!

Un long silence interloqué se plaça là.
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Plus muette et de plus en plus cintrée ! [Les voix rouges sont dans sa tête et personne d'autre qu'elle ne peut les entendre]
--Marieline
Beh ça va, l'a d'la voix la blondinette... Line s'en foutrait sur l'cul si elle avait pas l'habitude d'la gueulante. Faut dire qu'elle fait régulièrement le marché, alors la poissonnière elle connait.
Quant à la grimace au milieu, ça fait bien qu'la conforter dans l'fait que célibataire, c'est l'genre d'inconvénient qu'elle subira pas. Diantre, comment on peut faire passer un si gros truc (elle parle du bébé, l'a pas connu l'père) à travers de si p'tites cuisses ? C'est qu'on en verrait presque la tête, au chiard.

Déçue, la Line. Elle s'disait qu'avec un peu d'bol dans sa chienne de vie, elle aurait droit à un accouchement difficile, compliqué, et surtout : long. De quoi s'réchauffer jusqu'à la moëlle, boire jusqu'à plus soif, et s'faire héberger pour la nuit voire la journée du lendemain... Sauf que l'autre là, l'a l'air d'vouloir le pondre dans les limites de l'irraisonnable. C't'à dire, bien trop tot.
Heureusement, la future mère a gardé une certaine présence d'esprit qui lui fait commander du vin, que la grosse s'empresse de servir sitot arrivé. Et un dé à coudre pour l'accouchée, et un vase pour l'accoucheuse ! un !

Faudrait pas s'foutre de la gueule du monde non plus hein... L'est pas venue pour des prunes, Line, et elle aimerait bien que ça n'avance pas trop vite son affaire. A peine si la boue a eu l'temps de couler sur le sol...
La grosse pose son cul d'la taille du Danemark sur le plumard, et r'garde la suppliciée du jour d'un oeil bovin. L'aimerait vraiment pas être à sa place. D'un geste qui a la grace d'une oie en rut, elle replace une mèche filasse derrière son oreille. Et avec une voix pleine de non compassion, elle braille :


"Alors ? z'avez pas répondu ... Vous sentez que vous tiendrez encor' un moment ?"

Comme l'autre a pas l'air méga coopérative... Line s'penche à nouveau. Et entre les cuisses, ça pousse, ça veut sortir. Elle grogne, le groin plissé et la mine ronchonne. Puis elle ment, allègrement.

"J'pense que y'en a pour la nuit... " Puis plus fort, vers la servante. "De la terrine, du pain, du vin encore et un... deux plats chauds ! Faudrait pas qu'elle perde ses forces !"

Ni elle le Nord...
--Piasine
La Piasine reluque en coin la silhouette massive, presque bovine, qui beugle des ordres comme si elle était chez elle, faudrait voir à ne pas qu’elle s’y croit celle-là.
L’va te la rembarrer direct à jouer d’la sorte.
L’aime pas c’te matrone, si elle avait eu plus d’temps pour trouver une ventrière digne d'ce nom et qu’elle s’rait pas coincée dans l’trou du cul du monde, dans l’baraque de c’crétin d’Duc qui martyrise sa maîtresse, pour sûr qu’elle l’aurait viré aussi sec.
L’fessier de pachyderme avait une chance d’tous les diables, c’est qu’la mise bas devait s’faire en secret et qu’la vieille poitevine n’y voyait goutte. Les ans ont eu une emprise sur la fidèle domestique.
V’là qu’elle veut grailler, la Marie-Line, avec toute sa graisse, elle a d’quoi tenir un siège.
La poit’vine a son petit caractère et elle s’gêne pas à la réponse, c’est sans appel.


-C’pas tant l’moment de r’lichai, tite birotte, y a l’pequite magnée qui s’en va v’nir.

Le faciès taillé d’une myriade de rides se ferme, le cerbère revêt l’austère, du genre qui ne souffrait d’aucune objection d’la part de l’angevine.

-L’reugne c’est après !

Les gestes sont lents et appliqués, la vieille prépare les draps propres, et met l’eau chaude à disposition, l’connait son travail, l’a déjà fait des moufflets non mais !
T’jours attentive, l’sent bien que ce n’est qu’une question de minutes à présent, la délivrance approche.
Doucement, comme la Piasine l’avait déjà fait auparavant pour des femmes à son village, ses filles aussi, s’glisse sur la couche pour relever la blonde en nage, aux prises dans ses souffrances qui f’ront d’elle une mère.
L’cale fermement l’dos de la jeune femme contre elle, pour maintenir la Compostelle dans une posture assise, adéquate pour la poussée.
Les doigts tremblotants et tous déformés par les années viennent à caresser les cheveux éparses de la parturiente. Et sur un ton maternel, Piasine se fait rassurante :


-V’nez là mi p’quite enfant, tout ira ben ! Verrez, mignonnette faut pas s’donner d’la v’nette, tout ira ben dam’zelle… Quand sentrez l’envie, ‘crochez-vous ferme à vos g’noux.

Une mèche d’or est glissé avec soin derrière l’oreille dans un geste affectueux.

-C’est pas le moment de manger, petite sotte, il y a le petit enfant qui va venir
-La nourriture (sous entendu la nourriture que les animaux ruminent) c’est après
-Venez là mon petit enfant, tout se passera bien, faut pas s’inquiéter…

Fildais
[Cap au sud ! Tiens bon la barre ma fille ! Et souques ferme p’tit moussaillon(ne) ?!?]


Les douleurs vont et viennent tout au long d’une vie, marquage de l’être vers une autre ère, passage obligatoire pour exister comme un Homme au sein de l’humanité.
Mais ces douleurs là ne font pas homme, elles font femme…
Ça lui brûlent les chairs, lui cuit le ventre et l’échine, c’est à chaque fois une déchirure intérieure qui la met à terre.
La conscience de s’éparpiller un peu plus, puzzle de son esprit qui après les tremblement sismiques de son corps a de plus en plus de mal à revenir au rivage de la réalité.
Elle en saisit parcimonieusement des bribes, attrapent les informations au vol…


-Alors ? z'avez pas répondu ... Vous sentez que vous tiendrez encor' un moment ?

La réplique se fait sèche dans sa bouche, et cingle l’air de sa voix coupante.

-Pis quoi encore ! J’vais m’foutre un bouchon pendant qu’on y est !!!

-Bonsoiiiiir et bienvenu à nos joutes parturientes de l’hiver. Cette nuit aura lieu le choc des titans !

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Roulements de tambour, c’est fou les effets spéciaux que l’on peut avoir avec son imagination… Bam !

OYEZ ! OYEZ ! À ma droite, pour un poids de trois pommes et demi et deux ficelles. Chainse blanche, dent blanche, peau… ‘fin bref, tout en blanc, nous avons la challeeeeenger Fildaïs de Compostelle.
À ma gauche, pour un poids de deux vaches trois quart et un porcelet, carcasse peu rutilante, trogne de coin, nous avons la matrooooone,’fin on l’espère, Marie-line dite la Line.
L’enjeu de ces joutes ce soir sera de faire passer une pastèque par un tr…


Une violente contraction interrompt par chance le flot de parole d’une finesse plus que douteuse de la défectueuse numéro cinq.
Foutreries que cette voix l’agace, comme s’il ne suffisait pas qu’elle endure les affres d’une délivrance prochaine, il fallait qu’en plus, elle se tape la compagnie de cette tare vocale.
A bout de souffle, elle reprend pied, émerge du puits cendré de souffrance et l’insidieuse voix de commenter


-Oh la la la laaaa ! Fildaïs est en bien mauvaise posture ! La panse est toute proche à éclater, et l’abricot se balade à l’air, et voilà que Line double, dépasse et commande de la bectance, remportant un net avantage sur la blonde…

Cette Line est grossière et intrusive, et en bout de lit, la Fildaïs qui lui fait face, jambes outrageusement écartées, fulmine.
De son carcan douloureux, elle délivre à la ventrière un regard des plus sombres, les prunelles sévères ayant tournées à l’orage, la blonde enrage en silence… ou presque…
Heureusement, sa fidèle Piasine qui œuvre dans l’ombre depuis un moment sans moufter, lui fait clairement savoir que ce n’est pas l’heure pour boustifailler et d’entretenir ses bourrelets à grands renforts de terrine.


-Y a un chiard qui veut sor…

Grimace.
La phrase reste en suspend que déjà le ventre se met en pointe, à pic, dans une étreinte agressive qui la comprime presque entièrement, la jeune femme se tord comme une brindille fragile sur le matelas, les reins s’arquent sous la virulence douloureuse, les doigts s’accrochent désespérément au lin qui habille la couche, le regard se voile, paupière qui abaisse le rideau.
On attend l’accalmie, une blonde dissoute dans l’abîme, pantin désarticulée qui ne peut plus rien contrôlée.


-L’chiard arrive, l’chiard arrive ! J’ai peuuuuuur… Youhouuuuu les grognasses, reviendez…

Toute une grossesse à se demander, l’angoisse collée aux tripes, comment on allait se rendre compte que c’était le moment M, l’instant I de l’heure H du jour J. Là où il faudrait pousser pour expulser la vie de son ventre.
Ben c’était maintenant, et pour sûr qu’on était mis au courant…
Derrière elle, on la guide, on l’assoit comme une gamine qui a pris sa première murgée et qui n’arrive plus à se tenir. On l’apaise.

Et soudain sous le coup d’une impulsion, la Compostelle de se saisir de ses genoux…
Chut, ça commence…

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Plus muette et de plus en plus cintrée ! [Les voix rouges sont dans sa tête et personne d'autre qu'elle ne peut les entendre]
--Lucie_de_montmorency


[Post en voie de décomposition]


Est-ce une enième voix, qui vient se mêler à la discordance interne de la blonde ? Est-ce réellement une voix qui vient caresser le front luisant de sueur, s'immiscer dans son cou, sous sa chemise, et telle un serpent froid apaiser la brûlure de l'enfantement ... un murmure, un souffle, une sensation.

La luz veille sur toi. Celle qui jamais n'enfantera, condamnée pour l'éternité à porter le fruit de ses "chaotiques" amours.
Profite, toi, profite de cette libération. Tu es vide, tu es autre.
Donne.
Et reprends ... toi. Toi, Fild, qu'elle n'a pas eu le temps d'aimer bien.
Vis.

Les azurs se voilent. Tourne-t-elle de l'œil ? Derrière, c'est blanc. Blanc comme le teint pâle, les cheveux d'argent, les yeux de cristal ... Lucie prend forme, spectre évanescent.


Lui pardonneras-tu ... cette trop fugitive rencontre de carapaces similaires d'âmes tourmentées de si différentes manières. Lui pardonneras-tu de t'avoir laissée à Gennes. Lui pardonneras-tu de ne pas t'assister ici ...

Si, je suis là. Tu vois. Vois ...


Fildaïs ne voit plus : elle a ouvert les yeux.
Ouvert les yeux sur un paquet sanguinolent et visqueux.


Vis !
--Marieline
C'quoi c't'embrouille ? c'quoi c'te vieille ? c'quoi c't'idée qu'elle pourrait pas avoir à bouffer ? L'était v'nue là pour ça la Line... Grailler, s'chauffer la couenne, c'bien pour ça qu'elle avait baratiné l'cocher etc... Pas pour échouer à deux bouchées de l'objectif.

Elle grogne légèrement, la dondon, quand on lui r'fuse sa bouffe. 'Té, l'a intérêt à pas perdre l'môme avant la fin d'la nuit, sinon, c'sur, c'en est fini d'la boustifaille. Line déjà réchauffée s'échauffe, et décide enfin de s'concentrer sur sa raison d'être là. Puisqu'il faut qu'elle accouche, la blonde, avant qu'Line puisse se restaurer, alors allons y.

D'autant qu'd'après c'qu'elle sait du vêlement d'ses vaches et autres truies, Blondinette est pas loin d'la délivrance. Puis la vieille, avec ses air d'handicapée, bah elle l'aide bien en allant s'caler derrière l'accouchée. C't'un truc que Line aurait pas d'viné.

En revanche, à la phalange blanchie et l'air crispé, elle remarque bien qu'la blonde souffre... et s'apprête à pondre. Alors elle s'applique. Line pense à c'qu'elle pourra d'mander, à c'qu'elle pourra manger, surtout... Et se penche entre les cuisses maigrelettes de la future mère.

Nous passerons sur les détails plus ou moins appétissants de la suite, et arriverons directement au moment magique des séries télé où la tête s'aperçoit entre les jambes, où Line la touchant à peine l'attire déjà à l'extérieur, et où elle dépose un bébé grassouillet comme un enfant de 6 mois, tout propre et souriant, sur le coeur d'une maman ravie. Ah non ? zut...

Toujours est-il que la délivrance se passe bien, même si rien n'est propre. Que Line assure question service après accouchement, elle utilise les chiffons et l'eau, elle pense même à couper le cordon, à attendre la secondine et sourit en voyant que tout se passe.
L'enfant hurle à leur en faire perdre l'ouie, ce qui veut dire que tout va bien. Et la grosse, presque attendrie, pose effectivement le bébé sur sa mère. Et de sa voix désagréable, annonce :


C'est une fille... Rien entre les jambes, z'allez douiller.

Puis, se haussant pour voir la vieille derrière Fildais.

Maintenant, faut prendre des forces.
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